‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 46 sur 49 · ENTRE TEOIS-RIVIERES ET MONTRÉAL · texte numérisé non relu

ENTRE TEOIS-RIVIERES ET MONTRÉAL

Ce vieillard croit que l'hiver était jadis bien pins froid qu'aujourd'hui, et que dans sa jeunesse il tombait une plos grande quantité de neige que maintenant. Il se sourient du temps où la gelée détruisait les citrouilles, les concombres, etc., au milieu de l'été, et il assure que cette saison est aujourd'hui plus chaude qu'autrefois. Il ajoute qu'il y a environ trente et quelques années, il ne peut particulariser davantage, l'hiver fat si rigoureux que beaucoup d'oiseaux périrent. Tout le monde admet que les étés de 1748 et 1749 ont été les plus tempérés que le Canada aient eus depuis des années.

On dit que le sol est fertile parce que le blé rapporte neuf ou dix grains pour un semé. Mais le vieillard assure que, dans son jeune temps, la terre neuve avait une teUe puissance de fécondité qu'elle rendait partout vingt-quatre grains pour un. On ne sème pas beaucoup de seigle ici, ni d'orge, sauf ce qu'il en faut pour la nourriture des animaux. Cependant, lorsque la récolte est mauvaise, on se rejiitte sur le pain d'orge, non sans rechigner un peu.

Ce matin, nous nous levâmes de bonne heure et nous poursuivîmes notre route. Après avoir fait environ deux milles français, nous entrâmes dans le lac St Pierre, que nous traversâmes. Je remarquai, se balançant à la surface des eaux, plusieurs plantes qui sont communes dans nos lacs de Suède. La g'iace qui recouvre le lac St Pierre est, dit-on, assez forte tous les hivers pour supporter le poids de cent chevaux pesamment chargés, marchant réunis en troupe serrée.

Sur les herbes que nous arrachâmes de temps à autre, nous avons constaté la présence d'une écrevisse ou

\m SEPTEMBRE 1749

homafd de rivière, ressemblant quelque peu n nn crabe, mais beancoap plus petite ; elle n'a guère plus de denx lignes géométriques de long, et sa grosseur est en proportion de sa longueur ; elle est de couleur blanc gris pftle.

La Fontêdérie à fenitlee cordiformes (1) croît en abondance sur les eûtes d'un canal long et étroit, formé par des îlots rapprochés les uns des autres ; je remarquai aussi des nénuphars blancs ou lis d'étang, (2) absolument semblables aux nôtres. Des cochons en grand nombre qni se sont aventurés dans cette espèce de détroit, à la recherche de racines dont ils font leurs délices, plongent à qui mieux mieux, afin de pouvoir les déterrer plus facilemant.

A la sortie du lac St Pierre, le regard se repose avec satisfaction sur nu paysage des plus ravissants. Les îles et la terre de chaqne côté du fleuve jusqu'à Montréal parussent comme une longue suite de jardins.

Devant chaque maison, il y a, retenu à la grève, un petit canot propre, bien construit, et de forme élégante. J'en ai vu un qni était fait d'écorce.

]5 Septembre.

Nous reprîmes notre course au lever du soleil. Mais comme nous avions à lutter contre le courant, nous fûmes contrainte de faire relâche plus d'une fois pour permettre à nos rameurs d'aller prendre un peu de repos sur le rivage.

{I) Ponltderia corJala. Linn : (Ponii>dériacées), Heurs ayualUiues aseei semblables aux Narcisses. (M.)

[1) A'ympltaeae. (Nymphéacées), p'anles aqiifcliqiips qui se AkcuI »u sol par un rhlzoïoe épais et féculent. (M,)

MONTRÉAI,. 199

II était quatre heures de l'après-midi quand nous arrivâmes à Montréal. Notre Toyage a été considéré comme très hearenx ; en effet, la violence dn coarant est telle qae ponr pea que nous eassiona en des vents contraires, nous aurions pu être retenus quatorze jours en route.

19 Septembre.

Plusieurs habitants de la ville ont fait venir des vignes de France et les ont plantées dana leurs jardins. Il y a deux sortes de raisins, l'un d'un vert pâle ou presque blanc, et l'autre rouge foncé.

Le premier produit le vin blanc et le second le vin rouge. En hiver, on recouvre les racines de fumier afin d'empêcher le froid de détruire les ceps. Les raisins commencent maintenant à mûrir, les blancs sont un peu plus précoces que les rouges. On n'en fait pas de vin ici, cela n'en vaudrait pas la peine, mais ou les passe en grappes an dessert. Il parait que les raisins dégénèrent en Canada.

Le melon d'eau (1) est beaucoup cultivé dans les colonies anglaises et françaises de l'Amérique. A peine y a-t-il un paysan qui n'ait son champ planté de pastèques. Dans le voisinage des villes, surtout, on s'efforce d'obtenir des produits en ce genre aussi nom* breux que possible ; 'les melons d'eau sont très rares dans la partie nord du Canada. Les Indiens en plantent de grandes quantités maintenant. Mais il est difficile de déterminer s'ils le faisaient autrefois. Un vieux sauvage Onidoe (des six nations Iroquoises) m'a assuré

(ij Cueurbita Cilrullus. I.inn, Pflslècjue, Samarha des Indfejis. (M.)

qae les Indions ne connaissaient pas les pastèqnee, avant rarrivée des Européens. Les Français, de leur odté, affirment qae les Indiens Illinois avaient ce fruit en abondance quand ils pénétrèrent dans leur pays pour la première fois et que ces aborigènes prétendirent en connaître la culture de temps immémorial. Il ne me souvient pas cependant d'avoir lu que les Européens qoi vinrent les premiers, en Amérique, aient fait mention du melon d'ean, en parlant de la nourriture des Indiens & cette époque. On peut juger de l'intensité de la chaleur, en été, dans ces parties de l'Amérique que j'ai parcourues quand on considère que, là, il n'est pas nécessaire de semer les graines de la pastèque dans des couches chaudes, pour en hâter la germination ; on les jette en pleine terre au printemps sans même se donner la peine de les recouvrir et le fruit mûrit à temps. Il y a deux espèces de melons d'eau, celle à pulpe rouge et celle à pulpe blanche. La première eet plus commune au sud, chez les Illinois et dans les colonies anglaises, la seconde est plas abondante en Canada. On en fait le semis an printemps, après que le froid est entièrement disparu, dans une terre bien riche en ayant le soin de mettre les graines à qnelqne distance les unes des autres ; parceque les tiges de cette plante s'étendent beaucoup et demandent d'autant plus de place qu'elles rapportent plus de fruits. Les melons d'eau sont mûrs maintenant à Montréal, mais dans les colonies anglaises ils viennent à maturité en juillet et août. Au reste, il leur faut moins de temps pour arriver à leur entier développement qu'an melon commun. Dans les colonies anglaises, ils ont généralement une saveur plus agréable qu'en Canada. Cette différence est peut-être due à ce que dans ces paya, il fait plus chaud qu'ici. Cependant les melons d'eau de la province de New-York sont réputés les meilleurs.

La chair sncrée et jateose de la postèqae en fait an aliment ansai agréable qae rftfr^cliiasant. Il n'y a pas d'exemple en Canada, à Âlbany on en d'antres parties de New York, d'indispositions causées par l'abus du melon d'ean ; même, les malades en mangent souvent. Cependant, plus an sud, on pense que ce fruit, pris arec excès, peut causer des fièvres intermittentes et d'autres incommodités, surtout aux personnes qui, d'ordinaire, n'eu font pas un grand usage. Plusieurs Français m'ont assuré que les natifs du Canada, qui vont aux Illinois, sont sujets à prendre la fièvre, lorsqu'ils se laissent aller à leur friandise pour les pastèques. C'est si bien le cas, que les Illinois conseillent aux Français de s'abstenir d'un fruit si dangereux pour eux. Ils sont eux-mêmes sujets a être attaqués par la fièvre quand ils se rafrw. chissent l'estomac trop souvent avec du melon d'eau. En Canada, ou garde ce fruit dans une chambre peu chaufiëe et ainsi on le conserve frais deux mois après sa maturité, mais il faut avoir soin que la gelée ne l'atteigne pas. Dans les plantations anglaises, on les garde pareillement dans des caves sèches pendant une partie de l'hiver. On prétend que le melon d'eau se consen'e supérieurement lorsqu' après l'avoir séparé avec précaution de la tige qui le portait, on en brale le pédoncule avec on fer chaud ; il parait qu'ensuite on le peut garder jusqu'à Noèl et même plus tard. En Pensylvanie, on dépose soigneusement les melons avec leurs tiges au fond de trous creusés dans de la terre sèche et sablonneuse et par ce moyen on les conserve très frais pendant une grande partie de l'hiver. C'est le petit nombre, au reste, qui se donne toute cette peine, pour avoir le plaisir de manger un fruit rafraîchissant pendant une saison qui est déjà assez froide par elle-même. Le concombre est regardé comme encore plus rafraîchissant que le melon

d'eau, et on sait que c'est un très puissent diurétique. Lee Iroquois l'appellent ôitokeserakatee.

Les courges de toutes sortes, oblougu es, rondes, platesou comprimées, à cou croche, petites, etc., sont plantées dans toutes les colonies anglaises et françaises. En Canada, elles remplissent, avec les oignons, la plus grande partie des jardins potagers des cultivateurs. Chaque fermier, dans les plantations anglaises, a son champ de citronilles ; il en est de même des Allemands, des Suédois, des Hollandais et des autres colons européens. Elles forment une partie considérable de la nourriture des Indiens ; cependant ils cultivent de préférence la courge plate {sguash, cucurbita fatior) et prétendent qu'ils la connaissaient bien longtemps avant la découverte de l'Amérique ; ce qai est confirmé, d'ailleurs, par les rapports des premiers Européens qui vinrent dans ces contrées; en effet, ils mentionnent, dans leurs relations de voyage. la courge, comme constituant le fond de la nourriture des Indiens. Les Français lui donnent ici le nom de citrouille et les Anglais des colonies celui de pumpkin (en français, potiron.) On la plante au printemps, quand la gelée n'est plus à craindre, dans un champ enclos et un sol riche. Fréquemment aussi, on la force en couches chaudes. En Canada, elle mûrit au commencement de septembre ; plus au sud, elle arrive à maturité à la fin de juillet. Aussitôt que la saison froide commence, on cueille tous les potirons qui restent attachés aux tiges, mûrs ou non, et on les étend sur le plancher dans un coin de la maison. Si on a le soin de ne pas les mettre les nus sur les autres, ceux qui n'étaient pas encore mûrs le deviennent parfaitement. Cela se fait autour de Montréal vers la mi-septembre, mais en Pensylvanie j'ai vu des courges dans les champs ausbi tard que le 19 d'octobre. Elles

se gardent pendant plnsieurs moie et même tout l'htveT dans des caves sèches (dans des cares humides elles pourriraient de suite) où le froid ne peut pénétrer, et mieux encore dans des chambres légèrement chauflees de temps en temps, juste assez pour empêcher le froid d'endommager le fruit.

Le potiron se prépare de différentes manières. Les Indiens le font bouillir tout rond ou rôtir dans la cendre et le mangent ainsi, ou vont le vendre tout cuit dans les villes, et vraiment, le potiron rôti a un goût excellent. Les Français et ks Anglais le coupent par tranches qu'ils font rôtir devant le feu et saupoudrent ensuite de sucre. Une autre manière, c'est de conper en denx les citronilleB, d'en enlever toutes les graines, remettre les deux moitiés ensemble et les faire rôtir dans un four. Quand elles sont cuites à point, on les retire du four et pendant qu'elles sont encore brûlantes on y met du beurre qui, s'imbibant dans la pulpe spongieuse, la rend très savoureuse. Elles eo mangent, aussi, bouillies à l'eau, soit seules ou avec de la viande. Quelques ménagères en font un léger potage en en macérant la pulpe après qu'elle a bouilli, et en la remettant bouillir de nouveau dans un peu de son eau, et beaucoup de lait, brassant tout le temps. Ou bien, on fait des gâteaux, des puddings et des tartres avec la pulpe pilée et pétrie dans de la farine de maïs. Les Indiens ont une manière de conserver les courges pendant très longtemps, c'est de les couper en longues tranches qu'ils attachent ou entortillent ensemble et font sécher au soleil ou devant nu fen dans une chambre. Après cette dessication, elles se peuvent garder pendant des années, et bouillies, elles sont un mets délicieux. Les Indiens les préparent, ainsi, à domicile ou en voyage et les Européens leur ont emprunté cette recette. Quelquefois, les sauvages ne

prennent pas le temps de les faire bouillir, mais ils les mangent eèches avec du bœuf qm a passé par le même procédé de dessication ou d'antre viande, et j'avonequ'un estomac aâamé s'en accommode fort bien.

