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Le terme moyen de la température des eaux de la mer à

* Cet ouvrage sur la météorologie n'a point qu'il a tenus pendant le voyage, et des notes été entrepris ; et M. PÉRON, en mourant, n'a sans ordre, laissé même, sur cet objet, que les journaux

leur surface et loin des eontinens, est donc plus fort que celui de l'atmosphère avec laquelle ses flots sont en contact.

Quelques physiciens ont obtenu des résultats différens des miens: mais n'en voit-on pas d'abord la raison dans la différence des lieux et des époques des observations ! En effet , toutes celles que je connois ont été faites durant le jour, et le plus souvent vers son milieu ; toutes ont été répétées à peu de distance des rivages et des eontinens, dont la température, ainsi que nous aurons bientôt occasion de l'observer , est cinq fois plus considérable que celle des flots : rien d'étonnant dès-lors que le terme moyen indiqué par de semblables expériences ait été moindre pour les eaux de la mer; et mes propres expériences le confirment assez.

Ces premières données m'ont mis à portée de détruire aisément un préjugé météorologique bien ancien sans doute, puisqu'il remonte au moins jusqu'au siècle d'ARiSTOTE, celui de réchauffement des vagues par leur agitation. Irving et Forster paraissent avoir été trompés eux-mêmes par les résultats singuliers que les observations fournissent à cet égard ; ceux que j'ai obtenus sont tout-à-fait semblables, et cependant c'est d'eux seuls que je vais me servir pour démontrer l'erreur des anciens et la détruire. Pour cela, revenons aux faits. Je viens de dire, il n'y a qu'un instant, que la température des eaux de la mer à sa surface étoit alternativement plus chaude ou plus froide que celle de l'atmosphère. Dans cette succession alternative du* plus au moins, il doit y avoir un instant où l'équilibre a lieu; prenons cet instant, et supposons la température de l'atmosphère et des eaux à 20 degrés l'une et l'autre ; supposons en même temps que la surface de la mer soit paisible, et que l'atmosphère Je soit aussi : cependant un orage s'élève; parti des régions glacées du pôle, un vent impétueux vient agiter l'atmosphère et soulever la surface des mers. Quels effets va-t-il produire sur l'une et sur l'autre .' Plus froid qu'elles , il leur enlèvera une portion quelconque de calorique ; mais comme

il agit d'abord plus facilement sur l'atmosphère , qu'il peut la pénétrer dans toute sa masse , nul doute qu'il ne la refroidisse plus promptement et plus fortement aussi. Les eaux de la mer , au contraire , résistant davantage à son action , ne lui présentant que leurs couches les plus superficielles , il ne peut leur enlever que successivement , et toujours lentement , la température que l'atmosphère abandonne au premier instant ; d'où il résulte que cette dernière, dans un temps donné, doit perdre une portion de calorique beaucoup plus forte que les eaux de la mer.

Une seconde cause encore tend à la refroidir d'une manière non moins puissante : je veux parler de l'évaporation qui commence avec le soulèvement des vagues, et qui devient d'autant plus grande, que l'agitation des flots est plus forte et plus profonde ; car alors le sommet de chaque vague, en retombant sur lui-même, semble se briser et se résoudre en pluie très -fine, quelquefois tellement abondante , que la surface d'une mer violemment agitée paroît toute fumante. Or, les innombrables petits globules roulés dans l'atmosphère y doivent éprouver une forte évaporation qui ne peut se faire qu'aux dépens du calorique de l'air dans lequel ils se trouvent ainsi ballottés. Voici donc une nouvelle cause de refroidissement pour l'atmosphère, et qui tourne toute entière au bénéfice de la température des eaux de la mer. Sa quantité relative doit croître encore en raison de cette seconde circonstance ; elle devait également augmenter par une suite nécessaire de l'action inégale du vent sur les flots et sur elle : donc tout se réunit pour abaisser la température de l'atmosphère par rapport à celle de l'eau ; donc cette dernière paraîtra plus forte que la première , et même elle sera véritablement telle. Mais, pour être actuellement plus chaude que l'atmosphère , s'ensuit-il que sa température se soit réellement augmentée, ou plutôt, pour revenir aux expressions d'ArusTOTE, est-il vrai qu'elle se soit échauffée par l'agitation ï Mes nombreuses expériences me permettent de répondre ici, d'une manière positive,

que c'est une erreur de sensation. Jamais la température absolue des eaux de la mer n'augmente par leur agitation; elle diminue au contraire ; elle diminue même d'autant plus , que le vent qui les soulève est plus violent, sur-tout lorsqu'il est froid; mais, dans tous les cas, elle diminue beaucoup moins rapidement que celle de l'atmosphère : de sorte que cette dernière ayant perdu six , par exemple , l'autre n'aura perdu qu'un dans le même temps ; elle fera donc éprouver une sensation de chaleur d'autant plus grande, que le refroidissement de l'atmosphère aura été plus rapide et plus fort. C'est d'après une telle sensation qu'ARiSTOTE avoit sans doute avancé la proposition que je viens de combattre, et qui répugnoit à l'état actuel de nos connoissances sur les propriétés physiques de l'eau. De tout ce que je viens de dire à cet égard , on peut déduire le corollaire suivant :

7.0 La température relative des flots agités augmente , mais leur température absolue diminue toujours.

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