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la classification même qui en a été faite par les liabitans de cette province.
Toute la contrée se distingue en matos , bois, et campos, pays découvert. Ou les bois appartiennent à la végétation primitive , ou ils sont le résultat du travail des hommes. Les premiers sont les forêts vierges ( matos virgens ) -, les catingcis , dont la végétation est moins vigoureuse que celle de ces dernières , et qui perdent leurs feuilles tous les ans-, les carrascos , espèce de forêts naines , composées d’arbrisseaux de trois ou quatre pieds rapprochés les uns des autres -, enfin les carrasqueinos 1 , qui, plus élevés que les carras cos y forment une sorte de transition entre eux et les catingas. C’est encore à la végétation primitive qu’il faut rapporter les capôes , bois qui, comme des espèces d’oasis, s’élèvent dans les îonds, entouies de tous les côtés par des campos. Quant aux bois dus, au moins d’une manière médiate, aux travaux des hommes , ce sont les capociras qui succèdent aux plantations faites dans des forêts vierges , et les ca poeiroes qui peu à peu remplacent les capoeiras , lorsqu’on est un certain temps sans couper ces dernières.
Le mot campo indique un terrain couvert d’herbes , ou, si l’on veut , tout ce qui n’est ni bois vierge, ni
1 Le mot de carrasqueino a souvent une autre signification , et désigne, dans les pays de bois, les arbrisseaux qui succèdent aux forêts vierges nées dans un terrain d’une nature
inférieure.
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capoeira, ni capoeirâo, ni catinga, ni carras co , ni carras queino . Le campa est naturel (campo natterai) quand il n’a jamais offert de forêts -, il est, au contraire, artificiel, lorsque les herbes ont succédé aux bois détruits par les hommes. Souvent on voit dans les campos naturels des arbres tortueux, rabougris, épars çà et là *, mais cette modification n’empêche pas les terrains qui la présentent de conserver leur nom de campos.
Celui de geraes pour pastos geraes ( pâturages généraux) se donne aux espaces couverts d’herbes, lorsqu’ils ont une très - grande étendue , soit que ces herbes remplacent des bois vierges , comme du côté de Catas Altas , Villa do Principe , etc. , soit que la terre n’ait jamais produit autre chose que des herbes seulement entremêlées de sous -arbrisseaux ou parsemées d’arbres rabougris. Quand on veut indiquer de vastes contrées couvertes de bois , on dit aussi mat os geraes ; mais il ne saurait y avoir de confusion avec les campos geraes , parce que le mot de matos ne se supprime jamais, lorsqu’il est question de bois *.
Lorsqu’un morne se termine par une petite plaine, celle-ci, selon son étendue, s’appelle, comme je l’ai dit, taboleiro ou chapada , et, suivant que la vé-
1 J’ai pour garant de ce que je dis ici sur le mot geraes M. Manoel Ferreira da Camara Bethancurt e Sa ; cependant , lorsque j’ai entendu dire , dans les Minas Novas , as Geraes j je crois que l’on entendait pur là , sans aucune distinction, l’ancien pays des Mines Minas Geraes ).
gétafion s’élève plus ou moins sur un tabùleiro , il est coberto ou descoberto, couvert ou découvert*
On sent , au reste , qne toutes ces expressions ne sauraient être parfaitement rigoureuses , puisque les différences qu elles indiquent se nuancent entre elles par des dégradations insensibles. Il est des bois que personne n’hésitera à appeler mato virgem ou catinga; mais il n’existe point dans la nature de limites bien fixes entre les bois vierges et les catingas 9 celles-ci et les carras cos y et enfin entre ces derniers et les véritables camp os.
Des bois vierges couvrent une grande partie du territoire compris entre les limites de la province et la chaîne occidentale. J’ai observé des catingas dans le Désert du Rio de S. Francisco et dans les parties basses du tcnno de Minas Novas. Des carrascos couvrent les plateaux des cantons élevés de ce même tcnno . C’est dans la partie occidentale de la province ( Sertcto ou Désert) traversée par le Rio de S. Francisco, que l’on voit des campos parsemés d’arbres rabougris et tortueux. Enfin les pâturages simplement herbeux forment une vaste portion de la comarca du Rio das Mortes.
