‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 11 sur 49 · S8 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

S8 DÉCEMBRE

Kn 1742, mourut à Treuton, dans le New-Jersey, une dame Sarah Furmau, âgée de quatre-vingt-dix-sept ans. laissant cinq enfants, soîxante-et-nn petits-enfants, cent quatre-Wngt-deux arrière-pelits-enfants, et douze enfants issus d'arrière petits-enfants, tous vivants à l'heure de son décès.

En 1739, mourut à South Kingston une dame Maria Hazard dans sa centième année. Elle a pu compter de son vivant cinq cents enfants, petits-enfants, arrièrepetits-enfants et enfants issus de ces derniers. Â sa mort, deux cent cinq de ses descendants vivaient encore et une de ses petites-filles était grand'mère depuis près de quinze ans.

Comme on le voit, le souhait que la liturgie met dans la bouche dn ministre du culte à l'adresse des nouveaux mariés, "Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob soit avec vous, et qu'il répande en vous sa bénédiction, aSu que vous voyiez les enfants de vos enfante jusqu'à la troisième et la quatrième génération," s'accomplissait â la lettre dajs ces temps de vie patriarcale.

Des études de mœurs, le savant naturaliste passe à celle des insectes sans aucune transition, suivant sa coutume.

Les sauterelles (Locustes) (1) faisaient irruption tous les dix-sept ans. Elles sortaient de terre au milieu de Mai et endommageaient les arbres en dévorant l'épiderme des jeunes branches avec leurs fortes mandibules dentées, et non, comme le prétend Ealm, en le piquant avec un aiguillon abdominal dont il les gratifie à tort. Cependant, la femelle est manie, â son extrémité posté-

(l)Gryllusinigra(orius lorlhopters), M.

NBW-JBRSBT.—BACCOON. 89

neore, d'ane sorte de tarière qu'elle peut tirer on retirer à volonté, et avec laquelle elle perce la terre à la fin de l'autoDuie pour y déposer ses œufs, après quoi elle meurt.

La larve de la phalène (genre d'insectes lépidoptères de la iamille des nocturnes) faisait de grands ravages dans les forêts en dévorant les feuilles des arbres.

Kalm mentionne ensuite une espèce de ver, grass' worm, qni causait beaucoup de dommages. C'était peutêtre la larve du hanneton, MeloUmiha vulgaris {Coléoptères), vrai fléau des jardins, des vergers et des champs, on celle de la piéride des choux, Pieris Brassicae (Lépidoptères).

Heureusement, ces trois espèces d'insectes nuisibles ne parussaient pas en même temps ; les sauterelles venaient la première année, les chenilles ta seconde et les vers ou larveci, la troisième.

Lt^s mites, iinea veslianella (1), étaient aQssi très abondantes et très redoutées des fourreurs, des chapeliers, ainsi que des ménagères.

Parlant des puces, putex irrilans (2), Kalm dît qu'il n'y 8 pas de doute qu'un grand nombre de ces parasites ont été apportés sur le continent par les immigrants. Ma'^8 il prétend qu'il faut les ranger au nombre des insectes indigènes, parce qu'il eu a trouvé sur la peau d'écureuils gris et de lièvres tués dans des déserts où faucune créature humaine n'avait jamais vécu. " Combiftn de fois," dit-il, "obligé de demander l'hospitalité à des Indiens durant mes voyages, et de coucher sons leurs huttes, m'est-il arrivé d'être tourmenté par ces insectes, au point de rêver que j'étais entre les -mains da bourreau, subissant la torture 1 "

(t) LepidopUra. M. y

{ÎJ Apkaiiptcra. M.

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