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DU CAPITAINE BACK. 89 pris, s’écria : « Bon Dieu! de quel pays cela vient-il?» Ceci ne paraïtra pas étrange quand on saura que, depuis le mois d’avril, il n’avait pas goûté un seul morceau de viande fraîche; moi-même je n’en avais pas vu depuis le fort William.
Après avoir écrit quelques lettres d’affaires et laissé mes dernières instructions à M' King, je m'embarquai le lendemain matin, 11 août, à six heures, dans mon vieux canot, armé d’un Anglais (William Malley, — mon domestique), d’un Canadien, de deux métis et de deux Inaiens. Le temps menaçait de rafales, et une grosse houle dont parfois le sommet déferlait nous empêcha de nous risquer au milieu du lac et nous fit chercher la protection des iles qui pouvaient nous abriter du vent. Le
canot embarquait beaucoup d'eau; mais les
hommes tinrent bon à la peine, et, après:
avoir traversé une baie ouverte, nous gagnâmes bientôt l'entrée bourbeuse du Petit Chenal
qui nous conduisit à la rivière de l’Esclave; en
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la traversant, nous découvrimes sur la rive orientale une nombreuse troupe d’Indiens, les mêmes que nous avions vus à la rivière salée, Ils étaient réunis par petits groupes; croyant que, selon l'usage général des trafiquants, nous allions prendre terre. Quand ils virent que ce n'était pas notre intention, ils nous crièrent : — « Ehquoi!le grand chef passe »sans srréter, sans nous offrir même une » pipe, de tabac? » Cependant nous passàmes
outre; nous entrâmes dans un chenal trés étre:
où je commençai ma reconnaissance, et bien-
tôt après dans un autre, nommé Cha-Bilka, qu'on dit venir de lacs peu éloignés. Près de là nous vimes un campement indien; ceux qui le remplissaient étaient très affairés auprès de trois orignals récemment tués dont ils faisaient sécher la chair. Les heureux chasseurs, sans ‘doute bien fiers de leurs prouesses, étaient, les uns couchés tout du long sur l'herbe, tirant des bouffées de leurs chères pipes; les autres,
appuyés sur leurs coudes, à dévorer de l'œil
ir la rive l'Indiens, la rivière groupes ; des trare. Quand ention, ils chef passe éme une passämes
très étre:
ha-Bilka, Pres de là ceux qui auprès de
s faisaient
urs, sans | étaient, pe, tirant es autres,
* de l'œil
Lun os richement fourni de moelle, revenant-
bon ordinaire de leur chasse. Les femmes allumaient ou entretenaient les feux sur lesquels étaient suspendues par rangées de minces tranches de viande. Quelques unes criaient contre les chiens qui voulaient dérober le gibier; d’autres, nar des cris plus forts, s’effor-
Gaient de dominer les cris perçants de leurs
enfants qui, emmai'lottés et incapables de remuer, étaient à moitié suffoqués par la fu-
Mmée. Tandis que je contemplais cette scène,
huit ou dix jeunes garcons s’amusaient à entrelacer leurs corps de couleur de cuivre au-dessus : ét au-dessous de quelques canots de blanche
écorce, comme autant de dauphins de terre.
Pauvres gens! leur bonheur était à son comble: ils jouissaient selon leur nature et leur capacité.
. Que peut-on désirer de plus? Est-il un bonheur
humain plus grand que celui-là ?
: Un bouquet d'arbres m'avait empêché d’observer un autre groupe composé de La Prise et
de ses camarades. La Prise avait entrepris de
mener à la rame mon second canot à l’autre extrémité du lac; mais voyant que deux hommes étaient nécessaires pour le franchir de l'eau qu'il faisait, il le mit sagement sur le rivage pour le réparer. Après cette opération, douze des siens s’y entasserent avec plusieurs chiens, et manœuvrèrent si bien que nous eùmes beaucoup de peine à les suivre. — En nous séparant des Indiens nous fimes provision de viandes fraiches. L’un d'eux, pour nous témoigner son respect, se revêtit d'un surtout qu’il avait acheté au fort. Cette redingote n'ayant pas de boutons, et notre homme n'ayant pas de culotte, l'effet était extrêmement comique. Remarquons, en passant , que l’idée de manifester son respect en se présentant en grande tenue (si ce terme peut s’appliquer ici ) n’existe pas seulement dans les salons et dans les cours.
