DVOVOYAG EE FAIT PAR LE CAPITAINE IACQVES
Cartier en la terre-Neufue de Canadas dite nouuclle France, en l'an mil
cinq cens trente quatre.
Comme Messire Charles de Mouy Cheralier, partit auce deux Nauires de S. Malo, et comme il arriua en la terre- Neufue appelee la Françoise, et entra au port de Bonne-veué.
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FA) L Mouy, sieur de la Mcilleraye, ct SANS Visadmiral de France eut fait Se iurer les Cappitaines, Maistres et Compagnons des Nauires, de bien et fidellement se COMporter au seruice du Roy tres-chrestien, sous la charge du Capitaine lacques Cartier; Nous partismes Je
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xx. d'Auril en lan M.b.xxxum. du port de S. Malo auec deux nauires de charge chacun d'environ soixante tonneaux, et armé de soixante et un homme : Et nautgasmes aucec tel heur que le x. de May nous arriuasmes à la terre-Neulue, en laquelle nous entrasmes par le Cap de onne-veu, lequel est au xxvur. degré et demy de latitude et de longitude
Mais pour la grande quantité de glace qui estoit le long de ceste terre, il nous fust besoin d'entrer en vn port que nous nommasmes de S. Catherine distant cinq lieuës du port susdit vers le Su-Suest, là nous y arrestames dix iours attendans la commodité du temps, et cependant nous equipasmes et appareillasmes nos barques.
Comme nous arriuasmes en l'Isle des Oiseaux, et de la grande quantité d'oiseaux qui S'y trouuent.
Le xx1. de May fismes velle ayans vent d'Ouest, et tirasmes vers le Nord depuis le Cap de Bonne-veuë iusques à l'Isle des Oyseaux, laquelle sstoit entierement enui-
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ronnée de glace, qui toutesfois cstoit rompuce et diuisec en pieces, mais nonobstant ceste glace nos barques ne laisserent d'y aller pour auoir des oyseaux, desquels y à si grand nombre que c'est chose incroyable à qui ne le void, parce combien que ceste Isle, laquelle peut auoir vne lieu de circuit, en soit si plaine, qu'il semble qu'ils y soyent expressément apportez ct presque Comme semez : Neantmoins il y en a cent fois plus à l’entour d'icelle, et en lair que dedans, desquels les vns sont grands comme Pies, noirs et blancs, ayans le bec de corbeau, ils sont tousiours en mer, et ne peuuent voler haut, d'autant que leurs aisles sont petites, point plus grandes que la moitié de la main, auec lesquelles toutefois ils volent auec telle vitesse à fleur d'eau que les autres oiscaux en l’air, 1ls sont excessiuement gras, et estoyent appelez par ceux du pays Apponath, desquels nos deux barques se chargerent en moins de demi-heure, comme l'on auroit peu faire de cailloux, de sorte qu'en chasque nauire nous en fismes saler quatre ou cinq tonneaux, sans ceux que nous mangeames frais.
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De deux especes d'oiseaux lrne appellee Godets, l'autre Margaux, el comme nous arriuasmes à Carpunt.
Enoutre 11 y a vneautreespece d'oiseaux qui volent haut en l'air, et à fleur de l'eau, lesquels sont plus petits que Îes autres, ct sont appellez Godets, 1ls s'assemblent ordinairement en ceste Isle, et se cachent sous les aisles des grands. I y en a aussi d'une autre sorte, mais plus grands et blancs, separez des autres en vn canton de llsle, et sont tres-difficiles a prendre, parce qu'ils mordent comme chiens, et les appelloyent Margaux : Et bien que ceste Isle soit distante quatorze licuës de fa grande terre, neantmoins les Ours y viennent à nage, pour y manger de ces oiseaux, et les nostres y en trouuerent vn grand comme une Vache, blanc comme vn Cygne, lequel sauta en mer evant eux, et le lendemain de Pasques qui estoit en May, voyageans vers la terre, nous le trouuasmes à moitié chemin nageant vers icelle, aussi viste que nous qui allons à la velle, mais l'ayans
Danse