TRADUCTION
VOYAGES
PIERRE KALM
L'AMERIQUE SEPTENTRIONALE
AU FORT ST FRÉDÉRIC, 1er Juillet 1749.
Dès Tantore notiB étions en route, mais nous ne retrouvâmes notre chemin qu'après avoir fait force rames pendant quelque temps. Nous passions à travers un pays d<îs plus pauvres et d'aspect misérable. Rien ne s'offrait à la vue, qu'une rangée de hantes montagnes escarpées, couvertes de bois et aux flancs boueux. C'est à peine si nous pûmes trouver un endroit où débarquer à pied sec, pour y faire cuire notre diner.
Les terrains bas, inondés, me rappellent nos marais de Suède, dont le dessèchement est projeté ; let Hollandais d'Albany donnent à ce pays le nom da De Verdrimicene landen (les terrée submergées). Des montagnes s'étendant du S.S.O, au N.N.E. viennent finir en pente abrupte à la rivière dont elles forment la berge, et dont le cours, sur une ligne non interrompue de quelques railles, prend la direction du sud au nord. Ces hauteurs sont couvertes de pierres de différentes grandeurs.
ii JUILLET 1749.
Toute la journée il fit un fort vent du nord, et nous n'avançâmes qu'avec difficulté ; nous nagions ferme cependant, aiguillonnés que nous étions par la faim, ayant épu^O tontes nos provisions au déjeuner. La rivière en plusieurs endroits a nne largeur d'un mille anglais ; en d'autres, son Ut se rétrécit pour s'i^randirde nouveau plus loin, mais en somme c'est un fleuve imposant, et son cours emprunte de la majesté aux hautes montf^es qui 1 , bordent de chaque côté.
Vers six heures du soir, nous touchâmes à une pointe de terre, distante du Fort St Frédéric d'environ douze milles anglnis, et derrière laquelle la rivière forme une baie spacieuse. Le vent du nord continuait à soufllor avec violence, et nous étions épuisés, de sorte que nous fûmes contraints de faire halte en cet endroit, et même d'y passer la nuit, en dépit des proteKtaliona de nos estomacs affamés,
- Dieu nous fit une grande grùce en mettant sur notre chemin les Français dont j'ai parlé plus haut, et qui nous prêtèrent un de leurs canots d'écorce. Il n'arrive pas une fois dans trois ans, que les Français prennent cette rouie pour aller à Albany; ordinairement, ils passent par le lac Si Sacrement, ou lac G-eorges, comme les Anglais l'appellent, qui est la voie la plus courte et la meilleure. Pourquoi donc avaient-ils choisi le chemin le plus long et le plus fatiguant, si ce n'est par un coup du ciel qui nous ménageait un secours dans notre détresse ? En effet, sans leur grande et forte embarcation, nous aurions été obligés de continuer notre voyage dans celle que nous avions constraite nous-mêmes, et très probablement *il nous serait arrivé quelqu'accident 14* cheux. Nous n'aurions pu, sans témérité, nous aventurer SUT la grande baie, par le moindre vent, dans nn si
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frêle esquif ; d'an autre côté, attendre le calme, c'était nous exposer à sonffrir de la faim. Sans armes à feu dans des déserts où, d'ailleurs, le gibier est rare, il noua aurait fidlu nous nourrir de grenouilles et de serpenta, qui pullulent dans ces parages. Aussi je ne pense jamais à ce Toyage sans rendre grâces, du fond de mon cœur, à la divine Frovidence.
De bonne heure ce matin, par un beau clair de lune et nn temps calme, noas nous remimes en route avec h&te et en nageant vigoureusement, de peur qu'un vent défavorable ne vint à s'élever ; et nous arrivâmes heureusement vers huit heures de l'avant-midiau Fort St Frédéric, que les Anglais appellent Orown Point (1).
