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CHAPITRE XXXIX

Fragment d'un Mémoire* de MM. PÉRON ^/Lesueur, sur l'Art de conserver les animaux dans les Collections Zpologiques.

Des meilleurs moyens de fermeture des vases ou les Animaux doivent

être placés.

.... Le mastic des vitriers que nous substituâmes à la cire molle, ne nous parut pas valoir mieux que cette dernière substance. Si le mastic, en effet, adhère mieux au verre, ce n'est que dans son état de dessiccation parfaite qu'il offre cet avantage : or, cette dessiccation , qui exige toujours beaucoup de temps à terre , peut être regardée comme réellement impossible en mer. Dans ce dernier cas, le mouvement du vaisseau entretient à l'intérieur des flacons une agitation dont la conséquence nécessaire est d'en repousser les couvercles ; le mastic qui doit les assujettir, se trouve privé par-là de toute adhésion avec le verre , long-temps avant qu'il ait acquis assez de consistance pour résister à ces chocs multipliés.

2 Malgré les recherches que M. LESUEUR même le silence du manuscrit , je crois de-

et moi avons faites dans les papiers de M. PÉ- voir dire néanmoins que M. PÉRON s'est

RON, il ne nous a pas été possible de trouver presque toujours servi , pendant notre voyage ,

la totalité de ce mémoire, dont il manque de bocaux en verre à large ouverture et de

huit pages au commencement. La partie que diverses dimensions. Les vases en grès, en

j'en donne ici , et qui a été retirée d'un porcelaine et en faïence , ont un défaut de

brouillon informe, m'a paru toutefois assez transparence fort incommode; les vases en

importante pour la conserver. Ce qui manque bois ont de plus l'inconvénient de laisserquel-

au début paroît être sur-tout relatif au choix quefois échapper la liqueur qu'on leur confie.

des vases dans lesquels doivent être placés Cependant il est mille circonstances qui

les animaux. Sans prétendre réparer ici moi- peuvent en commander l'emploi. L. F.

Mais , supposons la dessiccation du mastic complète , ce qu'il est toujours possible d'obtenir pendant les relâches , le naturaliste voyageur n'en sera guère plus avancé ; car, dans ce dernier cas, le verre des plateaux étant trop foible a pour résister à la force de l'évaporation que les grandes chaleurs déterminent dans l'intérieur des vases , ces plateaux manqueront rarement de se fendre , et d'entraîner , par suite de leur rupture , la perte des objets qu'ils dévoient garantir. Si cet effet a souvent lieu , même dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle , combien ne doit-il pas être plus fréquent à bord des navires , où l'agitation concourt avec la chaleur excessive des climats équatoriaux à développer cette évaporation, et a la rendre plus considérable que dans nos régions tempérées.

Nous avons remarqué d'ailleurs qu'à bord des navires le mastic des vitriers étoit susceptible d'une altération particulière ; continuellement battu par un alcool dont la température ( entre les tropiques ) est rarement au-dessous de 25 d de Réaumur, on le voit insensiblement jaunir, rancir, devenir assez friable pour ne pouvoir plus que très -imparfaitement remplir les fonctions auxquelles il étoit destiné.

A l'égard du parchemin, qui nous avoit été indiqué comme dernier moyen pour assujettir les disques , il ne nous fut pas plus utile que les autres. L'humidité excessive , jointe à la chaleur qui régnoit dans la cale du vaisseau , où nos caisses se trouvoient déposées , ne tardoit pas à faire moisir le parchemin et à le réduire à une sorte de putrilage.

Tous les procédés de conservation qui nous avoient été recommandés en Europe se trouvant ainsi en défaut, il nous fallut créer un nouveau système de fermeture, et nos efforts réussirent au-de$. même de nos espérances. Il ne s'agissoit pas seulement de parvenir

* Au lieu de donner aux disques en verre nous avions à bord, qui empêcherait de leur que l'on destine à couvrir les bocaux, une en donner deux et même trois lignes! L. F. ligne d'épaisseur, ainsi qu'étoient ceux que

à empêcher Je coulage ou même l'évaporation, il falloit trouver des moyens de fermeture tels, que, dans quelque position que les caisses fussent placées , nos vases ne pussent pas perdre leur liqueur. Les matelots, trop souvent, lorsqu'ils changent l'arrimage de la cale, et sans s'inquiéter des résultats de leur négligence, peuvent renverser les caisses de zoologie sens dessus dessous , et occasionner par-là des pertes considérables. D'un autre côté , vouloir exiger plus de soin de la part de ces hommes , paroît être une chose à-peu-près impossible. Nous trouvâmes un remède direct à ce mal.

