‹ Voyage dans les steps d'Astrakhan et du Caucase: Histoire primitive des peuples qui ont habitéChapitre 25 sur 33 · IX. Sajryk, ao^ooo kibilkes · texte numérisé non relu

IX. Sajryk, ao^ooo kibilkes

X. RÈKLEir, 4O7OOO kibilkes, sur les rivi^w -Gurghen , Atrek el Abi-Atrek el près de la forter

resse de Kari-kalah-Suid. Leurs Irjbussonl: /^/zya^, Sengrjky Khar j Chor^ Kyryk^ Baindyr, Kara- Balkan^ Jferkes^ Kaï^ Kyzjl^ Keïk^ Soi^ranliy lef" kekli j Pytyr^ Kychik.

XL OuA-AiMAK, 80,000 kibilkes, dans la province persane de Khorassân^ dans le voisinage de Meched.

Lorsque j'eus achevé mes recherches géogpft* phiques, je passai dans une aulre tente, où j'ente»* dis un troubadour turkmen y dont les chants m'ont paru plus agréables que ceux des troubadours d'Astrakhan. Gel epfant d'Apollon paraissait véritable ixicQt être sur le trépied, et i'in&piration le mj^tlSH^t

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ou( hors de lui. Uo jeune homme était assis à soir :Qté, et n'avait d'autre emploi que de crier à la in de chaque strophe iaMchi, qui est l'équivalent ;)^ braifo. Ceci me paraît encore très bien imaginé; ZdiT sûrement rien n'encourage un poète autant que lesapplaudissemens. Ils en vivent, pour ainsi dire^ et lis meurent douloureusement sous les morsures 4^ la critique.

Pendant ce temps-là, les membres de la diète t^rKmène avaient toujours siégé, mais presque tou^ s'étaient endormis, à l'exception de quelques vieillards qui griffonnaient je ne sais quelles écritures. C^ous prîmes congé de cette honorable assemblée^ et retournâmes au haras, où nous trouvâmes un bon dîner et la Gazette de Hambourg (i), qu'un K^loiuk avait apportée de Naour (ti); anecdote qui prouve combien les papiers publics sont aujourd'hui universellement répandus. Nous avions aussi la Gazette de Pétersbourg^ dans laquelle j'ai trouvé qu'un Anglais nommé Mungo Park avait pénétré dans l'intérieur de l'Afrique , et trouvé une ville aussi grande que Londres. Voilà des nouvelles qui m'intéressent.

]\Iais puisque j'écris ceci dans un haras, je dir r^i un mot sur les mœurs des chevaux dans l'état à demi sauvage. La polygamie y est introduite, ¥Qais non pas la communauté dejumens. Lors*

(i) On la lit même en Sibérie , à la h^outière chinoise. Kx^ (a) Un cl^emm codciuit de Naour, par le step, au Koiia)a; ik yabctyti^ à yiadiniirpvka. Kl.

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qu'on juge qu'un jeune étalon a déjà acquis un degré de force convenable , on l'enferme dans un enclos, avec une douzaine de femelles de son âge. Il y reste cinq ou six jours , et ce temps lui sudSt pour en prendre possession. Ensuite il mêle son sérail à tout le reste du haras, mais il ne le perd jamais de vue , le rassemble de temps en temps, et ne permet point aux autres étalons d'en approcher. Cependant les infidélités n'y sont point rares ; et même ^ Ton m'a assuré que les étalons qui ont peu de force ferment les yeux sur la conduite de leurs épouses. Telles sont les mœurs des véritables hippopomes, qui ne sont point ceux du docteur Swift.

Le i3 mars. Nous avons passé la journée dans un ermitage à une lieue d'ici. Le solitaire qui rhabite est un très vieux paysan , qui , las du monde et du bruit de son village, n'a plus voulu entendre que le murmure des eaux, et s'est établi entre deux ruisseaux qui tombent en cascades dans le Kouma. Il demeure en hiver dans une hutte souterraine fort chaude , et l'été, dans une hute de roseaux ombragée par deux beaux arbres, dont je ne connais pas l'espèce. Il prépare sa nourriture à l'avance pour quelques jours, crainte d'être pris au dépourvu par quelque défaillance; ce qui lui reste de forces, il l'emploie à prendre des faisans au filet, mais surtout à cultiver une trentaine de pêchers et d'abricotiers qui sont l'objet de ses plus tendres soins. Il a mille choses à dire sur chaque bourgeon , et c'est un sujet sur lequel il ne tarit point.

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Les cerfs, dont le pays abonde, s^ sont âccoU'» tumés à sa vieille figure , et viennent souvent por-« ter le désordre dans ses plantations , sans s'embar^ rasser des cris qu'il fait pour les épouvanter. Luimême a fini par s'attacher à eux , et il ne veut pas qu'on les tue^

Ce vieux bonhomme, bien que tout courbé, a encore une activité surprenante^ qu'il n'aurait peutêtre pas conservée dans le tumulte des vivans. Ici rien ne le contrarie , son chien et son chat lui obéissent , et il fait à lui seul plus de bruit que tout le reste de la nature ensemble , à l'exception des grues qui crient encore plus fort que lui.

