‹ Voyage de Benjamin Bergmann, chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par m. MorisChapitre 8 sur 55 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

dans leurs guerres, il n’est pas possible de l’excuser, mais on peut les plaindre, en pensant que d’autres peuples en ont lait autant. Pourquoi, lorsqu’il s’agit de donner des exemples de grossièreté et de fureur, Jcs cherche-t-on plutôt chez les kalmuks?

Tous les peuples dans la guerre ont été plus ou moins terribles. Pendant la guerre de sept ans, les kalmuks ont été même soupçonnés de se nourrir de chair humaine. J’ai eu occasion d’avoir des renseignemens srfr cette époque par de vieux guerriers, et ils m’ont assuré qu’ils avaient eux-mêmes alors répandu ce bruit pour augmenter par la renommée l’épouvante et la terreur que leurs usages et leur nom avaient inspirées. Ils m’ont avoué qu’ils avaient même mis en pièces des cadavres et les avaient fait rôtir en présence des prisonniers, et avaient attaché à leurs chariots des bras et des jambes, tout cela pour inspirer la terreur. Us réussirent tellement dans leur intention, que le bruit ne tarda pas à se répandre dans toute l’Europe , que les kalmuks étaient des antropophages. Les vieillards rient encore aujourd’hui de la terreur qu’ils avaient répandue

Page 1