D'abord nous substituâmes des bouchons de liège aux plateaux de verre ; cette modification, aussi simple qu'avantageuse, n'étoit cependant rien en comparaison du lut dont nous avions besoin : il falloit que la composition en fût simple , peu dispendieuse , que nous en eussions tous les matériaux sous la main ; qu'il fût d'un emploi facile, que la dessiccation en fût instantanée ; qu'il pût résister à l'action de l'alcool ; qu'il eût assez de force pour pouvoir supporter, non-seulement le poids du liquide et des animaux contenus dans chaque flacon, mais encore résister à leur double choc au milieu des plus forts roulis et des plus violentes tempêtes. Un tel lut devoit encore adhérer fortement à la surface polie du verre, s'insinuer dans tous les pores du liège, faire corps avec lui ; il devoit être sur-tout, même dans ses couches les moins épaisses, excessivement peu friable et cassant. Tel étoit le mastic dont nous avions besoin , tel est celui que nous imaginâmes, et dont nous allons indiquer les élémens :

Résine ordinaire ( brai sec des marins ) ,

Ocre rouge ,

Cire jaune,

Huile de térébenthine;

et, suivant que vous voudrez rendre votre lut plus ou moins cassant, plus ou moins gras, ajoutez-y aussi plus ou moins de résine etd'oxide de fer, ou d'huile de térébenthine et de cire. Faites fondre d'abord

la cire et la résine , ajoutez ensuite l'ocre rouge par petites portions, et à chaque fois tournez fortement avec une spatule : lorsque le mélange aura bouilli pendant sept ou huit minutes, versez l'huile de térébenthine , mêlez , et laissez continuer l'ébullition.

Pour prévenir l'inflammation de tant de substances combustibles, inflammation qui pourroit avoir les suites les plus graves à bord d'un navire , il faut ,

i .° Se servir d'un vase d'une capacité au moins triple ou même quadruple de la quantité de lut qu'on veut préparer ;

2.0 Que le vase soit pourvu d'un manche, afin qu'on puisse le retirer facilement de dessus le feu, toutes les fois que la matière en ébullition se soulève, se boursoufle et menace de dépasser les bords du vase ;

3.0 Éviter de soumettre le vase à J'action directe de la flamme ; sur-tout ne pas le perdre un instant de vue, et remuer sans cesse le liquide avec une spatule de bois ;

4-° Que si, malgré toutes ces précautions, la liqueur en fusion venoit à s'enflammer, ce que l'huile de térébenthine mise en évaporation ne rend que trop facile, on couvre aussitôt le vase avec un plateau de cuivre, de fer-blanc, de tôle ou même de bois, plateau qu'il conviendra, à cet effet, d'avoir toujours auprès de soi pendant l'opération dont il s'agit.

A l'égard de la qualité du lut , il est facile de la déterminer à son gré ; il convient pour cela d'en prendre de temps à autre une petite quantité au bout d'une spatule , de la laisser refroidir sur une assiette ou sur tout autre corps froid , et d'essayer ensuite quel est son véritable degré de ténacité , de fragilité , &c. L'habitude de procéder à ces tâtonnemens nous les avoit rendus très-familiers , et il étoit bien rare qu'ils ne nous conduisissent pas à obtenir dans nos préparations tel degré de force que nous desirions : nous avouerons toutefois qu'il eût peut-être mieux valu déterminer de prime abord les doses respectives de chaque substance ; mais ce que nous avons négligé

de

de faire peut très-facilement être exécuté par quiconque aura sous la main les ingrédiens nécessaires pour ces expériences : il nous suffit de dire ce que nous avons pu faire, bien assurés qu'il sera facile, avec plus de temps et dans des circonstances plus favorables, de faire encore beaucoup mieux.

La substance dont il s'agit, et que nous croyons devoir désigner sous le nom de litJwcolle , à cause de son extrême ténacité, a quelque rapport , ainsi que nous l'avons appris depuis , avec le mastic qu'emploient certains graveurs pour sceller leurs pièces sur la table, et qui se compose de parties égales de résine et de sable fin. Ce ciment des graveurs est d'une dureté prodigieuse ; mais il nous paroît comporter plusieurs inconvéniens très-graves qui ne lui permettroient pas de servir aux mêmes usages que le nôtre.

i.° Par la nature des principes qui le constituent, il est nécessairement trop sec et trop fragile pour pouvoir être employé avec succès en couches de peu d'épaisseur.

2.0 Le sable, qui entre pour beaucoup dans sa composition, en rend le grain trop grossier ; il ne sauroit assez aisément pénétrer tous les pores du liège et s'insinuer dans toutes ses fissures.

3.0 La résine, qui forme la moitié de son poids, ne se trouvant en quelque sorte défendue par aucun corps gras contre l'action de l'alcool, ne sauroit manquer d'en être altérée; et, sous ce rapport, comme sous ceux qui précèdent, notre lithocolle offre aux naturalistes les plus incontestables avantages. Par le moyen de la cire et de l'huile de térébenthine, il résiste parfaitement bien à l'alcool ; on peut réduire la terre rouge que nous y faisons entrer en poudre aussi fine qu'on le désire ; et suivant les proportions qu'on veut admettre dans les quatre matières qui le forment, il est possible de lui donner à .volonté tel degré de force, de dureté, de mollesse, &c. qu'on juge nécessaire.

