‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 47 sur 103 · LA A · texte numérisé non relu

LA A

posé de notre campement. En ce moment nous nedistinguions pas une seule glace devant nous; aussi les hommes encouragés forcèrent sur leurs avirons pour gagner une raie bleue fort éloignée, qui nous paraissait être la terre ; mais nous avions tous été, sans doute, dupes d'une illusion d'optique, car, dans un quart d'heure (telle est l'incertitude des calculs humains! ), nous nous trouvâmes embarrassés dans des glaces flottantes qui n'étaient que l’avant-garde de masses plus compactes. Nous cssayämes de débarquer, mais les battures de la côte nous en empéchérent jusqu’à deux heures et demie avant midi; nous ne pümes aborder alors qu'après bien des fatigues et des dangers. On déchargea le bateau et on le monta au-dessus de la laisse de haute mer.

Le temps, qugique calme, était sombre et incertain ; il tomba une grosse pluie. Je raffraichis mes hommes d’un verre de grog, et j'ordonnai à Mac-Kay, Sinclair et Taylor, trois mar-

cheurs déterminés, de suivre à pied la côte

Des os

DU CAPITAINE BACK. 209 aussi loin qu'ils pourraient. Je les laissai libres de revenir au bout de vingt-quatre heures ou de s’absenter plus long-temps, selon qu'ils jugeraient possible au bateau de gagner plus avant. Ils devaient prendre note de ‘état de la glace, examiner avec soin la nature du sol et la direction que prenait la terre de l’ouest; car de leur rapport dépendait l'exécution d’un plan que je méditais depuis quelque temps, comme une dernière ressource dans le cas où nous nous trouverions définitivement arrêtés.

À la fin de la journée la pluie tombait à torrents, et mettait la fougère hors d'état de prendre feu. Ce qui nous causait le plus de peine, c'était de voir la glace flottante dériver de nouveau dans le sud et s’accumuler dans le chenal que nous venions de passer. Dans les moments où le soleil perçait l'atmosphère chargée de pluie, nous avions la douleur de voir

l’étroite passe sur laquelle se fondaient nos es-

pérances se changer en un champ de glaces

solides. On ne put distinguer qu’une seule fois

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