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cerait à renaître-, il y aurait moins de talens enfouis et moins d'honnêtes gens condamnés à l'oisiveté-, quand le souverain aurait quelque place à donner, il ne serait pas aussi étroitement limité dans son choix, et pourrait devenir plus difficile 5 les employés , étant plus multipliés, craindraient un plus grand nombre de surveillans et se respecteraient davantage; enfin comme les appointemens seraient moins considérables , les hommes en place ne pourraient plus donner l'exemple d'un luxe que l'on cherche toujours à imiter, et qui entraîne trop souvent la ruine des familles.
Les juizes de fora cumulent divers emplois comme les ouvidores. En qualité déjuges proprement dits, ils ne reçoivent que 400,000 reis-, mais ainsi qu'on Ta vu, ils touchent une pareille somme pour remplir les fonctions d'inspecteur de l'or -, enfin ils perçoivent encore des droits comme juges des absens , juges des orphelins, etc. Celui de Villa Rica en particulier touche 4oo,ooo reis(2,5oo fr.) pour une place qu'il remplit sous le titre iïouvidor da guerra dans les conseils de guerre tenus dans cette ville; la totalité de ses appointemens s'élève pour le moins à huit mille cruzades (25,000 francs), et les revenus de la place de juiz de fora de Sabara sont estimés dix mille cruzades.
Ce sont les juizes défera ou les juizes ordinarios qui président l'espèce de sénat ou de conseil municipal qui est établi dans chaque chef-lieu de termo sous le nom de camara, et est chargé de tout ce qui peut être relatif au bien du pays.
Les membres de la camara (camaristas) sont élus parles citoyens de la même manière que les juizes ordinarios. Trois d'entre eux portent le nom de vereadores *, et le quatrième, qui est trésorier, est appelé procurador. La camara doit s'assembler deux fois par semaine 5 elle délibère, elle décide-, mais le pouvoir exécutif appartient au président, c'est-à-dire au juiz de fora ou mjtiUz ordinario.
Les commis tas sont censés remplir leurs fonctions gratuitement 5 mais sous le nom de propina, on leur accorde une gratification qui est prise sur les revenus delà camara, et qui varie suivant les termos. Ainsi, par exemple, les camaristas de Villa do Principe reçoivent 40,000 reis (a5o fr.); ceux de Caeté environ 60,000 reis (375 fr.), etc. Chaque camara a un greffier, qui touche des appointemens et n'a point de voix dans le conseil. Cet office est un de ceux qui, tous les trois ans, se mettent à l'enchère à Villa Rica.
Les camaras sont obligées de surveiller les réparations des chemins, de faire construire et réparer les ponts sur les routes royales (estradas reaes) , de faire entretenir les bâtimens où elles tiennent leurs séances, paver les rues des villes, etc.
Une de leurs plus grandes dépenses, c'est l'éducation des enfans abandonnés. Rien n'est si commun, dans ce pays, que la bâtardise. On a coutume d'exposer les enfans naturels à la porte des personnes que l'on croit assez charitables pour en prendre soin 5
1 Du vieux met verear, gouverner.
mais lorsque quelqu'un ne veut pas se charger d'un enfant ainsi exposé, il va le remettre à la camara. Celle-ci fait chercher une personne qui consente à élever l'enfant moyennant un salaire de it\ oitavas ( 180 fr.) que l'on paie annuellement pendant sept ans. Alors la rétribution cesse ; l'institutrice est obligée de continuer à prendre soin de l'enfant, de l'habiller, de l'envoyer à l'école, et lorsqu'il devient grand , il est en droit d'exiger le paiement des services qu'il a commencé à rendre, depuis qu'il a atteint sa huitième année \
Pour mettre les camaras en état de subvenir aux dépenses dont elles sont chargées, le gouvernement leur accorde le produit de difFérens droits, qui en général varient suivant les localités, et tombent ordinairement sur les denrées que le pays produit avec le plus d'abondance. Il est cependant certains droits qui font partie des revenus de toutes les camaras , tels que ceux qu'on appelle dlreito d'affiliaçâo et direilo de foro. Le premier consiste en une somme de 6,000 reis (37 fr. 5o c.) que paie chaque marchand qui vient de s'établir. Quant au droit de foro, voici ce qui le constitue. Lorsqu'un village est érigé en villa, on lui mesure un territoire d'une demi- lieue carrée qu'on appelle sesmaria da villa, et toutes les maisons que Ton bâtit dans l'étendue de ce territoire,
* Tout ce que je rapporte ici avait lieu à Villa Rica ; mais il est possible qu'on prît des arrangemens un peu différens dans d'autres localités.
depuis l'érection de la villa, paient aux camaras une certaine somme qui varie dans les différens cantons. Les camaras jouissent encore d'un revenu important, celui que produit le droit mis sur les boutiques et les tavernes, pour la vérification des poids et mesures. Cette vérification se fait deux fois dans l'année : à la première on paie 4>7<>o reis, et à la seconde 2,35o reis.