M. Lnsiguan (2), le gouverneur, nous reçut trâs poliment. C'est un homme de cinquante ans environ, bien versé dans la littérature, et oui, grâce à de nombreux voyages qu'il a faits dans ce pays, a acquis beaucoup de notions exactes sar nombre de sujets utiles et întéres-
(l| Poinle-iL-la-Clievelure. Crown Poinl est aujourd'hui une petite ville, (luni le comté d'Essex, état de New York, sur le lac Ghamplain. à douze milles au nord de Ticonderaga, et SS milles au nord d'Albany; lat. 41° 3iD. N. ;lon. 72° 29m. O. Le Tort, maintenant en ruines, osi situé au-delà de la p.irtie nord'OSt de la ville, sur une pointe de terre qui se projette A quelque dislance dans te lac, et qui a une hauteur do 47 pieds au-dessus du niveau de l'eau. C'était une TortlOcation étendue ctréguliâre de 1,500 verjjes carrées, entourée d'un fossé large et prorond, taillé dans le roc au prix d'un immense labeur. Leamurs,enboiset en terre, avaient 22 pieds d'épaisseur sur 16 de hauteur.
Ticonderaga — Carillon — autre petite ville du même comté d'Esse.t, itans le voisinage de laquelle on voit les ruines d'une ancienne forteresse, aussi Iras célèbre dans les annales de la guerre entre la France et l'ADglelorie, et de celle de l'Indépendance. C'est lï que Montcalm gagna la bataille de Carillon. (U.)
(2) Voir la noie A, à Irf Hn du volume.
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Il a régné une grande sécheresse ici pendant tout l'été ; on dit même qu'il n'y est pas tombé de pluie depuis le printemps. Une chaleur excessive a retardé la végétation, et l'herbe a séché sur les côteanz. Des arbres rabougrrs, qui oat poussé à grand'peine entre les rochers, laissent pendre tristement leurs feuilles jaunies et brûlées par le soleil, et les moissona ont une chétive apparence. Le blé n'a pas épié, et les pois ne sont pas encore en flenrs. La terre est sillonnée de crevasses larges et profondes où se réfugient, comme dans un asile impénétrable, les petits serpents, quand on leur donne la chasse.
Le pays d'alentour contient de grandes forêts composées presqu' entièrement de toutes les essences de sapins — blanches, noires et ronges ; — autrefois elles étaient encore bien plus étendnes, mais elles sont ravagées tons les ans par de terribles incendies, causés par la négligence des Indiens, qui allument souvent de grands feax dans leurs parties de diasse, ^sans se préoccuper des dégftts que l'élément (Kstructeur peut faire, par un temps de sécheresse, dans ces contrées couvertes d'arbres résineux.
Il se déploie ici un grand zèle pour l'avancement de l'Histoire Naturelle ; il y a même pen de pays où l'on fasse d'aussi bons règlements, dans le but de généraliser les observations, et tout cela est dû, au moins en grande partie, à l'initiative et aux soins d'un seul homme. Une science utile progresse facilement chez un peuple, lorsqu'elle y a pour patrons, les personnages les plus éminents. Le gouverneur du Fort m'a passé un long mémoire que le gonvernenr-genéral du Canada, le Marquis de la G-alissonnîère, lui avait envoyé. C'est ce même marquis, qui, devenu amiral quelques années pins tard, engagea avec la flotte anglaise, commandée par l'infortané
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Byug, une bataille dont le résultat fut la conquête de Miuorque par la France (1). L'écrit en question était une liste des arbres et des plantes de l'Amérique du Nord qui méritent les honneurs de la collection et de la caltnre à pause de leurs propriétés utiles. La liste contenait même la description de quelques espaces, entre autres du Polygala Senega, ou Racine aux serpents ù formelles, (Folygalées) (2) et une mention des lieux où elles croissent. On conseille fortement dans ce même document de recueillir avec soin toutes sortes de graines et de racines, et pour faciliter l'opération, on va jusqu'à décrire la manière de les conserver pour qu'elles puissent arriver en bon état à Paris. On y demande des échantillons de tous les minéraux, et une liste y est donnée de toutes les localités dans la Colonie Française où l'on a trouve quelque pierre ou minerai utile ou digne de remarque. La manière de faire des observations et des collections de curiosités dans le règne animal y est aussi enseignée. Â ces recommandations, on ajoute celle de s'enquérir, par tons Iss moyens possibles, de l'nsage que les Indiens font de certaines productions de la nature, plantes on miuérauic.