Comme il n'y a point de montagnes entre le Kouma et le Roura, le général Savelîev a été eu* rieux de savoir d'où venaient toutes les eaux qui arrosent son territoire , et il a envoyé deux hommes à la découverte; mais ils se sont égarés dans un labyrinthe d'eaux stagnantes, courantes, de ruisseaux, de lacs et de terres tremblantes; si bien qu'ilsnesontrevenus qu'au bout de huit jours après avoir été réduits à manger un chien qu'ils avaient avec eux.

C'est un problènie très curieux de savoir les moyens dont la nature se sert pour rassembler ces eaux; mais je ne veux pas m'occuper de cette ques^tien de physique , crainte de m'égarer comme les deux hommes du général.

Le j4 mars. Les chasseurs ont tué un saïgak (i).

(i). AmUofe scytfika y appelée scugak par les Tatares, ^«r> kàigureusen par les Kalmuks et akkuk par les Kirghi^. Kir^

de nom , et je la baptise conditiofinellement faisan de Madjar {i)\ la femelle n'a point cette riche parure , et ressemble aux autres faisans. Je n'ai dessiné que le mâle.

Le 16 mars. Nous avons mangé le saigak. La chair est fort noire, mais d'un bon goût. Sa trompe a à peu près la consistance des oreilles du veau. Elle serait meilleure si elle n'était garnie en dedans d'un poil follet qui la rend moins appétissante.

Le 17 mars. Nous avons achevé la lecture de Reineggs , et voici le jugement de notre comité critique. Reineggs a passablement bien décrit les pays qu'il a vus lui-même , à savoir : la Géorgie , XJrmé' nie , le Daghestan et le Chirudn (2) ; mais pour tout ce qui est du nord des montagnes, depuis leur sommet jusques aux fleuves Terek elKoubàn^'^A y a presque autant defautes que de mots. Ces fautesdoivenlétre presque toutes attribuées à un certain quartier-maître Stador ou Stœder ^ dont le journal a été fondu dans l'ouvrage de Reineggs; de mauvaises cartes, qu'on avait alors, ont aussi été l'occasion de quelques erreurs. Par exemple ; Reineggs

(i) Phasianus colchicut. En turc suklun , en persan tedzrevo\x tedreVy en arabe tedredj ou tedzrtdj^ en boukhare mourgd' tan ou margaïtariy en kirghiz karganty en d^rva^men phassian et karhant ^ Qu géorgien khokhobi^ en kalmuk garhout ^ en mongol korkooly en mandchou oulkhoûma ^ en chinois tchhietyèkù

Kl.

' (2) Il faut pourtant observer que presque tous les noms propres sont défigurés d'une manière horrible dans son ouvrage.

Kl.

( ^<>7 ) suppose qu'autrefois tous les fleuves du Caucase tombaient dans la mer Noire, et il en apporte en preuve un ancien lit du Malk , qui , dit-il , recevait le Kalaous et le Barsoaklou^ et tombait avec eux dans le Manjrtch. Cette proposition , ainsi énoncée, ne présente aucun sens géographiquement, puisqu'il faudrait que le Malk enjambât la Kouma , gravît des montagnes , etc. , etc. Il y a véritablement un ancien lit du Malk qui peut avoir porté une partie de la totalité de ses eaux dans la Zahuka et delà danslaXoi^z/z^z; maisaujour* d'hui Ton sait qu'un dos montueux décrit un grand Sj et joint les mont Ergene avec le Bech-taif. Nombre de petites rivières ont leurs sources dans ce dos, et vont, les unes dans la mer Caspienne, et les autres dans celle d'Azov. Toutes les autres

preuves sont de la même force; je me hâte d'en avertir, parce que la république des sciences est pleine de gens qui ont assisté à la création du monde, et ne cherchent dans les voyageurs que des observations qui puissent appuyer les nouvelles qu'ils en donnent.

Le 18 mars. Nous avons eu la visite de Djan-Ali^ qui est assez homme de lettres à sa manière. Je lui ai demandé si ghioun ou hioun voulait dire peuple, comme le prétend Reineggs(i). Il m'a

(i) Ceci se. rapporte au passage suivant de Reioeggs (I.pag. 67 ). tHuriy dit-il, n'était vraissenablablement que ladé- « nomination générale de toutes les différentes tribus mongo- « les, qui dominaient à cette époque. Encore aujourd'hui le mot

répondu que cette expression lui était parfait^-*^ ment inconnue; que l'on disait en tatare Mtxlk o%^ ÂfemleJtial; cependant je m'en informerai encore chez d'autres peuplades.

Le 19 mars. Les chasseurs ont annoncé qu'ô avait vu des gerboises; une petite pluie a âVanc la végétation et quelques arbres ont manifesta ^es feuilles.

Le 20 mars. On m'a envoyé de Gbéorghiëvsk I^i relation du major Blankenagel^ qui â été à Khwtx^ en l'année 1793. Tout ce qu'il en dit est parfaite?— ment d'accord avec les informations que j'avais prisée à Astrakhan. Il assure que le fleuve Amoi^^ Duria tombait autrefois dans le Karà-bùghaz^ et que les Ooz-bek l'ont détourné par des outrages en palissades et fascines.

ri I lin

« gi'okn est en usage dans la fatigue kalmiike pure et dans celle « des Tatiâi'es-Nôgaï il signifie peuple otf kbmme , sans égard «I I>our l'origine. » Le mot pour homme est en effet kwng on A'oumoun en mongol-khalkha, A^ou/?^ eo moiigol-bouriate, et kun ou kumun en kalmuk. Kl.

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