‹ Voyage de Jacques Cartier au Canada en 1534 [microforme]Chapitre 16 sur 22 · L'ET · texte numérisé non relu

L'ET

dudict lieu, salut et dilection. Nostre cher et bien amé Jacques Cartier, capitaine général et maistre pillote de tous les navires et autres vaisseaux de mer que nous voullons envoïer ès terres de Canada, Hochelaga, jusques en Saguenay, faisant ung des boutz de l’Asie du costé du Nor, nous a faict dire et remonstrer que pour l’expédition de ladicte entreprinse luy est besoing et necessere recouvrer grant nombre de pillotes mariniers et aultres maistres deuement experimentez au faict de navigation pour la conduicte desdicts navires, à laquelle fin il a voullu convenir et accorder avecques plusieurs expers dudict estat et maryne, lesquelx ont esté par aucuns de noz subjectz, tant de la ville de Sainct Malo que aultres villes, portz et havres du duché de Bretaigne pernitieusement et malicieusement divertyz et dissuadez, au moyen [de quoy] ledict veage, en danger desdicts grands retards, est différé contre notre voulloir et intention, requérant, ledict Cartier, sur ce notre provision à ce convenable. Pour ce est il que nous, ce considéré, vous mandons et commetons par ces présentes et chacun de vous sur ce requis que informiez dilligemment, secretement et bien de ce sur lesdicts empeschements, malicieuses et pernicieuses dissuasions et aultressi sur leurs circonstances et dépendances qui plus à plain vous seront baillées par escript et par déclaration, si besoing est, par ledict Cartier, pour ladicte informacion fete et raportée par devers ceux des gens de nostre pryvé conseil, icelles veues, eu estre or-

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donné ce que de raison, de ce fere vous donnons povoir et auctorité par ces p.ésentes, mandons et commandons à tous noz justiciers, officiers et subjectz que à vous en ce faisant soit obey. Donné à Fontainebleaux le xri® jour de Décembre l'an de grâce mil v°xz, et de nostre regne le xxvr. Ainsi signé, Par le Roy en son conseil, de la Chesnaye, et saellé en cire jaulne.

FRANCOIS par la grâce de Dieu Roy de France, à nostre amé et féal conseiller et lieutenant en l'admiraulté de France à la table de marbre de nostre palais à Rouan, maistre Robert Legoupil , salut et dillection. Comme pour veoir et entendre les comptes de la recepte et despence que a faicte nostre cher et bien amé Jacques Cartier, nostre pillotte au voiaige par luy naguères faict par nostre commendement es pays de Canada et des deniers par luy receuz pour cest effect, tant de nous que de feu nostre amé et féal cousin le seigneur de Chasteaubriend, nous eussions par cy devant commis et députté aucuns commissaires n0Z officiers estans léz rous et à la suitte de nostre personne lesquels, pour les autres occupations et empeschements qu'ils ont en leurs charges et estats n°y auroient peu vacquer ne entendre, au moyen de quoy n’ont peu estre jusqu'icy lesdicts comptes vériffiés ni la

veritté de la dicte recepte et despence dudict voiaige congneue, ne entendue, au grand interest et | prejudice de nous et du dict Cartier, lequel à ceste cause nous a très humbleraent supplyé et requis

luy voulloir pourveoir d’autres commissaires, à

l'effect que dessus, Scavoir faisons que nous, confians à plain de vostre personne et de voz sens, in-

tégrité, loyaulté et expérience et bonne dilligence, ; vous avons commis, ordonné et depputé, commet-