Enfin , soit que cela provienne de l'huile de térébenthine et de la cire, soit qu'il faille le rapporter à i'oxide de fer, ou plutôt tome 11. Bbb

au mélange même de ces divers ingrédiens et aux combinaisons diverses qui peuvent s'opérer entre eux, le lithocolle nous a toujours paru un ciment très-solide, et nous ne connoissons aucune préparation qui réunisse ce dernier avantage à ceux qui le distinguent d'ailleurs.

L'emploi du lithocolie offre encore les plus grandes facilités. Après avoir ajusté sur chaque flacon le bouchon de liège qui doit en fermer l'ouverture, il faut le frotter avec un linge sec pour enlever l'humidité qui s'y trouve ; alors on fait chauffer le ciment jusqu'à un degré voisin de l'ébullition. Prenant ens-uite un morceau de bois, à l'extrémité duquel on a adapté préalablement du vieux linge , de manière à en former une espèce de pinceau grossier , on remue le ciment pour détacher du fond du vase l'ocre rouge qui tend à s'y précipiter ; puis , avec ce pinceau , on applique une couche de lithocolle sur toute la surface extérieure du bouchon ; et l'on renouvelle cette application tout autant de fois qu'on le juge convenable. Souvent la matière , en pénétrant le liège, fait vaporiser un peu d'alcool qui traverse la couche de mastic, et vient crever à sa surface : dans ce cas , il est bon de faire tomber quelques gouttes de lithocolle sur ces espèces de crevasses ; après quoi , si le dégagement des vapeurs alcooliques continue, on laisse refroidir le tout : il suffit bientôt après d'une goutte ou deux de ce mastic pour compléter l'oblitération des crevasses. Quelquefois nous renversions les flacons que nous voulions luter , dans le vase qui contenoit le lithocolle ; et en les retirant aussitôt , les bouchons se trouvoient recouverts d'une couche assez égale. En répétant cette immersion à plusieurs reprises, et en la faisant toujours rapidement, on peut arriver à rendre l'épaisseur du ciment aussi forte qu'on le désire ; et cette méthode, qui s'applique sur-tout avec avantage aux petits flacons, est presque toujours la meilleure. Peut-être même seroit-elle la plus expéditive dans le cas où l'on auroit une trentaine de flacons à luter successivement , les premiers immergés ayant le

temps de se refroidir avant que tous les autres soient plongés dans le mastic liquide : il est bien entendu toutefois que les flacons seront parfaitement secs avant de les soumettre à l'immersion. Cette manière de procéder nous paroît cependant très-difficile, pour ne pas dire inexécutable , à l'égard des gros flacons.

Sans doute , dans ce cas , ces vases offriroient souvent une solidité suffisante dans leur fermeture pour rassurer le naturaliste le plus vigilant et le plus inquiet ; mais il faut à bord des vaisseaux prévoir les chances les plus défavorables, notre propre expérience nous ayant appris qu'elles étoient toutes susceptibles de se réaliser. Le zoologiste ne sauroit donc se borner à l'emploi des moyens que nous venons d'indiquer ; il en est d'autres qui doivent compléter cette première partie de ses soins conservateurs : je veux parler de la couverture et du ficelage des bocaux.

Nous avons vu déjà, que le parchemin ne sauroit convenir à cet usage ; nous le remplaçâmes» d'abord par une simple toile, tendue aussi exactement qu'il étoit possible de le faire, et maintenue autour du collet des flacons par plusieurs tours de ficelle. A cette toile simple nous en substituâmes par la suite d'autres que nous trempions, tantôt dans l'huile, tantôt dans du brai gras liquide. Ces petits moyens rendoient la tension plus facile ; et le brai gras , en adhérant lui-même au lithocolle , ajoutoit encore à la force qui lui est propre : cette dernière espèce de couverture nous parut devoir être préférée aux deux autres.

A toutes ces précautions nous en joignîmes une autre qui nous parut sur -tout utile pour les plus grands bocaux. EUe consistoit à soutenir nos bouchons par une grosse ficelle, qui, en se rattachant au pourtour du collet des flacons , formoit une croix au milieu de chaque couvercle.

On voit que les moyens divers que je viens d'exposer sont d'une exécution minutieuse ; mais l'habitude ne tarde pas à les rendre faciles

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dans la pratique, et les bocaux préparés de cette manière peuvent impunément être renversés sens dessus dessous , être exposés à toutes les secousses de la tempête, supporter les trajets les plus longs et résister parfaitement à la chaleur ; le corps même des vases seroit brisé par l'évaporation avant que l'alcool pût s'échapper de leur intérieur : or , il ne faut rien moins à la mer qu'une telle solidité pour garantir les fruits précieux des travaux du zoologiste. C'est en usant des moyens dont nous venons de parler, et de plusieurs autres encore qu'il nous reste à faire connoître , que nous sommes parvenus , au milieu des circonstances les plus désastreuses , à préparer ces nombreuses collections alcooliques dont nous avons enrichi la science et notre patrie.