Dans chaque termo , deux magistrats appelés almotaceis (pîur. d'almotacel) remplissent, sans recevoir d'appointemens , des fonctions à peu près analogues à celles de nos commissaires de police. Ils sont choisis tous les deux mois par les camaras, et peuvent être renommés plusieurs fois de suite. L'un d'eux est chargé de la police dans le chef-lieu du termo, et l'autre doit exercer une autorité semblable dans les villages qui font partie de la même justice } mais comme le ressort de chaque villa est extrêmement étendu, le dernier almotacel peut à peine surveiller quelques-unes des paroisses les moins éloignées.
Lesjuizes do povo (juges du peuple) sont des hommes pris dans la classe des ouvriers. Ils ont été ordinairement institués pour représenter le peuple auprès du prince, et ils avaient le privilège d'être admis à ses audiences, pour pouvoir lui faire connaître les besoins des classes inférieures. Je ne saurais dire jusqu'à quel point cette honorable magistrature a conservé dans la capitale ses attributions primitives-, mais ce qu'il y a de certain, c'est que dans les provinces éloignées elle se trouve à peu près réduite à un simple titre. Ce-
pendant le juiz do povo y tient encore un rang dans les cérémonies publiques, et c'est lui qui est chargé d'y faire les publications et les proclamations d'usage \
J'ai parlé des divers magistrats qui résident dans les villes. Quant aux villages, ils ont à leur tête des coinmandans dont les fonctions ont quelque chose d'analogue à celles de nos maires. Ces commandans sont nommés par les capitâes mores , hommes importans à la dignité desquels est attaché beaucoup de considération, mais peu de travail.
Ce ne sont ni les commandans ni d'autres magistrats qui sont chargés de la tenue des registres de l'état civil. Ces registres sont dans tout le Brésil entre les mains des curés , qui plus d'une fois ont fait désirer moins de négligence \
Il ne faut pas croire que l'autorité des commandans s'étende sur toute la population de leurs districts. Elle est bornée à ceux qui ne font point partie des gardes nationales ou milices (milicias).
Par tout le Brésil, les gardes nationales ont été organisées avec une régularité qu'on pourrait citer pour modèle. Elles sont divisées par districts , et comprennent les citoyens qui ont le plus d'intérêt au maintien <îe l'ordre public. On ne saurait donner trop d'éloges
1 Voyez la relation que j'ai donnée de la fête du couronnement à Villa do Principe.
a Tout récemment les registres de l'état civil ont été confiés aux magistrats.
à la bonne tenue , et surtout à l'étonnante subordination de ces milices ; à l'époque de mon voyage , celles des Mines étaient assez rarement occupées % mais dans d'autres provinces j'ai vu les miliciens quitter sans balancer leurs familles et leurs travaux, pour aller au loin faire un service pénible. Cependant, il faut l'avouer, cette obéissance, si rare ailleurs chez des hommes établis, était peut-être moins le résultat de l'amour du pays que celui d'une longue habitude de la servilité.
Les colonels de milice jouissent de la plus grande influence. Ce sont eux qui nomment les officiers de leur régiment*, mais les brevets (patentes) de ces derniers, délivrés parle général, doivent être confirmés par le roi -, et comme il faut que tout se paie , l'officier de milice est obligé de donner, pour cette confirmation, le quart de la solde que reçoit dans la troupe de ligne l'officier qui occupe un grade équivalent.
Si les miliciens (milicianos) sont exposés à beaucoup de vexations , ils ont aussi des privilèges qui ne tendent à rien moins qu'à les soustraire à l'autorité de leurs juges naturels et à embarrasser la marche de la justice. Pour faire assigner un individu qui appartient a un régiment de milice , il faut avoir la permission du colonel , si l'individu est un simple milicien ou un sousofficier-, et s'il est officier, la permission du général
1 On aura cependant , dans celte première relation , deux exemples de l'obéissance aveugle dont je parle ici. Dans ma troisième relation , on en verra un grand nombre pour les provinces de Saint- Paul et de Sainte- Catherine.
devient nécessaire. Lors de mon voyage, il avait paru, depuis peu de temps, une ordonnance d'après laquelle les officiers de milice , depuis le grade de sergent inclusivement, doivent être jugés par des conseils de guerre, composés d'autres miliciens; et de ces conseils le coupable peut appeler au conseil suprême établi à Rio de Janeiro.