tons, ordonnons et députtons pour et au lieu des j; commissaires dessus dites, assister avecq quattre LÉ bons personnaiges de sçavoir, loyaulté et expé- ; riance au faict de despence de la marine non sus- | pects, ne favorables, dont ledict Cartier et le sieur de Robertval conviendront par devant vous dedans | huictaine apprès l’assignation de ce présent ren- | voy achevé, et à deffault d’en convenir et accorder | par eux, en prendrez de vostre office, de non suspects ne favorables à l’une ny à Pautre partie, et avecq eux procéderez à l'audition et examen des comptes dudict Cartier appellé et présant ledict sieur de Robertval, lequel nous voullons y estre adjourné par le premier notre huissier ou sergent sur ce requis si besoign est intimation, qu'il v compare ou non, sera procédé par vous et lesdicts commissaires à l'exécution de ceste présante commission, ouyr aussi le ditférent d'entre lesdicts de Robertval et Cartier, tant sur le faict de ladicte recepte et despence que aultres par eux respectivement prétendues, pour apprès nous donner advis et aux gens de nostre conseil privé tant sur la clos-

dict ture desdicts comptes et de ce dont ledict Cartier st et par la fin d’iceux nous pouroict estre redevable que este sur le jugement du dict différent d'entre ledict quis sieur de Robertval et Cartier, et le tout nous ren- S, à voier féablement clos et scellé, ou aux gens de noscon- tre dict conseil, pour, apprès y pourveoir ainsi que , in- verrons estre à faire par raison de ce faire, vous nce, avons, et ausdicts quattre commissaires qui seront met- par vous choisiz et esleuz comme dict est, donné | des et donnons pouvoir, auctorité, commission et attre mandement spécial, en deschargeant par ce moien XpÉ- les quattre commissaires par nous jà députtés sus- | pour cest effect de leur dicte commission par ces sieur | dites présantes, car tel est nostre plaisir. Donné à dans | Evreux le troisiesme jour d'Apvril lan de grâce mil ren- cinq centz quarante trois avant Pasques, et de nosrder tre regne le trantiesme. Ainsi signé : Par le Roy

| SuS- | en son conseil, De Neasville et scellé du grand seau

€, et de cire jaulne à simple queue.

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| Collation faicte par nous Estienne Gravé et

Jullien Lesieu, notaires royaux de la

court de Rennes establiz à Sainct Malo et Chasteauneuf, respectivement sur les €

originaulx nous apparus par Jacques

Odievre marchand demeurant audict

j ? Sainct Malo, l'un des successeurs du-

dict feu Capitaine Cartier, et outre nous

| a ledict Odievre apparu un compue es-

cript sur papier signé Jac Cartier, con-

| ik tenant soixante dix fueillets d’escripture,

le commencement duquel jusqu’au troi-

siesme fucillet verso, avons seullement

avecq la déduction estant au dernier

fueillet dudict compte inséré de mot à

\ mot, comme ensuil* et non daventaige à raison de la longueur dudict compte.

Affin que par vous monsieur maistre Roberd Legoupil, conseiller du Roy nostre sire et lieutenant en ladmiraulté à la pierre de marbre à Rouan, commissaire par ledict seigneur ordonné pour veoiret ouïr les comptes de la recepte, mise, et despence que Jacques Cartier capitaine et pillotte par auctorité royal au voiaige dernièrement faict par luy à la terre de Canada et autres lieux, ensemble ouyr et entendre les différents d’entre le sieur de Robertval et ledict Cartier, appellés en vostre compaignye quattre commissaires selon et au désir de leur commission, est prest à rendre et

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offre iceluy Cartier faire au désir d’icelle commission, et selon que le voulloir dudict seigneur est, soict entendu pleinement et entièrement le faict et moyen desdicts comptes.

Et Premier, dict iceluy Cartier et se charge avoir esté ordonné par ledict seigneur pour l'exécution dudict voiaige cstre livré à Jan Lefrançois de la Rocque sieur de Robertval et audict Cartier quarante cinq mil livres tournois pour emploier et convertir aux choses nécessaires pour telle expédition, plus à plain mentionnées par transaction verballe, articullée et spécifie faicte de la part dudict seigneur par maistre Guillaume Preudhomme, monsieur le Général de Normandye et lesdicts De la Rocque et Cartier, à ceste présante attachée, desquels quarante cinq mil livres, quinze mil demeurerent entre les mains dudict de la Rocque dont il se chargea, comme il appert paractes signés dudict de la Rocque et Charles de Kermarec sieur dudict lieu, et ledict Cartier, en datte du septieme jour de May lan mil cinq cent quarante un, faicte à Sainct Malo, quels actes, ensemble autres pièces, advenant le dény dudict De la Rocque, il vous plaira veoir et permettre audict Cartier ses soubstenances et deffances, comme veoirés par raison avoir affaire du reste de ladicte somme qui est trante mil livres, faisant les deux tiers des quarante cinq mil livres, lesquels trante mil livres délivrés audict Cartier par les mains de maistre Jan Duval monsieur le trésorier de l’espargne dudict seigneur, de laquelle somme