Environnés de saules des deux côtés, nous n'apercevions le lac que de temps à autre, à
travers de petites criques et des ouvertures.
’autre exk hommes de l’eau le rivage on, douze rs chiens, 1s eùmes . En nous vision de nous tén surtout redingote homme extrêmesant , que
e présen-
t s’appli-
es salons
és, nous autre, à
ertures.
“ Bientôt nous traversàmes la grande Rivière-
à-Jean pour entrer dans la petite Rivière-à- Jean, où nous eûmes le courant pour nous.
Cette dernière est extrêmement tortueuse, les bords en sont très peu élevés et couverts de pins, de peupliers et de saules.
La vue perçante des Indiens avait découvert
un orignal à quelque distance de nous. La Prise,
Aort expert dans l'art d'approcher ces ani-
maux, dont l’ouie est si fine et lesjambes siles:
tes, se dirigea vers celui-ci. Pendant ce temps
‘nous descendions silencieusement le courant le
long de la rive opposée, cherchant un endroit
‘sec pour nous y établir. La nuit était belle et claire; les hommes étaient autour d’une chaudronnée de viande, lorsqu'un cri perçant
et prolongé les fit tressaillir; Louison y ré-
pondit aussitôt; il nous annonça en même
: temps que c’était le petit canot et que La Prise
avait tué le gibier. On entendit alors le bruit
. des avirons dans le lointain; peu de minutes
après nous distinguâmes l’embarcation glissant
prés des hautes herbes, le long de la rive ou nous étions campés.
L'ombre profonde portée par la côte ne laissait voir que les têtes noires des Indiens, qui paraissaient et disparaissaient suivant les mouvements du canot. Louison ayant demandé à La Prise s’il avait réussi, celui-ci, selon le caractère d’un véritable Chipewyan, lui répondit négativement Oolah. — Oolah , répéta l'interprète d’un ton désappointé, oolah ! « Mon- » sieur a manqué, ajouta-t-il en français. Qui » jamais entendit le cri de signal sans qu’il fût » accompagné d’une proie. » Ces mots étaient à peine prononcés que La Prise était près de Louison , et lui reinettait son fusil d’une main en lui présentant de l’autre ‘: langue et ie nez d’un superbe orignal.—< Voila, dit-il; je l’aitiré » au cœur, entre les arbres, par une ouverture » qui n'était pas plus grande que ma main; mais » c'est avec votre fusil et vos munitions; ainsi, » vous le savez, d’après nos usages, l’animal est
» à vous. J'ai pensé que le chef devait avoir la
à rive où À » langue et le nez (1); le reste est dans le canot
» à votre disposition. » Cette discrétion des In-
côte ne diens, ce frein imposé par eux-mêmes à leur Indiens, appétit me parut d'autant plus remarquable ivant les qu'ils n'avaient presque rien ruangé depuis pludemandé sieurs jours, et que les bribes dont leurs amis selon le les avaient approvisiunnés ne pouvaient suffire » lui ré- à un repas. Mais jamais entre eux ils ne violent À, répéta * cette loi, et il faudrait rien moins que le dan- 1!« Mon- - ger imminent de mourir de faim, pour excuser ais. Qui un Indien de l'avoir transgressée. Néanmoins
qu'il fût a"
une conduite aussi scrupuleuse méritait de ma + |
s étaient ÿ part une récompense; je m'empressai de l’ac-
près de corder, en autorisant La Prise et ses camarades
ne main à garder pour eux la plus grande partie de
tt le nez * l'animal. |
e l’aitiré 12 août. — Nous continuâmes à descendre
verture la Petite Rivière; mais un vent de nord-ouest
in; Mais . très froid, dont la violence courbait les pins, :
nous indiquait assez ce qui-se passait sur le
avoir la (1) La langue et le nezsont regardés comme les morceaux de choix.