 Montréal, on a une manière de conGre les citrouilles : on les coupe en quatre morceaux, on les pèle et l'on en enlève les graines. La pulpe eat mise dans un pot avec de l'ean très chaude, et on l'y laisse bouillir pendant quatre ou six minutes, puis on la jette dans une passoire où elle reste jusqu'au lendemain, afin que toute l'eau s'écoule ; alors, on y ajoute clous de girofle, cannelle et de la pelure d'orange, et on la coniit dans autant de sirop qu'il y a de pulpe, puis on fait bouillir le tout jusqu'à l'absorption complète du sirop et l'entière disparition de la couleur blanche de la pulpe.

La récolte du grain cette année en Canada est regardée comme la plus belle qui s'y soit jamais faite. Dans la province de New York, au contraire, elle a été très pauvre. L'automne, ici, est splendide.

Les Français, en Canada, font un grand trafic avec les Indiens, et quoique ce fut autrefois le seul commerce de ce vaste pays, cependant ses habitants en ont tiré des bénéfices considérables. Aujourd'hui, les échanges ne se lont plus seulement sur les produits que les Indiens apportent avec eux, mais sur nombre d'articles qu'on va chercher chez eux. Les sauvages des pays environnants, dans leurs parties do chasse, arrêtent bien dans les Ailles françaises pour y vendre leurs pelleteries, mais cela ne suffit pas. Les Indiens établis au loin ne

Tiennent janiaiB an Canada; et de crainte qu'ils ne portent lenrs prodnits anx Anglais, comme ces derniers Tont chez eax, les Français se voient obligés de les imiter et ils entreprennent de longs voyages pour acheter, but place, les produits indiens. Montréal est l'entrepôt principal de ce commerce et un grand nombre d'aventuriers jeunes et vieux font chaque année de lointaines et pénibles courses dans ce but, apportant avec eux les marchandises qu'ils savent être au goût des Indiens on en demande dans leurs bourgades. Pas n'est besoin d'argent pour faire ces voyages, les sauvages ne l'apprécient pas, et je crois vraiment que beaucoup de cea hardis coureurs des bois se mettent en route sans avoir un sou en poche.

Je vais maintenant donner une liste des principaux articles que les Français apportent avec eux pour ce commerce, et qui sont d'un débit facile parmi les Indiens.

Mousquets, poudre, plomb et battus. Depuis que les Européens ont appris à leurs voisins Indiens l'usage dee armes à feu, ceux-ci ont laissé de c6té leurs arcs et leurs flèches pour le mousquet. Aujourd'hui, ei ou refusait de leur vendre des fusils, ils mourraient de faim, parce qu'ils ne se nourrissent presque entièrement que de la chair des animaux qu'ils tuent à la chasse, et ils s'irri* teraient contre les Européens jusqu'à les attaquer. Les sauvages n'ont jamais essayé de fabriquer des armes à feu, et lear indolence est telle qu'ils ne s'aviseraient pas même de réparer celles qu'ils ont pu se procurer. Ils dépendent entièrement des Européens à cet égard. Les premiers blancs qni vinrent dans l'Amérique du Xord se gardèrent bien de fournir des armes à feu aux sauva' ges. Mais dans les guerres entre les Français et les

Anglais, chaque nation en donna à ses alliés Indiens pour affaiblir ses ennemis. Les Français jettent le blâme sar les colons hollandais d'Albany, les accusant d'avoir commencé en 1642 à donner des armes & feu à leurs auxiliaires sauvées, et de leur en avoir enseigné l'usage, dans le but d'affaiblir les Français. Les habitants d'Albany, an contraire, affirment que ce sont les Français qui ont introduit cette coutume, et qu'ils l'ont fait parce qu'ils se seraient trouvés trop peu nombreux pour pouvoir résister aux forces réunies des Hollandais et des Anglais dans les colonies. Quoiqu'il en soit, il est certain que les Indiens achètent des mousquets des Européens, et souvent savent mieux s'en servir qne bon nombre de leurs maîtres. Ce commerce d'armes à feu et de munitions doit rapporter des profits considérables.

Drap blanc en coupons et drap commun en pièces. — L'Indien porte constamment un morceau d'étoffe sur sa per. sonne, soit qu'il le laisse pendre sur son épaule ou le zoule en ceinture autour de sou corps durant les chaleurs, ou qu'il s'en couvre la tête pendant l'hiver. Cet usage est commun aux hommes et aux femmes, et le drap dont ils se servent est bordé g'^néralement de plusieurs bandes bleues on rouges.

Drap bUv ou rouge, avec lequel les Indiennes font leurs jupons qui, entre parenthèse, s'arrêtent à la hauteur du genou. Le bleu est leur couleur favorite.

Chemises de toile. — Dès qu'un Indien, homme ou femme, a passé une chemise, il la garde sur lui jusqu'à ce qu'elle soit entièrement usée ; de lavage, point.

Morceaux ^étoffe, avec lesquels ils s'enveloppent les pieds au lieu de bas, comme les Busses.

Hachettes, couteaux, ciseaux, aiguilles et briquets. — Tous ces ÎDstnuneuts sont maintenant communs chez les Indiens, et leni viennent des Européens; ils reconnaissent Tolontiers que les hachettes et les couteanx sont supérieurs à ceux qu'ils faisaient, autrefois, arec de la pierre et des os. Les hachettes de pierre des anciens Indiens sont très rares en Canada.

Chaudières de cuivre ou d'airain étamées. — Les Indiens font cuire, maintenant, tous leurs aliments dans ces vaisseaux, qui sont en grande demande chez eux. Autrefois, ils se ser\'aient de pots de terre ou de bois ; ils les remplissaient d'eau et y mettaient tout ce qu'ils voulaient faire bouillir, ensuite, ils produisaient l'ébullition en y jetant des pierres rougies au feu-. Quant aux chaudrons de fer, impossible de leur en vendre, ils les trouvent trop lourds À porter, et c'est une considération, pour des gens qui voyagent continuellement. D'ailleurs, des vaisseaux en fer ne résisteraient pas aux chûtes et à mille autres accidents auxquels leurs chaudières sont constamment exposées.

Pendants tCoreillea de différentes grandeurs, communément en cuivre et quelquefois eu étain ; homme» et femmes en portent, mais l'usage n'en est pas généra].

Vermillon, avec lequel les Indieos se peignent la figure et difierentesautrespartiesdn corps, et teignent leuis chemises. Ils se servaient autrefois d'une terre rougeâtre assez commune dans le pays, mais les Européens s'étant avisés de leur offrir du vermillon, ils l'ont adopté de suite et trouvent qu'aucune couleur n'est comparable à celle de ce minéral. Je tiens de plusieurs personnes, qui prétendent le tenir de leurs pères, que les premiers colons français recevaient uïi grand monceau de fonrru-

res pour trois fois autant de cinabre qn'en tiendrait ta pointe d'un contcan.

Vert-de-gris, pour se peindre la figure en vert. Qoand les sauvf^es veulent se noircir la face, ils n'ont qu'à se barbouiller avec la suie de leurs chaudrons.

Miroirs. — Les Indiens affectionnent beaucoup cet objet de toilette qui leur est utile surtout lorsqu'ils veulent se peindre la figure. Aussi les hommes en portent-ils toujours an sur eux dans leurs voyages. Ohose cntieusD, les femmes aiment moins la parure que leurs maria et n'achètent pas de miroirs.

Miroirs ardents. — Il n'y a rien que les sauvages apprécient autant que cet instrument qui leur sert à allumer la pipe sans aucun trouble, ce qui n'est pas un petit mérite aux yeux de l'indolent Indien.

Tabac. — Les Indiens dn Nord sont les seuls qui achè* tent le tabac, parce que leur pays n'en produit point, et par conséquent, il est en grande demande chez eux. Quant à ceux du Sud, ils en plantent autant qu'il leur en faut, pour leur propre conaonimation. On a remarqué qne,les Indiens du Nord fument plus que les autres.

Wampums, qu'on appelle porcelaines ici, petits grains de forme cylindrique faits arec une espèce d'écaille et dont les Indiens se servent en guise de monnaie et comme ornement

Verroteries ou petits grains de verre de couletir blan* che ou bleue avec lesquels les Indiennes ornent les sacs à tabac, les rubans et les vêtements.

Fil de laiton ou <t acier, qui lenr sert à différents nsages.

Eaa-ite-vie, qne les Indiens estiment aa-dessosde toute antre marchandise qu'on pent lenr apporter ; pour se procurer cette liqueur, ils sacrifient même ce qu'ils ont de pins cher an monde. Mais l'usage de l'eau-de-vie a causé de tels désordres parmi eux que la vente en a été prohibée sons les peines les ptns sévères ; certains trafiquants cependant ne craignent pas de les braver.

Tels sont les principaux articles que les Français portent chez les Indiens, et qui s'écouleilt le plus facilement parmi eux.

Les Français ne rapportent de chez les Indiens que des peaux et des fdurrures : ils ne reçoivent rim autre chose en échange de leurs marchandises, sinon les pro* visions qui Jour sont nécessaires pour le voyage de retour. Il y a deux sortes de fourrures : celles du nord, qui sont les meilleures, et celles du sud, qui sont les moins estimées.

Voici les principales fourrures fournies par les contrées septentrionales de l'Amérique : peaux d'ours, de castor, d'élan {orignal ou orignac), de renne ou caribou, de loupcervier et de martre. Il vient aussi du sud, des peaux de martre, mais elles sont rouges et ne valent pas grand' chose. Le pickou du Nord est peut-êtTe l'animal que les Anglais de la Baie d'Hudson appellent le woloerenne (1).

(t) Suivant 1s Katwatiile Canadien, 1er vol., p. 131, te Wolverenne des Anglais est le même quadrupËde carnassier du genre plantigrade que les naluralistes français désigneni sons \e nom de Glouton, fiufiu. et les Canadien* sous celui deCarcaJou; sa véNlable dénomination zoo logique ierait Gulus luscus- Cependant, certuins auteurs modernes disent que le carcejou est le blaireau d'Amérique, Mêles Labradoriea. Le nom de Piehov, donné par les anciens trappeurs canadiens au Woiverenoe, dcn faspect est repoussant, est resté dans nos compagnes comme lynonyin* de laid : ■' Laid comme un Pichou." (M.)

Aux foarrnres du Nord appartiennent les peanx d'onrs, de renards noirs, et de plaaiears antres animanx.

Les peaux qui viennent do Snd sont principalement celles du chat sauvage, da cerf, du chevreuil, de la loutre, du pichou du sud, dont parle le pure Charlevoix (1), (c'est probablement une espôce de chat'cervieT, ou de panthère) (2), des peaux de renards de toutes robes, de ratons {racroon), de lynx, et de plusieurs autres animaux.

Tl est presque impossible de dire les fatigues, les privations et les misères que les Canadiens ont à endurer dans ces voyages ; ils sont obligés parfois de transporter leurs marchandises, par terre, des centaines de milles, et se voient en butte aux insultes, aux violences et même aux cruautés des Indiens, qui ont massacré plus d'un de ces hardis coureurs de bois ; ils sont exposés aux toitures de la faim et de la soif, à une chaleur torride ou à un froid glacial, k la piqûre des moustiques, aux morsures des serpeuts venimeux. Ces courses aventureuses détruisent une grande partie de la jeunesse du Canada; car beaucoup de ceux qui les entreprennent meurent d'une mort prématurée. Mais aussi quelle école pour faire de braves soldats ! Ces voyi^eurs deviennent tellement aguerris et endurcis à la peine, qu'ils ne craignent plus ni dangers, ni fatigues. Un grand nombre d'entre eux s'établissent parmi les sauvages, loin du Canada, s'y marient avec des Indiennes et ne reviennent jamais au pays,

(1) Uist. da 1& Nouv. France. Tom. V, p. 153.

(3) Ne serait-ce pas ptutAt le chat-iiutois ou (ikluis <Ie la l^ui-

sianer (M.)

Montréal. 21i

Mon hôte, M. de Couâgne, marchand de Montréal, a eu l'obli^ance de me^commnniqu'r !<> prix des pcaiix en Canada pour l'année 1749.

Peaux d'ours, grandes et moyennes, ô livn's.

Peaux d'oursons, 60 sois.

Peaux de Lynx, 25 soîs.

" Piehous du Sud, 35 sols.

" Renards du Sud, 30 sols.

