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ains venoyent avec si grande furie vers nous qu'aussitost 1ls enutronnerent nostre barque auec Îles sept qu'ils auoyent. Et parce que pour signes que nous fissions ils ne se vouloyent retirer, laschasmes deux passe-volans sur eux, dont espouuantez retournercnt vers la susdite pointe faisans tres grand bruit, et demeurez là quelque peu, commencerent derechef avenir vers nous comme deuant, en sorte qu'estans approchez de la barque, descochasmes deux de nos dards au milieu d'eux, ce qui les espouuenta tellement qu'ils commencerent à fuir en grand haste, et n’y voulurent oncques plus revenir.
Comme ces sauuages venans vers nos Nauires et les nostres venans vers les leur, descendirent les uns et les autres en terre, el comme ces sauuages Se misrent a traffiquer en grande allegresse auec les nostres.
LE lendemain partie de ces sauuages vindrent auec neuf de leurs barques à la pointe et entree du lieu d'où nos Nauires
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estoyent partis : Et estans advertis de leur venue, allasmes avec nos barques à la pointe où ils estoyent, mais si tost qu'ils Et ; À au ee sa nous visrent ils se misrent en fuite, faisans
: signe qu'ils estoyent venus pour traffiquer . auec nous, monstrans des peaux de peu de Fee valeur, dont ils se vestent. Semblablement . nous leur faisions signe que ne leur voua hons point de mal, et en signe de ce deux des nostres descendirent en terre pouraller . vers eux, et leur porter cousteaux et autres . ferremens auec un chappeau rouge pour 17 donner à leur Cappitaine. Quoy voyans | 2 descendirent aussi à terre portans de ces ai peaux, et commencerent à traftiquer avec nous, monstrans vne grande ct merueilleuse allegresse d’auoir de ces ferremens et = autres choses, dansans touiours et faisans les plusieurs ceremonies, et entre autres ils se “ iettoyent de l'eau de mer sur leur teste dl auec les mains. Si bien qu'ils nous donnene rent tout ce qu'ils auoyent ne retenans rien, de sorte qu'ils leur fallut s'en retource ner tous nuds, et nous firent signes qu'ils fe retourneroyent le lendemain et qu'ils ap-
porteroyent d'autres peaux.
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Comme apres que les nostres curent en uoyé deux hommes on terre auce des marchandises, rintdrent rois cons saut uages on grande tove, de la qualité de ce pays, de ce qu'il produit, dit golfe et de sa chaleur.
Le leudv vu, du mois parce que le vent n'estoit bon pour sortir hors anee nos Na uires, appareilasmes nos barques pour aller descouurir ee uolte, CE COUFUSMICS CN CC our vingt-cinq lieues dans iceluy. Le ten demain avans bon temps natigasmes tus ques à nudv, auquel temps nous cusmes cognoissance d'vne grande partie de cc uolte, et comme sur Îles terres basses 1 y auoit d'autres terres auec hautes monta gnes. Mas vovans qu'il nv auoit point de pPassaue COMIMENCASMES a retourner faisans nostre chemin le ons de ceste COSIC, et nauigans vismes des sauuages qui estovent sur le bord d'én lac qui est sur les terres basses, lesquels sauuascs faisoyent plusieurs feux. Nous allasmes là et trouuasmes qu'il v auoit vn canal de mer qui
nt en CC des IS Sd lité de ‘olfe el
le vent os Na:
our al- S CI CC FC leon CS US SUSMMICS de CC es 1 y nonta Oint de er fai- COSIC,
LUI CSsur Îles sOycent
trouer qui
entroit en ce Lac, et mismes nos barques en Fvn des bords de ce canal, 1es sauvages Sapprocherent de nous auec vne de leurs barques ct nous apporterent des pieces de Loups-marims cuites, lesquelles 11 misrent sur des boises, et puis se retirerent nous donnans à entendre qu'ils nous les don
noyent, Nous cnuoyasmes des hommics en terre aucc des mitaincs, couteaux, cha
pelets et autre marchandises, desquell:s choses 118 Se resiouyrent infiniment, ct aussi tost vindrent tout à Coup au riuage OÙ nous estions auec leurs barques appor
tans peaux ct autres choses qu'ils auoyent pour auoir de nos marchandises, et estoyent plus de trois cens tant hommes que femmes etenfans. Etvoyons une partie des femmes quine passerent, lesquelles estoyent IUSques aux genoux dans la mer, sautans et chantans. Les autres qui auoyent passé là où nous cstions venoyent priuément à nous frotans leurs bras aucc leurs mains, et apres les haussoyent vers le ciel sautans et rendans plusicurs signes de resioussance, cet tellement S'asseurerent auec nous qu'enfin ils traffiquoyent de main à main
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de tout ce qu'ils auoyent, en sorte qu'il ne leur resia autre chose que le corps tout nud, parce qu'ils donnerent tout ce qu'ils auoyent qui estoit chose de peu de valeur.
