SECTION QUATRIÈME
De la Température de la Mer à de grandes profondeurs loin des terres.
Nous voici parvenus à la troisième et dernière partie des expériences qu'on peut tenter sur la chaleur des eaux de la mer ; elle en est aussi la plus délicate et la plus intéressante par les données précieuses qu'elle fournit sur l'état physique de l'intérieur de notre globe , à des profondeurs auxquelles nous ne saurions atteindre dans sa partie solide. Après avoir exposé rapidement les détails de mes observations particulières , j'examinerai successivement toutes celles de même nature qu'ont tentées avant moi plusieurs voyageurs célèbres , afin de reconnaître jusqu'à quel point les résultats communs s'accordent ou divergent entre eux,
i.'e Expérience par y 00 pieds au milieu de l'Océan Atlantique.
Le 22 novembre 1800, par 8° Nord, au milieu de l'Océan Atlantique , M. Depuch et moi nous plongeâmes l'appareil dont j'ai parlé jusqu'à la profondeur de ^00 pieds; nous ne pûmes obtenir du Commandant de le laisser plus de oh 5'. On en demeura 1 2 pour le retirer ; l'air étoit alors à-f- 24e* , la surface de la mer à -+-2^,3. Notre thermomètre, malgré le peu de temps qu'il
avoit séjourné dans l'eau, malgré le temps plus que double qu'il falloit pour le retirer, malgré l'influence de l'eau qui pénétra dans l'intérieur de l'appareil; notre thermomètre , dis -je, marquoit seulement -4- 2 od,o : déjà donc il présentoit un résultat de 4^3 en moins, comparé à la température de la surface.