Des diverses espèces de Liqueurs propres à conserver les Animaux.

Apres s'être assuré des vases nécessaires à ses travaux et des moyens de les clore le plus solidement possible, le zoologistenavigateur doit porter ses soins sur les liqueurs dont il a besoin.

Dans ces derniers temps, on a beaucoup vanté la dissolution de muriate suroxigéné de mercure ; nous ignorons jusqu'à quel point elle pourroit justifier les éloges qu'on en a faits : nous n'avons jamais eu recours à cette substance dangereuse ; et si l'on en excepte un très-petit nombre de cas difficiles à prévoir, nous ne pensons pas que la liqueur dont il s'agit puisse jamais être d'une grande ressource pour un naturaliste placé dans les circonstances difficiles où nous nous sommes trouvés nous-mêmes. Où prendre, en effet, la quantité prodigieuse de sublimé corrosif qui deviendroit nécessaire pour remplir plusieurs centaines de flacons , pour immerger plusieurs milliers d'animaux de toutes les classes î Comment échapper aux accidens funestes que la plus foible absorption de ce sei mercuriel entraîne à sa suite, sur-tout lorsque la préparation des animaux

exige que le naturaliste ait sans cesse les mains plongées dans la liqueur dont il fait usage î Et les exanthèmes que de telles lotions ne manqueroient pas d'exciter, comment les prévenir! Comment éviter une foule d'autres accidens qui seroient la suite de la plus légère méprise, au milieu de tant d'hommes qui se trouvent pressés dans un si petit espace î Je ne parlerai pas des idées criminelles que cette profusion de liqueurs empoisonnées peut faire naître , et qui, seules, devroient alarmer les marins les moins prévoyans. Nous devons donc admettre que les inconvéniens directs du sublimé corrosif sont plus que suffisans pour le faire à jamais proscrire de la liste des moyens généraux de conservation zoologique.

Il ne paroît pas que la dissolution de sulfate d'alumine, qu'on a préconisée beaucoup aussi, quoique moins dangereuse que celle dont nous venons de parler, puisse être plus utile. Nous n'avons pas été dans le cas, il est vrai, de juger par nous-mêmes de l'efficacité de ce moyen ; mais M. de la Roche, qui, dans son Voyage aux îles Baléares, a voulu en tenter l'usage, a perdu, par cet esssai, la plupart des animaux qu'il avoit recueillis.

L'eau surchargée de muriate de soude, que quelques personnes ont recommandée, nous a fourni d'aussi tristes résultats ; tous les animaux que le manque absolu de liqueur alcoolique nous força de préparer de cette manière à l'île King, se trouvèrent complètement pourris au bout de quelques jours.

L'emploi du muriate de soude ne nous fut pas aussi désavantageux : sur huit flacons d'animaux que nous avions salés dans le canal Dentrecasteaux, quatre seulement se trouvèrent corrompus lors de notre arrivée au port Jackson ; les quatre autres nous montrèrent des poissons assez bien conserves, mais sans couleur. Deuxgrosses têtes de chimères de la terre de Diémen étoient sur-tout restées en bon état. Il résulteroit donc de cette expérience , que l'emploi du muriate de soude peut , dans un cas de nécessité trèspressant , offrir quelque ressource au naturaliste- voyageur. Nous

pensons même qu'il eût été possible , jusqu'à un certain point , d'éviter les pertes que nous avons faites, en choisissant des vases plus grands que les nôtres , et c'est ici peut-être que les tonneaux de bois pourroient être le plus utiles. Il faudroit également avoir attention de donner au bout de quelques jours issue à la saumure, et de la remplacer par du sel frais ; il faudroit sur-tout ne confier au sel que des animaux morts très-récemment, et profiter des heures les moins chaudes du jour, ou même de la nuit, pour préparer ces sortes de salaisons. La facilité remarquable avec laquelle de très-grosses pièces de cochon, de bœuf, &c. résistent, par le secours du seul muriate de soude, à la décomposition putride, nous assure encore que l'emploi de cette substance pourroit devenir utile dans plusieurs cas ; c'est par elle qu'il seroit possible peut-être de rapporter de très-grandes peaux d'animaux, qui emploieroient trop de temps et trop de préservatif arsenical pour être conservées à bord des navires par les moyens ordinaires : on doit en dire autant de plusieurs animaux qui, par leur grosseur, exigeroient trop d'alcool. En un mot , il est une foule d'objets qu'on pourroit procurer à la science par des salaisons bien soignées. Sans doute ces préparations sont difficiles à faire au milieu des régions équatoriales ; cependant, avec les diverses précautions que nous venons d'indiquer, Cook est parvenu à obtenir de très-bonnes salaisons à Taïti. L'amiral Dentrecasteaux n'a pas eu moins de succès à Amboine, et plusieurs des îles du grand Océan équatorial fournissent maintenant d'abondantes provisions de ce genre à la colonie Angloise du port Jackson.