Nous cogneusmes que ceste gent se pourroit aisément conuertir à nostre foy, ils vont de licu en autre, viuans de la pesche, leur pays est plus chaud que n'est l'Espagne, et le plus beau qu'il est possible de voir, tout esgal et vny, ct n'y a lieu si petit où il n'y ait des arbres combien que ce soyent sablons, et où 1l n’y ait du froment sauuage qui a l'espy comme le seigle et le grain comme de l'auoine, et des poids aussi espais comme s'ils auoyent esté semez et cultiuez, du raisin blanc et rouge auec la fleur blanche dessus, des fraises, meures, roses rouges et blanches, et autres fleurs de plaisante douce et agreable odeur. Aussi il y a là beaucoup de belles prairies, et bonnes herbes et lacs où il y a grande abondance de Saumons. Ils appellent vne mittaine en leur langue Cochi, et vn couteau Bacon. Nous appellasmes ce golfe, golfe de la chaleur.
uil ne s tout qu'ils aleur.
poury, ils esche, Espale de 1 petit ue ce ment et le poids 6 seouge ises, t auable elles Dù il Ils Copel-
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D'yne autre nation de sauuages, de leurs coustumnes et de la maniere tant de leur viure que du vestement.
Esraxs certains qu'il n'y auoit aucun passage par ce golfe fismes velle, et partismes de ce lieu de S. Martin le Dimanche
de luillet pour descouvrir outre ce ar et allasmes vers Est le long de ceste coste viron xvij. lieuës iusques au Cap du Pré, où nous trouuasmes le flot tres-grand et fort peu de fond, la mer courroucee et tempestueuse, et pource il nous fallust retirer à terre entre le Cap susdit et vne Isle vers Est à viron vne lieuë de ce Cap; et là nous mouillasmes l'ancre pour icelle nuict.
Le lendemain matin fismes velle en intention de circuir ceste coste, laquelle est situec vers le Nord et Nordest, mais vn vent suruint si contraire et impetueux qu'il nous fut necessaire retourner au lieu d’où nous estions partis, et là y demeurasmes tout ce iour iusques au lendemain que nous fismes velle, et vinsmes au milieu d'un fleuue esloigné cinq ou six lieuëés du
ES Pen à agen ma a à
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Cap du Pré, et estans au trauers du fleuue eusmes derechef le vent contraire auec vn grand brouillas et obscurité, tellement qu'il nous fallut entrer en ce fleuue le Mardy xiij. du mois, et nous y arrestasmes à l’entree iusques au saiziéme attendans le bon temps pour pouuoir sortir.