On sentira que si j'entrais dans des détails sur la législation portugaise, je sortirais entièrement de mon sujet. Je citerai cependant une loi absurde qui ne concerne que les mineurs , et je dirai quelques mots sur les testamens , ce qui me donnera l'occasion de faire connaître ce que c'est que le tribunal des absens dont j'ai déjà parlé plus haut.
Une loi veut qu'un mineur qui a trente esclaves ne puisse être saisi que pour le tiers du revenu de ses mines \ Cette loi a été rendue pour favoriser la minération; mais il est évident qu'elle ne tend à rien moins qu'à détruire toute espèce de crédit. D'ailleurs, le créancier peut être un mineur comme l'homme qui lui doit, et il n'est pas impossible qu'il soit ruiné par le non paiement de la créance, comme pourrait l'être le débiteur, s'il était permis de le saisir; et s'il faut opter entre la ruine du créancier et celle du débiteur , n'est-il pas clair que c'est au premier qu'est due principalement la protection de la loi? Au reste, cette loi
1 II paraît même que, par. l'flWra du 17 novembre i8i3, le privilège fut étendu à tous les mineurs sans exception I (Y. Piz. , Ment, hist., vol. VIII, part. ?/'% p. 258.)
absurde a souvent donné lieu à des incertitudes. Quelques juges ont pensé que l'exception n'avait été accordée que pour les mines proprement dites, et que les autres propriétés des mineurs pouvaient être saisies. Certains juges, au contraire, ont considéré les autres propriétés des mineurs, telles que sa maison, ses terres en culture , comme nécessairement dépendantes des mines , parce qu'il faut une habitation au mineur et des terres cultivées pour sa nourriture et pour celle de ses nègres \
Je passe actuellement à ce qui concerne les testamens. Quand un homme veut tester, il fait connaître
1 Déjà, par un alvarâ du 8 août 1618, on avait accordé aux mineurs de l'ancienne capitainerie de Saint- Vincent le privilège de n'être point saisis. Ce fut par un décret du i() février 1752, confirmé le 22 juin 1768, que ce privilège fut étendu aux Mineiros propriétaires de 3o esclaves. Pour dissiper les doutes qui s'élevèrent sur l'extension que l'on pouvait donner à cette loi, un alvarâ du 17 novembre 181 3 désigna spécialement les objets qui devaient être à l'abri de la saisie. Cependant une expression du nouveau décret qui n'était pas assez précise fit encore naître des embarras. Ou chercha à les faire évanouir par des explications données dans une loi du 8 juillet 181g, et enfin un nouvel alvarâ du 28 septembre 1820 détermina dans quelles circonstances les mineurs devaient définitivement jouir du privilège accordé. ( V. Piz. , Mem, hist., vol. VIII , part. 2da, p. 258.) Si , comme l'a dit un orateur américain , la législation brésilienne est supérieure à celle de l'Angleterre et de la France , lout ceci du moins n'en serait pas un exemple.
ses volontés dernières au tabellion qui les rédige , et donne ensuite connaissance de l'acte au testateur. Si celui-ci approuve le testament, le tabellion y met sa signature , et le fait signer aussi par des témoins. Le tabellion le cachette ensuite, et le remet entre les mains du testateur. A la mort de ce dernier, le testament est ouvert par Youvidor, si l'acte se trouve dans le lieu de sa résidence-, il est ouvert par le curé en l'ab- I sence de Youvidor, ou dans les lieux qui sont hors de la résidence de ce magistrat-, enfin , si le testateur meurt dans un endroit où il n'y ait ni ouvidor ni curé, c'est le desservant du lieu qui fait l'ouverture de l'acte. Le fonctionnaire qui a ouvert le testament en prend connaissance et certifie qu'il n'y trouve aucune irrégularité. La loi n'accorde rien aux ouvidores pour l'ouverture des testamens -, mais il est d'usage de leur payer 2,400 reis (i5 fr.), lors même que l'acte a été ouvert par un autre. Si c'est le curé qui a fait l'ouverture , ou lui donne 600 reis (environ 3 fr. 70 cent.). Après l'ouverture d'un testament, on le communique toujours au curé, ou au desservant dans les lieux où il n'y a pas de curé, afin que l'un ou l'autre surveille l'exécution des volontés du défunt relativement à sa sépulture. Le curé copie le testament sur les registres de la paroisse , et, à certaines époques, il communique au juiz de fora la note des testamens qui lui ont été remis. Chacun peut écrire son testament de sa propre main ; mais il est toujours nécessaire que cet acte soit approuvé et signé par le tabellion.
