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Cependant, un jeune chasseur qui venait d’ar-
river de ce côté avec un message d’un de ses ? compagnons, s'offrit de me conduire par un + A Q 0 ) nouveau passage au Téh-lon; il ne s’accordait
+ pas avec La Prise, et prenant un morceau de charbon, il me traça une esquisse dont la gra-
vure ci-dessous est la reproduction fidèle.
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Lac de l’Esclave.
Nous vimes avec plaisir que , d'après cette description, on pouvait faire tout le trajet par eau, à l'exception de trois porlages. — Avec cette connaissance locale, je dirai presque de chaque pouce de terrain, il était bien singulier que ce chasseur, comme tout le reste de sa tribu, ignorât complètement la situation du Thlew-ee-Choh; toutefois il n'ignorait pas de même ses mauvaises qualités : et, ainsi que le Camarade , en exagérait les dangers, et il condamnait comme extravagante toute tentative de navigation sur ces eaux que canot n'avait jamais descendues. « Pourquoi, disaient- » ils, le chef veut-il y aller, lorsque le Téh-Lon » est non seulement plus près, mais encore lui » offre bien plus d'avantages. Au Téh-Lon, il » trouvera des bœufs musqués, des orignals, des » rennes, du bois, du poisson et du gibier qui » lui feront passer un hiver confortable. Il est » vrai, continuaient-ils, que nos pères ont » descendu le Thlew-ee-Choh, lorsqu'ils fi-
»rent la guerre aux Esquimaux, il y a bien
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» long-temps de cela! mais aussi combien en » est-il revenu ? Et quel est celui qui pourrait » dire maintenant ce qu’ils firent et ce qui leur » arriva? Personne; ils sont sur la terre des es- » prits, et nos vieillards seuls se souviennent » de leurs noms. »
Ce ne fut pas le seul découragement que j'éprouvai relativement au voyage projeté au Thlew-ee-Choh; il survint en même temps une révélation aussi fâcheuse qu'inattendue. A la demande de sir John Franklin, un Canadien, nommé Sanpère, avait autrefois été envoyé par l'officier qui commandait alors au fort de ia Résolution, pour s'assurer de l'existence du Thlew-ee-Choh. Cet homme en effet partit avec plusieurs naturels du pays, et, à son retour,
rendit un compte détaillé de son voyage. Mais
, ses guides, à quelques uns desquels je parlais,
m'affirmaient actuellement qu'arrivé à l’extrémité du lac voisin de celui de l’'Esclave, il prit l’alarme, que, malgré tous leurs efforts et toutes
leurs observations, il refusa de faire un pas de
plus, et qu’il revint sans avoir vu la rivière et même sans en avoir approché. Ils retraçaient minutieusement une foule de particularités , et terminaient en me faisant observer que je connaissais la bonne foi des Indiens, et que, lorsque j'aurais passé sur les lieux, je reconnaîtrais la vérité de leurs paroles.
On avait généralement ajouté foi aux détails donnés par Sanpère, et j'avoue que je fus du nombre de ceux qui avaient cru à sa véracité. Or, ses récits se trouvant maintenant, sinon absolument réfutés, du moins rendus douteux, je restais dans l'incertitude la plus désagréabie. En outre, quoique le dessin du jeune chasseur me représentät le Téh-Lon comme coulant vers le nord-ouest, et que la position du soleil tendit à confirmer cette opinion, je ne pouvais m'habituer à l’idée de grands bois, fréquentés par des orignals sur les bords d'une rivière traversant les terres stériles, à moins de supposer que cette rivière ne s’éloignät beaucoup vers
le sud-est, dans la direction de la baie d’Hud-
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son. En dernier résultat, après bien des embarras et des perplexités, je me décidai à suivre le plan primitif tel qu'il était tracé dans les instructions lues à la société royale de géographie. Je me confirmai dans cette résolution, en réfléchissant que les renseignemens du vieux guerrier Indien, nommé Black-Meat ( viande noire }, que j'avais connu en 1820, devaient être aussi exacts, en cette occasion, qu'ils avaient reconnu l’être, dans d’autres circonstances des deux expéditions précédentes.
