‹ Voyage de Charles-Quint par la FranceChapitre 9 sur 30 · En marge : « Les mîgnars de Paris · texte numérisé non relu

En marge : « Les mîgnars de Paris

477. — Notre auteur nous rend compte de ]a rivalité d'Anvers et de Paris par ces mots mis en marge : « Les Parisiens appellent Anvers le petit Paris et ceulx d'Anvers se tiennent plus riches que les Parisiens. »

483. — La rue de la Coutellerie, qui tombait dans la rue delà Vannerie, presque perpendiculairement à la Seine, s'appelait, au

Jusqu'au carfour nommé La Vannerie,

Ou fut jadis la planche de Mibray ; 485

Tel nom portoit pour la vague et le bray

XIV' siècle, d'après Sauvai, la rue aux Commanderesses ; « les Couteliers qui vinrent s'établir dans cette rue, « nous dit Jaillot dans ses Recherches... sur la ville de Paris, III, 45, « lui firent perdre son ancien nom pour prendre celui de rue aux Couteliers et de la Coutellerie, qu'elle portoit dès le règne de Henri II. » Notre texte prouve que dès i539 au moins ce nom existait.

484. — La rue de la f^annerie, parallèle à la Seine, conduisait delà rue Planche-Mihraj à la place de Grève; le carrefour dont parle Macé était celui que formait avec la rue de la Vannerie la rue de la Coutellerie ; ce can-efour, nous dit Jaillot fLoc. cit., III, 54) avait été formé « par le retranchement de quelques maisons, qui fut ordonné le 19 mars l565. » Le carfour existait avant iSSg, comme l'indique notre poème,

485. — Nous reproduisons, d'après l'édition qu'a donnée Leroux de Lincy, le passage où Raoul de Presles parle de la Planche Mibraj : u Ceste porte (la porte S'-Men-i) aloit tout droit sans tourner a la rivière au lieu que l'en dit les Planches de mi bray ; et la avoit .1. pont de fust qui s'adressoit droit a Saint Denis de la Chartre et de la par mi la cité s'adressoit a l'autre pont que l'en dit le Petit Pont. Et estoit ce lieu dit a proprement parler les Planches de mi hray, car c'estoit la moitié du bras de Saine ; et qui avroit une corde et la menast de la porte Saint Martin jusques a la rivière et par la rivière a la Juyerie droit au petit pont de pierre abattu et de la a la porte Saint Jacques, elle yroit droit comme une llngne sanz tourner ne ça ne la. » (^Paris et ses historiens aux XIF' et XV' siècles, p. log-iio, dans VHistoire générale de ParisJ. — Cette étymologie de Mibray, que reproduit avec tout ce passage un autre historien de Paris, Guillebert de Metz flbidem.,-p, iSS-lSg) est purement enfantine : le mot hrai, d'origine celtique, signifie houe, vase, et la Planche

Getté de Seyne en une creuse tranche Entre le pont que l'onpassoit a planche, Et on l'ostoit pour estrc en seureté.

Noble Paris, tel as jadis esté! 490

O le Fatal de ta prime naissance !

Encore au monde il n'estoit bruyt de France : Troys roys tenoient toute la Gaule ; ainsi L'on appelloit ceste région cy,

Et convenoient a s'entr'ayder d'eulx mesmes. 495 Pour ce ilz avoient trop royaulx diadesmes En ung enseigne : en si belle union Vivoient les roys de ceste région.

L'extrême faim a tant chassa les Scythes De leurs mareslz et frigoreux limites, 5 00

Dont en escu troys grenoilles portoient.

Ainsi sur toute Europe se gectoient ; Et, enrichiz des gallicques despouUes, Laissèrent cy leurs armes de grenouUes Pour leur mémoire, et moult y ont duré. 5o5

Paris depuis long temps a demouré Tousjours petit, mieulx ung bourg que une ville. N'encore estoit assez bastie l'ille,

mi hrai était un pont qu'on avait établi pour permettre aux Li»l)itants de puiser de l'eau à la Seine sans trop s'embourber. — Le vers de Macé, avec le mot jadis, nous apprend qu'en i54o la planclie Miliray n'existait plus.

5o4. — En marge : « Les troys grenoilles et non crapaultz des armes des Scythes. »

a6 RENÉ MACÉ

Quand, l'ayant veu, Julian l'apostat

D'amoui' de luy escrivit son estât : 5io

De Seyne il dit que grand bien en aborde

Et que jamais ou gueres ne desborde.

Aultre Empereur, o Paris, te vient venir; Tant creu tu es pour plus le l'ecevoir Capablement, et est aultant preudhorame 5 1 5

Que le premier inhumain et faulx homme, Petit ne peult pourtant estre l'honneur Et le bon loz donné d'ung grand seigneur : Au mot de telz les biens se multiplient, Car le Fatal de ce monde ilz manient. 5 20

Encore lors le mont Valcrian Estoit nommé le mont Venerian, Et le mont 3Iartre on appelloit encore Le mont de Mars ; le change les décore.

Les chrestiens. Grecs la pluspart, après 5^5

Feirent pour eulx Sainct Estienne des Grecz.

5i2. — En marge : « Sequana ntinquam, aut raro, mundat. »

522. — En marge : « Mons Veneris. » — Cette étymologie est inacceptable; le nom actuel du Mont Valérien ne parait pas avant le xtu^ siècle. (Cf. L,eheuf,Hist. du diocèse de Paris, Yll, 126-127.)

524. — En marge ; « Mons Martis. » — Tous les historiens de la ville de Paris liésitent entre les étymologies de Mons Martis, Mons Mercurii et Mons Martjrum ; cette dernière semble plus vraisemblable. — Montmartre, non plus que le Mont Valérien, n'a été oublié par Villon, qui les cite dans son Grand Testament (éd. P. Jannet, 1867, p. 81).

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