absollument se rend ledict Cartier comtable et presantement offre par parcelles et articles faire apparoir s' loyallement à esté à la dispartion d’iceux deniers procédé par luy, protestant iceluy Cartier de reveue et estre ouy au préalable respondre à ce que se trouveroit ambigu et doubteux à trouver, et promet apprès la vive voix par actes, en seignementz et instruments authenticques supplians et requérant, quant à ce, iceux estre veuz, entenduz et receuz selon que droict et raizon supposent le faict pour ledict Cartier mesmes ès choses qui autrement ne peuvent estre entendues, desquelz ledict Cartier se charge en prouve, recongnoissance et probation, si requis se trouve de plus ample.

Plus se charge ledict Cartier avoir receu dudict sieur de Robertval la somme de trese cents cinquante livres tournois en six cents escus soleil que ledict sieur de Robertval print par emprunt de François Crosnier bourgeois de Sainct Malo, quels furent employés à partye des payements et mises dudict Cartier et de laquelle somme ledict sieur de Robertval a depuis baillé respondant audict Crosnier, Allouise Détiville, sieur de Sainct Martin, ct par ainsy demeure ledict Cartier comptable de trente un mil trois centz cinquante livres.

Laquelle charge congneue, reste ouyr et entendre au calcul de sa déscharge et icelle congneue l’équipoler à ladicte charge et veoir quisuccombera,

Mais avant passer outre, reste scavoir et plainement preveoir l'intention du Roy que à l'expédi-

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tion dudict voiaige, doibvent, par lesdicts Robertval et Cartier, estre fourniz cinq navires, tant en chapt par de partie, que en auléaige pour les autres, tous portans quattre centz tonneaux de charge, pour lesquelz en général est ordonné huict mil cinq cents livres pour le tout desdicts navires pour l’accomplissement dudict voiaige, comme il est à plain contenu en ladicte transaction verballe convenue de par ledict seigneur par Maistre Guillaume Preudhomme, et encore réitéré et spécifié par l’acquict dudict Duval, Ihors qu'il print, qu'il livra lesdictz trante mil livres audict Cartier, ct pour specificacion plus ample de ce que ledict Cartier a faict et employé pour l’exécution de tout ledict voiaige, et ce par l’exprès commandement qui apparoistra à suflire dudict sieur de Robertval lieutenant pour le Roy audict voiaige, dict, maintient et athirme ledict Cartier avoir em-ployé loyaument ct mieux que pour son propre affaire huict mil cinq centz livres, au payement et réparation en pur achapt de partie desdicts navires, et en la solde de fret et nauléaige pour les aultres, lesquelz cinq navires il a fourniz et paiés luy seul sur ladicte somme de trante un mil trois centz cinquante livres qu'il avoict, portant de charge plus de cinquante tonneaux outre le contenu en ladicte transaction verbaile, et ce que commendé estoict par ledict seigneur pour lPexécution dudict voiaige quant cs dicts navires, Île tout par le commandement dudict de Robertval, comme 1l apparoiïstra par lettres expresses ct man-

