‹ Voyage de Charles-Quint par la FranceChapitre 10 sur 30 · Cette étymologie est plus que contestable; voir à ce · texte numérisé non relu

Cette étymologie est plus que contestable; voir à ce

Pensant ce temps, mon coeur d'amour s'eslieve D'amour vers toy, o Saincte Geneviefve, Bergère lors sur ton hault mont Lecu, Maintenant dit du vulge Montagu. 53o

Tes doulx aigneaux, belans après leur mère, Paisoient entour, mais tu n'en menois guère , O bien heureuse, o belle paovreté !

Ta mère et toy, paovres avez esté.

Des lors pourtant tes compaings et compaignes Accouroient la des prochaines montaignes, 536

Cueillant des fleurs, et quand il faisoit beau, Tes blondz cheveulx couronnoient d'ung chapeau; Ainsi de toy, comme de la plus belle, Faisant leur royne. O noble pastourelle, 640

Des lors aymée et hantée de Dieu !

S'on l'eust cognu, il estoit au meillieu. En pastoureau, de ces gentes fillettes, Et leur trouvoit luy mesme les fleurettes.

L'heure passant, ton tropeau quelque foys 545 Tu ramenois. Ta mère a haulte voix

sujet une note de MM. A. de Montaiglon et J. de Rothschild, dans le X" volume du Recueil de poésies françaises des XV' et XVI' siècles, p. 3, concluant à l'adoption de gressus et non de grœciis.

59.9. — Le mont Lecu, « Mons Lecuticius, » était l'ancien nom que portait la montagne Sainte-Geneviève. On voit de plus que le collège de Montaigut, fondé en vertu du testament de Gilles Aycelin de Montaigut, en date du i3 décembre i3i4, était situé sur la montagne Sainte-Geneviève.

T'alloit criant, trop estois enjouée,

Te chastia d'une grande jouée ;

Le sang en vint : aujourd'huy le ruisseau,

Ou te lavant tu moullois ton drappeau, 5:')o

Vest par honneur Justice d'escarlatte :

Fault il que ainsi fille si belle on baste !

Sur l'heure donc. Christ qui te accompaignoit, Comme du coup le coeur tout luy seignoit, Ta mère, helas! aveugla ; son oultraigc 555

Sentit, non veit, dessus ton sainct visaige.

Par toy après sa veue recouvra, Ou Dieu le faict et le deffaict ouvra. Impetre doncq que par ou je chemine.

Car il ennuycte, aussi il m'enlumine ; 56o

Ce que j'en fais, c'est pour l'amour de toy, Pour t'honnorer j'honnore ton terroy.

Vierge o de paix, sois icy ma patronne, Des guerres non, car tu n'es Amazonne.

Paix la, paix la, je me sons exaulcé, 565

Ung long flambeau elle mesme a haulcé ; J'en veoy le jour, ne le temps rien ne coeuvre Qu'allant devant elle ne me descoeuvre.

55 1. — En marge : « Le parlement en escarliit. » 558. — Cette légende de Sainte-Geneviève est celle qu'ont consacrée les BoUandistes ; nous lisons en effet à la vie de Sainte Geneviève (AA. SS., I, i38, en manchettesj : « Mater eam percutiens fit cœca... Aquà à filià henedictà Unit oculos et sanatur. »

Le Roy ayt faict en son Fontaine Bleau

Pour l'Empereur feu merveilleux en l'eau : 670

Chemin a Paix de son cierge elle enseigne

En son Paris du hault de sa montaigne.

Ainsi jadis le corbin aéré Dressa le grand Alexandre esgaré Par les desers au viel Hartimon son père. SyS

Près ce sainct temple il avoit son repaire, Car si Hammon fut tenu pour divin, Bien luy sembla l'industrieux corbin, Et lors sentit que serchoit ce monarche ; Comme tressaige envoyé fut de l'arche, 58o

Car moult de biens luy a Phoebus apris. Que n'eust pour tant sans grand peine compris , Tant feust d'engin facilement docile,

569. — En marge : « Le feu nocturnal a Fontainebleau. » 574. — Cette légende, quoique un peu modifiée, a été empruntée, comme nous l'indique en marge notre auteur, à Diodore de Sicile (XVir, 49), sans doute d'après la traduction latine de cet historien grec, faite en i5i6 par Ange Cospo, peu de temps après la découverte en Allemagne des livres relatifs à Philippe et à Alexandre. Nous retrouvons le même fait, mais toujours avec quelques changements, raconté dans Arrien (III, 3) et dans Vltinenirium AlexanJii magni (parag. 5o), qui est avec Julius Valerius la principale source de l'épopée Alexandrine au moyen-âge. Cf. Morel- Fatio [Romaiiia, IV, 7-90) qui dans une étude sur l'Alexandre espagnol, cite (p. 65) un passage que l'on peut plus particulièrement ra])proclicr du nôtre.

3o BENÉ MACÉ

Mais Phoebus, lors que a Phoemone, sa fille, Simplette encormonstroit,soubz grans serraentz, 585 Tout le secret de ses enchantementz, L'oyseau soigneux oyoit ceste pucelle Recorder tout, faignant dormir près d'elle.

584- — En marge : « De Plioenone Plinius. » Pline, dans son Histoire naturelle (Liv. X, cliap. 3) dit, en parlant d'une espèce d'aigle : « Pliemonoe, Apollinis dicta filia, dentés ei esse prodidit, niutoe alias, carentiijue liugua. »

OR l'Empereur de Mibray se tournant, Devers le pont, l'air dessus luy tonnant, 5go Créa, sembloit, une teste de forme DifTornie ung peu a l'homme, ung peu conforme ; La resplendeur de sa face doroit Ou que parvint, et par rayons couroit A tous endroictz : si hardie personne SgS

N'en est attainct qu'il ne tramble et s'estonne.

L'oeil, la cuydant regarder, s'esblouyt, Et le coeur meu pourtant s'en resjouyt, Et elle encor n'estoit que demy nue, L'aultre demy, com de tenue nue 600

Enveloppée; et l'on sentoit voler Milz doulx esprits, mais sans les veoir, en l'air ;

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