Ma résolution arrêtée, je divisai mon équipage en deux escouades : cinq hommes pour servir d’escorte à M° Mac-Leod, et quatre pour mesuivre dans ma recherche du Thlew-ee-Choh.
Il se trouva heureusement au fort un canot de moyenne grandeur, plus léger à porter, et plus commode qu’un grand, pour naviguer sur les eaux peu profondes que nous nous attendions à rencontrer dans l’est. On le mit aussitôt en réparation; tandis que M' Mac-Leod, qui
n'avait pas moins de zèle que moi-même, me
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préta son assistance pour disposer nos opérations futures.
Il se chargea d'attendre et d’apaiser /e Grand Jeune, Homme, très mécontert sans doute d’avoir vu ses se, vices refusés. Sachant, d’après l'expérience du passé, les embarras et les anxiétés qu’un guide rejeté, et repris ensuite, nous donnerait probablement, je jugeai qu’il était a la fois plus prudent et plus économique de le congédier tout-à-fait en lui donnant une gratification pour le temps perdu ; je ne voulais cunfier, ni mes espérances, ni la sûreté de tous mes gens à la conduite de l’homme le plus léger et le plus inconstant de sa tribu. Cette conduite, d’ailleurs, était nécessaire comme exemple, pour rabattre l'opinion extravagante que les Indiens s'étaient formée de notre libéralité. Ils étaient trop arriérés pour comprendre le but désintéressé ‘qui avait fait entreprendre notre expédition; ils la considéraient sous le mème aspect que les précédentes, et ils atten-
daient de nous la même générosité. Ils garde-
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rent un morne silence quand je leur dis que j'avais seulement apporté les marchandises nécessaires pour satisfaire aux demandes de mes chasseurs, et qu'avec eux, comme avec les autres, je compterais exactement.
L'interprète que j'avais amené était un
pur Indien, un chipewy:n qui, sous .les
auspices de la compagnie, avait reçu un com-
mencement d'éducation à la colonie de la rivière Rouge. Peu habitué à parler sa langue naturelle, il n’était pas précisément ce qu'il fallait pour nous introduire parmi les Indiens dont plusieurs n'avaient visité que rarement les établissements commerciaux. Comme cependant rien n'était plus important que les renseignements à recueillir, et aussi que l’impression produitesur les Indiens par la manière ue les interroger, je priai M'Mac-Donnell de me prèter Louison, son interprète, qui avait autrefois voyagé avec moi, et qui, par sa connaissance parfaite des tribus d’alentour,
était specialement propre à notre projet. Cette
8e VOYAGE
demande n'était pas sans de grands inconvénients pour M' Mac-Donnell; néanmoins, comme toutes les autres personnes que nous ;
avions rencontrées jusque là, il me l’accorda de très bonne grâce. Cet échange temporaire s’effectua donc, et j'appris depuis qu’il n’était pas moins agréable à Louison qu'il ne l'était à moi-même. — Nous fümes approvisionnés d’un supplément de vêtements et 4 de chaussures pour le cas où nous serions surpris par la gelée. Femployai le reste du temps à faire des observations sur l’inclinaison et l'intensité. La déclinaison avait augmenté de trois degrés à l'Est depuis 1825.
Pendant que nous étions à faire notre repas habituel de viande sèche et de pemmican, un de nos chasseurs se précipita dans la chambre, et nous annonÇa l’agréable nouvelle qu'il avait tué un orignal, dont il apportait un morceau. Au même instant, le domestique entra avec une vessie de graisse à la main. C'était pour
nous un luxe si rare que M' Mac-Donnell, sur-
inconnmoins, ue nous accorda tempouis qu'il n qu'il s appronents et serions este du linaison
nenté de
re repas ican, un ambre, il avait orceau.
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