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dements de luy, à raison de quoy supplie ledict Caïtier ladicte somme d'huict mil cinq cents livres luy estre adjugée en déduction et rabeix de ladicte somme de trante mil livres et dont il est chargé, attendu le debvoir qu'il a faict, memes que deffaillant ledict argent du Roy qu'il avoict admis son propre au hazard et à grosses adventures pour le service dudict seigneur, comme il vous apparoistra quant viendra au poinct du tier navire, lequel, ne peult estre payé selon que l'intention dudict seigneur y estoict, mais pour le deffault de 1 argent que ledict de Robertval avoict et debvouct rapporter de jour en jour pour faire ce que resteroict pour iceluy voiaige, fut par iceluy Cartier coniruinct de mener à ses grosses adventures à mesme droict de neauléaige les aultres deux comme il est à plain contenu audict article que leaict Cartier met à option et choix de vous, Messieurs, estant pour ledict seigneur à ce présant compte, de luy déduire ladicte somme à luy adjugéepar ladicte transaction verballe, pour lesdicts cinq navires, qu'est huict milcinq cents livres, à ce que adjoint ce que ledict Cartier a fraié pour l’Esmerillon et réparation d’iceluy qui estoictau Roy,dela réparation duquel vous apparoistra par enqueste sur ce faicte par gens à ce credibles qui se monte à la somme de mil livres, de quey offre ledict Cartier faire ample approbation, et se charge quant à ce de prouve sufhsante au bien prendre que la charge desdicts deux navires l’Ermine et l’Emerillon a quattre mil cinq cents livres, et en ce qui est du tier navire mettrés

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pour dix sept mois qu’il a esté audict voiaige dudict Cartier, et pour huict mois qu'il a esté à retourner querir ledict Robertval audict Canada au péril de nauléaige qüe les autres deux, se seront deux mil cinq cents livres, et, pour les autres deux qui furent audict voiaige, six mois à cent livres le mois, sont douze cents livres, par ainsi à ceste fin seront huict mil deux cents livres, ledict tier navire demeurant acqui: ct propre audict Cartier en le retenent au Roy retour faict à son taux avecq la réparation dudict Emerillon se trouvera employé par ledict Cartier huict mil sept cents livres que ledict Cartier supplie luy estre mys en déduction de la charge dont est comptable, qui est de trante un mil trois cents cinquante livres, et par ainsi, déduisant huict mil sept cents livres, ne restera que vingt deux mil six cents cinquante livres, dont est comptable ledict Cartier, et ce y deduit et mis à valloir.

Ce présent compte a esté pir nous Robert Legoupil escuyer, licentié ès loix, lieutenant général en la juridiction de l'admiraulté à la table de marbre au Palais de Rouan, de hault et puissant seigneur Monseigneur lAdmiral de France et commissaire du Roy en ceste partye, en la présance de maistres Robert Lelarge, Pierre Caradas advocat et procureur du Roy, Jan Loue greffier de mondict seigneur l’Admiral, Thomas Saldaigne, Alvaro de Latour, François Maillard et Jan Noury, par nous appellés suyvant la commission à nous

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addressée et envoyée par le Roy, veu, ouy et procédé à l’examen, audition, gect et calcul d'iceluy jouxte les codes apposés et escripts en la marge de ce dict compte et procès verbal par nous de ce faict et signé, et des susdicts officiers et commissaires, appert selon l'oppinion et advis desdicts commissaires par le gect et calcul qu'ils en ont faict, ledict Cartier auroict employé et fraié tant pour les navires, victuailles, souldes, marchandises, loyers advances et autres frayz par ledict Cartier jusqu’à la rendition de ce dict compte, pour le faict et expédition dudict voiaige, la somme de trante neuf mil neuf cents quattre vingts huict livres quattre sols six deniers tournois.

Ledict Cartier se charge avoir receu du Roy nostre Sire pour l’expédition et entremise dudict volaige la somme de trante mil livres tournois, par les mains de maistre Jan Duval, trésorier de l’espargne.

Plus se charge avoir receu par les mains dudict de la Rocque sieur de Robertval, six centz escus soleil vallans trese cents livres.

Ainsi appert que en allouant lesdicts frais et mises seroict deub audict Cartier de reste de son dict compte pour l’entremise dudict voiaige pour avoir plus mis et promis payer que receu, la somme de huict mii six cents trente huict livres quattre sols six deniers tournois, aux réservations et conditions contenues esdicts codes et procès verbal. En tesmoing de ce, nous lieutenant officiers et commissaires susnomméz, avons signé ce présant

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et faict sceller sur un lacet passé le travers de ce aict compte contenant soixante dix fueillets, du grand seau de ladicte admiraulté, le vingt unieme jour de juin l’an de grâce mil cinq cents quarante quattre.

