‹ Voyage de découvertes aux terres australesChapitre 96 sur 115 · TOME II. A · texte numérisé non relu

TOME II. A

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matta, nombre de ces cultures abandonnées. Le sol, après avoir été cultivé, ne se couvre plus, lorsqu'il est rendu à la nature, que d'arbustes chétifs et d'une espèce de sacharum , plante graminée, sèche et rude, qui n'est pas propre à la nourriture des bestiaux.

Jusqu'à présent les Angiois n'ont introduit dans la Nouvelle- Galles du Sud que les plantes d'Europe a ; je n'ai vu aucune espèce de culture coloniale; cependant je pense que le coton y réussiroit h. Cette plante n'exige ni arrosement ni terrain fertile, et la chaleur est assez grande pour l'y faire mûrir.

La vigne , que l'on a cherché à naturaliser, n'a pas réussi , quoiqu'on ait confié cette entreprise à des vignerons françois de Bordeaux. M. Péron a fait connoître les causes qui se sont opposées au succès de cette culture. (Voyez tom. I , pag. 383 et suiv.)

Les environs de Sydney, peu convenables aux plantes d'Europe, sont cependant couverts d'une foule de plantes indigènes. Il n'est peut - être aucun pays où la végétation offre une si grande variété et une réunion d'aussi jolis arbustes, dont plusieurs sont remarquables par l'élégance de leurs formes, la beauté et la suavité de leurs fleurs. Ces plantes ont presque toutes été décrites par les botanistes angiois. Celles de nos herbiers qui offrent le plus d'intérêt par leur nouveauté, ont été rapportées d'un voyage que je fis vers les montagnes Bleues. Je recueillis plusieurs plantes de la famille des légumineuses ;

Une espèce de laurier qui croît sur les bords de la rivière d'Hawkesburry ;

* Le savant auteur de ce Mémoire a été » le jardin dont j'avois la jouissance, ckc. »

induit en erreur sur ce point. Ce qui le prou- (Voy. A Voyage round the world, in the

veroit encore, indépendament de ce que mes years 1800 — 1804, &c; by John Turn-

autres compagnons de voyage et moi avons bull, page 452, seconde édition,). L. F.

pu recueillir au port Jackson , c'est ce que b M. PÉRON a vu dans l'habitation de

rapporte, à ce sujet, le capitaine Turnbull, M. le Baron de LA ClAmpe, une belle plan-

pour l'époque même où nons nous trouvions tation de cotonniers et de cqfiers. ( Voy. tom. I,

dans la colonie: « Les fruits des tropiques, pag. 432.) M.HAMELIN cite aussi, dans son

» dit-il, et la plupart de ceux des autres cli- journal, ces mêmes plantations de coton-

■» mats , se trouvent en grande abondance dans niers. L. F.

Une très- jolie espèce de dianella;

Plusieurs plantes de la famille des myrthes et de celle des composées;

Une espèce à'exocarpos qui ne parvient pas à plus de deux pieds de hauteur.

La végétation est sans cesse en activité dans la Nouvelle-Hollande, et aucune saison ne l'arrête entièrement. J'étois, ainsi que je l'ai dit plus haut, dans le port Western (qui est situé par le 38/ degré ~ de latitude Sud ) dans les premiers jours du mois d'avril , mois qui correspond à celui d'octobre de notre hémisphère. A cette époque , aucune plante ne paroissoit disposée à quitter simultanément ses feuilles , et un grand nombre étoient encore en Heurs.

A Sydney, pendant les mois de juillet et d'août, quoiqu'il fît assez froid pour avoir constamment du feu dans les appartemens, cependant aucune plante ne s'est entièrement dépouillée; la végétation étoit ralentie, mais non pas interrompue. Au mois de septembre et d'octobre , les plantes annuelles ont paru , et toutes les autres se sont couvertes de fleurs.

Nulle région ne doit autant intéresser le naturaliste , que la Nouvelle-Hollande ; elle est un sujet nouveau de recherches et de méditations: par sa constitution physique et ses productions dans les trois règnes, elle diffère de tous les autres pays; et les géographes modernes, en la constituant cinquième partie du monde, n'ont fait que suivre les indications de la nature.

J'ai fait voir, au commencement de cette notice, quelle influence la végétation a dû avoir sur la population et la civilisation des habitans de ces contrées : en effet, quelque heureuses dispositions morales et intellectuelles que l'on puisse supposer aux indigènes, elles eussent été détruites par le besoin impérieux de songer sans cesse à conserver et à défendre leur existence ; mais la nature ne paroît les avoir doués que d'une somme d'intelligence en rapport avec le pays qu'ils habitent. Toutes les fois que nous avons eu occasion

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de communiquer avec eux, nous n'avons point remarqué ce degré de curiosité qui indique aptitude et désir de s'instruire. Quoique, depuis plusieurs années, les naturels des environs de Sydney fréquentent sans crainte et sans cesse les Anglois, ils ne sont cependant guère moins barbares qu'avant l'arrivée des Européens. Quelle différence avec les autres habitans de la mer du Sud ! Les navigateurs Européens qui ont abordé aux îles des Amis, aux îles de la Société, aux îles Sandwich , se sont vus entourés avec le plus grand intérêt et la plus vive curiosité; les présens qu'ils ont faits aux habitans ont été reçus avec enthousiasme et appréciés avec discernement. Ici, au contraire, quand, après avoir indiqué aux sauvages de la Nouvelle- Hollande l'usage de quelques objets qui pouvoient leur être de la plus grande utilité, nous leur en faisions présent, ils les recevoient sans réflexion , et les abandonnoient presque toujours avec indifférence.

Les résultats de nos recherches en botanique sont :

L'observation que j'ai faite de quelques plantes que je suppose et que j'indique comme pouvant offrir des avantages.

Nos herbiers renferment plus de mille espèces, dont un grand nombre sont nouvelles \

Beaucoup de graines que nous avons rapportées ont multiplié considérablement, dans nos climats, les plantes de la Nouvelle- Hollande, auparavant si rares en France. Ces plantes, remarquables en général par l'élégance de leurs formes et la délicatesse de leurs fleurs, ornent non - seulement les jardins de la Malmaison et du Muséum d'histoire naturelle , mais sont encore répandues en grand nombre dans nos départemens, et quelques-unes donnent l'espérance de pouvoir y être naturalisées.

a Lorsque j'écrivois cette notice , l'excellent ouvrage du célèbre et savant voyageurnaturaliste M. BrûWN , sur les plantes de la Nouvelle-Hollande, n'avoit pas encore paru.

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