" Loutres, 5 livres.

" Ratons {Raccoon), 5 livres.

" Martres, 45 sole.

" Loups-Cerviers, 4 livres.

" Loups, 40 sols,

" Carcajous, un animal que je ne connais pas (1), 5 li\'res.

Peaux de Visons, espt-ce de Martre qm vit dai s Tt^au (2), 25 sols.

Peaux crues d'Elans (Orignacs verts), 10 livres. " crues de Cerfs (Cerfs verts).

" d'Orignacs et de Cerfs passées, 3 livres.

Peaux de Chevreuils, 25 ou 30 sols.

" Renards rougei, 3 livres.

" Castors, 3 livres.

J'insère, maintenant, 'une liste qj^i m'a été doJfcôe par un des plus grands marchands de Montréal ; elle renferme toutes les différentes espèces de peaux que l'on peut se procurer en Cauad», et qui en sont exportées en Europe :

Chevreuils passés, ' ^oups-Cerviers, Chevreuils verts, Piehous du Nord,

(Ij Voir à In noie plus haut. Celte li!>li: al la siiKante sont en rran',.'ii3 <lans le texte. iM.)

(ï) .Vmlrli Vison. Fuiilrtau. {M.;

Chevreuils tannés, Fichons da Sad,

Oars, Renards rottges.

Oursons, Benards croisés

Loatres, Renards noirs.

Pékans (t), Renards argentés,

Chats, Renards du Sud on de Virginie.

Loups de bois. Renards blancs de Tadonssac,

Martres. Visons ou Fontreaux,

Ecureolls noirs. Cerfs verte,

Cerik passés, Orignacs verts,

Orignacs passés, Caribous,

Biches vertes, Biches passées,

Carcajous, Rats mnsqnés,

Castors gras d'hiver (2), Castors gras d'été,

Castors secs d'été. Castors secs d'hiver.

Castors vieux d'été, Castors vieux d'hiver.

Aujourd'hui Von m'a donné un morceau de cuivre natif provenant du Lac Supérieur (3). On y tronve ce métal presque à l'état pur, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de le faire fondre pour qu'on puisse s'en servir. Le Père Charlevoix fait mention de cette mine de ctiivre dans son Histoire de la Nouvelle-France, tom. VI, p. 41J. Un des Jésuites de Montréal, qui est allé dans cette cflratrée, m'a dit qu'on trouve le

(1) Pékui-Wood-Shouk, esp&ce de Martre du Canada, Maries Canadeniit. On a. vu plus haut qae les Français dounaleat ce nom à la bâtepuaule. (H.)

(2) Le castor gras est celui que les sauvée;-, pour «e couvrir, ont porté pendant quelque temps, comme alors, H a perdu tout le lang poil, et qu'il ne lui reste plus que le duvet, il était ordinaireraent préféré par les cha-

^peliers. Celui qui n'a pas ëlé ainsi porté et qui conserve le long poil, est 'nommé castor vert. Ferlaud, Ceari dhùioin, 2nd vol., p. 414. (U.) {3) Upper Lake. Le Lac Supérieur n'est pa* marqué sur la car(« annexée aux Iraduclions hollandatae et anglaise du voyage de Kalm. (M.j

tiONjfièkii, 213

minerai près de rembouchxire des rÎTiôres, et qu'il y a des morceanx de cnirre natif si pesants qu'une personne seule ne pent les sonlereT. Les Indiens, de leur cfité, prétendent avoir déconvert autrefois un bloc de ctÙTTe de sept pieds de longueur sur quatre d'épaisseur. S'il est riaî que oe métal se rencontre toujours sur le sol, à l'embouchure des rivières, il est probable qn'il y pst apporté pat la glace, on par l'eau qui descejid des montagnes. Cependant, quoique des recherches soigneuses aient été faites, on n'a encore trouvé aucun endroit où le cuivre existe en aussi grande abondance.

Le chef ou supérieur des prêtres de Montréal m'a donné at^onrd'hui un morceau de minerai de plomb très compacte et à cnboïdes brillants, qui a été ramassé à quelques milles français (lieues} de Montréal. Plusieurs personnes m'ont assuré^u'il y a une mine de plomb quelque part dans ie Sdv Les Indiens en connaissent l'existence, et utilisent même le métal qu'ils y trouvent en le convertissant, par la fusion, eu balles et en menu plomb. Je m'en suis procuré quelques échautillons qui contiennent, en effet, un minerai de plomb encnboides brillants, séparés les uns des autres par de minces cloisons d'une terre blanche ou glaise dure, et sensible à l'action de l'acide nitrique.

J'ai pareillement reçu un échantillon d'nne sorte de • terre brune tirant sur le roux, que l'on trouve près du Lac des Deux-Montagnes, à quelques milles français de Montréal. Elle s'écrase facilement entre les doigts, quoique très pesante comme toutes les argiles. Luisante à sa surface, elle se déteint dans la main pour peu qu'on l'y garde quelque temps, et y laisse des reflets argentés. C'est probablement une sorte de terre plombifère, ou nne terre mélangée de mica de fer.

214 SKITEMBRC 1749.

Il y a une distinction à faire entre les dames canadiennes, et il ne faut pas confondre celles qni viennent de France avec les natives. Chez les premièrea, on trouve la politesse qni est particulière à la nation français». Qnant anz secondes, il faut encore faire une distinction entre les dames de Québec et celles de Montréal. La qnébecquoise est une vraie dame française par l'éducntion et les manières ; elle a l'avantage de pouvoir causer souvent avec des* personnes appartenant à la noblesse, qni viennent chaque année de France, abord des vaisseaux du roi, pnsserptuGienros semaines à Québec. A Montréal, an coulraîre, on ne reçoit que rarement la visite d'hôtes .lussi distingués. Les Français eux-mêmes reprochent aux daraes de cette dernière \-ille d'avoir beaucoup trop de l'orjfueil des Indiens, et de manquer d'éducation. Cependant, ce que j'ai dit plus haut de l'attention excessivAQu'ellcs donnent à leur ooifTuie s'applique à toutes les femmes du Canada (Ij. Lfs jouis de réception, elles s'hiibillent avec tant de magnificence, qu'on serait porté à croire que leurs parents sont revêtus des plus grandes dignités de l'Etat Îjps Français, considérant les t'hoses sons leur véritable aspect, s'alarment beaucoup de l'amour extravagant de la toilette qui s'est emparé d'une grande partie dos uames eu Canada, qui éloigne d'elles toute idée de faire J'-'s épargnes on prévision des besoins à venir, qui cause le gaspillage des fortunes et pousse à la ruine dos familles. KUes ne portent pas moins d'attention aux modtfs nouvelles, et se moquent les unes des autres, chacune critiquant le goût de sa voisine. Hais ce qu'olles reçoivent comme nouvelles façons estdéjà passé

|p l.i.'irs r;hi'\*i-:(\ -oniioii.i tiisfris-js, nifliiiiMiiiartilelIcs reslfui au logis; I-:, - -.-(Il vrMiips iiun mont'l-i mi!|iro|>rc el <l'iin jupon (la tiasu grossier, ii'ii 11- 'IcP'î.'ml \>a« l'Iiis h.i!. ■|iii- la mcili-'' i\v la jamlie. [N-.-lc de l'aulew.)

de mode, et mis an rebut en France. Les vaieseanx ne venant an Canada qa'nne fois tons les doaze mois, on considère comme de mode, pendant toute l'année, ce que les passagers ont apporté avec eux, ou ce qu'il leur plaît d'imposer comme étant du dern'er goût. Les dames canadiennes, celles de Montréal snrtoot, sont très portées à rire des fautes de langage des étrangers; mais elles sont excusables jusqu'à un certain goint, parce qu'on est enclin à rire de ce qui paraît inusité et cocasse, et, an Canada on n'entend presque jamais parler le français que par des Français, les étrangers n'y venant que rarement. Quant aux sauvages, ils sont trop fiers pour «'exprimer dans une autre langue que la leur, et les Français sont bien obligés de l'apprendre. Il suit de là, que les belles dames du Canada ne peuvent entendre aucun barbarisme on expression inusitée sans rire. La première question qu'elles font à un étranger est pour savoir s'il est marié ; la seconde, comment il trouve les femmes du pays, et si elles sont pins jolies que celles de son propre pays, et la troisième (quAud l'étranger a répondu qu'il n'est pas marié), s'il ne fera pas choix d'a]ie compagne avant de retourner chez lui. Pour continuer la comparaison entre les dames de Québec et celles de Montréal, j'ajouterai que celles-ci sont généralement plue belles que les premières. Les manières m'ont semblé quelque peu trop libres dand la société de Québec; j'ai remarqué & Montréal plus de cette modestie qui va si bien au beau sexe. Les dames de Québec, surtout celles qui ne sont pas sous puissance de mari, mènent une vie passablement oisive et frivole. Une fille de dix-huit ans passe pour bien mal partagée, si elle ne compte pas au moins vingt adorateurs. Ces jeunes demoiselles, surtout celles du plus haut rang, se lèvent à sept heures, et s'occupent de leur toilette jusqu'à neuf

.yGodgle

heures, et cela en prenant lenr café ; aiueitôt leur toilette finie, elles se pl&cent près d'nne fenêtre qui ouvre sur la me, tiennent à la main qu.e]qn'ouTrage à l'aigmlle, et consent au point de temps à autre, mais sans cesser de regarder au dehors.

Un jeune homme entre-t-il dans la maison, soit qa'eUev le connaisBupt on non, elles mettent immédiatement l'ouvrage de c6té, et vont s'asseoir près de lui pour causer, rire, plaisanter, inventer des " double^enlendres" (1) et, ainsi, l'on croit passer pour avoir heaucoap desprit Fendant ce temps-là, ta mère a tout le fardeau du ménage. A Montréal, les filles sont moins frivoles et plus adonnées au travail. On les voit toujours occupées à'COudre quand elles n'ont point d'autre devoir à remplir. Cela Re les empêche pas d'être gaies et contentes ; personne, non plus, ne peut les accuser de manquer d'esprit ni d'attraits. Leur seul défaut, c'est d'avoir trop bonne opinion d'ellesmêmes. Notons à leur louange que les filles de tout rang, sans exception, vont au marché, et rapportent avec elles les provisions qu'elles y ont achetées. Elles se lèvent aussi de bonne heure, et se coachent aussi tard que qui que ce soit dans la maison. D'après ce qui m'a été dit, je suis porté à croire que leur dot, en général, est peu considérable, à cause du grand nombre d'enfants dans chaque famille et de la modicité des revenue. Les filles de Montréal ne voient pas, sans en éprouver un grand dépit, «elles de Québec trouver des maris plus t6t qu'elles. Aussi les chauces ne sont pas égales : les jeunes gentilhommes qui viennent de France, chaque année, sont captivés j)ar les dames de Québec et s'y marient ; mais comme ces messieurs vont rarement

(I) En français dnns lo f.Mo.

sMUt-AV-SâCOLhfiT. 217

à Montréal, les jeunes filles de cette dernière ville u'ont pas souTent semblable fortane.

23 Septembre.

Ce matin, je sais all% an Saut-an-RecoUet, village sitné ft trois milles fVançais au nord de Montréal, ponr en observer et décrire les plantes et les minéranx, et surtout pour cueillir des graines de différents végétaux. Près de la ville, le chemin est bordé d'habitations de chaque côté, mais, plus loin, le pays est boisé et d'un niveau inégal. Le sol est ferme et contient de la pierre composée et une espèce de pierre à chaux grise. Les routes sont mauvaises et presqu'impraticablespour les voitures légè- . res. Un peu avant d'arriver au Saut-an-RécoUet, le pays est découvert, et oflfre au regard ane longue suite de champs, de prairies et de pâturages.

A un mille français de la ville, il y a, sur le bord du chemin, deux fours à chaux construits en nterre durcie'au feu, à l'exception de l'intérieur, qui est eu granit. Leurs voûtes ont sept verges de hauteur.

La pierre à chaux est de deux sortes, l'une est presque noire, et si compacte qu'on ne peut en distinguer les particules constituante:^, sauf quelques grains épars d'un spath gris, blanc ou pâle. Par-ci par-là, on dé- • couvre de petites fentes remplies de spath blanc en menus cristaux. Malgré l'examen le plus minutieux, ie n'ai pu y découvrir aucune pétrification.

