IV PREFACE
u L'auteur de ce récit," dit-il, " qui est un suédois, " a une manière de penser toute particulière à l'égard " des Anglais en général, et des premiers colons et " habitants de Philadelphie en particulier. Les Fran- " çais, ces ennemis naturels des Anglais, étant depuis u plus d'un siècle, les alliés des Suédois, on comprend " que ceux-ci se sentent plus d'inclination pour eux " que pour les Anglais. D'ailleurs, notre auteur " s'est complètement laissé fasciner par la politesse " extérieure des habitants du Canada, qui l'ont cir- " convenu, et lui ont inspiré toutes sortes de préven- " tions injustes contre les Anglais."
Si Kalm gardait rancune à la fière Albion, on voit que Forster n'était pas tendre à l'égard des Français. Au moins, il est difficile de ne pas le soupçonner, lui, un allemand, d'avoir voulu faire un brin de cour au peuple anglais. Nous ne trouvons, dans la relation de Kalm, rien qui puisse justifier l'accusation de partialité portée contre lui. S'il a rendu hommage aux qualités des Français du Canada, il n'a pas non plus gardé le silence sur leurs défauts. Nos pères avaient aux yeux de Kalm l'avantage d'appartenir à une nation amie de la sienne depuis longtemps ; mais ils avaient en revanche, le tort bien grave de n'être pas protestants comme les habitants des colonies anglaises ; l'antipathie religieuse offrait un contrepoids suffisant aux sympathies politiques ou nationales*