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tes, il fut obligé de prendre une corde attachée au traîneau de son frère et de tirer son fardeau comme de coutume. On ne peut en effet, dans de telles entreprises, avoir les égards que lon aurait dans toute autre; il m'était impossible de me priver d’un seul homme; le bagage avait été également réparti entre tous ; c’eût été d’un prand danger pour nos travaux à venir que de charger ce règlement. J'avais fixé rigoureusement la distance à parcourir chaque jour, et cest en ténant sévérement la main à ces dispositions, que je pouvais espérer arriver sur la glace au Thlew-ee-Choh.
Pendant la nuit, le * cmps se couvrit et devint menaçant} je ne savais quelle était la route la plus directe; la terre semblait se continuer à l'ests des baies profondes et des collines de sables de forme étrange paraissaient s'étendre du même côté. Je me dirigeai alors à l’ouest, vers deux points noits qui s’élevaient hardiment sur la rive opposée ; espérant y trouver
quelques signes à laide desquels je pourrais
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DU CAPITAINE BACK. a1 m'orienter et reconnaitre le bon chemin. Le ciel était extrémement sombre; un vent glacé soufflait du’ nord; un petit grésil nous refroidissait encore et rendait la glace si glissante que les chiens avaient peine à avancer. En approchant des points que j'avais remarqués, j'acquis la certitude que ce n'étaient pas des îles, ainsi que je l'avais supposé, mais le promontoire d’une baie très profonde. Je gravis la colline la plus haute des environs , et je m’aperçu:
que nous étions alors sur la rive accidentale du continent. J'avais visité ce pays dans une autre saison, mais la neige en avait tellement changé l'aspect, que, malgré mes efforts de mémoire, je
ne pus me rappeler la disposition des lieux.
l'ort heureusement pour nous, nous choisimes
la bonne voie; après quelque temps d’une marche pénible, nous fûmes arrêtés par une crête de glace que longeait une flaque d’eau et obligés de faire un long détour avant de pouvoir reprendre notre chemin. En route, nous
aperçumes deux collines de sable que je recon-
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29 VOYAGE nus; et à quatre heures avant midi, le 15 juin, nous campâmes à l'abri d'une haute colline rocheuse, environ à un quart de mille de la riviére où nous devions trouver les Indiens. S'ils eussent été avec nous, nous eussions évité beaucoup d'ennuis et de longueurs, et nos pieds s’en seraient mieux trouvés. Car cette marche continuelle sur des aspérités était certes une cruelle. peine, à laquelle nous étions d’autant plus sensibles, qu'il nous restait encore à faire deux tiers ou même plus du chemin total. Le matin, il tomba une ondée de neige; quand elle eut cessé, nous nous aperçûmes que nous étions sur le bord d’un marais alimenté par la fonte de la neige qui coulait des hauteurs ; les bas-fonds étant gelés, il s'y formait des élangs qui se déchargeaient lentement dans le lac. Nulle part le moindre signe de végétation ; ar le soleil n'avait que peu d'influence sur le sol d’une nature froide et stérile, On célébr'a le service divin sous une tente, ct nous conti-
nuîmes ensuite notre marche:le long de la ri-
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HA Er DU CAPITAINE BACK. 23 ti ) in, | viere. Un chenal, qui se trouvait au milieu, l Ko: | m'engagea à prendre vers la rive droite; elle s fie | se dirigeait vers l'est , il est vräi, mais un peu 4 Lil plus haut on pouvait couper et atteindre le k ité | côté opposé bien plus facilement qu’à l’en- fa Ho droit fort large où nous nous trouvions. Le j: tte | chenal nous conduisit beaucoup plus loin que si tes L nous ne l’avions prévu; au bout nous trou- fe AU- vames un petit rapide que passèrent à gué Fi e à ceux qui m'accompagnaient. Comme nos gens sie | tal. eussent perdu beaucoup de temps en voulant | ji a ge; | nous suivre, je revins sur mes pas, et je fis l ji fil À que retourner les traineaux et le bateau à l’em- ] nté bouchure de la rivière, dont nous longeñmies :. : : us; | les bords. Cependant les premiers ayant pris à 1h des droite, virent chemin faisant des traces d’En- ( s le | diens dans un endroit où on avait pêché. Ea All ON ; glace était plus ou moins déliée; près des bords Fe r le elle avait quatre pieds d'épaisseur; mais vers le | a le milieu, où les eaux libres d’un canal étroit formé an FI nti- parle courant la baignaient, elle était moins com- ! | a ri- ü 1!
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pacte et remplie de cavités comme un rayon de ; miel, Aussi était-il difficile et dangereux d'avancer; car'la surface était fort glissante ; nous marchions avec la plus grande précaution pour conserver notre équilibre. Afin de protéger. la plante de mes pieds, je plaçai de la peau de buffle , non tannée et garnie de poi!, entre deux paires de mocassins et des socques de laine épaisse; ce qui me procura un soulagement sensible, bien qu'à cet instant méme le pèlerin de Péter-Pindar et heureuse idée « de faire bouillir les pois» se présentassent plus vivement que jamais à mon imagination (a).
À une heure avant midi, le 16, nous aperçumes des pierres entassées suivant le signecon-
venu pour une cache, et nous renforçämes nos
(1) Un pèlerin avait fait vœu d'aller à Jérusalem avec des pois dans ses souliers pour péuitence ; il en souffrait fort ; or, il n'avait point énoncé dans son vœu si les pois seraient crus ou cuits, il se crut donc en droit de les faire bouillir. ( Note du tr.)