‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 5 sur 49 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Abo. Jusqu'à sa mort, qui arriva eu 1799, il occupa ses loisirs dons son propre jardin — l'Université n'en avait pEifi alors — à In culture de plusieurs centaines de plantes d'Amérique, afin de counidtre celles qui pouvaient s'acclimater en Suède (1). Il publia la relation de son voyage par livraisons qui parurent à de longs intervalles. L'impreesion coûtait cher alors eu Suède, et les libraires n'y étaient pas nombreux. Le plus souvent, l'auteur devait voir lui-même à la vente de son livre. Le dernier volume de son voyage ne parut que huit ans après la publication du premier. Traverser l'océan Atlantique était chose nouvelle à cette époque pour un Suédois. Kalm, comme tous les naturalistes, portait le goût de l'observation jusqu'à la passion, et il a noté soigneusement toutes les circonstances même les plus ordinaires de la tra> versée. Forster, dans sa traduction, a omis grand nombre de ces détails, n'y faisant entrer que les descriptions qui avaient un intérêt réel au point de vue de l'histoire naturelle et de la science en général. Il a omis pareillement tout ce que l'auteur avait écrit au sujet de l'Angleterre et des curiosités de ce pays. Mais à compter de l'arrivée de Kalm à Philadelphie le traducteur a suivi l'original fidèlement, à l'exception du possnge que nous avons pu rétablit dans notre

(1) Ces détails sur la vie do Kutm el sur les circonstances qui ont précéda et accompagna son voyage sont empruntés ga partie de U préfaça du traducteur anglais.

version partielle, à l'aide de l'édition hollandaise — et de certains détails par trop puérils, comme la manière de manger les huîtres, l'art de faire le pouding-auxpommes, et d'autres particularités semblables qui ont frappé le savant suédois par leur nouveauté.

Kalm s'est servi de la mesure suédoise, dont le pied est au pied anglais, dans le rapport de I13i à 1350. Pour ses observations météorologiques, il a employé le thermomètre du professeur Celsius, dans lequel l'intervalle entre le point de congélation et le point d'ébuUition est également divisé en 100 parties. Pour les noms des plantes, Forster a fait usage, sous la direction de l'auteur même, de la nomenclature de Linné. Dana notre analyse des deux premiers volumes et dnns notre traduction du troisième, nous avons ajouté, au nom des plantes, leurs noms de familles suivant la méthode de Jussieu, ou méthode naturelle, qui est la seule maintenant suivie dans 1^ écoles. Comme ses descriptions d'animaux, de plantes et de minéraux sont trèa-courtes, Kalm avait promis de les donner plus au long dons un ouvrage en latin qu'il devait publier plus tard (1 ).

La version anglaise contient une carte et des dessins d'oiseaux et d'animaux qui ne se trouvent pas

(I) Voir i la page 103 de la traduclion du 3e volume. Nous ne savons ■'il s publié cet ouvrage. On remarquera qu'il la page lf)6 il renvoie à une Flore canadienne iPlora Canadensis) restée inédite, peut-être.

dane l'original, maia qui ont été reproduits dans l'édition hollandaise.

Kalm est un narrateur fidèle, mais un écrivain peu élégant : il notait sea observations au jour le jour, passant subitement d'un sujet à l'autre, sans nul souci des transitions. Les critiques qu'oo lui adressa sur les défauts de son style le laissèrent dans une complète indifférence. Il n'avait d'autre but que l'intérêt de la science.

Les observations de Kulm touchent à toutes les branches de l'Histoire Naturelle — géologie, minéralogie, phytologie ou botanique, zoologie, anthropologie. — Mais elles ne sont pas d'égale valeur, vu que plusieurs de ces sciences n'avaient pas alors le degré de perfection qu'elles ont atteint depuis. La minéralogie en particulier, considérée comme pure science, est de date récente ; son objet n'est bien défini que depuis la publication des travaux d'Hauy (tSOlj, D'Alex-Brongniart (1807^ de Brochant (180S), de Beudant (1824), et du professeur Mohs (1828). Ce dernier en a élagué tout ce qui avait rapport à l'étude des propriétés chimiques et géologiques des minéraux, et en a fixé la terminologie et la nomenclature.

Kalm décrit le sol, le sable, l'argile, les pierres, les métaux avec un soin minutieux, mais dans la langue

scientifique du temps, et il est di£Bcile aujourd'hui de ranger dans leurs catégories propres les corps qui ont fait l'objet de ses observations.

On lira néanmoins arec intérêt le récit d'un voyage à la Bûe St. Paul, oîi les sieurs Forster, père et fils» mineurs allemands, envoyés par le roi de France à Québec en 1739, à la demande de l'intendant Hocquart, pour faire un rapport sur les mines du Canada, avaient déjà signalé six belles veines de plomb et d'argent (1).

Les remarques géologiques de notre auteur sont nombreuses ; mais eu général elles ne sortent pas d'un cadre restreint, qui ne comprend guère que l'examen des couches de surface, leur direction et leur inclinaison.

Les considérations anthropologiques et zoologiquea de Kalm laissent peut-être encorn plus h désirer sous le rapport de la science ; maïs elles ne manquent pns d'intérêt, quoiqu'elles soient pour la plupart fondées sur des traditions, et même sur des fables, particuliè rement celles qui ont trait aux aborigèncB du continent américain.

Au reste, presque toutes ces observations se tronvent dans les deux premiers volumes du voyage les-

(t, FerlanJ, Cours d'Ilist., vo\. p. 410.

quels n'ont qu'un intérêt secondaire pour noiw, Canadiens, et que nous n'avons pas traduits.

Mais nous en donnons une analyse pour faciliter au lecteur l'intelligence du troisième volume, qui, à tous les titres, méritait d'avoir une place dans nos mémoires.

Je prie M. l'abbé Verreau et M. R. Bellemare, mes savants collègues d'accepter mes remerdments pour leur collaboration à cet ouvrage.

J'offre aussi mes remercîments à M. J. O.Cassegrain professeur àl'Ecole Normale qui a bien voulu m' aider pendant l'impression de cette livraison des mémoires de la société.

Page 1