Cette pierre est commune dans l'île de Montréal ; on l'y rencontre à une profondeur d'environ un pied on un pied et demi de la surftice du sol, en lits de cinq à dix pouces d'épaisseur. Elle donne parait -il, une chaux qui, sans être aussi blanche que la pierre a chaux

218 SBPTEMBnE 1740.

grise, est cependant beaacoup pins estimée, parce qu'elle fait an mortier d'nne qualité snpérienre, lequel se durcit et devient plus dense en rieilliesant. Il est arrivé quelquefois, pendant qu'on était à faire des réparations à des maisons dont les pierres étaient liées arec ce mortier, que ces pierres se brisaient, tandis que le mortier restait intact.

L'autre espèce de pierre à chaux est grise ou grisfoncé ; c'est un calcaire corapactn, mêlé do grains de spath de même couleur. Cette pierre est remplie de coquilles striées, pétrifiées ou pectinites. La plupart de ces pétrifications lie sont cependant que des impressions du côté creux des écailles. Pourtant, j'ai trouvé, ça et là, des morceaux de valves pétrifiées, bien que jen'aie jamats pu découvrir des coquillages de même espèce dans leur état naturel sur tes rivages ; et je ne conçois pas comment une telle quantité d'impressions ait pu se grouper en un seul point. J'ai vu de gros morceaux de cette pierre à chaux composés preequ'entièrement de ces pectinites serrées les unes contre les antres. On trouve cette pierre en différents endroits dans l'Ile, en couches horizontales de l'épaisseur de cinq à rlix pouces. Elle fournit beaucoup de chaux blanche, mais de qualité inférieure, parce qu'elle devient humide dans la saison des pluies.

Le sapin est considéré comme le meilleur combustible pour les fours à chaux, et le thuya vient ensuite.* L'érable à sucre et les autres arbres de même espèce ne conviennent pas pour cet usage, parce qu'ils font une trop grande quantité de charbon.

Les bois et les champs sont remplis de grosses roches grises {rock-itont).

Les feuilles de beaucoup d'arbres et de plantes commencent à prendre une teinte pale, surtout celles de

SAUT-AU-KÉCOLLET. 21!)

l'érable ronge, du sumac fçlabre, de la renouée sagittée, Polygonum Sagittatunt (1), Linn, et de plusieurs fougères.

Une grande croix est érigée sur le chemin, et le gamin qui m'a servi de guide à travers le bois me dit ' que là fut enterrée une personne qui a fait de grands miracles.

A midi, nous étions arrivés au Saut-au-Récollet, petit village situé sur un bras de la rivière St Laurent, dont le courant est très violent entre l'île de Montréal et l'île Jésus. Son nom lui vient d'un accident qui est arrivé à un frère récollet appelé Nicolas Veil, en l'année 1623 (2). Il descendait dans un bateau avec un sauvage converti et quelques autres sauvages de la nation des Hurons, dans le but de se rendre à Québec ; mais, comme il passait en cet endroit de la rivière, le canot chanra et il so noya, aiusî que son néophyte. Les sauvages, qui furent soupçonnés au reste d'avoir causé volontairement l'accident, nagèrent jusqu'au rivage, emportant avec eux ce qu'ils purent sauver des effets du moine, épaves ou dépouilles, qu'ils ne rendirent jamais.

Le pays, aux alentours, est rempli de pierres, et la culture ne fait que d'y commencer. Les vieillards se souviennent d'avoir vu, couverts de grands bois, tous ces champs, ces prairies et ces pâturages.

Les prêtres disent que la contrée était autrefois entièrement habitée par dos Hurons convertis. Quand les Français pénétrèrent daus cette partie du pays, ^es Indiens

(1) i'olj-goiii'es. (M.)

(î) l.e I>i,-rR Nicphs Viol. (M.)

vivaient sar nne hante montagne à nne petite distance de Montréal ; mais les colons, à force d'instances, finirent par les décider à. leur abandonner la place, et & transporter lenrs cabanes dans une antre localité. Cest alors qae les sauvages vinrent s'établir au Sanlt-an-Récollet, où plus tard on leur construisit l'église qui existe encore, et où ils assistent, actuellement, et depuis nne longue suite d'années à l'office divin. Les Français s'étant accrus en nombre dans l'île de Montréal, le désir de l'avoir tout entière, pour eux seuls, s'empara naturellement d'eux, et ils s'efforcèrent d'engager les Indiens i leur vendre cette terre du Saut, comme ils avaient déjà fait de l'autre, et d'aller planter leurs tentes ailleurs.

Après maints pourparlers, ils réussirent encore au gré de leur désir, et les sauvages, dont au reste le voisiuf^e est peu désirable, & cause de leur ivEognerie et de leur vie nomade et paresseuse, quittèrent te pays pour aller se fixer au lac des Deux-Montagnes, où ils sont encore et ■ où ils ont une belle église en pierre (1). Celle du Sautau-Récollet est un vieil édifice en bois, d'apparence décrépite ; mais l'intérieur en vaut mieux que le dehors et es Français y suivent les offices religieux. D'ailleurs, on ne tardera pas à bâtir une église neuve ; la pierre qui diivra entrer dans sa construction est déjè rendue sur les lieux.

Les observations que j'ai faites durant ces trois Jours paraîtront dans une autre publication.

Il n'y a pas eu de pluie ici depuis quelque temps ; cependant l'humidité de l'air est telle que j'ai retrouvé.

(I)Od sait dans i^uolles circonstinciis riU'li<>iis''9 celi''. l'gliso a Hé ri^cemment ilélruite. (M.)

SAUT-AU-BÉCOLLET. 221

tout mouilléa, des morceaux de papier que j'avais laissés à l'ombre, sur le sol, quelques minutes auparavant, et que je destinais à servir d'enveloppes à mes graincB. Cependant, le firmament est clair et brillant, et la chaleur aussi intense qu'au mois de juillet.

Chaque année, une moitié des champs est laissée en friche en alternant, et la partie ainsi laissée en friche n'est jamais labourée pendant l'été, ce qui permet aux animaux de broater les herbes sauvages qui y poussent. Je l'ai déjà dît, ou ne sème ici que du blé d'été. Quelques cultivateurs labourent les terrains en friche, tard en automne, d'autres attendent jusqu'au printemps pour le f^re ; mais le premier mode est, dit-on, préférable au second, et donne une bien meilleure récolte. Le blé, l'orge, le seigle et l'avoine sont hersés, mais les pois sont semés avant le labour. L'ensemencement se fait ordinairement vers le 15 avril, et 'bu commence par les pois. Parmi les espèces différentes de pois que l'on peut se procurer ici, les pois verts sont préférés pour la semence. Ils viennent très bien dans un sol pauvre, mais élevé; sec et mélangé de sable grossier. La récolte commence vers la fin et quelquefois au milieu d'août. Le blé rapporte généralement quinze ou vingt minots pour un, l'avoine de quinze à trente. Le rendement des pois va parfois jusqu'à quarante minots pour un ; mais d'autres années il ne dépasse pas dix et varie beaucoup. La charrue et la herse constituent tout l'outillage aratoire du paysan canadien, et encore ces instruments ne sont-ils pas de la meilleure qualité. Ou fume les friches an printemps. Le sol se compose d'une terre grise pierreuse, mélangée de glaise et de sable. On ne sème d'orge que ce qu'il en faut pour la nourri-

232 BEPTBUBRB 1749.

ture des bestiaux ; il ne se fdit pas de malt ici. On sàmo beancoap d'avoine, mais seulement pour les chevaux et les bestiaux. Personne, dans un pays où il faut garder à l'étable et nourrir les animaux do ferme pendant cinq mois chaque année, ne songe à utiliser, comme fourrage, les feuilles d'arbres déciduee, dont cependant les forêts sont remplies.

J'ai déjà dit et répété que presque tout le blé semé en Canada est du blé d'été, c'est-à-dire qu'on n'y sème le blé qu'au printemps. Près de Québec, il arrive quelquefois, lorsque l'été est moins chaud ou le printemps plus tardif que d'ordinaire, qu'une grande partie du blé n'a pas le temps de mûrir parfaitement avant que le froid commence. On m'assure que quelques cultirateurs de l'île Jésus sèment leur blé en automne, et que leur récolte est bien meilleure et beaucoup plus abondante que s'ils semaient leur blé l'été ; cependant, le blé d'automne mûrit à peine «ne semaine avant l'autre.

25 Septembre.

Je remarque qu'ici les champs sont enclos de murs de pierre au lieu de palissades de bois : ce qui s'explique par l'abondance de la pierre.

Le hêtre, qui est très commun dans les bois, porte maintenant ses graines, dont les Canadiens sont très friands ; ils les cueillent l'automne et les font sécher jusqu'à l'hiver ; les fataes'ont alors une saveur excellente, et on les sert.au dessert, en guise dà noix ou de noisettes. Le curé de cette localité me dit qu'à sept milles français d'ici, près de la rivière l'Assomption, il y a une saline où, pendant la guerre, les habitants se sont approvisionnés d'un beau sel blanc. L'eau de cette source a, paraît-il, un goût très saumfttre.

SAtJT-AÛ-RÉCOLriBT. 223

Certaines espèces d'arbres fruitiers rénsBissent merreillenseineut bien près de Montrénl, et j'ai eu l'occasion d'y voir de très-belles A-ariétés de poires et de pommes. A Québec, les poiriers ne pourraieBt supporter la rigueur de l'hiver ; il arrive quelquefois que même dans le voisinage de Montréal, ta gelée les détruit. Les pruniers de différentes sortes, qui ont été importés de France, viennent très-bien. 11 y a dans les forêts trois espèces de noyers indigènes ; mais le noisetier importé d'Europe périt presque chaque année, à l'exception de la racine, qui émet de nouveaux rejetons au printemps. Le pécher ne s'acclimate pas ; quelques individus, cependant, résistent au froid, quand on a eu la précaution de les entourer de paillassons. On n'a encore planté en Canada ni mûriers, ni châtaigniers, ni d'autres arbres de même espace.

Tonte la partie cultivée du Canada a été donnée par le roi au clergé et aux nobles ; les terres non défrichées leur appartiennent aussi, de même que le terrain occupé par les villes de Trois- Rivières et de Québec. Celui sur lequel Montréal est bâti appartient, ainsi que toute Tile du même nom, aux prêtres de l'ordre de St Sulpice résidant à Montréal. Ils ont donné la terre en censive aux fermiers et à tous autres désirant s'y établir. Les premiers colons payaient leurs champs une bien modique somme ; souvent, toute la redevance pour une pièce de trois arpents sur trente consiste en un couple de poulets, ou bien en une rente de vingt, trente ou quarante sols. Mais ceux qui sont venns plus tard paient près de deux écus une terre de semblable étendue ; il s'en suit que la rente foncière est très inégale par tout le pays. L'évêque du Canada n'a pas de revenus fonciers. Les églises sont bâties aux frais des con-

GUi'-

grégations (1). Les habitants ne paienj; pas encore de taies an roi, et les seuls impôts qu'il y prélève sont ceux qui proviennent de la douane.

Les prêtres de Montréal ont ici un moulin qui lenr rapporte le quart de tout le grain qui y est moulu ; et sur ce quart, le meunier prélève un tiers pour sa par( ; ailleurs il en aurait la moitié. Quelquefois, les prêires louent le moulin une certaine somme. A part eux, nul n'a droit d'ériger un moulin sur l'île de Montréal ; ils se sont réservé ce privilège pour eux-mêmes. Dans le contrat passé entre les prêtres et les habitants de l'île, ces derniers s'obligent de faire moudre tout leur grain dans les moulins des sulpiciens.

On extrait beaucoup de sucre en Canada de la sève de l'érable à sucre, de l'érable rouge et du merisier, de la sève du premier arbre surtout. On la fait couler au moyen d'incisions pratiquées aur l'arbre. J'ai décrit avec soin la manière de fabriquer le sucre d'érable dans les Mémoires de notre Académie Royale des Sciences (2).

26 SEPTEHBBE.

Je partis ce matin, de bonne heure, pour m'en retourner à Montréal. La nature commençait à prendre la teinte de l'automne. Les feuilles de certaînea espèces d'arbres étaient pâles, celles d'autres essences, rougeâtres, et la plupart des plantes avaient cessé de fleurir. Néanmoins les espèces suivantes étaient encore dans lenr période d'épanouissement :

Plusieurs sortes d'astères bleues et blanches, Aitcre$.

Plusiears variétés de la verge d'or, Solidaginies.

(I) Paroisses.

(3) Vol. de Tannée 175[.

HÛNTRÊIL. &25

La millefeaille commmte,-^At7^a mitlefolium.

Le prunellier commun, Prunella vnlgaris (t).

Le chardon frisé, Carduvs critpus (2).

L'œnothère bisannuelle, Œnothera biennix, (On^rariées.)

