TOME II. Fff
4'ia VOYAGE DE DÉCOUVERTES
pervers, H n'est pas difficile de trouver des délateurs et des espions. De petites récompenses leur sont données , et le Gouvernement en entretient un grand nombre, toujours prêts à l'instruire des complots qui pourroient être ourdis par les condamnés.
Les Irlandois, sous ce rapport, exigent sur-tout une surveillance active et soutenue. Ce sont en effet des gens très-résolus , qui pour la plupart ont porté les armes dans les diverses insurrections de l'Irlande, et qui, dans leur ressentiment, ont failli plus d'une fois être funestes à la colonie.
Ce n'est pas seulement sur les condamnés actuels que s'exerce la surveillance du Gouvernement; elle pèse encore sur ceux qui, après avoir fini le temps de leur esclavage , se sont établis dans les villes. Chaque soir la retraite est battue de bonne heure ; alors tous les habitans, à l'exception de ceux qui étoient primitivement libres , et de ceux qui ont obtenu des dispenses particulières , doivent rentrer dans leurs maisons pour ne plus en sortir de la nuit ; le son d'une trompette donne , du haut de la tour , le dernier signal : malheur à ceux qui ne rentrent pas aussitôt dans leurs asiles ! des troupes de constaùles , répandues dans toutes les rues, les poursuivent à grands coups, et les forcent à précipiter leur retraite. Les mêmes constables , armés chacun d'un bâton qui porte à une de ses extrémités un crochet de fer, parcourent la ville pendant la nuit pour y maintenir l'ordre et la tranquillité. Tapis souvent dans les fossés , derrière les maisons ou les rochers, ils exercent par - tout une telle surveillance, qu'il est difficile de pouvoir s'y soustraire.
Hôpitaux. Autant le Gouvernement se montre actif à prévenir le crime et
sévère à le punir, autant il est généreux dans les soins qu'il donne aux malades. Des hôpitaux sont établis pour les recevoir à Sydney, à Parramatta et Hawkesburry ; des médecins et des chirurgiens, entretenus par le Gouvernement, y sont attachés ; et tous les
secours sont prodigués aux malades , quels que puissent être d'ailleurs leurs mœurs ou leur état présent.