‹ Voyage de découvertes aux terres australesChapitre 5 sur 115 · XV · texte numérisé non relu

XV

PRÉFACE

de ses matelots , qu'il avoit eu beaucoup a souffrir de ces mêmes vents de la -partie du Sud qui nous avaient été si favorables ; et ce fut alors sur-tout que nous pûmes apprécier davantage toute la sagesse de nos propres instructions. Apres avoir conversé plus d'une heure avec nous (« Per- » sonne , excepté M. Brown , ne fut « présent à ma conversation avec le » Capitaine Baudin (8), ainsi que je x> J'ai déjà dit ») , le Capitaine FLINDERS repartit pour son bord, promettant de revenir le lendemain matin nous apporter une carte particulière de la rivière Dalrymple , qu'il venoit de publier en Angleterre. Il revint en effet, le y avril , nous la remettre, et bientôt après nous le quittâmes pour reprendre la suite de nos travaux géographiques (pag. 325 ).

L'île principale de ce dernier groupe («leur archipel Berthier 33 ) .se dessine sous la forme d'un immense hameçon ( « II » paroît que ceci doit s'entendre de l'île « Thistle1 33 ). Indépendamment de toutes ces îles , il en existe encore plus de vingt autres disséminées aux environs de la pointe Occidentale du golfe , et en dehors de son entrée : chacune d'elles fut désignée par un de ces noms honorables dont notre patrie s'enorgueillit à juste titre b (pag. 327), Fin de la note de FLINDERS ).

« M. PÉRON assure , et cela même 33 d'après mon autorité , qu'il n'avoit pas 33 été possible à V Investi gator de pénétrer 33 derrière les îles Saint-Pierre et Saint- 33 François (a).

(8) M. Péron, comme historien du voyage , a dû parler en nom collectif relativement aux communications qui furent faites à notreexpédition par M.Flinders.

Un Capitaine ne dit-il pas souvent, Nous avons jeté le loch à telle heure , tandis que, dans l'extrême rigueur , il devrait dire , Le Chef de timonnerie a jeté le loch, &c. Sans doute, si M. PÉRON eût pu croire que l'expression dont il se servoit deviendrait matière à réclamation, il eût écrit : « Après 33 avoir conversé plus d'une heure avec le 33 Commandant , &c. 33 Faisons donc ce changement dans le texte de PÉRON , et demandons ensuite quelle conséquence le Capitaine Flinders eût pu déduire de cette tournure de phrase : pour moi , je n'en vois aucune.

(o) M. PÉRON a eu tort , sans doute ,

a Non pas de l'île Thistle, mais de l'île Wedge de Flinders. L. F. h Voy. la pi. 2 , atl. 2,c part. L. F.

d'affirmer

PRÉFACE. xvij

d'affirmer ce dont il n'étoit pas rigoureusement sûr , ce que probablement il n'avoit entendu dire qu'aux canotiers de Flinders qui avoient parlé avec lui, ou, plus exactement encore, qui avoient parlé avec quelques-uns des Officiers du Géographe , car PÉRON, à cette époque, ne savoitpas I'anglois. Certainement il auroit été bien mieux que l'auteur eût distingué exactement ce qu'avoit dit Flinders de ce qu'avoient avancé ses matelots ; mais les uns et les autres discours lui ayant été rapportés, pouvoit-il faire une telle distinction î On conviendra qu'ici tout a dû être pour lui le résultat de la venue de Flinders à bord du Géographe En effet , à moins qu'on n'en eût pris note à mesure , comment savoir précisément ce qu'avoit dit M. Flinders , ce qu'avoit dit M. Brown , ce qu'avoit dit tel ou tel de ses gens! Le Capitaine Flinders étoit le chef de son expédition : tout ce qu'on a su par le fait de sa visite a dû paraître lui appartenir.

Si l'on vouloit , au reste, une exactitude si minutieuse dans des choses à-peu-près insignifiantes , on n'a qu'à examiner la carte n.° iv de l'atlas de Flinders , et l'on se convaincra que cet habile navigateur ?/'# réellement pas pénétré derrière les îles Saint-Pierre. Mais à quoi bon de telles subtilités ! elles ne pourraient conduire qu'à prouver, tout au plus, que PÉRON a été un peu plus ou un peu moins bien instruit de l'ensemble des opérations des Anglois sur la côte du S. O. de la Nouvelle-Hollande.