Le soleil à feuilles ragueuses trifoliées, Rudbeckia iriloba {3).

La violette du Canada, Viola Canadensis, (Violacées.)

Une espèce de gentiane, Gentiana saponaria.

La vigne sauvage, qui est très abondante dans les bois, grimpe en s'enlaçant autour des grande arbres.

J'ai demandé à des Français qui ont fait de longs voyages dans l'intérieur du pays, quelles sont les différentes substances qui servent à l'alimentation des Indiens. Les sauvages qui vivent dans les régions les plus septentrionales ne peuvent rien planter à cause de la rigueur du froid. Ils n'ont, par conséquent, ni pain ni végétaux ; ils vivent de poissons et de la chair du castor, de l'ours, du renne, de l'élan, du lièvre et de différentes espèces d'oiseaux. Les Indiens qui habitent des contrées plus méridionales cultivent le mais, une espèce de haricot appelée faséole ou favéole;pA(Me(î/i, plusieurs variétés de citrouilles, le melon d'eau et le melon {cucumis melo, Lînn.). Les fruits de certains arbres des forêts leur sont une grande ressource. Mais ils se nourrissent surtout de poisson et de la chair de certains animaux, par exemple, de la chair dn chat sauvage, du chevieuil, du ceri, de l'ours, du castor et de celle d'antres quadrupèdes

(I) Prvnus ipinoia, variété du gonn prunier. (M.; (■J) Genre de la famille des composéea, tribu des cinarées. (M.) (3) Hudbeckie, genre do ta famille des composfios, iribu des séni^cioni* dées-héliauthées. (H.)

226 SEPTBHBBE 1749.

Un antre de lenra mets favoris c'est l'ivraie (Water taregras») (1), que les Français appellent /o//e-«poti»e, et qoi croît abondamment dans les lacs, les eaux slagnanteB, et même dans les rivières dont 'le conrs est peu rapide. Ils en ramassent les gaines en octobre, et en font divers plats, de la bonilUe le pins souvent, ce qui est facile parce que la fécule de la folle-avoine a autant de consistance que celle du riz. En outre, les forêts leur offrent toutes sortes de fruits les plus délicieux : noix, châtaignes, mûres, acimine (2), chinquapins (8), noisettes, pêches, prunes sauvages, raisins, bluets de différentes sortes, plusieurs variétés de nèfles, de mûres, de ronces et d'antres fruits et racines. Mais les céréales, si communes dans ce qu'on appelle te vieux monde, étaient entièrement inconnues ici avant l'arrivée des Européens, et encore aujourd'hui les Indiens n'essaient pas même de les cultiver, bien qu'ils voient l'usage que les Européens en font, et qu'ils aient nn goût très prononcé pour les mets qui sont préparés avec les fruits de la terre.

2? Septembre.

Les castors abondent partout dans l'Amérique du Nord, et forment l'un des principaux articles du cornmerce eu Canada. Les Indiens se nourrissent de leur chair pendant une grande partie de l'année. Il est ce^ tain que ces animaux se multiplient très-vite ; mais on en tue .nu nombre immense tous les ans. Les Indiens

(1j Zizania aquoliea. Unn.

(!) Anona mimeata, Linn., l'dDone, nommée aussi coroteolier ou cachi manticr, genre type de la famille des aDonacéas, renfennaot des arbrisseaux à Truit charnu, en forme de poire ou de cœur, composa de plusieura Lnles, écailloux à l'cxlùrieur et dont le goât est di'^licîeux. (M.)

(3) Palnos du liêtre aam—Fayus puiiiila. (M.)

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HONTBÊAL. 227

sont déjà obligés d'entreprendre de longs voyages ponr leur faire la chasse. La raison de leur diminution s'ezpliqne facilement : les sauvages, avant l'arrivée des Européens, n'en tuaient qu'autant qu'il leur était nécessaire pour se vêtir de leurs dépouilles, et le commerce des fonrrores n'existait pas. Aujourd'hui, c'est bien difiërent: grand nombre de vaisscanx font voile chaque année ponr l'Europe, chargés principalement de ' peaux de castors. La rivalité qui existe entre les Anglais et les Français, faisant hausser le prix de l'article, encourage les Indiens It faire au castor une guerre d'extermination. Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils se souviennent d'avoir vu, dans leur jeunesse, tontes les rivières près de Montréal, y compris la rivière St Laurent, remplies de castors et de leurs digues ; mais à présent, il faut pénétrer à plusieurs milles dans l'intérieur ponr en trouver un seul, tant ils ont été détruits. J'ai déjà remarqué que les peaux de castors du Nord sont préférées à celles des castors du Sud.

La chair du castor est mangée non-seulement par les sauvées, mais aussi par les Européens, et surtout les Français, les jours maigres, car Sa Sainteté, dans son système, a rangé le castor parmi les poissons. La chair du castor qui s'est nourri de végétaux ou de feuilles du peuplier et de l'arbre à castor (1), est réputée excellente ; mais lorsqu'il s'est nourri de poisson, elle n'a pas bon goût. Aujourd'hui, pour la première fois, j'en ai mangé de bouillie ; tout le monde a trouvé ce mets délicieux, excepté moi, qui n'ai pu m'y faire. C'est mangeable, voilà tout. La chair du castor devient noire lorsqu'elle est bouillie et elle a un goût particulier. Four la

(1) Le magnoKtr, Magnolia gtaura. Linn.

228 gSPTEHBBE' 1749.

bien appréteT, il faut la laisser mijoter dans plusieurs èans depuis le matin joequ'à midi, afin de lui faire perdre son mauvais goût. La queue se mange ansn ; après l'aroir fait bouillir de la maniôre qui précède, on la met r6tir ; mais, quoiqu'on n'en veuille pas convenir, cette partie ne se compose que de gras, et il faat être habitué à ce mets pour en avaler nne bouchée. Qnelquefuis, mais rarement, on prend des castors à poil blanc.

Le vin est presque la seule liqueur que les gêna na peu à l'aise aient l'habitude de boire. Cependant, on fait, pour l'été, avec la tête de l'épinette blanche (1), on brevt^e qui s'appelle bière d'épinette ; mais l'osage n'en est pas général, et chez les gens de qualité il est rare qu'on en offre. Le Oanida ne produisant pas de vin, (on ne peut donner ce nom aux liqueurs insi|Hdes qne l'on fait avec le raisin indigène,) de grosses sommée sortent annueUemeut du pays pour l'importation de cet article. Lee gens peu fortunés boivent de Tean ; on c'a pas encore introduit ici la coutume de faire la bière d'orge ; quant au cidre, les vergers ne peuvent fournir la quantité de pommes suffisante pour qne l'usage de cette boisson devienne général parmi le peuple. Il s'en fait cependant, mais en petites quantités et seulement par des personnes riches, et par les grands propriétaires qui ont beaucoup d'arbres fruitiers, et plutôt par fantaisie qu'en vue de l'utilité ou du profit. La hante classe habituée dès la jeunesse à ne boire que du via, souffre beaucoup, en temps de guerre, lorsque Ira vaisseaux qui l'apportent sont interceptés par les corsaires anglais. A la fin de la dernière guerre, une barrique de

(I) La mani&re de brasser celle bière est décrile au loog dans les Mémoires de l'Ai^démic Royale des Sciences, année 175t, p. 190.

vin valait doui cent cinquante francs et même cent écus.

Un chenal de moyenne encolure coûte maintenant quarante francs (1) et plus. tJn beau cheval vaut cent francB. "Une vache se vend cinquante fraqcs ; mais il y a de» gens qui se rappoUent le temps où l'on pouvait s'en procurer une pour dix écus (2), Un mouton coûte cinq francs à présent, mais l'année dernière, alors que tout était cher, il coûtait de hait à dix francs. Un cochon d'un an, pesant de cent cinquante à deux cents livres, se vend quinze francs. M. Couâgne, le marchand, m'a dit avoir vu un cochon du poids de quat'-e cents livres chez les Indiens. Un poulet vaut de dix à douze sous (3), un coq-d'inde vingt sous. Un minot (4) de blé se vendait un éca l'an passé, mais à présent, il coûte quarante sous. Le maïs vaut toujours le même prix que le blé, parce qu'il n'y en a que très peu ici, et ce peu est accaparé par cenx qui font le commerce avec les Indiens. Un minot d'avoine vaut quelquefois d^ quinze à v^ngt sous ; mais ces années dernières, on en donnait vingt-six et même trente sous. Les pois ont toujours la même valeur que le blé. Le beurre coûte ordinairement huit d dix sous la livre ; mais l'an passé, le prix s'en est élevé jusqu'à seize sous. Une douzaine dlœuis ne coûte généralement que trois sous, cependant on en donne maintenant cinq Boos. Il ne se fabrique pas de fromage à Montréal, et > pour en avoir, il faut le faire venir d'ailleurs. Uu melon

I (1) Le franc est Je mùme valeur <iue la livre, el vingt-deux livres Tonlun louis sterling.

(2) Un écu vaut trois francs.

(3| Vingt sols font une livre.

(4) Jdesure franraiiie équivalant ù enTîron deux boisseaux anglaii.

230 SEPTEHBBE 1749.

d'eau vaut cinq on six sols ; mais s'il est bien ^ob, il coûtera de quinze à vingt sols.

Il n'y a pas encore de manufactures en Canada ; cela est dû, probablement, à ce que la France ne veut pas perdre l'avantage d'y vendre ses propres marchandises. Cependant, les habitants du Canada, aussi bien que les Indiens, souffrent beaucoup, en temps de guerre, du manque d'établissements industriels.

Personne ne se marie sans le consentement de ses parents. Cependant le juge peut en donner la permission si elle est refusée sans raison valide. Pareillement, si l'homme a trente ans et la femme vingt-six, ils peuvent se marier sans attendre pins longtemps le consentement de leurs parents. ,

. Cette après-midi, je sortis de la ville et dirigeai mes pas vers la partie sud-ouest de l'île pour examiner le pays, en étudier l'économie rurale, et collectionner des graines. En face de la cité, îl y a de belles terres autrefois cultivées, mais qui servent maintenant de pâturages. Au nord-onest, le Mont-Royal domine tout le paysage ; il est couvert de champs et de jardins depuis sa base jusqu'à son sommet, ce qui prouve la fertilité de son sol. Au sud-est, la riviÈre St Laurent, qui est très large ici, coule entre pne double rangée • de terres en plein rapport, de vastes prairies et de belles maisons en pierre, qni semblent blanches à distance. Bien loin, au sud-est et près du fort Chambly, deux hautes montagnes bornent l'horizon, et les monts du lac Champlain élèvent leurs cimes au-dessus des forêts. Le sol, partout aux alentours, est couvert de pierres de

différentes groseeurs, parmi lesquelles la pierre à chaux noire se voit fréquenunent. Â environ un mille français de la ville, la grande route longe la rivière qui est à. main gauche, et à droite tout le pays est cultivé et habité. Les maisons des fbrmiârs sont à une distance de trois, quatre ou cinq arpents, les unes des autres. Les bords de la rivière sont généralement hauts, escarpés et entièrement composés de terre végétale ; les champs sont coQverts de pierres, de roches et de morceaux de schiste calcaire noir. A deux milles français de Montréal, le cours de la rivière est très rapide et rempli de pierres ; en quelques endroits, l'eau est assez agitée pour produire des vagues. Cependant, ceux qui vont en bateaux dans les contrées méridionales du Canada sont obligés de passer par là.

Les outardes et les canards commencent à émigror par grandes volées vers le sud.

2 Octobre.

J'ai employé cette journée, comme les deux précédentes, & ramasser des graines.

La plupart des maisons des fermiers sont en pierre à chaux noire ou en moellons tirés des environs. Elles sont couvertes en bardeaux ou en chaume. Le comble en est toi\jonrB très haut et à pic. Les dépendances, les granges et les étables sont eu bois.

La gelée de la nuit dernière a eu un effet visible sur plusieurs arbres. Les noyers de toutes sortes perdent leurs feuilles, et les orties leurs fleurs (1). Les feuilles du tilleul ont été également endommagées. Dans les

|l) UrLica Jivar.ca'o.— Liiin.— (Urlkéjs), (M.)

jardine potagers, la gelée a détruit les feuilles da melon. Cependant, le hêtre, le chêne et le bouleau ne paraissent pas avoir souffert du tout. La terre est partout coureite d'ane gelée blanche. La glace de^ étangs a l'épaisaenr d'une ligne et demie géométrique.