Déjà, à quelque distance de Chapada, j’avais aperçu une annonce de la région des catingas ; mais , au-delà de Sucuriü , j’entrai bientôt dans cette singulière région % et je la traversai dans un espace d’environ 33
1 Immédiatement après Sucuriii , je ne trouvai encore que de grands carrascos d’un aspect analogue à celui de nos taillis.
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Roues portugaises , jusqu’à la fazenda de Bom Jar dim où je retrouvai la région des forets.
Les cating as sont intermédiaires entre les plus grands carrascos et les forêts vierges 5 mais elles se distinguent de ces dernières , parce qu elles perdent leurs feuilles chaque année V Dans ce pays , les pluies , qui ont duré six mois, cessent en février, et la chaleur diminue peu à peu. Alors les feuilles des ccitingas commencent à tomber , et, en juin, les arbres en sont presque entièrement dépouillés. Cependant, au mois d’août, les boutons des arbres surdéveloppent déjà , et, ce qui est fort remarquable, ils précèdent ordinairement les pluies. Celles-ci arrivent bientôt; les chaleurs deviennent chaque jour plus fortes , et les végétaux reprennent leur parure.
Lors de mon voyage, les cating as étaient presque entièrement dépourvues de feuilles. Ces bois présentent les mêmes modifications que les carrascos ; mais c’est, à ce qu’il paraît , sur la limite du territoire de ces derniers que les nuances sont le plus multipliées. Sur cette limite, eotre Sucuriü et Setuba , les catinsas
1 Le mot catingci signifie, h proprement parler, chétif, misérable, et a sans doute été donné aux bois dont il s’agit ici pour indiquer la différence qui existe entre eux et les forêts vierges. Ce n’est pas seulement au reste dans la province des M ines qu’il croît des catingüs ; il s’en trouve aussi dans les provinces de Bahia , Fernambouc , du Parahjba , de Rio Grande do Nortc , et probablement dans toutes celles du nord ; mais , suivant les latitudes , ces bois doivent présenter de grandes différences dans leur végétation.
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ressemblaient singulièrement aux bois d’Europe, et m’offrirent un épais fourré de broussailles , de plantes grimpantes et d’arbrisseaux de dix à vingt pieds , au milieu duquel se montraient çà et là des arbres de hauteur à peu près moyenne1. Tantôt les arbrisseaux qui faisaient partie de ces bois étaient peu élevés , et rappelaient nos taillis de trois ou quatre ans , et tantôt on les eût pris pour des taillis de dix- huit années -, le plus souvent les grands arbres laissaient entre eux. beaucoup de distance , et quelquefois ils étaient assez rapprochés ; en certains endroits ils n’atteignaient pas meme la grandeur moyenne; ailleurs ils la surpassaient, mais nulle part ils n’étaient aussi élevés que ceux des forets vierges.
Entre Setuba et Boa Vista, plus loin de la limite des carras cos ? j’observai de nouvelles différences. Les arbres qui s’élevaient au milieu des arbrisseaux étaient plus grands , moins éloignés les uns des autres , et surtout dans les environs de Boa Vista, la végétation était plus vigoureuse. Là, il n’aurait plus ete possible a un Européen de se livrer à ces douces illusions que font naître des catiagas d une nature infeneuie. De glandes lianes environnaient les arbres comme dans les forêts vierges; elles pendaient du haut de leuis bianchages , et formaient d’immenses lacis qui se croisaient en tous sens. La plupart des grands végétaux ne différaient point de ceux de l’Europe par la disposition de leurs