Convenons plutôt que le but de l'historien de notre voyage n'étoit pas, ne TOME II. c

xvnj

PRÉFACE

33 et quoiqu'il ne dise pas expressément 33 que je n'ai découvert aucune partie des ?3 côtes précédemmezit inconnues (io),

33 cependant la teneur de son Chapitre XV 3> porte le lecteur à croire que je n'avois 33 rien fait qui pût me permettre de reven- 33 diquer les prétentions antérieures des

pouvoit pas être, ne devoit mêmepasêtre de tracer l'itinéraire du voyageur anglois. PÉRON a dit tout ce qui étoit convenable pour montrer qu'en général Flinders nous avoit précédés sur une partie de la côte dont nous faisions l'exploration de concert ; il a indiqué le point où les deux expéditions se sont rencontrées : cela seul suffisoit; et son plus grand tort, à mes yeux , a été de vouloir donner des détails obtenus d'une manière beaucoup trop vague, pour avoir un suffisant degré d'exactitude , même quand ils n'auroient pas été communiqués par des matelots. Au reste, je suis convaincu que PÉRON a écrit ce qu'il croyoit être la vérité ; je puis assurer du moins qu'à ce sujet je l'ai toujours entendu parler dans le sens où il a écrit.

Quoi qu'il en soit , la publication du voyao-e de FLINDERS , voilà les véritables pièces du procès : elles sont irrécusables; elles fixent les droits du navigateur anglais, comme la publication de nos travaux géographiques fixe ceux de notre expédition, et cela indépendamment de toute espèce de subterfuge. Ici les allégations légèrement avancées doivent s'évanouir; la vérité seule reste et vient se montrer dans tout son éclat.

( io) D'après ce que M. Flinders avoue lui-même avoir dit à notre Commandant % et dont je veux bien supposer un instant qu'un compte fidèle ait été rendu à PÉRON, comment eût -il été possible à ce dernier d'indiquer les parties des côtes inconnues que l'Investigator avoit explorées l

Voy. les notes (i) et (2).

» François (i:).

» Cependant M. PÉRON fut présent, » par la suite, quand je montrai au port » Jackson une de mes cartes de cette >> côte au Capitaine Baudin (12),

PRÉFACE. xix

(11) Au lieu de chercher des preuves d'agression, même dans le silence de l'auteur, il me semble qu'on ne doit y voir, au contraire, qu'une preuve de l'ignorance où étoit PÉRON du détait des opérations de Flinders sur la côte du Sud-Ouest de la Nouvelle-Hollande.

» et montrai du doigt les limites de ses » découvertes ( 1 3] ;

» et depuis ce terme, des titres plus an- 33 ciens établissant mes droits sur l'île des » Kanguroos et les parties qui en gisent » à l'Ouest , les officiers du Géographe « parlèrent toujours de ces découvertes » comme appartenant à / 'Investi gator[ 1 4).

(12) Je n'étois pas présent à cette entrevue, et n'ai jamais eu connaissance de la carie dont il s'agit. Cependant, d'après les propres paroles de Flinders, il paroîtroit que cette carte ne coniprenoit pas toute la côte du Sud -Ouest ( one ofmy charts ofthis coast , dit-il^, mais seulement la partie sur laquelle M. Baudjn avoit eu fa priorité de découverte. Or, pour en revenir à ce qui a choqué sur - tout M. Flin.jers, rien sur cette carte ne pouvoit prouver que son vaisseau eût pé* nétré ou non derrière les îles Saint-Pierre et Sa in t- Franco is,

(13) Remarquons encore que M. Flinders ne dit pas avoir montré sur aucune carte l'étendue des découvertes qui lui étoient propres.

(i4) PÉRON lui-même n'a rien écrit qui soit en opposition avec ce fait. Le Géographe a rencontré l'Investigator en un certain point désigné : l'un et l'autre bâtiment étoient chargés de faire l'exploration des côtes inconnues du Sud-Ouest de la Nouvelle - Hollande ; le Géographe faisoit route de l'Est à l'Ouest ; l'Investigator, au contraire, alioit de l'Ouest à l'Est. M. PÉRON a dit cela ou l'équivalent ; les conséquences sont naturelles :

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