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sont les lieux fréquentés et habités par le renard, le pékan et le foutereau. Sur un de ces lacs ou étangs, on observa une curieuse particularité. Celui-ci avait peut-être huit cents mètres en long et en large, mais peu de profondeur. L’eau paraissait prise jusqu’au fond, excepté à une extrémité, où une source élevait ses bouillons à la surface. [ci la glace n’avait que quelques centimètres et laissait même libre un trou peu étendu où l'eau fourmillait de myriades de petits poissons, dont la plupart n'étaient pas plus gros que le doigt d'un homme et qui s’y trouvaient assez serrés pour ne presque pas pouvoir bouger. Y mettre le bras, c'était le plonger dans une épaisse masse tout agitée. À l’entour, la neige était battue et aplanie comme celle d’une route par la foule des animaux qui venaient prendre leur portion de ce repas de carême. De toutes parts, les pistes y convergeaient. On voyait là les faibles empreintes qu'avait laissées le renard argenté ou croisé, en trottant délicatement sur la neige de son petit pas léger comme l'air; les lourdes marques de pékan plus grossier ; la piste nette et vivement tracée du foutereau ; la trace grosse et large du wolverène qui galope en tous sens et toujours. Des centaines de corbeaux perchés sur les arbres environnants dormaient en digérant leur copieuse nourriture. À en juger par l'état de la neige et par les amas de fiente, il y avait bien quatre semaines que ce repas durait et pourtant l'abondance des mets devait y étre aussi grande que jamais.
Ce fait local suffisait à nous expliquer pourquoi un grand nombre des rivières et des lacs d’eau douce de ce pays sont dénués de poissons ; car les eaux, dont la profondeur n’est pas assez grande pour qu'elles ne soient pas gelées jusqu’au fond, doivent nécessairement perdre toute leur population en hiver.
Nos trappeurs en revenant sur leurs pas virent que