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DU CAPITAINE BACK. 109 | E. ; sur ses rives semblaient indiquer qu’elle faisait À est partie de leur route ordinaire, et je fus loin dé- d’être convaincu que ce n’était point le Thé- (E Lew, quelque contraire que püt être cette opi- 1 à nua nion aux récits des Indiens (1). Je nommai t. ); cette rivière du nom de mon digne ami, Baillie, VE, van- esq., agent-général des colonies de la couronne. | | des Nous campâmes à peu de distance; et, après L tion avoir donné quelques explications à l'équipage, t de je-crus prudent, vu notre petit nombre, de faire & ï 1 avo- monter régulièrement la garde pendant la nuit. i | lque M. King prit le quart de dix heures du soir il cou- | jusqu’à quatre heures du matin, époque ordi- il ef- naire de nctre départ, ll 1 s, je Le matin suivant , au lieu de gagner dans 1 me l'ouest, comme nous le faisaient espérer diver- 1 | tres ses tendances de la rivière vers ce côté, nous i h urs tournàmes droit à l’est; mais après trois ou LA une quatre milles, nous füûmes ramenés dans la pre- il | | face | L ans (1) D'après les minutieuses enquêtes faites par la suite , j’ai toutes
sortes de raisons de penser que le Thè-Lew tombe düns l'ouverture
aux ChestertieL!, { F
miére direction. Nous remontions fréquemment des bancs de sable et des iles où , par suite de notre ignorance des lieux, nous ne pouvions éviter d’échouer à chaque instant.
Nos gens étaient alors obligés de guéer, jusqu’à ce que le bateau fut remis à flot. Depuis la jonction de la rivière Baillie, les bords s’étient sensiblement écartés; et n’eüt été la farce du courant, on se serait cru dans nn lac. D: chaque côté c'était un pays bas et sablonneux, garni de collines rocheuses de médipere grandeur, la plupart détachées et éloignées d’un ou deux milles les unes des autres. Elles disparurent bientôt, et furent remplacées par des terres d’alluvions si unies, ei si peu élevées audessus du niveau des eaux, que je me crus arrivé tout près de la mer; croyance justifiée par la ressemblance de ces rives, avec l'embouchure occidentale du fleuve Mackenzie. Une fois, même, un des nôtres se figura voir des tentes; mais , en avançant, nous reconnümes que c’é-
taient de magnifiques saules; des centaines
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bU CAPITAINE BACK, 107 d'oies s’y étaient retirées. Privées de leurs grosses plumes, elles ne pouvaient voler; mais leur instinct, et la rapidité de leur course, en reudaient la capture malaisée. Étaient-elles forcées de se jeter à l’eau (ce qu'elles évitaient cependant avec un soin 1out particulier ), elles plongeaient et, lorsqu'elles venaient pour respirer , ne laissaient paraître que leurs têtes, avec une petite partie de Jeurs plumes de derrière. De là, impossibilité, soit de les voir, soit de les rattraper, quand on les tuait. A terre, elles donnaient tablature aux chasseurs, par leur course soutenue, ou se jetaient dans des fourrés où, malgré les obstacles, elles avançaient deux fois plus vite que leurs paursuivants.
La terre, toujours basse, était cependant alors accidentée de loin en loin par des monticules. Bientôt se présenta, à notre gauche, une ouverture formée par une rivière à laquelie nous donnâmes le nom du capitaine sir Samuel Warren, surintendant de l’arsenal de Woolwich.
Les rives ici étaient plus élevées, quelquefois
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escarpées, mais toujours offrant le même aspect : sèches et sablonneuses, tristes et stériles. Nous continuämes à avancer encore plus vers l’est, et passâmes la rivière Jervoise, autre large affluent sur la rive droite. Nous arrivames alors à une ouverture basse et sablonneuse qui nous semblait complètement fermée, jusqu’à ce que parvenus à son extrémité nord, un chenal nous conduisit entre des rochers qui parurent s'étendre, à partir d’une hauteur voisine, vers une chaîne de montagnes située dans le nordouest. Le soleil était trop bas pour nous permettre de descendre les rapides; il fallut cam per. Nous trouvàmes là quelques bœufs musqués; comme les rennes et les oies, ils ne témoignèrent aucun étonnement jusqu’au moment où ils virent quelques uns de nous s’avancer vers eux. Les observations nous donnaient 65°-9'-12" de lat. N., et 103°-33/-8” de long. O., de Gr. (105'- 53-39! de Paris); la déclinaison était de 30°-6 orientale. Ainsi notre route avait valu presque
entièrement l’est.