L'œnothère bisannaelle (Linu.) croit eu abondance sur les collines boisées, là on la hache du buoheron a fait de larges éclaircies et dans les champs en friche. Un vieux français qui m'accomplirait pendant que je faisais ma collection de graines, ne pouvait asse^ vanter, oonune un remède excellent pour la guérison des bleesurea, la feuille pilée de cette plante.

Un mot maintenant sur les Sœurs de la Congrégation. Ce sont des religieuses qui, à la di£fêrence des nonnes, ne vivent pas dans un seul et même couvent ; elles ont, tant à la ville qu'à la campagne, des maisons qu'elles habitent, et elles vont demeurer on il leur plait. Il leur est même permis de se marier si elles en trouvent l'occasion ; mais on me dit que cela arrive très rarement. Eu beaucoup de paroisses à la campagne, il 7 a deux on trois de ces sœurs et même plus ; généralement, leur maison est voisine de l'église, et le terrain de l'antre cAté est occupé par le presbytère. Leur mission est d'élever les jeunes filles dans la religion chrétienne, de leur apprendre lalectnre, l'écriture, les ouvrages à l'aiguille et les arts d'agrément qui font partie de l'ëdacation des femmes. Les parents riches mettent leurs enfants en pension dans les maisons de ces sœurs, qui fournissent la nourriture, le logement, la literie, l'instruction et tout ce qui est nécessaire anx élèves à des termes très raisonnables.

La maison mère est à Montréal, et c'esl de là que les religieuses sont envoyées dans les succursales, à la cam-

LACHINB. 233

pagna. Une dame qui désire être admise comme membre de la communauté doit verser une somme considérable dans la fonds général ; on dit même qne cette dot s'élève jusqu'à quatre mille francs. Mais une fois professe, la religieuse est snre de sa subsistance pour tonte

Lachine est un joli village situé à trois milles français au Sud-Est de Montréal, sur l'île du même nom, et le bord de la riviàre St Laurent. Les maisons des fermiers s'alitent sur la cAte, à quatre ou cinq arpents les unes des autres. Le village possède une jolie église surmontée d'un petit clocher, et le site qu'il occupe est très agréable. Il doit son nom ii l'aventure suivante: durant le séjour qu'y lit ce pauvre M. Salée (1), qui devait plus tard périr dans une région lointaine, massacré par ses compatriotes, il ne parlait que d'un projet auquel il donnait toute sou attention : trouver la route la plus courte pour la Chine, par la rivière St Laurent. C'était le sujet continuel de sa conversation comme de ses recherches. Mais au moment d'entreprendre le voyage qui devait amener cette découverte, il lui arriva un contre-temps, et il ne put aller plus loin : de là le nom de La Chine donné à ce village par dérision.

J'étais de retour à Montréal daus la soirée.

Le gouverneur-général à Québec est, comme je l'ai dit plus haut, le commandant en chef du Canada. Après lui, vient l'intendant de Québec, puis le gouverneur de Montréal, et ensuite le gourerneur de Trois-Bivières.

m Cavelier ile U Sallo. (M.)

2S4 OCTOBBK 174P.

Après le gonveraenr-géuéral, l'intendant est l'officier qui a les pouvoirs les plus étendos ; il est le trésorier dn gouvernemunt, le président du bnrean des finances et de la coar de justice da pays. Cependant il est subordonné an goavernenr-général, qui a droit de loi donner des ordres et de le rappeler au devoir quand il rient à manqner à quelqu'une des obligations de sa charge, ot l'intendant doit se soumettre. Néanmoins il lai est permis d*en appeler an gonvernement français. Dans clfacnne des principales villes, le gouverneur est le premier en autorité, ensuite le lieutenant-général, puis le major et après ce dernier, les capitaines. Le goa< ^ernen^•général a l'initiative dans toutes les affaires importantes. Qaand il va à Trois-Rivières et à Mont< réal, le pouvoir des gouverneurs locaux cesse, parceqn'il commande tonjours là où il est. Le gouverneurgénéral monte à Montréal une fois par année, en hiver le plus souvent ; pendant son absence, c'est le lieutenant-général qui, à Québec, exerce le commandement, à sa place. Avenant le décès du gouverneur-général, ou son départ pour la France, le gouverneur de Montréal laisse cette dernière ville sous les ordres du major, et va à Québec, prendre le commandement par intérim.

Il vient chaque année, en Canada, un ou deux vaisseaux dn roi amenant des recrues pour remplacer les soldats morts au service, ceux qui ont obtenu la permission de s'établir comme colons, dans lo pays, ou qui s'en retournent en France, après avoir fini leur temps. Le nombre de ces recrues est actuellement de cent à cent cinquante, sans compter les contrebandiers, dont on envoie un bon nombre en même temps. Autrefois, on les condamnait aux galères ; mais à présent, on les dirige sor les

colonies où Us sont libérés dès leur arrivée, mais à condition de ne pas sortir du pays saiis un permis spécial du rot.

Les vaisseaux apportent aussi une grande quantité de marchandises achetées par le roi pour être distribuée? parmi les Indiens en certaines occasions. Les habitants du Canada paient bien peu de taxes. En l'année 1748, on a commencé, cependant, à frapper d'un impôt de trois pour cent toutes les marchandises françaises importées par des négociants da Canada. Il fut aussi réglé, à cette époque, que toutes les peanx et fourrures expédiées dn Canada en France paieraient un certain droit ; mais ce qui est expédié aux colonies ne paie rien. Les marchands de toutes les parties de la France et de ses colonies ont la liberté d'envoyer au Canada des vaisseanx chargés de denrées ; pareille liberté est accordée aux marchands de Québec, et ils peuvent expédier les produits du pays à tous les ports de France et de ses colonies. Mais les négociants de Québec ont peu de vaisseaux, parce que les gages des matelots sont trop élevés. Les villes de France qui commercent le plus avec le Canada, sont en premier lieu la Rochelle et Eordeanx, pnis Marseilles, Nantes, Hâvre-de<Q-râce et St Malo. C'est de Brest ou de Rochefort que partent les vaisseaux du roi qni viennent apporter des marchandises au Canada. Les négociants de Québec expédient sur leurs propres vaisseaux, de la farine, du blé, des pois et des ustensiles en bois, etc., aux possessions françaises des Indes Occidentales. Les murs de Montréal ont été bâtis en 178& aux dépens du roi, mais à charge par les habitants de lui en rembourser le coût peu à peu. La ville paie maintenant chaque année à l'acquit de cette dette, 6000 livres, dont 2000 sont fournies par le séminaire. A Québec, les murs ont pnreillement été bfttis aux frais du

trésor ; mais les habitante de cett« ville ne sont pas tenas d'en rembourser le coût, vu qu'ils ont d^j^ ^ payer un droit sur leurs marchandises.

La compagnie française des Indes a le monopole du commerce des peaux de castor et personne n'a le droit d'en vendre ou d'en acheter ici, à l'exception de ses agents. Mais le commerce des autres fourrures est ouvert & chacun. Les Français ont des magasins à plusieurs endroits dans les régions lointaines occupées par les Indiens ; c'est ce qu'ils appellent tes postes. Le roi u'a pas d'autres forteresses en Canada que Québec, le Fort Ohambly. le Fort St Jean, le Fort St Frédéric ou Crown Point (1), Montréal, Frontenac et Niagara. Tontes les autres places appartiennent à des particuliers. Le roi s'est réservé le trt£c de Niagara. Quiconque se propose de faire le commerce avec les Indiens doit avoir une licence du gouverneur-général ; il paie une somme proportionnée aux avantages pins ou moins grands qu'offre la localité où il veut aller. Un négociant qui envoie un bateau chargé de toutes sortes de marchandises, et monté de quatre on cinq hommes d'équipage, est obligé d'obtenir une licence qu'il paye cinq ou six cents livres ; il y a même des postes où le droit de commercer coûte mille livres. Quelquefois, on ne peut acheter une licence pour aller à certains endroits de commerce, parce que le gouverneur-général en a disposé ou entend en disposer en faveur de quelqu'un de ses parents ou connaissances. L'argent provenant des licences appartient au goaverneur-géuéral. Mais il est d'usage d'en donner la moitié aux pauvres ; je nç

(1) Pointe A la Clievelure.

UONTSÊAL. 287

pois dire si cette coatame est observée strictement*

Le paragraphe qui suit, omit dans la version anglaise, a été traduit de ta version hollandaise.

La religion du Canada est la religion Catholique Romaine ; ancnne autre n'y est tolérée. Il est admis par tons ceox qui ont voyagé en France, que le Français du Canada est plus fervent Catholique que sou cousin d'Europe. Malheureusement, la religion ne parût consister ici qu'en pratiques extérieures. Le service se fait en latin, et personne n'a l'air à y comprendre grand'chose, ajoutez à cela que le latin est si mal prononcé, que même une personne bien versée dans cette langue, ne saurait en distinguer un traître mot. Le sermon seul se fait en français. Je n'ai jamais vu de bible latine ou française entre les mains d'un ecclésiastique, prêtre ou moine. La Yîerge Marie paraît plus honorée en Ca- , nada que Dieu même.

IsTOTEiS.

Note A. (page 3.) 0E Ldsignui.

Environ te S Juillet 1692 "le Sieur de Lusignan, capitaine rèrrirmi?, lomba dans une embuscade, en passant par les isles d» Bicholieu, et rut tué à la première décharge." {Charleooij; Tome !d page t Ih.)

Aprèi avoir cité ce texte, Le Commandeur Viger, dans une dissertation très intéressante, sur la famille de Lusignan, prouve que cet oQlciur s'appelait Paul Louis Duzemard, Sieur de Lusignan ; qu'il épousa à Champlain, le 5 février t689,Madtle. Jeanne Babie, et qu'il était originaire de la Rochelle.

En 1691 II eut un Qts qui fut aussi nommé Paul Louis Dazemard, Sieur de Lusignan. Ce fils Ait marié 4 Montréal, le IS janvier 1 72!, à Dulle Marguerite Bouil. Il était alors enseigne d'une compagnie du détachomenl de la Marine. Ea 1733, il obtint de MM. de Boauharaoîg et Ilocquart la ceneettion d'wu leigneurie d'environ 1 lieues de front, sur 3 lieues de profondenr, dans la baie de Miasisquoi, au Lac Champlain, concession qui fbt ratifiée par le Roi, le 8 février 1733.

Celte même année, 1735, le Sieur de Lusignan, qui était alors désigné comme lieutenant des troupes, fut détaché pour commatulcr à la rivière St. Joiepk, {lilinois) d'oil il est revenu en (739.

Après avoir été commandant au Poste ou Port de la rivitro 8t. Joseph, de 1735 à 1739, Paul Louis Dazemard, (ou d'Asmard) Ecr., Bieurde Lusignan, seigneur d'une seigueurie dans k Baie de Miasisquoi, était commandant au Fort St. Fiédéric, en 1749, lorsque Kalm le visita.

En 1759, M. de Bourlamaque, brigadier, en repliant les troupes de la frontière, le '^8 novembre, eut l'ordje de laisser 300 hommes de garnison commandés par le Sieur de Luslijran, cai'itaine des troupes d« ta Marine, daoa un fort de pieux construit à la Qn de la campagne, au milieu des retranchements de l'isle aux Noix.

Le 39 août 1760, le fort St. Jean fut brûlé par H. Je Rnquemaure. L'armée anglaisa descendit vers Si. Jean après la destruciiou du fort. Un renvoya un détachement s'emparer du Fort Chambly siiué aux bas des rapide* et dont les fortiflcatlons en pierre n'Étaient pos capables d'arrêter une armée. Le Sieur de Lusignan, ancien capitMae de la colonie, en était le commandant. Il attendit pour se rendre qu'il y eut du canon de placé L'année prit le chemin do la Prairie, fi. B.

N<^te B (page h).

RollaniJ Michel Barrin, comte de La Galisionnifre.

Le Roi avdil nommti, |)ar commission du 15 mars 1746, M, Le Marquit de la Jonquièrt, pour remplacer le gouverneur, H. de Beauharnois. Il vonail en 1717, prendre possession de son gouvernement lorsque la llolte qu'il montail et commandait comme Vice-Amiral, fui attaquée à la hauteur du Cap Finisl&re et défaite par les amiraux anglais Jniort et Warren. Ce combat dans lequel la Marquis Rit fait |H-ifoanier de guerre, eut lieu le 3 mai. Le comte de la GatiitonniiTe fut aommé par la Cour pour administrer le gouvernement du Canada par intérim, ou durant la captivité du M. de la Jonquière.

