‹ Voyage de découvertes aux terres australesChapitre 4 sur 115 · XI · texte numérisé non relu

XI

PRÉFACE

ï> portoient mes canotiers , et lui dis quel « étoit le nom que j'avois donné à cette » île en conséquence. Lorsque je partis , 33 le Capitaine me pria de prendre soin » de son canot et des hommes qui mon- 33 toient cette embarcation, si, par hasard, » je venois à la rencontrer, et de dire à sa « conserve qu'il iroit au port Jackson aus- 33 sitôt que l'hivernage seroit établi. Lui 33 ayant demandé le nom du Capitaine du 33 Naturaliste, il songea alors aussi à s'in- 33 former du mien ; et trouvant que ce nom 33 étoit également celui de Fauteur de la 33 carte dont il avoit fait la critique , il ne 33 parut pas peu surpris ; il eut cependant 33 la politesse de se féliciter de m'avoir 33 rencontré.

33 La position de l'Investîgator , lorsque 33 je mis en panne pour parler au Capi- 33 taine Baudin , étoit par 350 io' de 33 latitude Sud, et 1 3 8° 58' de longitude 33 à l'E. de Greenwich [ i 3 6° 37' 4-î" à 33 1'E.de Paris]. Personne queM.BROWN 33 ne fut présent à notre conversation (2) , 33 qui eut presque toujours lieu en an- 33 glois, que le Capitaine parloit de 111a- 33 nière à se faire entendre. Il me donna, 33 en outre de ce que j'ai indiqué plus 33 haut , quelques détails sur les hommes 33 qu'il avoit perdus , sur les séparations 33 de sa conserve , sur la saison peu con- 33 venable à laquelle il lui étoit ordonné 33 d'explorer cette côte , enfin une note 33 de quelques rochers qu'il avoit decou- •3 verts à deux lieues du rivage par 370 1' 33 de latitude , et qu'il regardoit comme 33 très-dangereux.

33 J'ai mis le plus grand soin à détailler » tout ce qui s'est passé à cette entre-

(2) M. BAUDIN fut donc le seul qui reçut les communications directes de M.

Flinders : ces communications furent orales ; mais elles purent être répétées par le Commandant à ses officiers avec plus ou moins d'exactitude.

> vue ( 3 ) , à cause d'une circonstance

> qu'il me semble à propos d'exposer et i de discuter ici.

» La position ci-dessus de 3 50 4°' de

• latitude Sud et 13 8° 58' de longitude

■ E. G. [ 1 360 37' 4j" E. P. ] , forme la limite Occidentale des découvertes du Capitaine Baudiw a sur la côte du

■ Sud-Ouest , comme elle est la limite Orientale des miennes sur l'Investigator.

< Cependant M. PÉRON, Naturaliste de

• l'expédition françoise , a revendiqué 1 pour sa patrie la découverte de toutes

les parties comprises entre le port Western , dans le détroit de Bass , et J 'archipel de Nuyts b ; et cette partie de fa Nouvelle -Galles du Sud est appelée terre Napoléon. Mon île des Kanguroos , dont ils avoient ouvertement adopté le nom dans l'expédition, a été convertie à Paris en île Décris (4) ;

PRÉFACE. xiij

( 3 ) Ceci confirme ce que j'ai remarqué

« le golfe Spencer est nommé golfe Bona- » parte ; le golfe Saint-Vincent , golfe Jo- » séphine ( 5 ) ;

( 4 ) Les marins du vaisseau de Flin- DERS appeloient en effet cette île, île des Kanguroos , parce qu'ifs y avoient trouvé, comme nous,' beaucoup de ces animaux; si PÉRON n'en n'a point fait usage, c'est qu'if savoit fort bien que fes noms donnés pendant fe cours d'un voyage de découvertes ne sont pas toujours des noms définitivement arrêtés : if faffoit donc que fa publication des travaux de Flinders fît connoître fes noms véritabfes consacrés par fe travail du navigateur anglois.

(5) A l'égard des noms de Spencer et Saint-Vincent , des deux goffès, nous ne fes connoissions pas , et je crois même

a Ce point est situé au milieu à-peu-près de l'intervalle qui existe entre le cap CafFarelli et le cap Monge. ( Voy, pi. 2, atl. 2.c part. )

b Ce sont les îles qui gisent à l'extrémité Orientale de la terre de Nuyts.

PRÉFACE

que nous ne pouvions les connoître , puisque, pendant le voyage, ces golfes furent nommés great et lïttlt lnht a ; circonstance qui prouve la justesse de ce que je viens d'avancer dans la note précédente , relativement à l'île des Kanguroos.