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L’apparence redoutable des vagues qui se beurtaient, leur mugissement dans le chenal étroit et sombre que nous avions à suivre, rendaient nécessaire d'examiner les difficultés contre lesquel!*s nous pourrions avoir à-lutter au milieu de ces rochers menaçants qui, se réunissant à mesure qu'ils s'éloignaient, semblaient a l'œit barrer le passage. Un certain temps fut nécessairement employé à cet examen, et le rapport qu'on m'en fit nous laissa la même espèce de doute que dans les occasions précédentes. Je m'attendais néanmoins à ce résultat. Quoique j'eusse des patrons excellents, je.ne pouvais espérer qu'ils fussent aussi désireux que moi d'aller en avant. Au contraire, ils s’occupaient souvent des difficultés que nous rencontrerions à notre retour. Je leur répondais, en leur représentant l’expérience que j'avais de ces latitudes, et le changement complet que la différence des saisons produisait sur l’état des rivières; en général, ce raisonnement Îles sa-
tisfaisait. On trouvera peut-être qu'en cher-
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chant à persuader des gens à qui je pouvais commander, je me donnais gratuitement une peine de plus. Mais il faut se mettre dans l'esprit que pour tout ce qui n’est pas service purement militaire, une réunion d'hommes n’est jamais et ne peut jamais étre tenue sous les règles strictes de la discipline. Le succès d’une expédition comme la nôtre dépend matériellement de la volonté et des dispositions des hon:mes qui la composent. Il faut, tantôt raisonner avec eux, tantôt les tenir en bride, selon que les circonstances le demandent. Il faut que ces homme: éprouvent quelque confiance, quelque attachement pour leur clief, et non qu'ils lui obéissent simplement par force; ce qu'ils font, ils doivent le faire de bon cœur, de bonne volon:té, et non froidement pouf remplir un contrat.
Le lendemain matin de bonne heure, nous hous lançâmes à l'endroit où les rapides commencaient ; le bateau fut entrainé dans un tour-hant d’eau; malgré les avirons, et sans la force
étonnante de Mac-Kay, qui tenait le gouvernail,
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il aurait été infailliblement brisé contre les pointes avancées des rochers. En entrant dans le goulet, les rochers nous présentaient à droite un rempart haut et perpendiculaire, si régulier, que sans un grand effort d'imagination on pouvait les supposer détachés par un choc violent du rivage opposé : sourcilleux, escarpés , penchés en voûte, empilés en masses stratifiées et diversement colorées, ils menacaient le cours du torrent irrité Une sombre et profonde obscurité régnait sur l’abime; l'impression en était rendue plus fort: encore par le sourd rugissement du rapide, roulant toujours dans une ombre épaisse, et pâr les.cris de trois grands faucons qui, effrayés dans leur aire, se penchaient d’en haut sur le milieù de la passe, et regardaient fixement les premiers honimes qui venaient troubler leur solitude. Je me sentis comme soulagé d’un poids énorme quand, sortant de ce passage, nous reparümes à la brile lante lumière du jour. Le bateau n'avait alors
qu’à se laisser dériver avec un courant dont la
apidité n'était pas moindre de six milles à l'heure, au milieu des tournants d’eau et des remous qui le battaient incessamment. Les hommes, heureux de se reposer sur leurs avirons, s'amusaient à regarder nonchalamment les objets environnants , ou à fumer leur pipe bienaimée, lorsqu'on apercut un peu à l'avant quelque chose qui nageait et qu'on prit pour un jeune faon. Comme nous passions à le toucher, l'homme de devant, presque sans regarder, allongea le bras pour s'en saisir; mais il le retira avecla rapidité de l'éclair en s'écriant :« Dimné diable! ilm’a mordu; c’est un renard.» Je défendis qu'on fit feu dessus set maitre renard gagnant le bord sauta sur le rivage, joyeux du tour qu'il venait de jouer.
La rivière s'élargissait de plus en plus et coulait sans obstacle; sa largeur était assez grande pour me rappeler celle du fleuve Mackenzie.
De longues enveloppes d’une glace épaisse, que recouvrait une grande quantité de neige, gar-
nissaient le rivage en pente sur les deux côtés, et