M. de la GaUfonnUre, muni d'une commission du Roi du 10 juin 1747, (ol non 17)5 comme il est dit à lu note de la page 185 de ce volume et dans Feller) dut arriver à Québec le "A septembre suivaul, dans I'ud des trois vaisseaux du Roi qui mouillèrent l'ancre le môme jour, puisqu'il est de Tait qu'il fit eur^gislrer sa commission le 25 septembre m6me, et non le 35 juin, comme dit Smilh dans son " HMory of Canada."

H, de la JonquiËre releva H. de la Galinonnièrt comme gouverneurgénéral, en 1749, on vertu de sa commission première de 1746. H. de la Ualissonnière B'oml)arqua pour France le 14 aeptembre 1749.

Ejili'ail (Tunenotict du conimanitur Viger ntr les gouverneurs du Canada.

Note C {Page 5)

GAUTBlIfR.

Jean François Ghuthebr , premier médecin du roi ft Québec, et conseiller au conseil souverain, était né vers 1711, Il mourut à Québec, ft l'dge peu avancé de 45 ans : il Tut enterré le 1 1 juillet, I7i>6. Gauthier était un savant modeste qui partagea'! son temps entre l'élude et l'accomplissement des devoirs de ses deux "harges, importante pour lui, non pas tant peut-être, à cause de l'honneur que de la très modique pension qu'il en retirait.

Comme Sarrnzin, qui l'avait p'écédé dans le m<)me emploi, il attacha son nom à des découvertes botaniques: comme Sarrazin, il était correspondant de l'Académie des scienci'S. A l'époijue où Kalm le rencontra, il était jeune encore, puisqu'il n'avait que 37 ans. Les documents nous manquent pour établir la date certaine do son arrivée à Québec et pour écrire sa vie d'une manière convenable. Noua le voyons siéger au conseil, pour la première fois, au mois de mars 1745, Il est nommé plusieurs fois rapporteur .dans des causes criminelles, portées en appel devant cette cour suprême, ce qui prouve la conRance que ses confrères avaient dans sa eaptctié. Nous croyons qu'il mourut victime de l'épidémie causée par le Léopard, une des frugales de l'escadre qui amena Montcalm. Bu un clin d'œil, les

hôpitaux furent encombrés, le commandaDt, le lieutenant et l'aumonier du Léopard monniient, et au 20 juin, il f avait encore près de 300 bommes malades. D&w es cas, H. Gauthier aur&it eu le même sort que plusieurs relIgieuBes de l'HAtel-Dieu et de rHâpltal-^nêral dont il partagea le dévouemenL

Nous on>yon« qn'll avait épousé une Délie Tarieu de Lanaudiëre de la Pérade. Du moins, asrisl«nt~n juillet 1754— au mariage de Oame Uagdeleine Coulon de Viliers il est qualifié de cousin de l'épouse, en même temps qu'on désigne comme cousine, — et elle l'était en elTel — Dame Marie Anne de la Pérade, laquelle signe Lapirade-Gauthier.

(H. A. Vsaitiiu.)

Le Dr Gauthier était un botaniste distingué. Son nom a été donné jur ' Linné, d'après Kalm, i un genre important d'arbrisseaux du continent de rAmérlque,à(leuraeDgrappe8te^inalesappart«nant àla ramilledesEri-

gne, Mdemeriiier, a des Oeurs purpurines auxquelles succèdent des baies

d'un rouge écarlate qui sont comestibles. Bn France oo extrait des Deurs

de celte plante une huile essentielle qui est employée en parfumerie. H.

Note E (Page 28).

AutBADTt.

La remarque de Kalm est trop générale et elle ne commence à se vérifier que sous l'administration de M. de Maurepas, comme on peut le voir par l'extrait suivant d'un ourr&ge presqu'oQlciel :

"Les trois gouvernementg giaéraux de la Nouvel le-Vrance, ou de l'Amérique française, «oui le ministère de H. le Comte de Haurepas^ Secrétaire d'état de la Ifarine et des galérea du Roi, sont remplis ordinairement par des odiciers de la marine ; et toutes les troupes du Roy qui sont dans ces pays avec leurs ofiluiers, sont détachés des compagnies franches de la marine, qui résident dons les ports de France, aux ordres de Mgr. le comte de Toulouse, Grand-Amiral en 1683, et Mgr. le Duc de PenthlËvre, His de S. A. 8. en survivance, du premier Janvier 1734." Plan det prineipa-et vUlei mariliinet, etc., par ieman de la Jaitie, PaiHs. 173e. '' '-

Bn edbt, H. de Haurepas parvint au ministère de la marine en IT23, et à partir de cette époque jusqu'à la conquête, tous les gouverneurs furent dtolsis dans la marine. H. A. V.

Note F (Page 37)

En 1604, 30 Sept. Louis de Gannes, Ecr., sit-ur de Falaize, Lieult nant de la Marine en ce pays, demanda et obtint la concession de la seigneurie de St. Dinis, ainsi décrite dans les documents relatif à au régime féodal.

" Les dites 2 lieues de Lerre île jvofaodeur derrière la lerrd et Beigoeurie de Onlreoceur, sur Umle U largeur d'ioelle, qui «et de 2 lieues, laquelle prorondeur passera en partie au deli de la rivière de Cbambly * *, aveclee isles et iileta qui se tronveroat dans la dite rivière de Cbombly ', en pn>priitè à toujours, a titre de fier et seigneurie, haute, moyenne et basse justice avec droit de chasse, peschaet traite avec les sauvages dans taule l'étendue de la présente concesiion."

Le li sept. IT4S, HM. de Beaubamois et Hocquart Acrivani au comte Uaurepas, dans un rapport sur les alTalres de la colonie, riisaient la mention suivante :

* " Le Sieur de Gannts l'un des capitaines d'inrantorie qui sont restés t risie Royale Jusqu'k l'éveeuation oomptète, par une lettre du 33 Juillet, nous a communiqué la mAme nouvelle que le Sieur Iriard." Il s'agissait des mesures que prenaient les Anglais pour opérer contre la coloBie franjaise. Parit docmnmti de 1745 & 1778,

Dans un journal des opérations mililaires durant les années 17154 1746 on lit la noie suivante :

" 30 Sept. Nous apprenons que M. de Ganiut, Député-GouveruLur de Montréal, est mort le 26 de ce mois."

Dans nn journal des évtaenients survenvs au Canada de 174641747 on lit ce qui suit, k la date du t No. 1747 :

«Jean Gannes, cl-devani contre-mallre du vaisseau 8t. Joseph, de St. Malo, commandé par le Sieur Georgea Desbayea, est arrivi do Terreneuve dans un bateau avec 19 hommes appartenant à l'équipage dn dit vaisseau Ce qnl suit est extrait de son journal :

"Le 30 Sept. Vent B. 0, on apperçoit au havre de Grillet.i dist nce d'une demie portée de canon, un vaisseau de 61 canons, 3 frégates de 3S i 30 canons, et une goGlette de 14 canons, tous occupés i sonder les environs du havre; il était 8 heures du malin ; après avoir examiné la profondeur de l'eau, ils commancèrent à explorer les deux chenaux du havre sur l'espace de 6 lieues, sans mettre les voiles. Le soir te grand vaisseau fut mis en position d'attaque ; ce qui détermina les 3 capitaines do L'heurenit Miuie, Le Sauveur et le Joseph, k dépêcher un otlicier avec oITre d'une ran;on ft bord du vaisseau anglais ; mais le commandant refusa de l'écouter. Le Sieur Deshayes et les autres capitaines résolurent alors de se rendre, et lui, (Jean Dugannes) et 19 hommes laissèrent Grillet le même soir, dans un bateau avec quelques provisions pour Kerpont où ils prirent une double chaloupe qui les conduisit à Quét>au," Parit DoçumtMâ.

Cn»RLEvoix parle d'un U. de Oannea qnl servait comme ofDciar sous U. de Villebon en Acaitie, et qui se distingua à la défense du fort de

Msxoat, assiégé par les Anglais en 169G. Il mentionne aussi l'arrivés du

Sieur de Falaise, venant de Québec, pour avoir pris part h ta défense de

Naxoat.

Pages 183 à 184 Vol. H. ,

—M. Paul Ttos. de Cannes Falaise, Pire., arrivée au Canada le 28

Août 1731, et parti le 6 Oci. 1743.

Lille <hroH»l»gique da Mgms et prttns du Canada. R. B.

.Note G (Page 52) Château Vaudretât. Ce château coaslruit â l'endroit qu'occupa aujourd'hui la Place Jacques-Cartier, a existé jusqu'en 1803. Voici une note «itr&U, de y AUmmd€sSoureniri Canadiens de Teu le Commandeur Viger qui donne lea dates de sa construction et de sa destruction, ainsi que sa dernière desUnalion :

" hueriplioit trouvée le 15 Mai 1806, sous la pr«miëre pierre de l'angle " su>l-e3t de l'ancien Vhditau Vaudreiiil, A Montréal, employé comme " premier Collège de celte ville, du 1er. Oct. 1773 au 6 Juin 1803 qu'il Tut " détruit par le feu.

Cette pierra *a eslé posée'par'Oame'Lovise-ËlizabAli* Jorabere • Femme ■ de • Havt • et pvisaant " Seignevr* Philippe • de • Rlgavd • Chevalier * Harqvis * de Vavdrevil • Grand * Croix ■ de • 8t, Lovis • Govvernevr ■ Lievtenanl • Général 'povr* le* Bol 'de* tovtie" la* Novvelle ■ France • Septentrionale *

En 1723 'Le '15 May»

Sept Maison" appartien* ft Monsievr* Le' Marqvis* de* Vavdrevil"

Table alî'Habetioue de lA traduction.

Abenakis, 69

Abits Canadensis, Tnicbo (Conirères)

122, 132 —fotiis lublui argenteii, 39 Abo, 98

Aborigènes, 95, 96 Abslinence. jours d', 143 Académie roysie des sciences

Paris. 26, 185,240 ■ —royale des sciences de Slockliolm,

27,37, 135.224,228 Acadie, 242 Adiantum pedatvm, Capillaire du

Canada (Fougères), 90 — CapiViuiue/ieriijIe Capillaire d'Europe, 90 Agniera, Onldoes, 134. 136, 191 Agriculture, 39, 40, 46, 51 , 59, 61 . 69,

117, tl9, IÎ4, 144, 146, 147, 156,

221, 222 Atbany, t, 2, 3, 49, 90, 129, 201, 206 Alcool, 128 Algonquins, 155 Allemagne, 91.190 Allium eepa, oignon lUIiacées). 91 —pomtm, poireau, 91 Amadou, 171 Américains. 7 Amérique, 46, SI, 52, 92, 95, 96, 160.

—du Kord, 5,6.7.22,31,40,43,83,

155, 160,161 166.205 —Britannique du Nord, 27 —du Sud, 7. 97. 138 Amirauté D-ancaise, 28, 183, 241 Ammoniaque gazeuse. Esprit de sel

ammoniac, 128 Ammonites (Amraonidéas|. 18 Ammophile arundinacée. aruTtdo

artnaria IGraminée^), IGO Amphitiole noire, hornblende, 186 Anglais et Français, 4, 6, 34. 42, 45,

139. 194,199,205,227 — et Américains. 7 Angleterre, 3, 6. 85, 137, 190 Anguille, Aiguilla ( Uala copte ry-

giens apodes), 71. 155, 169.

Animaux de boucherie, 143

Anne, Fort, 8, 46, 49

Anone, Anona mwicala, 226

AnioQ, amiral, 240

^pocyn à Teullles d'androsème. ^po-

cynum andrQsxniifoHimi, 21 Arbres et plantes de l'Amérique du

Nord, (Liste des). 5,6 — IruiUers, 223. 228 Architecture, 45 Arclium Lappa, Bardano (Composées

cinarées), 22 Arclostapkyloi, raisin d'oura (Krioa-

oées), 161 Ardoise k couve.-ture, 78 Ardoisier,scliiïte-à'cÂi>fUf raj(.'ar«ii;(,

17, 71.78.81, 141. 144, ISO, 154,

159, 168, 174, 185, 195 Argents, mine d', 140, 154.161,164 Armes à feu, 205 Arpenl, 15 Artisans, 45, 54 Arts mécaniques, 45 Asclépiade de Syrie, Cotonnier {As-

clépiadées), 22 Asie, 97. 156 Assomption delà fi. V. M., Pèle de 1',

— HIvière, 222

Astère, 224

Asthme, 87

Alocas, canoeberge, 161

Aubry, Joseph, Père Jésuile, 196

Augiule, le navire i', 94

Aumûniers. 112

Avoine, 156, 221, 229

Babie, Délie. Jeanne, 239

Baleine. 177

—fossile, fcofaenodon, 13

Balais de cèdre, 130

Bardane, Arclium Lappa (Compo-

sées-Cinnrées), 22 Bartrum, John, 6. 129 Bateaux. 13

Beaubaraois de, 94, 239. 240, 242 Beau port, 193 Becancour, 69, 107 bellemare R., 239, 240. 243 Berceaux ou pavillons d'été, 149

Berle, Sison Cimodwue, cher vis ( OmbeJliRreB),2î

BestiRUK, 46, ItU, 142, 190,

BAie-puanle.Pefain, Wood-shock, Maries Canadensis. 111 Beilerave, Bela-rapa (Cbenopodâi

aniérinéefl), 91 Beurre. 171, 194, 529 BlËre d'épinette, 139,328 Bison, bos americamti, 4S Blaireau d'Amérique, Mêles labrado-

rica, 209 BlaltR des cuisines, 72 Blé. 40, 124, 156, 188, 197, 221, 222.