P. Caradas, Thomas de Saldaigne, Alvaro de la Tour, F. Maillard, Jan Nourvy, J. Loue, et scellé

Ainsi signé : R. Legoupil, R. Lelarge,

de cire rouge pendant à las de soye tra-

versant ledict compte.

Quelle incertion cy dessus, de commence-

ment dudict compte, et deduction d'iceluy, Nous dicts notaires avons aussy fidellement collationnné sur l'original et contiennent les transumps des lettres et incertions cy dessur, quatorze fueillets d'escripture, sans comprendre cestuy prochain subséquant où nous apposerons nos signes, et sont lesdicts quatorze fueillets escripts de Sebastien Odievre, frère dudict Jacques. Et sont les originaux desdictes lettres et compte demeurés audict Jacques Odievre et de son consentement le présant transumpt délivré au capitaine Jacques Noël, dudict Sainct Malo, aussy l’un des successeurs dudict feu Cartier, ce requérant pour servir à luy et audict Jacques Odievre et leurs consors ainsi que de raison. Faict audict Sainct Malo chés ledict Etienne Gravé le vingt sixieme jour de Novembre an

mil cinq cents quatre vingts sept avent midy. Et ont lesdicts Jacques Odievre et Jacques Noel, signé, tesmoign le seau royal cy appozé. Ainsi signé : Jacques Noel, Jac Odievre, F Gravé, notaire royal, Jn Lesieu, notaire royal, et scellé.

HENRY par la grâce de Dieu, roy de France et de Pollogne, à tous ceux qui ces présantes lettres verront, salut : Scavoir faisons que Nous, ayant egard et considération aux bons et aggréables services que nostre cher et bien aymé Estienne Chatton sieur de la Jaunaye, de Sainct Malo en Bretaigne, a faictz sur la mer depuis dix huit ans en ça au feu roy Charles dernier debcédé nostre très cher seigneur et frère, mesmes pendant le siege de la Rochelle, reprise de Bellisle que depuis à Parmement de six navires qui furent admis et mis en mer au mois de mars dernier passé, par nostre commandement et audict Sainct Malo pour aller contre les Rochelois et aultres ennemys de ceste couronne, dans l'un desquels ledict de la Jaunaye commandoict, lesquels feisrent prinse de deux navires en l’un desquels estoict Jan Abraham, secrétaire de nostre cousin le prince de Condé, chargé de plusieurs mémoires grandement préjudiciables au bien de noz affaires, et au repos de noz subjectz,

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Pour cestes causes, et pour l’espérance que nous avons qu’il continuera de bien en mieux à nostre service, selon que les occasions se presanteront, a plain confians aussy de sa fidellité, prud’hommie, vaillance, espériance au faict de la marine et bonne dilligence, avons ledict sieur de la Jaunaye retenu et retenons par ces présentes en l’estat de capitaine de nostre marine pour, par luy ledict estat avoir, tenir, et dorésnavant exercer et en jouir et user, aux honneurs, auctorité, prérogatives prééminances, franchises, libertés, droicts, proffilts, revenus et émolluements qui y appartiennent, et aux gaiges de six cents livres tournois par au tant qu’il nous plaira.

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à nostre cher et amé cousin le marquis de Villars, admiral de France, ou à son lieutenant en l’'admiraulté, que dudict sieur de la Jaunaye pris et receu le serment en tel cas requis et accoustumé, iceluy mettent et instituert ou face mettre et instituer de par nous en possession et saisine dudict estat et d’iceluy ensemble des honneurs, auctorité, prérogative, préeminances, franchises, libertés, gaiges de six cents livres par chascun an; droicts, profilts, revenus et esmollumens desusdicts, le faire, souffrir et laisser jouir et user plainement et paisiblement et à luy obéir et entendre de tous ceux ainsi qu'il appartiendra ès choses touchant et consernant ledict estat et charge. Mendons en outre aux trésoriers de notre marine et chaicun d'eux en l’année de leur exercice, que auaïtt de la

