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gnimes les glaces flottantes, où nous nous engageàmes, dans l'espoir de trouver un passage autour d’une ile basse, située devant nous à un ou deux milles, et dont l’extrémité nord nous cachait une autre terre dans cette direction; mais nous fümes obligés de gouverner vers cette ile et d'y aborder après beaucoup de fatigues, et non sans avoir couru grand risque d’être pincés entre les glaces. Je me dirigeai aussitôt vers une butte de sable élevée de dix pieds (trois mètres), à environ deux milles et demi de la berge. Autour de moi s’étendait une plaine irrégulière de sable et de pierres, dont la stérilité eüt rappelé :s plaines brülées de l'est, sans un petit ruisseau qui, par ses sinuosités, en rompait un peu la monotonie. Du haut
de la butte je distinguai une baïe profonde
gisant au sud-ouest, laquelle finissait du côté .
de l’est à la pointe sablonneuse de notre campement (pointe Ogle, d’après le vice-amiral de ce nom), et qui, du côté opposé, se terminait à
une autre pointe gisant au O. N. O. Fa terre
une deux Ogle.
au m mer | pierre le nor
glaces
n- { qui environnait la baie était bleue et hate, ge fort encombrée par des glaces qui s’y monà {| traient d’une extrémité à l’autre, et s’étendaient rc
au nord jusqu’à l'horizon. Il me resta cepen-
eC- dant encore une lueur d'espérance à la vue mi 4 ner des lignes d’eau libre qui sillonnaient la surface Hu de de ce champ glacé, et faisaient l'effet des om- À 1 que bres du soir sur un lac brillant. HR ea La pluie tomba toute la nuit, et le matin se 1 ft | dix fit avec un brouillard épais et humide. Pour 1 , ei comble de chagrins, nous vimes les glaces s’ac- Li | | ne cumuler sur la côte. Un peu après midi, éclata 1 ni une tourmente mélée d’éclairs et de tonnerre, Hi de la première que je me rappelasse avoir vue par 4 L sé une aussi haute latitude. Les patrons allérent Qi que deux fois examiner l'état de la glace à la pointe à ide Ogle. Cette pointe est séparée de la terre-ferme
té : au moment de la haute mer, et s’y rattache, à
pe mer basse, par un étroit sillon de sables et de
Eë pierres. Vers le soir, le vent, remontant vers
à le nord, menaça d'entraîner de notre côté les
olaces flottantes du large de manière à nous
ôter la faculté de nous mouvoir d’un seul pouce. Pour éviter ce danger, je résolus de m’avancer à la gaffe, au travers de la glace, vers la partie la plus étroite du petit isthme qui réunissait l’île à la terre-ferme, de faire ensuite un portage du bateau et du bagage pour atteindre le côté ouest de l’isthme, où se trouvait une passe conduisant à une terre éloignée dans l’ouest. Mais ce projet ne put être exécuté à cause des dimensions des pièces de glace, d’ailleurs étroitement soudées les unes aux autres. Quoique le thermomètre füt à 42° (5°, 6. C.), cependant le temps était humide et froid; et malheureusement nous ne pouvions allumer de feu. Durant la nuit, on mit des hommes de garde pour veiller sur les mouvements de la glace; dans le même but, les patrons ne firent qu'aller et venir les uns après les autres; mais ce fut en vain : la glace demeura fixe, quelques fragments entrérent même dans notre havre; le temps se maintint froid, et la pluie continua à tomber sans la moindre in-
terruption. Ce mauvais temps et l'absence de
DU CAPITAINE BACK. ati nourriture chaude, m’alarma relativement à la santé de l'équipage. L’un des hommes (Mackenzie) eut pendant quelques jours des gonflements et des enflures qui le mirent hors d'état de faire son service, et l’empéchérent de se mettre à l’eau, ce qui était encore pire pour nous. Heureusement, aucun autre ne se plaignait encore.