Mais en ce xvi. iour qui estoit le Ieudy, le vent creut en telle sorte qu'vne de nos Nauires perdit vne ancre, et pource nous fut besoin passer plus outre en ce fleuue quelque sept ou huit lieuës pour gaigner vn bon port où il y eust bon fond, lequel nous auions esté descouurir auec nos barques, et pour le mauuais temps, tempeste et obscurité qu'il fit demeurasmes en ce port iusques au xxv.sans pouuoir sortir. Cependant nous vismes vne grande multitude d’hommes sauuages qui peschoyent des tombes, desquels y a grande quantité, ils estoyent enuiron quelque quarante barques, et tant en hommes, femmes, qu'enfants, plus de deux cens, lesquels apres qu'ils eurent quelque peu conuersé en terre auec nous, venoyent priuement au bd de nos Nauires auec leurs barques. Nous leur don-
fleuue uec vn lement uue Île restas- attensortir.
udy, le os Naous fut e quelner vn el nous irques, et obsort iusendant ’hommbes, stoyent et tant lus de eurent
nous, os Nair don-
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nions des couteaux, chappelets de verre, peignes, et autres choses de peu de valeur dont ils se resiouyssoyent infiniment leuant les mains au ciel, chantans et dansans dans leurs barques. Ceux-cy peuuent estre vrayement appellez sauuages d'autant qu'il ne se peut trouuer gent plus pauure au monde, et croy que tous ensemble n'eussent peu auoir la valeur de cinq sols excepté leurs barques et rhets. Ils n’ont qu'vne petite peau pour tout vestement, auec laquelle ils couurent les parties honteuses du corps auec quelques autres vieilles peaux dont ils se vestent à la mode des Ægypuens. Ils n'ont ny la nature ny le langage des premiers que nous auions trouuez. Ils portent la teste entierement rase horsmis vn floquet de cheueux au plus haut de la teste, lequel ils laissent croistre long comme vne queue de cheual qu'ils lent sur la teste auec des esguillettes de cuir. Ils n'ont autre demeure que dessous ces barques lesquelles ils renuersent et s'estendent sous icelles sur la terre sans aucune couuerture. Ils mangent la chair presque crüe et la chauffent seullement le
ne Aer. pie RÉ R om. ‘ Es
4 DISCOVRS moins du monde sur les charhons, Île mesme est du poisson. Nous allasmes Île tour de la Magdaleine aucc nos barques au lieu où ils estoyent sur le bord du fleuue, et descendismes librement au miheu d'eux, dont 1ls se restouvrent beau:
coup, et tous les hommes se misrent à chanter et danser en deux ou trois bandes, faisans grands signes de ioye pour nostre venuë. Ils auoyent fait fuir les ieunes fem mes dans le bois horsmis deux ou trois qui estoyent restées atiec cux, à chacune desquelles donnassent vn peigne, et vne clochette d'estain, dont ils se resiouyrent beaucoup, remercians Le Capitaine et luy frottans les bras et la poitrine auec leurs propres mains. Les hommes voyans que nous aulons fait quelques presens à celles qui estovent restecs, firent venir celies qui sestovent relugices au bois, afin qu'ils cussent quelque chose comme les autres, elles estoyent enuiron vingt femmes lesquelles toutes en vn monceau se mirent sur ce Capitaine, le touchans et frottans auec les mains selon leur coustume de caresser, et donna à chacune d'icelle vne cla-
ns, Île mes le arques rd du au mibeaurent à andes, nostre s fem - DIS qui ec desic clo- 1yrent et luy leurs S que celles :S qui qu'ils tres, s lesrent ttans é Cü- > clo-
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chette d’estain de peu de valeur, et incontinent commencerent à danser ensemble disans plusieurs chansons. Nous trouvasmes là grande quantité de tombes qu'ils auoyent prises sur le riuage aucec certaines rhets faites expres pour pescher, d'vn fil de chanure qui croit en ce pays où ils font leur demeure ordinaire, pource qu'ils ne se mettent en mer qu'au temps qui est bon pour pescher, comme ray entendu. Semblablement croit aussi en ce pays du mil gros comme poids, pareil à celui qui croit au Bresil dont ils mangent au lieu de pain, et en auoyent abondance, et l'appellent enleurlanguc Kapaige.Hsontaussides prunes qu'ils sechent comme nous faisons pour lPHyuer et les appellent /onesta, mesmes ont des figues, noix, pommes et autres fruits, et des febues qu'ils nomment Sahu, Les noix Caheya, Les figues,
Les pommes ” Si on leur monstroit quelque chose qu'ils n'ont point et qu'ils ne pouuoyent sçavoir que c'estoit branlans la teste, ils disoyent Nohda, qui est a dire qu'ils n'en ont point, et ne sçauent que c'est. IIS nous monstroyent par signes le
ET er a pa, sh —. + rasé —
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moyen d’accoustrer les choses qu'iis ont et comme ils ont coustume de croistre. Ils ne mangent aucune chose qui soit salee, et sont grands larrons, et desrobent tout ce qu'ils peuuent.