Il est des objets trop moux ou trop délicats pour pouvoir être impunément enterrés dans le sel ; ce fut pour ceux-là qu'à défaut d'alcool, nous employâmes quelquefois l'huile d'olive: ce moyen, extrêmement précaire et borné , peut suffire cependant pour quelques petits mollusques et pour plusieurs zoophytes pélagiens.

Le vinaigre nous réussit encore mieux ; s'il n'eût pas été si difficile de s'en procurer de bon, il auroit même pu devenir pour nous

d'une grande utilité. Pour ajouter à sa force naturelle , nous le saturions d'abord de muriate de soude ; puis , nous le laissions digérer pendant plusieurs jours sur une forte quantité de poivre et de piment très-acre ; après quoi nous décantions la liqueur et la conservions dans des bouteilles. Ce vinaigre ainsi préparé , soutenu d'ailleurs par les divers procédés dont il sera bientôt question , a rarement trompé notre attente.

Mais de tous ces moyens, il faut l'avouer, il n'en est aucun qui puisse disputer l'avantage aux liqueurs alcooliques. Elles seules, dans tous les temps, offriront une garantie suffisante au naturaliste; il ne doit donc épargner ni peine ni argent pour s'en procurer, et ne jamais partir sans en avoir avec lui une provision abondante.

Nous qui tant de fois eûmes à gémir de la pénurie extrême où nous nous trouvâmes réduits, nous devGns le dire avec une sorte d'orgueil, jamais aucune espèce de sacrifices ne nous coûta pour arriver au but honorable qui nous étoit prescrit. Argent, vêtemens, objets d'échange, tout fut employé pour avoir de l'alcool; souvent nos amis nous ouvrirent leur bourse; quelquefois il nous fallut contracter des emprunts onéreux a . Au port Jackson, nous payâmes du rum jusqu'à cinq francs la pinte; et lorsqu'enfin toute espèce de ressource alloit nous manquer, nous vîmes avec une douce émotion la plupart de nos camarades de l'état-major renoncer en notre faveur à la foible portion d'arrack qui leur tenoit lieu de vin : abandon généreux, et d'autant plus digne d'éloges, que les naturalistes qui nous avoient devancés dans la même carrière, avoient eu quelquefois à se plaindre des officiers militaires de la marine ! Des liqueurs fortes obtenues à un si haut prix ne pouvoient être employées avec trop

* Entre autres dettes de ce genre, nous de 13 pour cent par an. C'est entre les mains

en avions fait une au port Jackson de 8 à de M. Barry, chez M. CoiNDRE, agent

900 francs, dont il nous a fallu payer de de change à Paris, que nous nous sommes

notre poche le capital et les intérêts, à raison libérés de cette dette et des intérêts.

de ménagement, et l'on va voir que nous ne négligeâmes rien pour

en tirer le plus grand parti possible.

Aux diverses époques de notre voyage, nous eûmes successivement occasion d'employer le rack ou l'eau-de-vie de riz, le rum, l'arrack ou tafia, l'eau-de-vie ordinaire de France, et quelquefois seulement l'alcool. Ces diverses liqueurs, l'alcool seul excepté, nous ont paru, à force égale, toutes aussi bonnes pour la conservation des animaux. Les observations que nous allons présenter ici, leur sont donc généralement applicables.

i.° Les liqueurs alcooliques, toutes choses égales d'ailleurs, sont d'autant plus favorables aux collections zoologiques, qu'elles sont plus incolores.

2.0 Elles sont d'autant plus susceptibles d'altérer les couleurs des animaux, qu'elles donnent plus de degrés à l'aréomètre.

3.0 L'un des premiers soins du zoologiste consiste donc à chercher les moyens de les avoir le plus foibles possible.

4-° L'alcool pur détruit la plupart des couleurs animales ; il les détruit d'autant plus complètement et plus promptement, qu'il est plus concentrent qu'on l'emploie en une plus grande quantité relative.

y° Ramené par son mélange avec l'eau à un degré moins fort, l'esprit de vin paroît avoir encore sur les couleurs animales une action plus désavantageuse que les autres liqueurs alcooliques d'une force égaie ; c'est du moins ce que nous avons éprouvé plusieurs fois depuis notre retour en France , en substituant à l'ancienne eau-de-vie , ou à l'ancien tafia de nos bocaux , un esprit-de-vin réduit au même degré aréométrique que la liqueur qu'il devoit remplacer. Il convient d'observer toutefois que l'alcool dont il s'agit , et qui nous avoit été fourni par le Muséum d'histoire naturelle , provenoit ordinairement de la distillation de liqueurs spiritueuses qui avoient déjà servi au même objet, et qui conservoient parfois tine assez mauvaise odeur.

6.° En général, et en supposant l'emploi des moyens accessoires

dont

dont nous allons bientôt parler, nous avons reconnu que, pour la plupart des animaux, il suffisoit d'employer une liqueur alcoolique de 16 à 22 degrés, suivant les espèces qu'on doit conserver. Nous n'en avons même jamais eu de plus forte à notre disposition.

