DÉCEMBRE
d'autres, tels qae la nysse, le tnlipier et le liquidambar. Le DO^Rr n'est pas de longue dnrée ainsi qne le chêne blanc ; celui-ci cependant a plus de vitalité que le chêne noir.
Les menuisiers employaient de préférence le noyer noir, le cerisier sauvage, le sapin et le cèdre blanc. L'érable rouge à fibres ondulées était très recherché par les ébénistes. Les chevilles et les tampons employés dans la construction des navires étaient faits de bois de mûrier ; les treuils de roues de montins, de chêne blanc ; les allnchous ou dents de roues d'engrenage et les poulies, de noyer.
Le IB Décembre, Kalm s'en retourna à Baccoon ; chemin faisant, il remarqua sur des chênes, des érables ronges et des frênes, des loupes ou excroissances dont quelques-unes de la grosseur d'une tête d'homme. Ces tnmeurs ou gibbosités sont causées par les insectes qui déposent leurs œufs sous l'écorce des arbres après l'avoir trouée. Le travail d'éclosion des vers fait extravaser la sève qui se condense graduellement jusqu'à former des loupes. Les arbres à feuilles persistantes ne sont pas sujets à cette difformité. Aatrefois, les colons, à l'exemple des paysans russes, se fabriquaient des bols et d'autres ustensiles de ménage avec ces bosses.
Les chemins étaient fort mal entretenues dans la province du New-Jersey. Il n'y avait pas de ponts sur les ruisseaux qui coupaient la route et on les traversait comme on pouvait, au risque de se noyer aux eaux hautes. Un arbre tombait-il en travers de la voie, personne ne se donnait la peine de le relever ; on se contentait de faire un détour pour l'éviter.
Les mariages étaient annoncés par la publication des bans, à moins qu'on n'en obtînt du gouverneur une dispense qui coûtait vingt-cinq oheline.
ITEW-JERSET.— EACCOOK. 93
Dane le MarylarCd, quand nn ministre mariait an couple qui loi paraissait peu doué des dons de la fortnne, il s'arrêtait au beau milieu dé la cérémonie pour demander ses honoraires, et si l'époURear ne s'exécutait pas de bonne grâce ou demandait du délai, le pasteur refusait de prononcer le conjungo.
Le ministre ne pouvait marier des mineurs sans le consentement des parents, ni des engagés sans le consentement de leurs maîtres, sons peine d'une ameâde de JËSO.
Le pasteur qui donnait la bénédiction nuptiale à un couple formé d'an noir et d'une blanche on vice versa était passible d'une amende de <£100 et de déposition.
Kalm rapporte une coutume singuliâre qni s'était établie dans cette partie des colonies anglaises. Une veuve trop pauvre pour payer les dettes laissées par son mari à son décès trouvait<elle à se remarier, malgré sou dénûment, elle était libre de convoler, mais & la condition de ne porter pour robe de noce que sa chemise. La dame s'étant dépouillée de tout, même de ses bardes, les créanciers du défunt n'avaient plus rien à réclamer. Les registres font foi de l'existence d'un semblable usage. Kalm rapporte un fait de cette nature dont il a lu le récit dans un journal.
" Une femme," dit-il, " sortit nn matin de la maison de sou mari décédé pour se rendre à celte de son futur. Elle n'avait que sa chemise pour tout vêtement. Mais à mi-chemin son fiancé l'attendait avec une belle robe toute neuve, dont il lui couvrit les épaules en prenant tous ceux qni étaient présents à témoin qu'il faisait un prêt de cet ajustement à sa prétendue et non un cadeau. Après quoi, le couple se rendit à l'Eglise, sans avoir à redouter l'avidité des créanciers du premier mari."
94 SËCEHBBX 1748.
Le savant voyageur cite quelques observations qui donnent de la probabilité i l'opinion qne dès longtemps avant le lâe siècle, des Européens sont venus en Âmériqne et y ont fondé des établissement^. Il est certain que les Suédois, qui se fixèrent au 17e siècle sur les bords do la Delaware, trouvèrent dans la terre, à la profondeur d'environ vingt-hnit pieds, des puits entourés de mura. Evidemment, cos puits forent l'ouvrage d'hommes civilisés, car les Indiens ne savaient pas faire de la brique; ils n'en connaissaient pas même l'usage. Mais s'il y a eu des établissements avant la découverte de Christophe Colomb, que sont-ils devenus ? Leurs habitants ontils été massacrés par les Indiens, ou bien ces hardis aventuriers ont-ils fini par adopter les mœurs et les coutumes des sauvE^es, et se confondre avec les aborigènes ? Kalm penche pour cette dcrnièri! hypothèse. N'avait-il pas l'exemple de ses compatriotes suédois de la Fensylvanie. que les Anglais trouvèrent dans un état de demibarbarie en 1682. " Et ne voyons-nous pas tous les jours," dit-il, " des Européens d'origine française, anglaise, allemande, hollandaise, qui, après avoir vécu pendant plusienrs années successives au milieu des Indiens, eu sont arrivés à leur ressembler tellement par leurs manières et leur tournure d'esprit, qu'on ne peut plus les en distinguer que par la différence de couleur."
De remèdes contre les maux de dents, l'auteur dît qu'on en comptait autant qu'il y a de jours dans l'année.
Si la dotdear provenait d'une dent cariée, on y introduisait du coton imprégné de nicotine, extrait tout brûlant du fond d'une pipe bourrée de tabac fumé à grùsaos bonff'ées.
Les Iroquois avaient enseigné aux colons un remèdeexcellent, composé de capsules de l'anémone de Virginie trempées dans de l'eau-de-vie.