Cet intéressant écrit a été rédigé sur l'ordre du marquis de la G-alissonnière, par M. Gaultier (3), médo-
(I) VoirlaDOleB, àJano.
(f) Seneka — Polygalo dij Virginie. M. l'abbé Provanclior, dans sa Flore Canadienne, attribue le nom vulgaire de Ralllt-snatte root k la Prénanthe blanche, P. alba h. — Nabalus allia{Ch\coriLcées), et il ajoute; " LesPrénanthes sont comme les laitroos des plantes sans intèrât, rangées parmi les iilanlosnuidbles."
En parlant des polygalas, le [mAmo auteur dit qu'ils peuvent flgurer avec avantage dans nos jardins. "Leur principe amer en lait dos to- " niques, et à ferles doses Us sont violemment purgatifs." (U.)
(3) Voir la note C à la Qn.
cin du roi à Qaébec, corrigé ensuite par le marquis laimême, et annoté de sa propre main. Il en a commandé plusieurs copies qu'il a fait envoyer aux officiers dos différents forts, et aux savants qui voyagent dans le pays. L'écrit se termine par une injonction aux officiers de transmettre an gonVterneur'général les noms des simples soldate qui auront apporté le plus de diligence dans la découverte et la collection des plantes et autres curiosités naturelles, attendu que son excellence se propose, lorsque l'occasion s'en présentera, de leur donner de l'avancement, suivant leurs capacités respectives, ou de les récompenser d'une manière quelconque (1). J'ai trouvé que les gens de distinction, en général, ici, ont bien plus de goût pour l'Histoire Naturelle et les lettres que dans les colonies anglaises, où l'nnique préoccupation de chacun semble être de taire une fortune rapide, tandis que les sciences sont tenues dajis un mépris univerBel(2).
(1) Ces inslructioRs ne paraissent pas avoir été cooservèes dans nos archives. Cependant il n'est pas impossible d'en découvrir quelques exemplaires dans les papiers des olliciers de l'époque.
(2) Cotte assertion de Kaira n'est pas du goût du traducteur anglais, quîB'emprease de donner libre cours à sa potnofïgue indignation dans la note suivante, qu'on lira avec intèrfil :
"Il semble que U. Kalm a oublié ce qu'il a dit dans la première partie do son ouvrage. Les docteurs Colden, Franklin et H. Bartram bntélA des promoteurs zélés des sciences naturolles dans ce pays ; et commoal leahabitanlsdela vieille Angleterre se sont-ils procuré ces belles colioctiens d'arbres de l'Amérique du Nord, d'arbustes et de plantas qui croissent i présent dans presque tous les jardins et semblent s'être nalura'.iaésdans lavieille Angleterre^^i cen'est par l'entreiniBa de leurs amis et des chercheurs inraligablei de l'Amérique du Nord ? U sulDl de jeter uncoupd'ceil sur la nouvelle édition du 5i/Jl*tne du Dr, Linné, oii le nom du Dr. Garden est si souvent répète, pour se convaincre que les anglais, en Amérique, ont plus contribué au progrès de l'Histoire Naturelle qu'aucune autre nation bous Io firmament, et certainement plus que les Français, bien que leurs savants soient généreusement pensionnés par leur grand Monarque; les anglais, eux, étudient cette science à cansc
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Oa reprochait aussi, dans l'écrit pins haut cité, à ceui qnis'adonnent à l'étude de l'Histoire Naturelle de ne pas rechercher suffisamment les propriétés médicinales des plantes du Canada.