De la Manière de disposer les Animaux dans les vases.

En vain le zoologiste- voyageur seroit pourvu des meilleurs vases, en vain il seroit sûr de leur fermeture et de la qualité des liqueurs dont il doit se servir , il pourroit encore éprouver des pertes fâcheuses, s'il n'apportoit de nouveaux soins et une nouvelle sollicitude au placement de ses animaux dans ces mêmes vases. Plusieurs moyens ont été successivement recommandés ; nous allons en indiquer les inconvéniens ou les avantages.

Immersion simple : elle consiste à plonger les animaux dans l'alcool , et à les abandonner à leur propre poids. Ce moyen , aussi facile qu'expéditif, est cependant sujet aux inconvéniens les plus graves.

i.° Le mucus'qui adhère autour de l'animal, les alimens que son estomac contient , les excrémens qui remplissoient le canal intestinal , sont autant de causes puissantes de corruption , dont aucune n'est prévenue par le procédé dont il s'agit.

2.0 Les reptiles , les poissons anguilliformes , et la plupart des autres animaux, tendent à se précipiter au fond du vase; soustraits dès-lors en partie , en quelque sorte , à l'action de la plus grande partie de l'alcool, ils croupissent ensevelis sous les mucosités qui se détachent plus ou moins abondamment de leur corps, salissent les couleurs, et ne tardent guère, par suite de leur propre altération , à entraîner celle des parties avec lesquelles elles sont en contact.

Pour remédier à un inconvénient aussi grave , quelques naturatome 11. Ccc

listes ont imaginé de coudre les animaux dans des espèces de poches de toile ou de parchemin , et nous y eûmes recours nous-mêmes ; mais une triste expérience nous apprit bientôt qu'une telle précaution n'étoit propre qu'à aggraver le mal.

3.0 Il est des animaux à l'égard desquels il convient d'employer un alcool assez fort, et quelquefois même l'esprit de vin pur: tels sont entre autres les quadrupèdes*, les grands reptiles , &c.

4-° Dans des cas de ce genre , nous sommes parvenus à remplacer l'esprit de vin, qui nous manquoit, par l'addition du camphre à d'autres liqueurs spiritueuses. Pour cela, nous prenions un verre de tafia ordinaire, que nous faisions bouillir avec telle quantité de camphre que nous jugions nécessaire : aussitôt qu'il étoit dissous , nous retirions le mélange de dessus le feu ; et après l'avoir laissé refroidir quelques instans , nous le versions dans la liqueur destinée à la conservation des animaux.

5 .° Cette dernière préparation est sur-tout précieuse dans toutes les circonstances où l'on peut craindre , en employant un alcool trop fort , d'altérer les couleurs , et où cependant il s'agit d'animaux difficiles à conserver. Nous ne croyons donc pas devoir hésiter à le recommander aux zoologistes comme l'un des plus heureux résultats de nos recherches : nous en avons obtenu sur-tout de grands avantages à l'égard des reptiles, qui, dans les climats chauds , sont susceptibles de se putréfier avec une promptitude désespérante. L'addition du camphre est incontestablement un des meilleurs moyens auxquels on puisse avoir recours pour augmenter la vertu préservative des liqueurs alcooliques , sans ajouter à leur force aréométrique. Il est d'autres moyens plus indirects, mais non moins efficaces, que nous avons imaginés pour arriver au même but, et qui tiennent à la disposition des animaux dans les vases : nous allons successivement les faire connoître.

Les mucosités dont il a été question , au lieu de se répandre plus

ou moins librement dans l'intérieur du vase quand l'animal est enveloppé, restent sous la chemise; et immédiatement appliquées à la surface de son corps, elles s'y coagulent et forment une espèce de vernis noirâtre qui détruit toutes les couleurs: l'animal, devenu alors inaccessible, en quelque sorte , à l'action de l'alcool, sous sa double enveloppe de toile et de crasse , ne tarde pas à se détruire. Il faut donc proscrire ce dernier moyen, malgré l'autorité du préparateur habile qui le recommande aux naturalistes - voyageurs à l'article Taxidermie du Dictionnaire d'histoire naturelle.

Il en est de même de la stratification , laquelle peut être simple ou composée. Dans le premier cas , les diverses couches d'animaux se succèdent sans l'intermède d'aucune autre substance ; ainsi, les anchois, les harengs , les sardines, sont déposés dans les vases de verre ou de bois qui les contiennent: dans le second, au contraire, les diverses couches d'animaux se trouvent séparées par un lit de coton, de laine, de crin, d'étoupe ou de toute autre substance analogue.

Ce dernier système, quoique moins vicieux que le premier, a cependant aussi la plupart des inconvéniens qui lui sont propres, et dont il nous suffira d'indiquer les plus fréquens.

