‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 51 sur 103 · ONS · texte numérisé non relu

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privation, la possibilité de nous réconforter, mais pour les conclusions géographiques que je pouvais en tirer. J’y voyais une preuve incontestable de l'existence d’un courant venant de l’ouest le long de la côte située à notre gauche ; par conséquent nous étions arrivés à la grande côte de la mer; car c’est un fait bien connu de tous les officiers des deux expéditions de sir John Franklin, que l'absence du bois en dérive a toujours été regardée comme démontrant infailliblemcnt qu'on s’écartait de la grande côte et qu’on s'égarait parmi les îles et les ouvertures ; cela eut lieu ainsi dans l'apverture Bathurst, où l’on ne trouva pas une seule épave, parce qu'il n’y existait pas de courant. 11 août. — Une fraiche brise de sud-ouest nous faisait espérer que la glace du rivage serait emportée au moment de la haute mer; nous fûmes donc amèrement surpris de la trouver encore plus serrée et empilée. Cependant le

temps s’éclaircit un peu, et le soleil parut pen-

dant quelques minutes pour la première fois

210 VOYAGE depuis cinq jours. Nous pümes distinguer dans le nord deux iles, dont l'extrémité à gauche reçut le nom de mon intrépide ami le capitaine James Ross; entre elles et un morne gisant au N. N. O., on ne distinguait que des glaces. Les deux iles s’avançaient cependant vers l’extrémité sud du morne, laquelle formait une pointe et paraissait limiter une baie. Quant à nous, il était absolument impossible d'aller plus loin ; je commençai à perdre l'espoir de voir une bourrasque de sud-ouest dégager les glaces et nous offrir la chance de gagner encore un peu en longitude. — M. King trouva d’autre bois flottant ; il vit aussi un bœuf musqué, et la plus grande partie des vertébres et des côtes d’une baleine gisant sur la plage; des frag- . ments furent ramassés près de notre campement. La haute mer eut lieu à trois heures quinze minutes après midi ( nous étions à la fin du premier quartier de la lune ).

Le lendemain matin, la glace se trouvait tel-

lement pressée qu'elle s'entassa en blocs perpen-

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