» et ainsi des autres points , le long de la 33 côte jusqu'au cap de Nuyts b , même 33 jusqu'à la plus petite île porte un ca- 33 chet semblable des découvertes fran-

33 çoises (6).

(Flinders ajoute en notec : «Les pas- 33 sages les plus remarquables à ce sujet , 33 sont les suivans , sous le titre de Terre 33 Napoléon : 33 De ce grand espace ( la côte Sud du continent Austral), la partie seule qui du cap Leuwin s'étend aux îles Saint- Pierre et Saint - François , était connue lors de notre départ d'Europe, Découverte par les Hollandais en 1 62J , elle avait été , dans ces derniers temps , visitée par VANCOUVER et sur-tout par DentreCASTEAUX ; mais ce dernier navigateur n ay ant pu lui-même s' avancer au-delà des îles Saint-Pierre et Saint- François , gui forment la limite Orientale de la terre de Nuyts, et les Anglais n'ayant pas porté vers le Sud leurs recherches plus loin que le port Western, il en résultait que toute la portion comprise entre ce dernier point et la terre de Nuyts était encore inconnue au moment où nous arrivions sur ces rivages ( Pag- 3 *6> 1" vol. ) ; « c'est-à-dire, le 33 30 mars 1802. M. PÉRON auroit dû 33 dire, non pas que la côte du Sud, depuis 33 le port "Western jusqu'à la terre de 33 Nuyts , étoit alors inconnue , mais 33 qu'elle leur étoit inconnue ; car le capi- 33 taine Grant, commandant the Lady

1 Voy. les Annales des Voyages, 6S.e cahier.

b C'est notre cap Soufïïot. ( Voy. pi. 2, atl. z.c part;)

c Ce qui est écrit en italique, hors des guillemets, est extrait de PÉRON par Flinders.

(6) Donner des noms à des terres nouvellement connues , qui ne sont décrites et nommées dans aucun ouvrage , ce n'est point déclarer qu'on en a fait lapremiere découverte , comme l'insinue M. Flinders ; c'est avouer qu'on ne connoissoit pas les noms imposés par les navigateurs antécédens. Mais changer des noms connus et consacrés, pour y substituer une nomenclature nouvelle , n'est point aussi innocent : je pourrois en fournir beaucoup d'exemples , si , au lieu de ine borner à justifier PÉRON, je voulois me livrer moi-même à des récriminations mieux fondées.

(j) Nous ne pouvions en effet alors avoir connoissance du voyage du Capitaine Grant. Au reste , il convient de faire observer que la carte donnée par M. Grant est assez défectueuse, pour qu'il soit difficile de reconnoître les portions de côte auxquelles ce navigateur a voulu imposer des noms \

PRÉFACE

» Nelson, avoit découvert en i 800 la por- » tion des rivages qui s'étend a l'Ouest du » port Western jusque par fa longitude «de i4o°^E.G. [1370 54'4)"E.P.], » avant que les bâtimens eussent fait voile » d'Europe (7) ; et j'avois exploré la côte » et les îles comprises entre fa terre de » Nuyts et le cap Jervis par 1 330 10' de « longitude à TE. de G. [1 30° 49' 45" E. » P. ] , et j'étois , fe jour cité , à l'extré- » mité du golfe Saint-Vincent. «

Dans ce moment , le Capitaine anglais nous héla , en nous demandant si nous n'étions -pas un des vaisseaux partis de France pour faire des découvertes dans l'hémisphère Austral : sur notre réponse affirmative , il fit aussitôt mettre une embarcation à la mer , et peu d'instans après nous le reçûmes à bord. Nous apprîmes que c'étoit le Capitaine Flinders , celui-là même qui avoit déjà fait la circonnavigation de la terre de Diémen ; que son navire se nommoit the Investigator;i^,/7rfr;/ d'Europe depuis huit mois , dans le dessein de compléter la reconnaissance de la Nouvelle- Hollande et des Archipels du grand Océan équatorial , il se trouvait depuis environ trois mois à la terre de Nuyts; que, contrarié par les vents, il n' avoit pu pénétrer , comme il en avoit eu le projet, derrière les îles Saint-Pierre et Saint-François; que, lors de son départ d'Angleterre, &c. (pag. 325).

En nous fournissant tous ces détails , AI. Flinders se montra d'une grande réserve sur ses opérations particulières. Nous apprîmes toutefois , par quelques-uns

1 Voy. the Narrative of a voyage of discovery, performed in tlie years 1800, 1801 and 1802, by James Grant; London , 1803; pag. 68.

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