1 On verra plus bas que ce n'est pas toujours la grandeur qu’ils atteignent.
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Branches $ cependant il en était qui indiquaient assez d’autres climats. Un cactus très- rameux , dont la tige et les branches , épineuses et profondément cannelées , n’ont guère que l’épaisseur de deux doigts, semblait serpenter entre les rameaux dépouillés des arbres voisins \ et , par sa couleur verte , il contrastait avec l’écorce grise dont ils étaient revêtus. Un autre cactus 1 , que j’avais déjà vu près de Rio de Janeiro , élevait ses tiges au milieu des lianes tortueuses : son tronc, qui diminue graduellement de la base à la cime , est couvert de touffes d’épines disposées en quinconce, et il offre divers étages de rameaux verticillés , horizontaux , arrondis et au nombre de sept dans chaque verticille; ces rameaux, comme ceux des sapins , sont d’autant moins longs qu’ils se rapprochent davantage du sommet de la plante, et ils portent d’autres rameaux secondaires, aplatis et ovales- oblongs , qui pourraient en quelque sorte être pris pour des feuilles.
En général, les cactus semblent, dans la province des Mines , appartenir aux catingas voisines de l’Àrassuahy et du Jiquitinhonha 5 car je n’en avais rencontre aucune espèce, ni dans les Minas Geraes proprement dites , ni dans les carrascos \ Mais, en revanche , je
1 Cactus heteroclaclus , N.
7 J’ai vu , sur les bords de Rio do S. Francisco , des cactus employés en guise de haies; mais je n’ai point note dans mou journal que j’eusse observé des plantes de ce genre , soit dans les catingas qui avoisinent le meme fleuve depuis Pedras dos Angicos jusqu’à Salgado , soit dans celles qui sont répandues au milieu du SertSo. J’avais présumé cependant qu il
n’ai observé dans les mêmes catingas aucune mélastomée, tandis que celles à fruits capsulaires sont si communes dans les campos , et celles à fruits charnus si abondantes dans les bois vierges \
Parmi les arbres des catingas , il en est trois qui attirèrent mon attention par la singularité de leurs caractères. L’un d’eux, qui a beaucoup plus de deux brasses de circonférence , frappe d’autant plus que le diamètre de ceux qui l’entourent ne va guère au-delà d’un pied. Comme certaines colonnes, il est plus renflé au milieu qu’à la base -, le plus souvent il grossit déjà à peu de distance de la terre , et , à sa partie supérieure , il va en diminuant à la manière d’un fuseau. Son écorce roussâtre et luisante n’est point fendue; mais elle porte des tubercules gris , qui sont les resLes des épines dont l’arbre était chargé pendant sa jeunesse. Dans toute sa longueur, le tronc, qui atteint une grande élévation, ne présente pas un seul rameau, et son extrémité seule se termine par un petit nombre de branches presque horizontales. J’ai vu quelques-uns de ces végétaux singuliers, qui, ayant perdu leur cime, s’élevaient, tels que d’immenses fûts de colonnes, au milieu des catingas. Le barrigudo (ventru), c’est ainsi qu’on
devait se retrouver des cactus dans les parties du Désert plus sèches encore que celle où j’ai voyagé , et MM. Spix et Mar— tius ont entièrement confirmé ce soupçon.
» Je ne vis point de mélastomée dans un espace d’environ vingt lieues où je traversai des catingas, et l’espèce de cette famille que je trouvai ensuite ne croissait même pas dans des catingas proprement dites, (V. le chapitre suivant.)
appelle l’arbre dont il est question, a un bois trèstendre 5 cependant on se sert du tronc de cet arbre pour faire des pirogues , mais elles ne durent que quelques mois. Le second arbre queje remarquai encore , s’élève beaucoup moins que le barrigudo; mais il présente, à quelques pieds au-dessus du sol, des renflemens ovoïdes. Le troisième enfin , appelé imburenia % a un tronc généralement incliné 5 et il est couvert d’une écorce rousse, qui se lève en lambeaux et laisse voir , par intervalles , la nouvelle écorce , dont la couleur est d’un beau vert. Comme ces différens arbres étaient sans feuilles , quand je les observai , je ne pus déterminer à quelle famille ils appartiennent \
Lorsque je voyageai de Sucuriü à la 7e division , on était dans l’hiver de l’hémisphère austral , et cependant j’essuyai des chaleurs excessives. La terre était desséchée et l’herbe des catingas brûlée par le soleil 5 je ne trouvai , pour ainsi dire , aucune fleur au milieu de ces tristes forêts 1 2 3; je n’y vis presque point d’insectes, et les oiseaux s’étaient pour la plupart réfugiés dans le voisinage des habitations et sur le bord des eaux.