Une réunion nombreuse d'animaux dans le même vase tend tou jours plus ou moins à en amener l'altération , et cette altération est si prompte et si facile à se développer dans les pays chauds, que le plus grand embarras du zoologiste est de pouvoir en écarter les sources : or, il n'en est point de plus active ni de plus funeste que l'entassement des animaux dans un même vase ; il suffit d'ailleurs qu'un seul d'entre eux vienne à se décomposer, pour entraîner la perte de tous les autres. De quel excès d'imprudence ne seroit donc pas coupable le naturaliste qui oseroit,pour la plus grande partie de ses collections, employer des tonneaux de 60 pintes, et les remplir, comme le recommande l'ouvrage que je viens de citer, de couches alternatives d'animaux et d'étoupes, de manière que les énormes vases dont il s'agit soient aux deux tiers remplis d'animaux sur un

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tiers seulement d'étoupe ou de coton ! Certes , le préparateur qui recommande un tel procédé pour les voyages de long cours , a été trompé dans ce cas par le désir d'être utile aux navigateurs et de simplifier leurs opérations.

La stratification mérite d'ailleurs la plupart des reproches que nous venons de faire à l'immersion et aux enveloppes. Ainsi les mucosités qui se détachent de tant d'animaux, ne pouvant se précipiter au fond des- vases , restent concentrées entre les diverses couches, adhèrent à la surface des animaux, salissent ou détruisent leurs couleurs, et contribuent puissamment, par l'altération dont elles sont susceptibles, à décider celle des animaux eux-mêmes.

Enfin la stratification a l'inconvénient très-grave de ne pas permettre à l'alcool de circuler assez librement dans les vases. Elle s'oppose aux mouvemens qui doivent multiplier les contacts, et favoriser l'action de la totalité de la liqueur spiritueuse.

Tous les moyens préservatifs qui nous avoient été recommandés lors de notre départ d'Europe , ne nous ayant point paru susceptibles d'assurer la conservation de nos animaux, il nous fallut recourir à des procédés sinon plus simples, du moins plus efficaces, et nous eûmes encore la douce satisfaction d'arriver à ce but utile. Exposer les nouveaux moyens dont nous avons fait usage, ce sera suffisamment, ce nous semble, en démontrer les avantages, et c'est sur-tout à l'emploi de ces moyens qu'il faut attribuer le bel état des collections nombreuses que nous avons rapportées en Europe.

Notre premier soin , avant de plonger un animal dans l'alcool , étoit d'abord de le laver, suivant qu'il nous paroissoit plus difficile ou plus précieux à conserver, avec de l'eau de mer, de l'eau douce , du vinaigre, du tafia, du rum, et quelquefois même avec de l'alcool camphré. Les liqueurs fortes que nous employions à ce premier lavage étoient mises en réserve pour les crustacés, les insectes ou d'autres objets moins difficiles à préserver.

Une petite brosse de crin nous servoit à frotter doucement les animaux, à détacher les mucosités plus ou moins abondantes qui pouvoient adhérer à leur surface.

Lorsque ces animaux se trouvoient ainsi nettoyés, s'ils ne nous paroissoient pas d'ailleurs exiger d'autres précautions, nous les plongions dans la liqueur qui devoit les contenir; mais, au lieu de les abandonner à leur propre poids, nous les suspendions ordinairement de manière qu'ils flottassent , pour ainsi dire , entre deux eaux. A cet effet, nous leur attachions un morceau de liège dans la partie du corps qui paroissoit la plus convenable à notre objet, et en diminuant ou en augmentant insensiblement cette plaque légère, nous arrivions aisément au but désiré. Quelquefois, au lieu d'un simple morceau de liège , c'étoit un disque de la même matière au pourtour duquel nous suspendions plusieurs animaux, et ce procédé peut sur-tout être mis en usage à l'égard des petits poissons: il suffit de leur passer une longue épingle à insecte dans la mâchoire inférieure , de la recourber en anneau , et de la fixer par sa pointe au pourtour du disque. Avec du fil de laiton, ou seulement du fil à coudre, on peut arriver au même résultat. Ce moyen de suspension est incontestablement un des meilleurs que le zoologiste puisse employer; il remédie à tous les inconvéniens de la simple immersion et de la stratification : il conserve mieux la forme des animaux et les garantit bien plus sûrement de toute espèce d'altération.

