‹ Voyage de Kalm en AmériqueChapitre 4 sur 32 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

Kalm montrait-il beaucoup de préférence pour les Français lorsqu'il terminait sa relation en disant que la religion chez les Canadiens était toute de pratiques extérieures, et que la Ste. Vierge y recevait plus d'hommage que Dieu même ? Il est singulier que le passage où il s'exprime ainsi soit précisément celui dont nous avons signalé l'omission dans la version anglaise.

Nous croyons, au contraire, que Kalm, bien qu'il se laisse influencer quelquefois par ses préjugés religieux, surtout quand il parle du clergé catholique, des moines et des religieuses, — est ordinairement un témoin impartial et un narrateur fidèle. Ainsi, quand il dit que les gens de distinction en Canada avaient plus de goût en général pour l'Histoire Naturelle et les sciences que ceux des colonies anglaises, il a dit ce qu'il croyait honnêtement et sincèrement, et de plus il a dit vrai. En effet, il ne parle que des gens de distinction, des hauts fonctionnaires probablement, qui étaient, pour la plupart, des gentilshommes nés en France, et qui en avaient apporté l'amour des lettres, si vif alors chez la noblesse de ce pays. D'ailleurs, qui ne comprend de suite que Kalm faisait allusion surtout au comte de la Galissonnière, dont la science l'avait tellement émerveillé, " qu'il crut voir en lui un autre Linné.'

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