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INTRODUCTION IX

située Richfield, la principale localité du Caribou, le centre des mines d'or, où arrive une route qui conduit à New Westminster et dont l'extrémité occidentale du col de la Cache de la Tête Jaune n'est éloignée au plus que de cent soixante kilomètres en ligne droite (i).

L'intérieur de l'espèce de quadrilatère, dont se compose la province de la Colombie Britannique dans sa partie continentale, est hérissé de chaînes de montagnes qui courent généralement du sud au nord sur un plateau des plus tourmentés et dont le bourrelet occidental paraît être formé par une chaîne côtière, qui établit un bassin dont les eaux se déversent directement dans le Pacifique ou dans les golfes et détroits qu'il s'est creusés. Le plateau lui-même est partagé en deux vallées de fleuves : celle de la Columbia ou Orégon à l'est et au sud, puis celle du Fraser au centre.

La première, dans toute sa partie supérieure ou colomibienne, est couverte par les contre-forts occidentaux "des Montagnes Rocheuses, confus entassement où les eaux ne se sont ouvert un passage que par les détours de la plus capricieuse apparence.

La seconde, aussi dans sa portion septentrionale, est occupée, sur une étendue de plus de quatre cents

(i) Il y en a quatre cents, en suivant le Fraser du col de la Cache à Quesnelle et la route de Qaesnelle à Richfield.

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kilomètres de Test à l'ouest, par un désordonné pâté de montagnes auxquelles paraissent n'offrir rien de semblable même les Andes ni les Himalayas. Comparables à une mer solidifiée, ces montagnes élèvent leurs immenses vagues à la hauteur de plus de deux mille mètres dans le district appelé le Caribou. Elles sont entourées par un inextricable fouillis de collines couvertes de sapins. Là, partout, le sol a été agité au point qu'excepté le fond des étroits ravins, caves entre les hauteurs, on trouve à peine trente centimètres de terrain uni. Les diverses couches sont redressées de champ et les cours d'eau coulent sur la cime des collines. Ces Monts Chauves, comme on les appelle à l'est du Fraser, ont pour centre un pic nommé Mont de la Raquette (Snow-shoe mountain). Au sud, bien qu'à partir de la Q.uesnelle le terrain plat se développe et s'étende, on rencontre encore des montagnes, des collines couvertes de forêts et des gonflements caillouteux.

Mais un trait caractéristique de la région moyenne du Fraser, ce sont les trois étages de terrasses qu'on remarque sur le flanc des montagnes, et dont l'existence a été en outre signalée, sur le versant oriental des Rocheuses, le long de la haute Athabasca, et, sur le versant occidental, le long de la Columbia. Elles s'élèvent près du Fraser entre les confluents de la Quesnelle et de la Thompson, puis remontent la

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vallée de ce dernier affluent jusqu'au delà du lac Kamloups.

Ces terrasses ou banquettes, dont on lira la description dans notre huitième chapitre, ont, par leur nombre et leur correspondance, suggéré aux voyageurs l'hypothèse d'une quantité de lacs très-vastes, d'une espèce de mer intérieure, qui jadis aurait submergé cette région. Du sein des eaux, les sommets seuls des montagnes émergeaient alors, en forme d'îles rondes. A trois reprises et à des intervalles de temps incalculables, le remblai de cet immense réservoir se serait brisé par une échancrure chaque fois plus profondément ouverte et formant un canal par lequel l'eau se serait écoulée. Abaissant chaque fois son niveau et, de l'une à l'autre, nivelant les banquettes, elle aurait déposé l'énorme quantité de détritus dont se composent les plateaux actuels. L'échancrure du remblai de cette mer intérieure serait la fissure de la chaîne des Monts des Cascades, qu'on appelle les canons et qui s'ouvre au nord d'Yale en formant une gorge de vingt-cinq kilomètres de longueur.

L'hypothèse nous a l'air des plus plausibles, à la condition qu'on joigne à l'action des eaux celle des glaces. En effet, jamais les eaux, fussent-elles torrentielles, n'ont nivelé sur de si vastes espaces de pareilles terrasses, unies et concordantes, qui ne peuvent être dues qu'à des érosions, au moins produites par

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des glaces formées, durant les froids de l'hiver, à la surface d'eaux courantes ; mais , comme l'hypothèse repousse à peu près l'idée des eaux courantes, puisqu'elle imagine des eaux lacustres, changeant brusquement leur niveau à la suite de tremblements de terre, qui, à trois ou quatre reprises, leur auraient creusé une issue toujours plus profonde, il est vraisemblable qu'on doit reconnaître là plutôt l'action des glaciers, ce que paraît aussi indiquer l'existence des gonflements caillouteux dont on parle ; mais, pour l'affirmer, il faudrait étudier sur place les traces de ces phénomènes. D'ailleurs chaque savant les explique à sa façon. Ainsi, dans une séance de la Société anglaise de Géographie tenue en février ou en mars 1 869, le Dr. W. A. Bell attribuait le creusement des canons à l'action constante, sous un climat sec, d'un cours d'eau rapide durant plusieurs siècles ; et M. Brown, partageant à peu près cette opinion, ajoutait que les fiords ou entrées profondément pratiquées entre les montagnes du littoral étaient dus à l'action des glaces, tandis que les terrasses des rivières Tétaient à l'action volcanique. De telles propositions ne peuvent naturellement pas être admises sans réserve ni même sans contestation.

Les renseignements hydrographiques nous faisant défaut pour la région côtière, nous nous bornerons à indiquer, au sud du Fraser, le Skaget, qui, après

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