Je me rendis de nouveau à la butte, à travers une sorte de sable mouvant. J’aperçus cette fois, dans le sud-ouest, un point élevé qui paraissait être une ile. Au nord et à l’ouest on ne voyait que de la glace; mais, droit à l’est, je distinguaiune eau libre et une petite île. Au sud, la glace flottante se montrait de tous côtés, et le vent qui était descendu de quelques quarts dans l’ouest, l’avait déjà serrée contre la côte.
Pou:: occuper les hommes, je les envoyai chercher de la fougère et de la mousse; mais quoiqu’ils se répandissent dans toutes les direc-
tions jusqu’à la distance de dix milles, ils re-
vinrent sur le soir sans en avoir trouvé un brin.
A deux heures après midi, la pluie reprit avec violence, et ne discontinua pas avant midi du jour suivant (10 août); elle fut alors remplacée par un brouillard. Toutefois, une grande partie de la glace avait disparu; le bateau fut aussitôt chargé, et nous nous dirigeàmes sur l’île; maïs il ne s’y trouvait pas de chenal par où nous pussions gagner dans l’ouest ; nous fimes un portage. Les bancs de sable s’étendaient au large à plusieurs centaines de pas, et la glace, du côté de la mer, paraissait repoussée par un violent courant de l’ouest qui faisait monter sur le rivage les morceaux les plus légers : cet encombrement, réuni aux dangers des écueils, nous embarrassait outre mesure; cependant, en repoussant un bloc de glace par ici, traversant en zigzag plus loin, nous réussimes à avancer d’un mille. Là nous fûmes arrêtés; il fallut de nouveaux efforts : on guéa, on souleva l’embarcation par-dessus les écueils , jusqu’à ce qu’enfin on ne trouvât plus
d'eau que jusqu’à la cheville : force fut alors de
Pare ER aea ce
le
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camper. Nous sondämes sans succès d’autres passes. La température ‘de l’eau n'était qu’à 59° (2°, 8. C.); il soufflait une fraiche brise de nord-ouest ; la glace avait envahi la berge; les hommes avaient tous leurs membres engourdis; le lecteur apprendra donc sans étonnement que ces pauvres gens s’abandonnèrent alors un instant à quelques plaintes sur la dureté de leur service, et certes il ne se sentira point le courage de leur en faire un crime.— Le bateau était à peine halé à terre que la brume s’épaissit, au point de ne pas laisser voir à plus de cent pas. Trois personnes allérent cependant à la recherche des combustibles, et les autres s’assemblerent pour lire l'office divin.
Le terrain de notre campement était couvert de petites coquilles bivalves ressemblant à des pétoncles; d'innombrables ruisseaux d’eau fraiche descendaient de la partie haute dans toutes les directions. Vers huit heures après midi la pluie recommença, sans que le brouillard di-
minuât le moins du monde, et le vent de nord-
214 VOYAGE ouest fraichit ; nos hommes revinrent, « Qu'uvez-vous donc là? dit quelqu'un. Ur morceuu du pôle-nord» , répond-on en riant. A ces paroles, M. King et moi nous sortons aussitôt de la tente, et nous voyons une pièce de bois flotté longue de 9 pieds (2",7), sur 9 pouces de diamètre (76 millimètres ), avec quelques autres morceaux plus petits et un débris de Kieyack. — Lorsqu'on scia la pièce de bois, je m'aperçus qu'elle était à peine imbibée d’eau, preuve qu’elle ne flottait pas depuis long-temps. C'était un morceau de pin, de l'espèce qui n’a pas de nœuds; j'en conclus qu'il provenait des parties supérieures du pays aux environs du Mackenzie; à cet égard, je me trouvais le plus compétent de notre troupe, car je me rappelais fort bien la nature du bois flottant à l’ouest de ce grand fleuve, et l'épave que nous avions sous les yeux y ressemblait parfaitement.
Je remerciai vivement le ciel de l’envoi de ce trésor inattendu, non pour la nourriture chaude
dont nous avions enfin, après tant de jours de
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