TOME II
fait des fumigations -, plusieurs jours s’étaient écoulés , et cependant l’odeur se faisait sentir encore d une manière très-désagréable.
Ce serait sortir de mon sujet que de citer les oiseaux qui animent et embeliissent les solitudes du Sertâo. Je ne puis cependant m’empêcher de dire un mot du riema', grande gallinacée que Ton rencontre trèscommunément dans les campos de cette vaste contrée , et qui ressemble à une petite autruche. La première fois que je vis cet oiseau , son plumage et la vitesse de sa course me le firent prendre de loin pour un jeune chevreuil. Le chant des seriemas est un gloussement qui ressemble à celui du dinde, mais qui est plus grave , plus aigre et beaucoup moins précipité. Ces oiseaux vont ordinairement deux ou trois ensemble -, ils font leur nid dans les arbres , et ne pondent
que deux œufs 2.
Le temps des insectes est dans le Sertâo cie couite
i Le cariama des naturalistes. Voyez sur cet oiseau un mémoire de M. le prince de Neuwied dans la collection de l’Académie de Bonn.
, On m’assura, lorsque j’étais à Contendas, que les emas
font , plusieurs ensemble, des trous dans le sable , y pondent leurs œufs et les laissent couver par le soleil. Les œufs d 'abstrus (autruche) que j’ai vus moi -même à peu de distance de l’Uruguay , étaient simplement placés par terre sur un beu d’herbe. Vwestrùs de Rio Grande et Veina de Minas G mes seraient-elles deux espèces différentes? et faudrait-il par conséquent admettre dans le Brésil deux sortes d 'aut ruche ( chun des Guaranis)?
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durée , et il était passé à l’époque de mon voyage. Mais, si j’en puis juger par une collection qui m’a été envoyée par M. le curé de Contendas , les entomologistes trouveraient dans cette contrée des espèces très -curieuses.
J’ai peint le Sertâo tel qu’il est aujourd’hui, et les détails de mon voyage achèveront de le faire connaître. Avec le temps cette contrée cessera d’étre déserte. Vivant sons un climat chaud , et ayant par conséquent peu de besoins , ses habitans ne montreront sans doute jamais l’activité des peuples septentrionaux de l’Europe ou de l’Amérique boréale; mais, devenus plus nombreux, ils ne pourront plus rester dans la meme indolence. Le Sertâo connaîtra des ressources nouvelles, et en même temps il lui restera toujours de gras pâturages , des terres fertiles , et un fleuve qui, navigable dans une immense étendue, établira d’utiles communications entre le pays et l’Océan.
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