À, Là

| | Jaunaye ils payent, baillent et délivrent lesdicts | gaiges de six cents livres doresnavent par chaicun an, selon et ensuyyant les estats quileur en seront par nous faicts, et qu’il est accoustumé en faire en semblable cas, car tel est nostre plaisir. En tesmoigr de quoy nous avons faict mettre nostre scel à cesdictes presantes. Donné à Paris, le vingt | neufvième jour d'Aougst lan de grâce mil cinq l | cents et soixante quinze et de nostre regne le A deuxième. Signé sur le reply: Par le Roy, Brulart, À et seellé sur double queue de cire jaulne. Ainsi si- | f gné, collationné à l’original par moy notaire et IR secrettaire du Roy, Gourdon.

HENRY par la grâce de Dieu, roy de France et de Pollogne, à notre très cher et bien «mé cousin, le duc d’Espernon, pair et admiral de France, gouverneur et notre lieutenant général en Normandie, vis admiral de Bretaigne, ou son lieutenant en ladicte admiraulté, salut. — Noz chers et bien

améz, Estienne Chatton, escuier, sieur de la Jaunaye, et Jacques Nouel”, cappitaines de marines, et maistres pillottes de nostre ville de Sainct Malo

* Ledict Nouel en quelques voiages a faict office de pillotte et ledict Jaunaie nullement, et aussi ledict Jaunaie n’est nepveu ny heritier.

CG CT n, 16 JOU nannant bien Jauines, Malo

illotte epveu

de l'Isle en Bretaigne, nepveuz et héritiers de deffunct Jacques Cartier, en son vivant cappitaine et grand pillotte de marine, nous ont faict remonstrer en nostre conseil que feu nostre très cher sieur et ayeul, considérant ledict feu Cartier avoir avecq son soign, travail et dilligence et plus grandz fraiz descouvert ès Terres Neufves* où il auraict voiagé, desirant faire peupler lesdictz païs descouvertz par ses lettres patentes du vingtiesme jour d'Octobre mil cinq cent quarante, feist expédier ces lettres de provision adressante audict feu Cartier ** pour faire descouverture des Terres Neufves, et peïs de Canada et aultres lieulx adjaczant, pour lors non recongneues habitées ne descouvertes par aultres nations, pour y mener et conduire par mer hommes et femmes affin de peupler et multiplier ledict païs, à quoy ledict feu Cartier auroict satisfait de tout son pouvoir, ainsy que lesdicts habitans en font foy; mesmes y faire bastir ung fort et quelques aultres lieulx à habituer et réduire les sauvaiges dudict païs à la congnoëssance de Dieu et de sa foy catholicque, apostolicque et Romaine, soubz l'auctorité et congnoissance de notredit feu sieur et aïcul, auquel pour cest effect et pour favoriser ladicte descouverture, et donner moïen audit Cartier de suporter les despens nécessaires luy feist delivrer jusqu’à quarante mil livres que ledict

* La Terre Neufve n’a esté descouverte par ledict Cartier.

** Comme dict est ladicte Terre Neufve n’a esté descouverte par ledict Cartier.

Cartier employa et aiant depuis randu compte par davant les commissaires à ce députez par nostredict feu sieur et aïeul, par la fin et closture duquel il se trouve luy estre deu la somme de huict mil six cens trante livres, comme il apert par les pieces cy attachées, mais en poursuivant la descouverture d’icelle terre, et des commoditez y estant, après plusieurs voiages et longs travaulx v avoir par ledict Cartier * exposé son bien et moien, et de ses amys, et seroict deceddé sans avoir ny aucuns de ses héritiers tiré rescompance de nosdicts prédesseurs (sic), Neantmoins pour faire continuer la mémoire tant de leurdict feu oncle** que d’eux, et que leur travail et entreprinse ne soict imputée vaine et illuzoire, joinct le zèle et affection qu'ilz ont au bien de nostre service, aians esté dés leur jeunesse nouriz au faict de la marine, et en ensuivant les mémoires Cartier et instructions que leur a delaissé leur feu oncle leur aiant sur ces derniers jours recommandé

l'exécution et continuation de son entreprinse ***,

* Ledict Cartier doibt encor de reste aux habitans de Sainct Malo, particulliers lesquelz sont mortz, les sommes qu’il alléguoit avoir promis paier par l’alouement de son compte.