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lac. Nous le trouvâmes en effet si orageux, que nous ne pûmes nous aventurer plus loin, et que nous nous vimes forcés de camper. La tourmente continua toute la nuit, et le 13 au matin le temps avait une apparence effrayante. Tout-à-coup le calme survint, le vent passa au sud, et six heures avant midi nous pümes, sans danger, nous lancer sur la vaste étendue du lac. Nous longeàmes une côte basse, maré:cageuse, garnie d’une épaisse couche de débris d'arbres flottans, et nous gagnàmes un promontoire qu'on nomme pointe Rocky. Tournant alors dans la direction du nord, nous forcame. sur les avirons pour atteindre un groupe d'îles éloignées, que, la réfraction de l’atmosphère nous faisait apparaitre comme suspendues au ciel. C’est la traversée la plus redoutée des .Indiens, qui, n'ayant d’autres embarcations que leurs petits canots, courent de grands dangers, si malheureusement ils sont surpris par un coup de vent. Une légère brise se leva ;
grâce à elle et à nos avirons, nous abordämes
orageux, plus loin, mper. La t le 13 au ffrayante.
t passa au s pümes, e étendue se, maréde débris un proky. Tournous forn groupe e l’atmoe suspenredoutée embarcade grands t surpris e se leva ;
bordâmes
ces îles à onze heures avant midi. Elles sont trop nombreuses pour qu'on puisse en assigner le nombre. Nous remarquâmes sur plusieurs d’entre elles des bouquets de très petits pins; et celle sur laquelle nous débarquämes produisait diverses espèces de haies, (Whorleberries et Cranberries). Les roches
étaient toutes granitiques, les unes grises
‘ avec de petits cristaux de mica, les autres de
feldspath rouge avec du quartz. De ce point je
# pus apercevoir les îles du Renne, et le cap Mac-
kenzie à l’ouest; à l’est, un horizon clair et des
parties de terre; au nord un rocher long exces-
‘sivement élevé entre des îles innombrables ;
enfin au sud la côte du continent.
J'envoyai La Prise en avant, afin de prendre
plus facilement mes gisements, ine servant de
. . . n | . lui comme d’un point de mire. Je le suivais
de fort mauvaise humeur, car je venais de
découvrir qu’au dernier campement le briq P
gadier ou le patron avait oublié notre unique
poële à frire, au profit de ceux qui pourront
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l'y trouver. Ce n’était pas un objet de peu d’importance pour moi: tout disposé que j'étais à me contenter du pemmican, je me réjouissais cependant depuis plusieurs jours dans l'espoir de manger quelques bonnes côtelettes de ces rennes que nous devions trouver dans les terres stériles. Notre interprète avait beau m'affirmer que les grillades (comme il les appelait étaient aussi bonnes rissolées dans la chaudière, ses assurances ne me donnaient qu’une faible consolation.
