‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 2 sur 103 · LT. Û · texte numérisé non relu

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perspective du changement et le vaste champ laissé aux rêves de l'imagination qui nous devance, tout cela contribue en tous temps à remuer le sang et à donner à l'esprit une plus grande activité. On concevra alors quels sentiments j'éprouvai en me mettant en route pour les déserts arctiques. J'avais échappé à la misère d'un hiver rigoureux, au spectacle et aux récits de la souffrance et de la mort, aux longs ennuis d’une vie monotone etinactive, aux désappointements les plus cruels et aux plus terribles soucis. J’avais donc enfin devant moi une carrière nouvelle; j'étais soutenu par l’espérance, la curiosité et l'amour des aventures. La perspective même des dangers et des obstacles que je devais rencontrer, jointe à la responsabilité inséparable du commandement, loin de diminuer mon zèle, ne faisait que l’augmenter. En tournant le dos au fort, je sentis ma poitrine allégée et mon cœur battre avec plus de chaleur? on eût dit un prisonnier quittant

son cachot. M. King, mon compagnon, par-

tageait évidemment cette ardeur d'émotions.

Nous nous mimes donc gaiement en marche et nous avançâmes rapidement.

Nous nous dirigeämes au nord à travers les bois, et nous arrivâmes à une longue nappe de terres marécageuses; il fallutensuite monter sur des rochers à pic, et bientôt après nous eümes en vue l’Ah-hel-Dessy, qui semblait navigable dans cette partie, bien que le bruit rapproché d’une forte chute nous attestâät plutôt le contraire. Nous traversàmes plusieurs collines de sable où croissent en abondance les arbrisseaux nommés par les coureurs de bois, comme je l'ai dit ailleurs, Sac-à: Commis. Ces collines sont généralement bordées d’escarpements de feldspath et de rochers nus de granit ; d’épaisses masses de neige comblent cà et là les intervalles qui les séparent, ou sont accumulées en talus contre les parties inférieures des escarpements verticaux. Nous vimes auprés d'anciennes traces de daims.

L’étouffante chaleur du temps avait telle-

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/ VOYAGE ment incommodé mon domestique, qu'il ne

pouvait plus avancer. Nous fimes halte, et

| comme nous n'avions pas de tente, nous nous l | établimes pour la nuit sur un vaste tapis de | |} mousse de renne que protégeaient les branches d’un large pin. .

Les saules en faible nombre qui bordaient .

les rives des petits lacs que nous avions passés n'étaient pas aussi avancés que ceux de notre Fe habitation; ces derniers, cependant, ayant pro- :

bablement souffert des vents de N. E. dont l’in-

fluence s’était fait sentir dans les derniers temps,

avaient fait peu de progrès. Sur les bouleaux

nains, il n’y avait qu’une fleur d’épanouie, et

les boutons verts étaient à peine visibles. Cela

venait-il du retard accidentel de la saison , ou

de la pauvreté du sol, c’est ce que je ne saurais

décider. À ce sujet, je rapporterai ici qu'ayant

précédemment semé du cresson dans une

caisse garnie de la meilleure terre que nous

eussions pu trouver, ce cresson n'arriva point

à maturité parfaite, du moins aprés trois semai-

DU CAPITAINE BACK. D nes d'attente, bien que la caisse ft renfermée pendant Ja nuit dans une chambre chaude, et qu'elle restät exposée le jour à l'ardeur du soleil. — Le pays que nous traversions offrait les tons grisâtres d’un automne avancé; pour toute verdure, nous n'apercümes que celle des suc-acominis el des jeunes sapins.

I tomba pendant la nuit une grande pluie qui, jointe à lardeur que j'avais de continuer ma route, bannirent le sommeil de mes yenx.

Néanmoins j'étais parvenu à m'assoupir, lorsqu'une perdrix blanche vint s'abattre à quelques pas de moi, en faisant grand bruit , et réveillant plusieurs d’entre nous.

Nous reprimes notre marche le lendemain malin à trois heures; il fallut descendre dans un ravin trés profond, puis remonter en nous crampornnant aux saillies,. ct en nous frayant un chemin à travers d'épais fourrés d'ou nous eümes heaucoup de peine à retirer nos’ chiens. Pour comble d'infortune, le

malaise de mon domestique avait tellement

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