Les Français natifs de France jouissent, à ce que l'on dit, d'une meilleure santé en Canada que dans leur propre pays, et atteignent un âge plus avancé que les Français nés dans la colonie. On m'a également assuré que les Français d'Europe peuvent faire plus d'ouvrage, et entreprendre, en hiver, sans nuire à leur santé, des voyages plus fréquents que les Français qui sont nés an Canada.
La hèvre intermittente, par laquelle tont européen passe à son arrivée en Pensylvanie, comme par une épreuve nécessaire pour l'accoutumer à l'état habituel de l'atmosphère, n'est pas connue ici, et les étrangers s'acclimatent de suite. Les Anglais ont souvent remai> que que les Américains, nés de parents européens, ne peuvent supporter aussi facilement les voyages par mer que ceux qui sont nés en Europe ; ils ne peuvent non plus parcourir, avec la même impunité, les différentes contrées de l'Amérique du Sud. Les Français natifs du Canada ont la même constitution, et ceux: d'entre en,y qui vont dans les îles des Indes Occidentales, à la Mar* Unique, à St Domingue, et y restent quelque temps,
desonuiililé et pour le plaisir qu'elle donne à (m être [>ensant, sans f>Mcun de ces motiTs mercenaires qui aoinieDt lus savants du continent. El dans les autres parties de la littérature, loa Anglais en Ani. . .que sont indubitablement supérieurs aux Fran<;ais du Canada, téniùin lo grand nombre d'institutions utiles, de coliégps et d'écoles rondes dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, et plusieurs bibliothèques considérables maintenant en voie de création dans ce pays, et qui contiennent déjà un etioix de livres curieux et utiles, comme il y en avait peu lie cannuii en Canada avant qu'il tombât entre les mains des Anglais, sans compter les productions des écrivains nés en Amérique."
tombtint malades et meurent bientôt après, à moins qu'où ne les ramène an Canada. An contraire, les Français qoi partent directement de lear pays pour aller s'établir dans ces îles, s'acclimatent pins aisément, et y vivent très longtemps. C'est ce qu'on m'a assuré dans plusieurs parties du Canada.
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Fendant le dîner, nous entendîmes plusieurs fois dus clameurs sinistres qui paraissaient venir du côté de la rivière Woodcreek, à qnelque distance du fort. M. Lusignan, le gouverneur, n'augurait rien de bon de ces cris ; it eu tirait la conclusion que les Indiens, auxquels nous avions échappé près du Fort Anne, avaient accompli leur dessein de tuer un Anglais, pour venger la mort d'un de leurs frères. Me précipitant à la fenêtre, je vis leur bateau portant une longue perche à l'avant, surmontée d'un scalp sanglant. Aussitôt qu'ils eurent mis pied à terre, nous apprîmes que ces sauvages, au nombre de six, avaient continué leur voyage à partir de l'endroit où nous avions trouvé des indices d'une halte de nuit, jusqu'aux frontières anglaises. Là, apercevant un homme occupé avec son fils à engranger du grain, ils s'étaient glissés eu rampant jusqu'auprès du malheureux, et l'avaient massacré eu moins d'un instant. Ce meurtre fut commis tout près d'un village où les Anglais, deux ans auparavant, avaient tué le frère de l'un de ces Indiens, qui s'étaient rendus là pour les attaquer. Suivant leur usage, ils ont enlevé la chevelure du mort et l'ont apportée avec eux comme nu trophée, s'emparaut aussi de ses habits et de son fils, âgé d'environ neuf ans. A uu mille du Fort St Frédéric, ils ont fixé le scalp au bout d'une perche à l'avant de leur canot, et, pour célébrer leur victoire, ils se sont mis à