Nous nous engageàämes dans un labyrinthe d'îles , quelques unes escarpées , arrondies et nues, d’autres terminées en pente, découpées et cou ;ertes de bouleaux ou de petits pins; après avoir tourné un peu au nord-nord-est, nous vimes s'ouvrir devant nous un long et large chenal bordé de chaque côté par des rochers dont la hauteur très variable atteignait parfois mille pieds, et souvent n'allait guère qu’à deux cents. Ces rochers ressemblaient en cer-
tains points à ceux de l’ouest aux environs du
peu d’imj'étais à éjouissais is l'espoir es de ces is les tereau m'afles appe- 1s la chau-
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abyrinthe ondies et lécoupées tits pins; nord-est,
long et ar des roatteignait ruère qu'à t'en cer-
virons du
Gros-Cap, et en d’autres au granit rouge de Chipewyan. Je n’eu5 pas le temps de descendre à terre pour en prendre une plus ample connaissance. L'aspect du pays, tout-à-fait différent du lieu que nous avions quitté le matin, et la direction des terres qui paraïssaient courir vers le nord, s’accordaient parfaitement avec les récits des Indiens et me faisaient espérer une longue navigation. On ne voyait plus de grands amas de bois en dérive comme ceux qu’on avait rencontrés, depuis la rivière J’Esclave jusqu’au cap Mackenzie, ainsi que sur les côtes orienta-
les et occidentales du lac; l'eau n’était plus
. trouble et jaunâtre, mais verte et demi-transpa-
rente, d’unetempérature de 52°(11°,1.C.). Celle de l'air, augmentée de 12° (6°, 7.C.), depuis le matin, était de 58° ( 14, 4. C.). À mesure que nous avancions, les îles étendues prenaient un caractère plus montagneux, et l’on remarquait que celles de la partie occidentale étaient beaucoup plus boisées que celles de la partie
orientale. Parfois, à travers les échappées de
vues, on apercevait à droite, sur un horizon clair, une terre bleue et vaporeuse fort éloignée. — À huit heures après midi, nos gens étant harassés, je fis préparer le campement pour la nuit.
14 août. — Le thermomètre ne marquait que 30° (—1°, 1. C.); et quand nous reprîimes notre route à quatre heures avant midi, par une brise froide , l’eau se trouva couverte d’une légère croûte de glace, qui endommagea l'écorce de notre canot et nous obligea à le réparer.
Lepayssitué à notre gauche se dépouillait peu à peu de son caractère abrupte, etse transformait en collines à la croupe arrondie dont les pentes étaient couronnées de bois : deux légères colonnes de fumée, provenant sans doute de feux allumés par des chasseurs écartés de leur tribu , rompaient l’uniformité du tableau. Le pays situé à notre droite revêtait au contraire, à mesure que nous avancions, un caractère sauvage de grandeur et de hardiesse dont les Alpes
et les Apennins ne m'ont jamais offert d'aussi
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l'aussi
DU CAPITAINE BACK. 101 frappans exemples. Les rochers, d’une hauteur de huit et de douze cents pieds, étaient déchirés comme par ure violente convulsion , sillonnés de gouffres profonds, et terminés par des escarpements inaccessibles à l'animal le plu: agile. Sur l'aréte des abîmes, quelques pins flétris par l’âge projetaient leurs bras rabougris; l'un d'eux servait de trône à un majestueux aigle pêcheur qui, sans se soucier de nos cris,régnait paisiblement eu milieu de ces rochers sauvages et déserts. Les pinceaux de Salvator eussent pu seuls exprimer la réalité de cette scène.
En continudnt à avancer, notre vue fut arrêtée par deux collines de forme conique, d’un profil très pittoresque. Elles paraissaient tout-àfait séparées du continent, non loin d’une pointe. Peu après cette pointe, la côte détourne à droite, s’étend au sud et à l’ouest, forme une large ceinture de quinze ou vingt milles d’étendue , et finit par joindre la pointe Rocky, à la distance d'environ cinquante milles, mesurée
en ligne directe. Je donnai à l’ensemble des iles
102 VOYAGE de cette partie le nom de'Groupe Simpson, en témoignage de respect pour le gouverneur. Le chenal entre les îles occidentales et la côte n’a pas plus d’un quart de mille de largeur en certains points; dans ce resserremènt, on remarque un clapotis causé par un fort courant de sud qu’on ne retrouvé pas ailleurs.
L’abondance de la pêche en cette localité y a déterminé l’établissement d’un poste.