Dans les environs de Villa Rica , S. Miguel de Mato
1 Probablement pour ibirâhaê' , qui, en guarani, signifie baril , sébile , tiroir.
2 C’est le véritable barrigiîdo de Minas Novas , qui a été décrit par Nees et Martius sous le nom de chorisia ventri cosa. \2imburana est le bursera leptophloeos Mart.
3 J’observai , entre Setuba et Boa \ ista , deux petites acanthées à corolle rouge, dont les feuilles flétries retombaient languissamment sur la tige.
dentro, etc., les capoeiras ne reparaissent, comme je l’ai dit, que trois ou quatre fois , et ensuite il leur succède des fougères ( pteris caudata) et du capim g or dura» Dans les câlin g as y au contraire, ces plantes sont heureusement inconnues -, il repousse toujours des capoeiras , et ainsi on n’est point obligé d’abandonner son champ après quelques récoltes, ainsi que cela a lieu dans les Geraes. Cependant , comme on ne fait usage d’aucun engrais, le terrain finit par se fatiguer et par produire avec moins d’abondance.
La terre des catingas est légère, grisâtre et tant soit peu sablonneuse. C’est cette nature de sol qui convient le mieux au cotonnier -, aussi cette plants est-elln généralement cultivée dans ce pays , et c’est elle qui en fait la richesse.
A l’époque de mon voyage, l’aspect des champs de cotonniers n’avait rien qui flattât les regards. Ils présentaient des touffes de tiges menues, droites, rougeâtres et ordinairement dépouillées de feuilles dans une grande partie de leur longueur. Celles de ces dernières qui n’étaient point encore détachées de la plante, attestaient toute la sécheresse du climat , et retombaient à demi flétries sur les côtés de la tige \ Les fleurs, d’un jaune soufré, n’offraient rien d’agréable à la vue, et les capsules ouvertes dont l’arbrisseau était chargé , le rendaient encore plus triste \ Dans ce pays , les champs
1 Je crois les avoir vues en quelques endroits dans leur position naturelle.
Les échantillons de cotonniers que je possède , et qui ont
de cotonniers n’ont pas même cet air d’ordre et de propreté qui plaît tant dans nos terrains cultivés , en montrant l’industrie et l’activité du cultivateur. Les cotonniers sont plantés sans aucun ordre *, des arbrisseaux , de grandes herbes croissent au milieu d’eux 5 ils les étouffent et rendent la récolte difficile.
