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de Gr. (111°-20'-53" de Paris ); la déclinaison,
de 35°-19' or., et l'inclinaison de 84-44. A
un mille de là enviion, un arbre, frappé par la foudre, montrait son tronc fendu sur une longucur d'environ vingt pieds; les fragments en avaient été lancés à trente ou quarante pas. Je n'ai jamais vu d'effet comparable à celui-là.
La continuation du beau temps, et les poursuites dont les daims avaient été l’objet, les chassèrent de nouwaà vers les terres stériles, où l’on ne put les approctter de toute ia saison; aussi, vers la fin du mois, les vivres nous manquérent de nouveau; la détresse redoubla; nous avions le cœur déchiré des plaintes et des cris étourdissants des femmes et des enfants. L’heureuse arrivée de mon vieil ami Akaitcho , avec un peu de viande, nous tira d’embarras; un certain nombre d’Indiens partirent avec ce chef, qui nous promit de ne jamais nous laisser dans la détresse tant qu'il aurait quelque chose à envoyer au fort. Il ne s’informa pas directe-
ment de sir John Franklin, ni du docteur Ri-
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DU CAPITAINE BACR. 261 chardson ; mais sa satisfaction fut évidente, lorsque je lui fis en leur nom quelques petits présents; il me montra alors la médaille d'argent qu'il avait reçue au fort Entreprise, pour prouver qu'il ne les avait point oubliés. L’addition d’une ou deux bagatelles le rendit completement heureux, et il nous quitta dévoué, selon toute apparence, au succès de l’expédition.
Parmi ses compagnons se trouvait un vieillard qui nous indiqua un lac situé à trente milles au S. E. où, disait-il, il obtenait quelques bons résultats de la pêche dans les occasions pressantes. Je ne voulais négliger aucun moyen de conserver notre provision de pemmican ; je le déterminai donc à guider vers ce lac un petit détachement chargé de vérifier le fait, et de nous transmettre sans délai le résultat de ses recherches, s’il était favorable. Trois jours près, La Charité revint à la maison au milieu de la nuit après une marche des plus pénibles , accomplie dans les bois sans chaussure à
neige; il rapportait quatre poissons et l'heu-
reuse nouvelle qu’il y avait tout espoir d'en prendre davantage en embrassant une plus grande étendue d’eau. Il repartit avec tous les hommes dont nous pouvions nous passer; ceux qui restaient étaient obligés de vivre sur notre pemmican, dont nous avions déjà consommé un tiers.
7 décembre. — Pour diminuer autant que possible le nombre de nos hommes, je congédiai De Charloit et deux Iroquois suivant notre convention, et La Charité à sa propre requête; mais ce ne fut pas sans «vi ir donné à ce dernier un substitu!, qui se trouva lui être bien supérieur en tous points, comme coureurde-bois. Je leur fournis les moyens d’existence nésessaires pour gagner le plus prochain établissement ; je chargeai De Charloit de mes dépêches pour M. Hay, sous-secrétaire d'état des Colonies, et pour l’amirauté; je lui confiai aussi des lettres où je demandais des secours supplémentaires qui devaient être envoyés l’année
suivante de la factorerie de Yorck.—fl ne nous
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DU CAPITAINE BACK. 203 arriva cette semaine que quatre Indiens af famés. Ils étaient très abattus, et angmentérent la tristesse générale en confirmant les appréhensions que des commencements aussi défavorables faisaient naître pour notre sort pendant le cours de l'hiver.
Je craignais d'abord que les Indiens, si superstitieux, ne fussent portés à attribuer leur position déplorable à notre entreprise, condamnée par les Esprits jaloux qui régnent sur les régions glacées où nous devions porter nos pas; mais j'appris que déjà, dans les deux hivers précédents, des calamités extraordinaires avaient accablé toutes les tribus qui habitent les environs du grand lac de l’Esclave et de la rivière Malkenzie. A l’ouest, particulièrement auprès de la rivière au Liard, quarante des meilleurs chasseurs chipewyans étaient morts de famine, un grand nombre avait disparu sans que depuis on en ait entendu parler, et les malheureux survivants, écrasés sous le poids
de maux horribles par la rigueur de l'hiver et
l'absence des animaux , étaient encore visité: par des calamités inouies qu’ils regardaient comme directement envoyées du ciel, et qui
leur faisaient dresser les cheveux sur la tète :
ainsi advint-il pour deux femmes et leurs en-
fants qui passaient près d’une montagne avec leurs chiens chargés ; ils approchaient des tentes lorsque tout-à-coup on les entendit crier au secours, et aussitôt on vit un tourbillon de vent envelopper leur petite troupe, la balayer et la faire disparaître pour toujours; on n’en retrouva qu'un seul enfant qui mourut la nuit suivante en proie à d’atroces douleurs.
Le 16 décembre.— L’interprète arriva d’une des stations de pêche, et nous apprit qu’on y avait perdu plusieurs filets et que le poisson ne pouvait suffire aux besoins du détachement. On y prenait tout au plus treize petits poissons dans un jour, et les Indiens, mourant de faim , se pressaient avec avidité pour obtenir une faible part de cette chétive pêche. Il en ar-
rivait autant chez nous; car les naturels, qui se
DU CAPITAINE BACK. 205 trouvaient à quelque distance du fort, employaient le peu de force qui leur restait pour s’y trainer; c'était en effet leur seule chance de salut. Nous leur donnions tout ce que nous pouvions, mais nous nous efforcions en vain de ranimer leurs esprits abattus , de leur donner du courage : la misère était trop accablante et paralysait toute leur énergie.
Une troupe d’Indiens venait à peine de fermer la porte, que d’autres encore plus languissants et plus misérables l'entr'ouvrirent faiblement, attestant, par leur air effaré et leurs yeux.caves, qu’ils étaient en proie à des souffrances indicibles. 11s parlaient à peine, mais s'empressaient en silence autour du feu pour jour du seul soulagement qui püt ètre largement accordé à leurs maux. Une poignée de viande broyée, toute moisie et réservée d’abord à nos chiens, leur fut distribuée; nous n’en pouvions faire davantage. Cette pitance, toute dégoûtante,
toute malsaine qu’elle était, jointe à l'offre ami-
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