Comme les nostres planterent une grande Croix sur la pointe de l'entree du port, et comme le Capitaine de ces sauuages estant en fin appaisé par vn long pourparler auec nostre Capitaine, accorda que deux de ses enfans allassent auec luy.
LE xxiij. du mois fismes faire vne croix haute de trente pieds, et fut faite en la presence de plusieurs d'iceux sur la pointe de l'entree de ce port, au milieu de laquelle mismes vn escusson relevé auec trois fleurs-de-Lys, et dessus estoit escrit en grosses Îcttres entaillees dans du bois, Vive LE Roy DE France. En apres la plantasmes en leur présence sus ladite pointe, et la regardoyent fort, tant lors qu'on la faisoit que quand on la plantoit.
Et l'ayans leuee en haut, nous nous agenoüillions tous ayant les mains iointes,
ont et e. Ils salee, t tout
rande port, 1ages pourorda
auec
Croix prete de uelle trois t en OÏS , s la dite lors toit.
age-
tes,
DISCOVRS ch
l'adorans à leur veuë, et leur faisions signe regardans et montrans le ciel, que d'icelle deppendoit nostre reaemption de laquelle chose ils s'esmerueillerent beaucoup, se tournans entr'eux , puis regardans ceste croix. Mais estans retournez en nos Nauires, leur capitaine vint auec vre barque à nous vestu d'une vieille peau d'Ours noir auecses trois filset vnsien frere, lesquels ne s'approcherent si pres du bord comme ils auoyent accoustumé, et y fit vne longue harengue monstrant ceste croix, et faisans le signe d'icelleavec deux doigts. Puis 1l monstroit toute la terre des environs, comme s'il eust voulu dire qu'elle estoit toute à luy, et que nous n'y devions planter ceste croix sans son congé. Sa harangue finie nous luy monstrasmes vne mittaine feignans de luy vouloir donner en eschange de sa peau, à quoy il prit garde et ainsi peu à peu s'accosta du bord de nos Nauires; mais vn de nos compagnons qui estoit dans le bateau, mist la main sur sa barque, et à l'instant suuta dedans avec deux ou trois, et le contraignirent aussi tost d'entrer en nos Nauires, dont ils furent tous estonnez. Mais
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le Capitaine les asseura qu'ils n'auroyent aucun mal, leur monstrant grand signe d'anutié les faisant boire et manger aucec bon accueil, En apres leur donna-on à entendre par signes que ceste croix estoit là plantee, pour donner quelque marque et CONNOISSANCC pour pouuoir entrer en ce port, et que nous y voulions retourner en bref et qu'apporterions des ferremens et autres choses, et que desirions mener auec nous deux de ses fils, et qu'en apres nous retournerions en ce port. Et ainst nous fismes vestir à ses fils à chacun vne chemise, vn sayon de couleur, et vne toque rouge, leur mettans ausst à chacun vne chaisne de laton au col dont ils se contenterent fort, et donnerent leurs vieux habits à ceux qui s'en retournoyent. Puis fismes present d'vne mittaine à chacun des trois que nous renuoyames et de quelques couteaux, ce qui leur apporta grande 1oye.
Iceux estant retournez à terre, ct ayans raconté les nouuelles aux autres enuiron sur le nidy vindrent à nos Nauires six de leurs barques ayans chacune cinq où six hommes qui venoyent dire adieu à ceux
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