Pour former un champ de cotonniers , on ne prépare la terre que par l’incendie des bois qui la couvraient. On fait des trous à: cinq à six palmes de distance, et dans chaque trou on ne met qu’une semence. En même temps que les graines de cotonniers , on a coutume de planter aussi du maïs. Ces travaux se font ordinairement au mois d’octobre , mais quelquefois plus tôt,
été recueillis dans la province des Mines, ?e rapportent au gossypium vitifoUum y mais Spix et Martius disent que c est principalement le goss. barbadense que 1 on plante dans les Minas Novas {Reif., I , p. 486). Le coton est cultivé depuis le nord du Brésil jusqu’à la Serra das Fumas sur le délicieux plateau des Campas Geraes ; mais, au-dessous de ce plateau , la culture du gossypium s’étend jusque dans le voisinage de Porto Alegre par le 3o° 2' (Voy. mon Introduction à V histoire des Plantes les plus remarquables). On ne saurait croire que, dans une étendue de terrain aussi immense, il n’existe pas une foule d’espèces ou de variétés diffei entes de cotonniers. Il serait digne .par conséquent de quelque homme éclairé , d’étudier ces espèces d’une manière systématique, et de rechercher lesquelles il convient le mieux de plantei dans les différens sols et sous les diverses latitudes; il faudrait ensuite comparer ce travail avec ce qui a déjà ete pu blié en portugais sur cette matière par Sa et par Manof.l
quand les pluies commencent de bonne heure. Les cotonniers rapportent dès la première année , et durent environ cinq à six ans, ou davantage. Ils ont un ennemi redoutable ; c’est une chenille arpenteuse 1 qui en mange les feuilles , et fait beaucoup de tort. Après la récolte, on brise les tiges au-dessus du sol : par ce moyen elles donnent davantage , parce que la souche a moins de bois à nourrir; et comme chaque cotonnier, repoussant chaque année, ne s’élève pas au-dessus de quatre à cinq pieds , la cueillette est plus facile à faire. On nettoie les champs de cotonniers une seule fois dans l’année, et encore se sert-on simplement de la* fonce \ La récolte dure à peu près trois mois , et ,
Arruda da Camara, et enfin il faudrait mettre à profit tout, ce qu’il y a d’utile dans les écrits de Nicholson , Moreau de Saint-Merry, Badier, Bajon, Préfontaine, Blom, Lasterye, et principalement de Rohr. Un tel ouvrage serait un des plus beaux sujets de prix que pût proposer une société d’agriculture, s’il en existait quelqu’une chez les Brésiliens. De tels travaux , nous ne pouvons nous empêcher de l’avouer, mériteraient plus d’estime que toutes ces descriptions, ces phrases, ccs catalogues, par lesquels on prétend faire connaître toutes les plantes inutiles qui couvrent notre globe; but qui est , au reste , si mal rempli , que , malgré tant de descriptions , on ne saurait nommer la plupart des plantes sans le secours de la tradition.
* J’ai conclu qu’elle était arpenteuse , de la description qu’on m’en a faite, car je ne l’ai point vue. Serait- ce le noctua gossypii, Fab.?
Quoique le mot portugais fouce vienne évidemment du
commençant en mai, elle finit au mois d’août \ Quatre arrobes de coton , avec les semences , suffisent pour en former un dépouillé de ses graines. Pour faire la cueillette, on laisse les capsules s’ouvrir et sé dessécher, et l\on tire les quatre paquets de coton qu’ elles renferment , sans détacher le péricarpe. Comme il se passe du temps depuis le moment où la capsule commence à s’ouvrir , jusqu’à celui où elle est assez ouverte pour qu’on puisse en extraire les semences , le coton reçoit dans cet intervalle la poussière et la rosée du ciel, et trop souvent la partie supérieure des pa- - quets prend une teinte jaunâtre. Le coton, dont la terre est jonchée et qui reste perdu, atteste encore
latin faix , je ne crois pas devoir le traduire par faux. En effet, la fouce des Brésiliens n’est autre chose qu’une grande serpe fort large, tronquée à l’extrémité, emmanchée d’un assez long bâton , et par conséquent elle n’a rien de commun avec la faux de nos faucheurs. Avec la fouce qui sert à couper les branchages et les rejets des arbres , les Brésiliens de l’intérieur ne connaissent que deux autres instrumens d’agriculture , le machado ou coignée , et Yenxada ou la houe. Le machadinko est un diminutif du machado.
3 On a imprimé en Allemagne que la récolte du coton de Min as Novas se faisait en septembre et en octobre, et qu’on abandonnait les plantations de cotonniers dès la deuxième ou la troisième année. Il est assez vraisemblable que cela a été écrit d’après des renseignemens pris à Villa do Fanado , et il peut en être réellement ainsi dans les parties élevées du termo y qui ne conviennent pas ou ne conviennent que peu à la culture du cotonnier.