Lorsque nous sortimes de l'extrémité nord du chenal, nous nous trouvâmes en face d’une magnifique nappe d'eau qui s’étendait à l’est et à l’ouest avec un horizon dégagé àe tous côtés. Trois petitesiles se montraient dans le lointain, et leurs escarpements réfléchissaient légerement les rayons du soleil couchant. —La péninsule qui sépare les eaux du nord de celles du sud sur la côte orientale, a été appelée pointe Keith, pour reconnaitre les bons offices de cet agent de la compagnie dont le nom a déjà plusieurs fois été mentionné.
Nous poussämes ensuite une grande bordée
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vers quelques collines en forme de table, faisant partie de ce que les Indiens appellent l'ile du Renne;leurs flancs escarpésse dressent, comme de hautes murailles, au-dessus des bois qui garnissent les pentes du terrain inférieur. Nous abordâmes pour examiner de plus près ces formations diverses. Le rivage est formé,sur une étendue de deux ou trois milles, d’une sorte de
poudingue provenant soit de l’action des glaces,
dont les masses immenses exercent sur cette
côte ouverte des pressions énormes et en écrasent les matériaux, soit du choc des vagues qui y déferlent sans cesse; ce poudingue renferme des pierres de différentes grandeurs plus ou moins arrondies, agglomérées par une argile jaunätre qui est devenueaussi dure quela roche.—Lebord de la côte varie en hauteur depuis six jusqu’à quarante pieds, et du point où nous étions, il paraissait se perdre au milieu des rochers voisins; ceux-ci, atteignant une élévation tantôt de quatorze cents et tantôt de deux mille pieds, pré-
sentent un puissant contraste avec les contours
onduleux de la côte du continent que nous apercevions .à douze ou quinze milles de distance. — Nous nous embarquâmes et fimes route vers la pointe d’une île fréquentée par les Indiens, à cause d’une pierre particuliére
généralement d’un gris verdâtre, destinée à
faire leurs pipes; un d’eux voulait y visiter
un petit dépôt de tabac qu'il y avait caché autrefois entre les roches, dans une année d’abondance; il trouva son petit trésor intact ; mais il l’y laissa encore, comptant sur moi pour fournir à ses besoins actuels.
La face S.-0. des rochers était lisse et perpendiculaire: elle continuait ainsi à mesure que nousélevions versleN.-E.;et jusqu'aux dernières limites que l’œilpütatteindre,elle présentait une muraille continue, flanquée à sa base d’une suite de collines de trapp ayant aussi des faces à pic et des sommets arrondis. Je ne pus q'ie noter la ressemblance de ces collines avec certaines formations de terrains aux environs
du lac Point, et sur la côte à l'est de la riviere
ie nous de dis-
t fimes
itée par iculière
tinée à
visiter
ché auée d’aintact ;
OÏ pour
et permesure ux der- Drésensa base issi des ne pus es avec virons
riviere
des Mines-de-Cuivre. La terre était inabordable de ce côté. Nous mnimes le cap sur la côte nord du continent, où l’on apercevait le long
des pentes quelques restes de neiges de l’hi-
Al , A * . ver précédent. Là, nous débarquär.es, et
l'on dressa la tente. La Prise installa un filet;
. le matin suivant, on y trouva quelques poissons blancs, une truite, et, ce qui surprit infiniment
… les Indiens , le poisson #rconnu (1).
15 août. — Ayant vent debout et grosse mer, nous ne pümes tirer grand parti de nos avirons; et ne voyant aucune terre pour nous abriter,
nous fümes bientôt obligés de mettre en panne.
: On m'avertit que La Prise et un Indien s'étaient
pris de querelle dans le canot, assez vivement
pour laisser craindre une issue funeste. Mon
- intervention les sépara plutôt qu'elle ne les
réconcilia; car La Prise, en se désistant,
laissa échapper entre ses dents : « Vous pouvez
(1) Salmo Mackenzii. Voyez l'appendice de Richardson dans Franklin,