Il est des espèces qui, par leur forme ou leur longueur, ne sauroientêtre suspenduesen entier dans des vases ordinaires, qui tendent à s'affaisser sur eux-mêmes, à se réunir en une masse plus ou moins susceptible de décomposition: tels sont les Oplùdïcus , la plupart des poissons de la famille des murènes , et autres de genres analogues. Ce fut pour ces derniers animaux que nous imaginâmes les anneaux élastiques de liège. Lors donc que nous avions un reptile de trois à quatre pieds de longueur ou plus, au lieu de l'abandonner à lui-même

dans un vase plus ou moins grand, au fond duquel il se seroit à i'instant précipité, nous commencions à lui faire décrire un cercle par sa partie inférieure; alors nous prenions un morceau de liège plus ou moins volumineux, que nous découpions en espèce de lame spirale, et, après l'avoir développée, nous la laissions se resserrer par son élasticité naturelle, autour du corps de l'animal que nous voulions faire flotter; après une seconde révolution du reptile sur lui-même, un anneau semblable venoit l'embrasser de nouveau; puis un troisième et un quatrième, suivant que la longueur de l'individu nous paroissoit l'exiger. Ainsi rangé dans un vase, le plus grand reptile en occupoit toutes les parties; il étoit également baigné par l'alcool , il se trouvoit en contact immédiat avec toutes les parties de cette liqueur. Ce moyen simple est encore un de ceux que nous croyons devoir le plus recommander aux naturalistes ; il est exempt de tous les inconvéniens que nous avons reprochés à l'immersion simple, et il a l'avantage de s'appliquer aux animaux dont la conservation présente le plus d'embarras et de difficultés.

D'autres espèces exigeoient par leur grosseur, par le développement de leurs organes intérieurs, des précautions différentes; tels sont, par exemple, certains mammifères, plusieurs poissons, &c. : pour des animaux de ce genre , nous pratiquâmes avec succès la ponction abdominale, ou même l'éventration. Dans le premier cas, un ou deux trous dévoient faciliter l'introduction de l'alcool dans les parois intérieures de l'abdomen ; dans le second cas , après avoir incisé les ligamens du bas - ventre avec un scalpel , nous ouvrions le péritoine, et donnions par ce moyen la facilité a l'alcool d'arriver jusqu'aux viscères les plus profonds, de les baigner immédiatement * et de s'opposer ainsi à l'altération dont ces organes sont plus particulièrement susceptibles.

Dans des circonstances plus impérieuses encore, nous nous sommes trouvés réduits à la triste nécessité de recourir à l ' éviscération. Après avoir ouvert le ventre, nous détachions les viscères, et, suivant la

pénurie plus ou moins grande à laquelle nous nous trouvions réduits, ou l'importance même des viscères, nous les rejetions ou les conservions dans des bocaux particuliers.

Quelque efficaces que ces deux derniers moyens puissent être, ils offrent des inconvéniens si graves, que ce doit toujours être une sorte de malheur pour le zoologiste, que de se trouver réduit au point d'en faire usage. Ce fut pour nous soustraire à de telles extrémités, que nous recourûmes aux injections dont il nous reste maintenant à parler.

Après le mucus qui couvre la plupart des animaux, ce qui contribue le plus activement à développer leur altération, ce sont les restes d'alimens qu'ils ont dans l'estomac, et par-dessus tout encore ies excrémens qui remplissent le canal intestinal , au moment où on les confie à l'alcool. Nous venons de voir par quel moyen aussi simple qu'efficace , nous étions parvenus à nous débarrasser des mucosités et des autres immondices analogues; les injections nous ont paru a

. . . On peut au besoin les combiner à son gré avec l ' cventration , avec la simple perforation des tégumens abdominaux, et ne laisser ainsi aucun point de l'animal qui ne se trouve immédiatement en contact avec l'alcool, qui ne soit de toute part abreuvé par le fluide. Lorsqu'à tous ces moyens puissans on aura joint les lotions générales alcooliques, le nettoiement soigné que nous avons prescrit, la suspension générale ou partielle, la fermeture rigoureuse des vases , &c. , nous n'hésitons pas à regarder la conservation des animaux comme suffisamment garantie contre la température des climats les plus chauds, contre les embarras de la navigation la plus longue ; et quand nous venons à méditer plus profondément encore sur les avantages réunis de l'ensemble de nos procédés conservateurs, nous sommes tentés de croire que si nous n'avons pas

' Le manuscrit contient ici une lacune de deux pages.

entièrement résolu le problème suivant, qui nous paroît devoir servir de base aux recherches difficiles dont il s'agit , nous avons du moins touché de bien près à la solution de ce problème:

Un animal d'une espèce quelconque étaîit donné, le conserver le plus sûrement, le plus parfaitement possible , avec la plus petite quantité d'une liqueur alcoolique la moins forte possible.

Avoir atteint ou seulement approché un pareil but, c'est sans doute avoir déjà beaucoup fait pour la science et pour le zoologiste-voyageur: mais il est d'autres conseils dont le dernier a besoin; il est d'autres résultats de notre longue expérience, que nous lui devons encore; et, après lui avoir indiqué ce qui tient à la conservation particulière de chaque objet , c'est de l'ensemble même des collections zoologiques qu'il convient de s'occuper ici. D'autres détails intéressans, d'autres procédés utiles , appartiennent à cette dernière partie de nos recherches a.

a Nous devons regretter sans doute de ne privation ajoute encore aux regrets que doit pouvoir donner la suite d'un travail aussi inspirer la mort de Péron à tous les vériutile; mais il n'a jamais été achevé; et cette tables amis des sciences naturelles. L. F.

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