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l'imperfection de cette méthode de récolte et la négligence du cultivateur. Pour remédier à ces inconvéniens , je conseillais aux proprietaires de coupei les capsules avec des ciseaux , lorsqu elles commencent a s’ouvrir , et de les faire sécher au soleil sur des cuirs que l’on puisse rentrer à volonté h
Les négocians connaissent aujourd’hui l’excellence de la qualité des cotons de Minas Novas , et on le porte sur les cotes du commerce comme celui de
Fernambouc et de Maragnan.
Une partie des récoltes se fabrique dans le pays en toiles et en couvertures, que l’on exporte ou que l’on emploie sur les lieux. Le reste des cueillettes s’expédie en laine pour Bahia , Rio de Janeiro et diverses parties de la province elle -même de Minas Geraes.
Le coton en laine et les couvertures s’emballent dans des espèces de sacs ou de boites (borocicas ou bruacas ) , faites avec des cuirs de bœuf écrus. On emploie un ou deux cuirs pour fabriquer ces boîtes ; on fait les coutures avec des lanières qui sont egalement de cuir, et l’on met toujours les poils en dehors. Ces boîtes sont carrées sur leurs faces , et ont quatre palmes de large avec autant de hauteur } mais leur épaisseur n’est que de deux palmes. Elles se ferment avec
» J’ai déjà donné, au chap. X\I du premier volume , des détails sur la culture du cotonnier dans les forêts de Passante. On trouvera aussi au même chapitre la description de la petite machine propre à séparer le coton de ses graines , ainsi que des renseignemens sur la manière de carder le coton.
un couvercle qui retombe d’un côté comme celui d’un porte -feuille, et, lorsque la boîte est remplie, le couvercle, soulevé dans son milieu par le coton empilé, donne une palme de plus en hauteur. Les dimensions que je viens d’indiquer ne varient jamais , et elles sont prises de manière que le mulet qui porte les boîtes ou sacs ait sa charge , et n’ait pas davantage. Comme il est essentiel , afin d’employer le moindre nombre possible de bêtes de somme, de réduire , autant que cela peut se faire, le volume delà marchandise, on soumet les couvertures ou le coton en laine à l’action réitérée d’une presse. Voici de quelle manière était faite celle que j’ai eu l’occasion de voir.
Sur deux montans enfoncés dans la terre, et élevés au-dessus du sol d’environ sept à huit pieds, était appuyé un sommier transversal. Dans le milieu de celui-ci passait une vis attachée à un petit toit carré, pyramidal, mobile comme elle-, et l’extrémité inférieure de la vis portait une planche horizontale, de la largeur de l’intérieur des sacs. De deux des angles du toit , obliquement opposés , descendaient deux pièces de bois, que l’on poussait pour faire tourner le toit et la vis avec lui. Au-dessous de celle-ci , on plaçait le sac rempli de couvertures ou de coton en laine 5011 faisait agir la presse , et à mesure que le coton ou les couvertures s’affaissaient, on remplissait de nouveau le sac. Pendant cette opération , les côtés de ce dernier étaient retenus , pour qu’ils ne s’écartassent pas , par des planches fixées aux montans.
A Bahia, on tire le coton des sacs de cuir qui le ren-
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ferment, et Ton vend séparément le coton et les sacs. Ceux - ci sont fort recherchés dans cette ville , parce qu’on s’en sert pour y mettre du tabac et du sel. A Rio de Janeiro , au contraire , on vend le coton sans le tirer des sacs, pour lesquels on déduit huit livres de tare.
Des marchands de cette dernière ville s’étant plaints que des cultivateurs de Minas Novas , afin d’augmenter le poids des sacs, mettaient dans le fond de ceuxci des paquets de semences sous le coton en laine , on publia, pendant mon séjour à Villa do Fanado , une ordonnance assez sage. Elle enjoignait à chaque cultivateur de choisir une marque et de la faire connaître au juiz de fora ; et elle punissait les falsificateurs de trente jours de prison et 12,000 reis d’amende (y 5 fr.)