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ponsscr les hnrlemeuts que nous avions entendu/. Ils étaient habillés ea chemises, suivant leur coutame, mais tons s'Étaient partagé les habits du mort, s' adjugeant, l'un son surtout, l'autre, ses culottes, un troisième son chapeau. Leurs figures étaient peintes de vermillon, ainsi que leurs chemises, à la hauteur des épaules. La plupart' avaient de grands anneaux pendus aux oreilles et qui paraissaient les incommoder beaucoup, paicequ'ils étaient obligés de les tenir lorqu'ils sautaient ou faisaient quelque mouvement violent. D'autres portaient des ceintures faites de peaux de serpents à sonnettes, encore munies de leurs écailles sonores. L'enfant de l'hommo assassiné n'avait sur lui que sa chemise, sa culotte et sa casquette, et les sauvages lui avaient peint les épaules en rouge. Au débarquement, ils exécutèrent leur danse guerrière, accompagnée du chant de victoire, autour de la perche retirée du bateau et fichée en terre, toujours surmontée de eon trophée sanglant. Leur but en s'emparant de l'enfant était de l'adopter à la place de leur frère, tué par les Anglais ; ils se proposaient de l'emmener dans leur bourgade pour l'y élever comme l'un des leurs, et le marier ensuite avec l'une de leurs parentes. Bien qu'ils eussent commis cet acte de violence en temps de paix, contrairement aux ordres du gouverneur de Montréal, et aux avis de celui de St Frédéric, cependant ce dernier n'a pas osé, pour le moment, leur refuser des provisions, de peur do les exaspérer. Mais lorsqu'ils furent arrivés à Montréal, le gouverneur les punit de ce meurtre et leur enleva le petit garçon, qu'il renvoya ensuite à ses parents. M. Lusignan leur demanda s'ils m'auraient molesté, ainsi que mes compagnons, s'ils noua eussent rencontrés dans le désert. Ils réjjondirent que leur intention étant principalement de venger la mort de leur frère, sur les habitants du village anglais
OÙ ila?ait été taé, ils nous auraient laissés passer tran* qaillement notre chemin ; mais cela eût dépenda de leur hnmenr an moment de la rencontre. Le gonvernenr et toQB les Français pensent qne j'ai en bien du bonheur de ne pas m'être trouvé sur leur route.
Il y a qnelgnes années, on a découvert dans la partie du Canada qui est habitée par les Illinois, le squelette d'un animal d'une grandeur extraordinaire. Un des lieutenants du fort assure l'avoir vu. Il fut trouvé par des Indiens dans un marais'. La vue do ces ossements les jeta dans un grand ^tonnement et lorsqu'on leur demanda ce qu'ils croyaient que ce pût être, ils répondirent que c'était assurément le squelette du chef on du père de tous les castors. L'animal fossile était d'une grandeur prodigieuse et ses défenses blanches et très épaisses avaient une longueur d'environ dix ponces (1). On a cru reconnaître dans ces débrif<, le squelette d'un éléphant, et c'est l'opinion du lieutenant, qui affirme qu'on pouvait encore distinguer la forme de la trompe quoiqu'elle fut à moitié réduite en ponssiére. Il n'a pas remarqué, dans le temps, qu'on en eût enlevé aucune partie et il croit que le squelette git encore tout entier à l'endroit où il fut trouvé. J'ai entendu parler de cet animal fossile et de ses dimensions extraordinaires dans plusieurs parties du Canada (2).
Les ours sont nombreux dans les environs — et actuellement on en garde un petit âgé de trois mois, au fort. Il ressemble en tous points à nos ours
(1) Il y a évidemmenl erreur dam cette mesure. D'après la version hollandaise, les défenses de cet animal fossile avaient une demie-auna de
longueur. (M.]
{'2] Le pays dos Illinoiscst sur ia rivière (Jliio, près de l'endroiloti les anglais ont trouvé des ossements que l'on suppose Stre di<s os d'élephanls. [Sole au Ur volume de rédilion holiandaiie, j>. 60.)