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qui nous avaient donné l'espérance de faire une bonne chasse avec l'assistance de Rover. La surface de la neige, que fond le soleil durant le jour, est transformée en croûte solide chaque nuit par les gelées nocturnes, au commencement du printemps. Cette croûte
» est assez forte pour porter l’homme chaussé de ra- … quettes ou un chien de petite taille; mais elle se,brise
sous la pression des petits pieds et de l'énorme poids
| de l'élan. Lorsqu'un chien le poursuit, l’animal es- … saye de s'échapper; mais, comme, chaque fois qu'il N s'élance, il s'enfonce jusqu'aux jarrets et que les cou-
pants de la glace le blessent aux jambes, il est bientôt réduit aux abois, et le chasseur en arrivant le tue à
… son aise, [1 n’y a guère d'autre moyen que celui-là, si
ce n’est qu'on peut se mettre à l'affût, en été, près des endroits où ilse baigne dans les rivières et dans les lacs. C’est un animal des plus prudents et que le plus habile chasseur n’approche que très-difficilement. Peu de métis, et un plus grand nombre d’Indiens mais pas tous, ont, dans les circonstances ordinaires, assez d'a. dresse pour suivre à la piste et pour tuer un élan; aussi dit-on dans le pays qu'un homme peut, toute sa vie,
| poursuivre un élan sans réussir à l’apercevoir. Cet
animal se tient au cœur de la forêt où on ne le voit que quand on le touche pour ainsi dire; son ouïe est
| si fine que la rupture d’une brindille ou le craque-
ment d’une feuille morte suffit pour lui donner l'éveil.
| Un jour de vent, où les bruits du bois étouffent le | son des pas furtifs du chasseur, offre le plus de chance
pour l’atteindre. D'ailleurs l'élan a adopté un stratagème plein de finesse pour se mettre à l'abri de toute surprise. Lorsqu'il veut se reposer, il marche en cercle et se couche à l’intérieur, mais tout près du commencement de la courbe. Il en résulte que le
1 chasseur qui suit sa piste passe près de l'endroit où
À L Er
* l'élan est couché et que, tandis que l’homme cc:tinue
à suivre le cercle, l'animal sans être vu s'échappe par un côté opposé. Cette année cependant, le dégel co:nmença le 30 mars et fut aussi subit que complet, en sorte qu’il n’y eut aucune croûte formée sur la neige et que nos espérances de chasse furent tout à fait trompées.
Nous commençâmes, bientôt après, nos préparatifs pour quitter nos quartiers d'hiver, aussitôt que la neige serait assez disparue pour permettre à nos charrettes de rouler sur la terre. Le premier soin à prendre était de retrouver nos chevaux que nous avions lâchés au début de l'hiver. Comme nous avions de temps en temps aperçu leurs traces, nous connaissions la direction qu'ils avaient prise. La Ronde suivit leur piste aisément et les découvrit à quinze ou seize kilomètres du log:'s. Ce qui nous étonna le plus lorsqu'il les ramena à la Belle-Prairie, ce fut l'excellent état où ils se trouvaient. Bien qu'ils eussent été fort maigres quand la neige avait commencé à tomber et que deux d’entre eux eussent été attelés au traîneau dans la première partie de l'hiver, ils étaient devenus de vraies boules de graisse. Ils avaient autant de feu et d'esprit que s'ils eussent été nourris avec du blé, ce qui est loin d’être la condition habituelle des chevaux indiens. La pâture ici est si substantielle que, même en hiver, où ils ont à chercher leur nourriture sous la neige, les animaux s'engraissent rapidement, pourvu qu'ils trouvent des bois où s’abriter contre les rigueurs des vents.
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