Blende calaminaire, 165 Boissons, IÏ8. 138, 139, 176, 209, 228 Bordeaui. 235 —Vin de, 139 Bothnie Orientale, 166 BouAt, Belle. Harguerite, 239 Bouleau, 122, 172,232 Boulea de pierre, Stenopora pelropo-

lilana fibrosa, 19 Bourlamaque de. 239 . Brasska oleracta, chou, (CrucIfBres)

—Jiapuj, navel, 91 — Oon^nMei. chou-rave, 91 —Na'pobraisica, chou-navet, Brost, 235 Brion, Bn/um, mousse des rochers,

Brûlures et écorchures, 122, 132 BiisBeroie, raisin d'ours, 161 Bying, Amiral, 5, 185

Cabriolets. 142 Californio. 182 Calorique. 128 Gampanius Thomas, IGO Canada, Colonisalion du, 82. 234 Canadiens et colons Trançais, 7, 3i,

45, 223 Canards, 231

Canneberge, atocas, ICI .

Cnnols, 13, 130. 198 Cantons de l'Est. 78 Cap-au-corbeau. 165 — aux-oyes, 159 Capillaire (lu Canada, Adianlumpe-

dnlum (FoQgÈree). 90 — d'Europe, AdiatUum capillui vme-

~is,m

Copolsblevt, 194

Caractères lartaree, 96

Carcajoii, glouton, gvlut luteui,

■Wolcerenne (Plantigrades), 209 Caribou, 104 Carillon, 3

Caroline, Blat de la. 27 Carotte, daueus earotla. CUmbelli-

fère»^ucinées),9t, 192 Carrosses, 142 - Cartier, J acques, 54 Casses, N. Y. 129 Castor, 14, 22G Castor, U finale le, 1B3 Catesby. Bitloire /falwelte de la C<i-

roline, 86 Cathédrale de Québec, 75 Cèdre, 50. 129 Céloron de, 94, 95 Celsius, thermomëlre de, 188 Cens et rentes, 1 10 Cerf, 225

Cerisier, 121, 122, 172. 188. 189 Cernes, indiquent l'Âge des arbres,

—Rivière, 62, 242 Champignon de bois, 171 Champlain, Bamuel de, 81, 82

-Lac, 3, 19, 23, 28, 30,34,35,62, 153,220,239

-Rivière ou Rivière St. Jean, 2, 38,

-Fort. 39, 145

-Village, 195,239 Chantiers de marine, 144, 145, 183 Charbon de bois, 67 Chardon tntè.CarduUi crUpui,{Ciam-

posées-cinarées). 225 Charlevoii. 86, 158. 173, 210. 212,

239.242 Charme, carpiniis, {Cupuliftresl. 122 Charrues, 16, 221 Chêne d'Amérique, 145, 232 Chat sauvage, (Carnassieri félidés).

Chervis, cerfeuil sauvage, Siton eanadmu (Ombellifires), 22

Cheval, Equus coteJ/iu (Solipèdesl, 12, 37. li?, 229 *^ '

Chèvre, cavra (Ruminants bovidés) 143 . . '

Chevreuil, certnu eapreotut (Ruminants cervidés), 225

Chicasas, 94

Ciiicorée ou Endive, Ckhorium tn-

iybtu (Coinpoaées chicoracées), 91 Chien, 140. tSI — eequimanz, tSt Chiocapia, fïhie du bélre oaln, Fagui

pumila (Cupuliraras), 21B Chine, 86, 88, 90, 96, 128, 138, 233 ( hinois, 86, 88, 89 Cbou, JJriMilM olerocea (Crue itères),

— iMVet, Brattica NapiA)nunca,i\ —rave, " gongulodtt, 91 Cidre, 32S CircÈe de monUgn'», Circaea Alpina

(Onagrariées), 121 Ciarna, Venttt mereenaria, écaillas de

la tridacDe, 135 Clergé canadien, 106, 108 CUrk ofAe Califomia, 182 aimat,36,57, 115, lit, 135 1*2.187,

190, 197, 220 ClAlares. 119, 130 CoekUariaarTMraeia,eranton, Bai-

Tort (Cracinrw-AlysRînées), SI Cochon, Sm» iomatictit (Hammiffires

BisulqueB). 229 Colden Cadwallader, 6, I2B Coldingham, chaleau de, 129 Colibri, Ti-ochilw coiibrii. e9 Collages, 16, 55, 65, 76, 100. 243 Colombe, Christophe, '^2, 98, 160 Colonies anglaises, 6, 34 ColomsatloQ, 16,234 Combustibles, 67, 130. 218 Commerce, 80, 204, 235, 336 Commbsalre du roi i IfoDlrÉal, 52 Compagnie des ceot asBociëi, 76 — dts Iodes, 23S Complexlon des Indiens, 136, 177 Concesaion des terres, 35, 1 10 Concombre, eticumli (Uucurbl tachai)

91, 189, 192, 301 Condamine La, 28 Conglomérat, 118 Consomption, cas dd, 90 CoDSlipalion, remèdes coulre la, 134 CoDtrectEur, Seigneurie de, 242 Coraux, 19 Corbeau, coFi'ui, (Paisereanx-coni-

rostres corvidés), 157 Cor4e,86 Cmmier on Bori>ier, sorbuj avcuparia

(Rosacéus-Pomacées), 115, 122, 161 Corneilles, 157 Comua ammonU, Corne d'Ammon,

Cornouiller sanguin, boii punaU,

Cornutus, Canadmt. fiant. Hisloria,

Corossolier, cachimentier, anone

(Anooacées), 226 Cortez Fernando, 96 Costumes des lndiBn^ 133, 135, 206,

Cou«gne,M.dB. 211, 22»

Courcalles, U. de, 194 Coureurs des bols, t04. 305, 210 Courge, 91, 192,203,225 Coutumes et maurs des Anglais et

des Français, 4, 34, 12, 43, 44, 50,

214, 228 Couvents, 56, 65, 77, 99, 1 13, 133,

Craolz's, History of Groenland, 182 Crimée, 71 Criquet, 72

Cristal de montagne, 164 Croix et calvaires, 40, 60, 219 Crown Poinl, Fort St. Frédéric, 3, 38 Cuivre, cuprum, mines de, 212 Culleo, Dr., Edingburg Phyticai and

Literary Eisafi; 128 Cultivateurs, 146, 193, 194, 202, 221,

223, 231 Curés, 106. 108, 109, 110, lit Dalaî-Lama. culte du, 96 Daniel, l'abbé, P.S.S., 57 Daucusearotta, (Ombellifères-Dancl-

nées), 91 Dazemard on d'Asmard, Paul Louis,

Sieur de Lusignan, 239 Débftcle, 58, 188 Déclinaison de l'aiguille magnéliijue.

Dégénérescence des espèces bovines,

142, 143 Dent-de-lion pissenlit, 11 Deshayes, George, 242 Détroit, Fort, 176

Deux-Montagnes, Lac des, 213, 220 Dîmes, 111

Diocèse de Québec, 80, Ûobbt galUy, 182

Domestiques, laquais, servantes, 94 Dosquet, Bv&iue, 183 Draps, 206

Bau-de-vie, 209

Baui ei PorAts, 15

EUsisterie, 45

Eboutement, Terre d', 156, IS7

Echange, 52

Eclairage des maiMos, 157

Ecoles, 46, 60, HO

Ecorchures et brûlures, 123, 133

Ecnvme. Aslaeus /twiaiilU, (Ctub-

ucés Décapodee-macrourss), 145,

Ecume-de-nier, Hagneaile, 71 Edifices, principaux,— de Québec, 71 Edwards, George, Hittoire gaturelU

det OUeaux, Ï5 Eglises de Montréal, 55 — Notr»-DaiDe, 55 — desJAsuites, 55 —des Ràcollets, 55 —du Couvent, 55 —de l'HûpiUl, 55 Eglises de Québec, 75 — des Jésuites, 75 ' —dea Récollets, 76 — des Ursulines, 76 — Notre-Dame de U Victoire, 76 Egypte, 41 Elan, 155. 325 Elépbant fowile, 10 Ellébore i trois feuillet, /hlkborus

trifolius (Renonculacées), 13t EllîB, Uenry, 183

rien

Endive sauvage, 91

Epidémie ae 1756 à Québec, 340

Erable, 123. 132, 171, 21H, 319, 234

Erie, Lac, 176

Bapagnals, 96, 98

Esprit de vin ou alcool, \iS

—de sel aamwiiac, 138

Esquimaux, 97, 141, 176

Essex, Comté d', N. Y., 3

BsLanduère, Marquis de 1', 183

Esturgeon, 3!

Eupborbiacéos, famille des. 27

Europe, 7, 11, 34, 4Î, 46, 5a, 90

EvangélisBllon des Sauvages, 107,

108,112 E va porallon des liquides, 128 Evéché de Québec, 76 Eventails, bO Bvéqae du Canada, 80, 106, 136, 196

ExpèditioM des Français i

Sud, 94, 95 Exportations, 11,235

trdii

Paine, fruit du hêtre, 232

Farine. 135

Feldspath, 17

Feller, Biographie Universelle, 240

Femmes, les,— «anadiennes, vi, 42.

Fenairon, IIS. 189

Fer. mines de, 66, 167, 195

Fermes. 40, 60, 120, 143, 144, 146, 147, 192

Perland, Abbé, 27, 45, 68, 73. 94, 166 181,183

Fertilité du sol, 156, 197. 331, 330

Fièvres intermiUentei. 7. 27, 131,

Finistère cap,— Combat naval pr^ du, 183, 240

Finlande, 136

Flora Cmadeiuû, 103, 166

Flore canadienne. 5, 90

Folle avoine, Zisaniaaquatiea, (Graminées), 35,41, 236

Forges de St. Maurice, 66

Forster, John Reinhold, 6, 1 1, 17, 66 79, 130, 163, 165, 174

Fort Anne, 8, 46. 49

— Chambly, 36, 166. 193, 230, 336

— Champlain, 39, 145

-Détroit. 176

-Frontenac. 238

— Naxoat. 243

— Nicholson. 49

— Uswego, 49

—St. Frédéric. 3. 8, 38, 30, 34. 35, 46 145. 176,236,339

—8t. Jean, 30, 35, 154, 236, 339

—St. Joseph, 239

Forteresses, 236

Fossiles animaux. 10

—coquilles, 18, 228

"lurmi noire. /'omuco m'çnt, (Hyménoptères), 134

Pours à chaux, 69, 130, 317

Fouirtau, viat>a,MuUftt, Vison |Carnassiers-Mustelidés), 3tl

Fraisier, Fragaria (Rosacées-Dryadées), 188. 189

Framboisier, 114, 188

Franc, monnaie, 53

France, 3, 5. 11, 15.38,42,53.83,88, 96. 103.110,125,138.142.141.176.

Français et anglais, 4. 6. 34, 42. 43.

Français, colons et canadiens, 7,

21, 91, t93 Franciscains, SS, 63 Franklin Benjamin, 6 Frêne, Aw«hu, (Oléacâes), 123. 173 — Muvage, Sorbut auetiparia (Ro ~

cies-Pomacées), US, Ut Fricbe, lerrM en, 119 Fromage de l'Ile d'Orléans, 171 FusUs, 20a

Gadellier noir, rite* ntgrim, 51 — ronge, ribei rubrwm, U9, 192 Gages des domeitiqueB elc., ii Gaillel des teinturiers, ga Hum tinetly-

rum, Tisavoyanne ronge (Rubia-

céet), 13 —jaune, geUiwn tuteum, 13 Gali, Myrica gale, Plmrnt royal. 161 Galène, su lAire de plomb nalurel, 163 G&Utsonnière, Comte de la, 4, 5, 3S,

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