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sa tribu, arriva les mains vides; mais il fut bientôt suivi de deux jeunes Chipewyans qui nous apportaient un peu de viande sèche de la rivière Couteau-Jaune, où plusieurs de leurs compagnons avaient péri de besoin.
3 juin. — Tous les hommes de la station de pêche arrivèrent aussi avec la triste nouvelle que les deux Indiens avaient été jusqu’au fort Résolution sans pouvoir trouver la moindre trace du pauvre Williamson, qui, suivant leurs conjectures, avait dû s’égarer parmi les îles, ou bien avait été dans l’impossibilité d'allumer du feu pour indiquer sa position. Le corps d’Augustus avait été retrouvé non loin de la rivière, à Jean. Il paraît que ce pauvre jeune homme voulait retourner sur ses pas pour rejoindre l'établissement, lorsque, épuisé de faim et de fatigue, ou surpris par une de ces terribles tempêtes de neige dont les effets sont tels qu’ils renversent un homme de dessus ses
jambes, il était tombé pour ne plus se relever.
Telle fut la fin de ce bon Augustus, fidèle, dé-
DU CAPITAINE BACK. 329 voué, plein de cœur, qui par ses qualités s'était déjà attiré l'attention de sir John Franklin et du docteur Richardson, qualités. qui, dans la plus basse comme dans la plus haute condition, font le charme et l’ornement de l’humanité.
Cette triste nouvelle, reçue la veille de notre départ, n’était pas de nature à l’'égayer; mais, dans notre situation, nous devions toujours sacrifier aux nécessités du moment les douloureux souvenirs du passé, qui d’ailleurs s’absorbaient d'eux-mêmes dans nos occupations matérielles et obligées.
Le 5 juin, M. Mac-Leod, les#ndiens et tous les hommes, excepté trois, quittèrent le fort. 11 fut décidé que M. Mac-Leod, suivi d’une escorte choisie, nous devancerait pour chasser et nous faire des caches de viande tout le long de la route, afin de ménager notre pemmican ; les autres Indiens, réunis à une partie de nos hommes, devaient aider au transport des ba-
gages. Je gardai avec moi un Indien qui s’offrit
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à nous servir de guide; mais à peine eut-il perdu ses camarades de vue qu'il se prépara à partir avec l'intention de les suivre. Ce caprice était dù à ce qu'il se méfiait de la conduite de sa jeune femme, alors dans la partie du nord, Je le menacai de le congédier totalement du service, et cette menace suffit pour le détourner de son projet. — Nous usàmes de tous les moyens possibles pour engager plusieurs fic milles indiennes à demeurer dans létablissement pendant l'absence de M. Mac-Leod afin d'en prendre soin. Mais aucune tentation nc fut assez puissante, même sur les plus pauvres, pour les décidgr à accepter une aussi dangereuse charge; ils s’accordaient tous à déclarer qu'il leur serait impossible de s'y procurer de la nourriture pendant cette saison de l’année. On ne peut donner une preuve plus convaincante de l4 pauvreté du pays, car les Naturels s'exposeraient à toutes sortes de maux pour obteuir leur tabac favori, des munitions et
des vêlements, et 1l est généralement connu
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DU CAPITAINE BACK. 397 qu'un Indien peut trouver à vivre là où un loup mourrait de faim. Ainsi leur refus dhabiter l'établissement montrait combien les environs étaient dénués de ressources. Je fus obligé alors de me fier à la Providence pour la sûreté des effets contenant les observations, les journaux, les dessins et les cartes. On dressa une plate-forme dans la salle; on y déposa le reste de nos vivres avec tous les soins nécessaires pour les garantir de l'humidité et des walvérènes voraces. Plusieurs objets furent descendus dans un caveau dont on scella l'entrée. Les plus grandes caisses furent entassées les unes sur les autres et recouvertes d’une toile goudronnée; une trés petite quantité d’eau-devie, que nous ne pouvions emporter et que nous eussions volontiers consommée sur place, si l'économie l’eût permis, fut enterrée à cinq
bonnes brasses (vingt-huit pieds ) sous terre ;
il n'en fallait pas moins pour qu'elle fût hors
de portée des bipèdes et quadrupèdes de toute
espéce, des Indiens ou des ours.
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