Dans chaque chef-lieu de termo , il existe, par tout
le Brésil, une espèce de cour appelée tribunal des absens {tribunal dos ausentes) , composé du juiz de fora, qui en est le président avec le titre de juiz dos ausentes, d'un greffier (escrivâo dos ausentes) et d'un trésorier. Partout où il n'y a point de juiz de fora, c'est Youvidor qui est président du tribunal , ce qui a lieu par conséquent dans les villes où il n'y a que des juizes ordinarios. Lorsqu'un homme meurt sans avoir laissé d'enfans , et sans avoir fait un testament par lequel il institue un exécuteur testamentaire, le tribunal s'empare de ses biens et met à l'enchère lés meubles et les immeubles, soit que les héritiers se trouvent sur les lieux, soit qu'ils résident ailleurs. Le capital qui résulte de la vente est déposé dans la caisse des ausentes; il y reste tant que les héritiers n'ont pas justifié de leurs droits, et jusque-là le tribunal touche tous les trois mois tant pour cent de la somme. Quand un père n'a point fait de testament, ses enfans , s'ils sont présens, se mettent en possession de ses biens immédiatement après sa mort \ mais , s'ils sont absens , le tribunal fait également vendre les biens : ainsi un fils qui, s'étantmis en voyage, a eu pendant ce temps le malheur de perdre son père, peut, à son retour, ne rien retrouver qui lui rappelle les jours de son enfance. Enfin lors même qu'un homme a fait un testament, le tribunal met ses biens en vente si ses héritiers sont en Portugal. Je m'abstiendrai de toute remarque sur l'institution que je viens de faire connaître. Si peut - être, dans son origine, elle fut bienfaisante, si elle eut pour objet d'empêcher le gaspillage de la fortune des héri-
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tiers absens , il n'est personne qui ne sente combien elle est odieuse aujourd'hui , et qui ne comprenne qu'elle était uniquement compatible avec le despotisme le plus absolu et l'obéissance passive la plus entière.
Après avoir donné sur l'ordre administratif, les milices et l'ordre judiciaire, des détails qui, pour la plupart , sont applicables non-seulement à la capitainerie des Mines, mais encore à tout le reste du Brésil , je crois devoir dire quelque chose de la force militaire de Minas Geraes.
Sous le système colonial , le Brésil ne présentait point un ensemble homogène. Chaque province, comme je l'ai déjà fait observer, formait en quelque sorte un état séparé qui avait sa petite armée, son petit trésor, et, après l'arrivée de Jean VI à Rio de Janeiro, on ne songea pas davantage à organiser une armée brésilienne.
La province des Mines possède donc un régiment de cavalerie , qui est payé sur son trésor, et dont le service est spécialement consacré à cette province, mais qui pourtant peut, en cas de besoin, être appelé ailleurs pour le service du souverain.
Ce régiment se compose de six cents hommes, y compris les officiers. 11 devrait être entièrement formé de blancs ; mais , par faveur, on y admet des mulâtres. Il est divisé en huit compagnies, pour chacune desquelles il y a trois officiers, savoir, un alferes ou sous -lieutenant, un lieutenant et un capitaine, ce qui fait vingt-quatre officiers, auxquels il faut ajou-
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ter un major, un lieutenant- colonel et le colonel.
La résidence proprement dite du régiment est à Villa Rica 5 cependant il ne se trouve habituellement dans cette ville que cent à cent cinquante hommes, parce qu'on envoie les autres dans les diverses parties de la province où leur service est nécessaire.
Les soldats du régiment des Mines sont grands, bien faits, et ont une belle tenue ; mais c'est là le moindre éloge que l'on puisse faire d'eux. Dans aucun pays , je n'ai vu un corps de simples militaires aussi parfaitement composé. Bien différent des hommes si peu estimables qui forment les régimens de Rio de Janeiro , les soldats de Minas appartiennent généralement à des familles honnêtes ; tous savent lire et écrire , et sont remarquables par leur politesse, leur intelligence, leur excellente conduite et leur probité.