** Comme devant est dict, ledict Jaunaie n’est nepveu, et ne sert l’article que pour leur profilt particullier.

*** Pour le regard dudict Jaunaie, n’a jamais esté audict Canada. Vray est que ledict el y a esté comme y ont este plusieurs aultres mariniers mersennaires, et touteffois a esté les deux dernieres années sans y aller, et aultres de la ville de Sainct Malo ont tousjours continué d’y aller.

iz auroient par plusieurs fois (taict) ledict voiage, mesmes continuent à présent d’an en an à y traficquer avec lesdictz sauvaiges, tant en peaulx de buffes, buffetines, martres, zibelines et aultres sortes de pelleteries et marchandies qui sy trouveront, aïans, puis quelque temps, amené * aveques eux audict lieu de Sainct Malo aucuns desdictz sauvaiges, iceulx nouriz prèz d’un an en toute doulceur et amityé, et depuis ramenez en leur païs au lieu de Canada pour dautant plus faciliter leur traficq, (et) amitié desdictz sauvaiges, par le moïen desquelz ilz auroisnt depuis descouvert certaines mynes de chyvre au cap de Coujugon, audict pais, ** de qu

112 nous auroient apporté le monstre après en avoir faict l’espreuve, ayans trouvé et recongneu quelques places et forteresses qui y auroient esté commencées en divers lieulx et endroictz desdictes terres par le commandement de nostre feu sieur et aïeul, estant de présent en ruyne à faulte d'avoir esté habituées et entretenues, qui est une très grande perte et incommodité, pour estre ledict

* Il vint au navire où estoict ledict Nouel qui fut noury aulx fraiz du propriétaire où estoict ledict Nouel, et l’autre principal sauvaige auroict esté noury par le cappitaine Michel Froter, propriëtaire d’un navire autre que celuy où estoict ledict Nouel.

** Ce n’ont esté lesdictz Jaunaie et Nouel qui ont descouvert ladicte myne, si tant qu'il y en ait, pour n’avoir esté ledict Nouel audict cap de Coujugon, ainez sont les Basques que l’on dict y avoir csté.

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pais beau," grand et fertille, et rapportans arbres fruictiers, vignes et aultres semances propres pour la nouriture de l'homme et très propre pour y fere commerce et trafficq, oultre le profilt que lesdictz mariniers pourroient rapporter aveques le temps à cestuy nostre royaulme. Nous suppliant, attendu ce que dessus, leur faire fournyr quelques deniers tant pour rescompance de ladicte somme deue audict deffunct leur oncle que des travaulx et services dudict deffunct, affin de retourner audict païs et terres de Canada, Coujugon et autres terres adjaczentes pour y bastir et construire soubz nostre adveu auctorité et obéïssance quelques forteresses pour l’assurance et retraicte de leurs personnes et vaiseaulx en conservation desdictz mineurs contre les incurtions qui leur pourroient estre faictes par noz subjectz et autres nations, ainsi qu'ilz disent leur avoir esté faict l’année passée, leur aïant esté bruslé trois pataches “* et enlevé une autre par force, les ayants privez et faire perdre leur trafficq dudict dernier voiage, comme ilz entendent en informer cy après, en temps et lieu, Et la né-

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* Le pais n’est aucunement fertille ne extresmement froyd, | de telle s° te qu’il mourut plus de la moictyé des hommes dudict Cartier audict païs de Canada, et partye du reste demeure en perilz, dont leurs enfanz en ont esté mal rescompancez.

** Lesdictz de la Jaunaye et Nouel n’avoient interestz ausdictes pataches , si ce n’estoict en l’une où ledict Nouel y pouvoit avoir bien peu d’interest.

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