Ils ne font pas seulement un service militaire. Ce sont eux qui sont postés sur les frontières de la province pour empêcher la contrebande de l'or et des diamans. Ils sont chargés spécialement de s'opposer au commerce et à l'extraction illicite de cette précieuse pierre dans le district qui la fournit. Chaque année quelques-uns d'entre eux portent à Rio de Janeiro les diamans qui ont été tirés de la terre pour le compte du roi. Ils transportent aux intendances l'or en poudre qu'ils vont chercher dans les maisons de change. Enfin , s'il arrive qu'il ne se présente personne pour prendre à bail les dîmes de quelque village éloigné, c'est un soldat du régiment qne l'on envoie recevoir l'impôt directement pour le compte du roi. On voit
combien do commissions délicates et importantes on confie à ces militaires, et je n'ai jamais ouï dire qu'un seul eût rien détourné des dépôts qui lui étaient confiés.
Le régiment des Mines coûte chaque année quatrevingts à quatre-vingt-dix contos de reis à cette province (env. 5oo à 55o,ooo fr.). On fournit aux soldats, lorsqu'ils entrent au régiment, un uniforme et un équipement complets. La première année ils ne reçoivent que i5o reis (environ 90 cent.) de solde par jour, mais ensuite ils touchent 11S reis (environ 1 fr. 4o cent.), et ils sont obligés d'entretenir leur uniforme, l'équipement de leur cheval et leurs armes. Les chevaux appartiennent au gouvernement, mais il ne fournit du foin et du maïs que pour ceux qui sont à Villa Rica. Les soldats détachés dans les intendances, ou chargés cfal 1er chercher l'or dans les maisons de change , reçoivent en tout 1 1 vintëls de solde (env. 2 fr. 60 c.) , sur lesquels ils sont obligés de nourrir leurs chevaux. Quant aux hommes qui sont en course, comme ils peuvent la cher leurs chevaux dans les pâturages, ils ne touchent, outre la solde ordinaire de 2^5 reis, qu'un vintem et demi destiné pour le maïs. Ceux qui sont en dé tachement à Tijuco reçoivent , en sus de la solde ordinaire et du vintem et demi destiné au maïs, une indemnité de 4 oitavas par trimestre (3o fr.). Dans les détachemens autres que les intendances et Tijuco, il y a trois chevaux dont l'administration paie la nourriture , afin que , n'étant point lâchés dans les pa cages, ils se trouvent toujours prét%en cas de besoin 5
mais la plupart du temps le commandant, dit -on, reçoit l'argent , et les trois chevaux sont nourris comme les autres.
Outrç les officiers dont j'ai déjà parlé, il y en a un nombre souvent égal qu'on appelle agrégés (aggregados). Ce sont des hommes que le roi veut favoriser, qui, la plupart du temps, n'appartiennent pas au régiment, ou qui même n'ont jamais servi \ Les agrégés touchent la même solde que les officiers en pied ; ils montent leur garde comme eux, les remplacent en cas d'absence, et deviennent officiers proprement dits, par la mort ou la démission des véritables officiers du même grade. Ce superflu d'officiers est un surcroît de dépense qui excite de justes plaintes et condamne les soldats à n'avoir jamais d'avancement. Ils peuvent même en espérer d'autant moins qu'il y a également des agrégés pour les grades de sous- officiers.
Me proposant de parler, dans un autre volume , des impôts que l'on perçoit dans la province des Mines et de la manière dont les finances s'y administrent, je terminerai ici ce chapitre, qui a montré quelle confusion régnait, à l'époque de mon voyage, entre les différens pouvoirs. Je m'abstiendrai de toute réflexion à cet égard : un court résumé y suppléera suffisamment. L'autorité des capitaines généraux , quoique extrêmement étendue, n'avait pourtant pas de limites
1 Lors de mon passage dans la province, on citait un individu que Ton avait nommé sous-lieutenant pour avoir donné un chien à l'un des deux jeunes princes.
bien déterminées; et, au gré de la cour, ils pouvaient être réprimandés pour avoir trop fait ou n'avoir point fait assez. Les ouvidores et les juizes de jôra étaient investis d'un pouvoir tout à la fois judiciaire et administratif. Des prêtres exerçaient une juridiction civile, et des laïques jugeaient les Querelles du clergé poulies droits ecclésiastiques. Les notaires étaient tout à la fois greffiers et huissiers, et des militaires remplissaient les fonctions de douaniers et de percepteurs.