DANS LA FORÈT DE LA THOMPSON
Ceinture qui sépare les vallées du Fraser et de la Columbia, — Naufrage dans la rivière du Canot. — Kinnikinnick. — Comme les Canadiens qui nous pr“cédaient, nous renonçons à atteindre le Caribou. — Ils se sont embarqués sur la Thompson au Camp de la Tuerie. — Nous pénétrons dans la forêt. — Roubébou. — L'Indien mort. — Nous tuons le Petit Noir pour manger. — Thé des muskegs. — Rapides de la Thompson, — Découragement passager de la faille Assiniboine. — Traces de l'homme, — Eblouissant soleil au sortir des ombres de la forêt.
Le 19, nous étions prêts à partir lorsqu’une grande pluie vint à tomber; elle nous retint jusqu’au lendemain. Nous n'avions eu, depuis six semaines que nous avions quitté Edmonton, que deux tempêtes accompagnées de tonnerre qui eussent troublé une saison d’ailleurs toujours chaude et belle. Le lendemain matin, le temps se remit, et l’Iroquois partit pour retourner à Jasper House. Peu après, nous voulûmes rassembler nos chevaux pour commencer notre voyage vers le Caribou ; mais on ne retrouva pas celui de M. O’B., malgré plusieurs heures passées à le chercher. Enfin nous y renonçâmes, parfaitement convaincus que le cheval avait été volé par l’Iroquois et que nous n'avions aucune chance de le rattraper.
Un
comp4 le che sein d de fin un pa garni du F le soir la cei Colu nous retou douta ni ut sions plus « les es teurs nom envir afflue s'est et no dre 1: à an£ très-{ et d’:
la riv passe droit mort enco roch:
chev
lumbia. — — Comme s à attein-
ompson au Êt. — Rou- Noir pour hompson, . — Traces aibres de la
e grande u’au lenines que tempêtes 1blé une e lendeis partit ous vouer notre A pas cesées à le aitement [roquois ittraper.
Un des jeunes Chouchouaps consentit à nous accompagner durant une journée, pour nous montrer le chemin pris par les émigrants ; nous avions dessein de le suivre aussi loin que possible avec l'espoir de finir par arriver au Caribou. D'abord il traversait un pays facile, sablonneux, onduleux et légèrement garni de jeunes sapins. Nous traversâmes un affluent du Fraser , longeâmes les rives d’un petit lac et, vers le soir, nous avions, sans nous en apercevoir, franchi la ceinture qui sépare les bassins du Fraser et de la Columbia. Le Chouchouap passa la nuit avec nous, nous mit le lendemain sur la trace des émigrants, et retourna chez lui. Nous lui dîmes adieu, ne nous doutant guère des fatigues que nous aurions à vaincre ni du temps qui s’écoulerait avant que nous pussions voir la face d'un autre homme.
Ici la trace prenait à droite, pour entrer dans la plus occidentale des deux étroites vallées entre lesquelles est divisée celle de La Cache par la ligne de hauteurs qui se dirige au sud et qui porte sur la carte le nom de Chaîne Malton. Au bout de seize cents mètres environ, nous étions arrivés à la Rivière du Canot, affluent de la Columbia et qui coule vers le sud-est. Il s'est creusé, dans ce sol sablonneux, un canal profond, et nous descendîmes une falaise escarpée pour atteindre la vallée de la rivière que nous coupions presque à angle droit. Les eaux enflées rendaient le courant très-fort. Les bords étaient embarrassés de bois flotté et d'arbres surplombants. Il fallut remonter un peu la rivière pour trouver une place où nous pourrions la passer en radeau. Nous arrivâmes enfin à un petit endroit découvert près duquel il y avait plusieurs sapins morts et où la rive opposée offrait un espace moins encombré que les autres par lestroncs tombés, les roches et les broussailles. Après avoir fait traverser les chevaux, nous commençâmes à abattre du bois pour
— er Era
à or So re CT 1 neque ue 18 *: DO RS nu è
+ = en
— fe cine nee re TB MAT nant ee Q 3 F. + :
= ns
3 “ : 2 ? > =. ze = = 2 *- . 73 TERRE = ?
mé RE ge, or rm rime nn D ns, mg pes RE enr + né . : . P. * ft * ” di qu er re = " A , €
€ a e rh oc 0 à D qq en -
EN SE ES TE ES 472 CS (eus RTE?
le radeau. La perte antérieure de deux haches nous réduisait à nous servir d’une hachette, et il fallut nous relayer dans ce pénible travail qui dura jusqu’à l’après-midi, avant que nous eussions coupé assez d’arbres à notre avis. Puis il fallut transporter ces troncs au bord de l’eau. Alors on réclama l'assistance de M. O’B. comme celle des autres. On convint qu'en cette occasion il aurait vraiment sa part de fatigue et on le destina à servir de partenaire à Cheadle. C'était curieux à voir. M. O'B. allait en chancelant sous le poids du bout d’une lourde pièce, criant à pleine voix, gémissant pitoyablement, essayant de s'arrêter, mais toujours entraîné par ce Cheadle au cœur dur, qui pouvait à peine porter son fardeau à cause des éclats de rire que lui arrachaient les exclamations et les contorsions de son compagnon. Une fois délivré de sa charge, M. O’B. s’assit et jura qu’il lui était complètement impossible de continuer de pareils efforts. Cheadle réussit à l’engager à faire une nouvelle tentative et à trouver un autre arbre aussi lourd que le précédent. M. O’B. supplia, grogna, demanda merci en implorant Cheadle pour qu’il s’arrêtât un instant, un seulinstant; peine perdue : it fut obligé d’accompiir sa tâche ; alors il s’assit, déclarant qu'il était littéralement brisé. Son épuisement ne lui ôtait pas la force de proférer ses plaintes très-vigoureusement. Cependant, trouvant que nous perdions trop de temps à l'employer à ces travauxforcés, nous le chargeâmes de porter uniquement les perches légères destinées à étre mises en travers des poutres du radeau. Quand tout le bois fut réuni, on en forma soigneusement notre embarcation et l’on se prépara au passage ; mais le courant était si violent que nous eûmes de la peine à monter à temps tous à bord et qu'avant que nous eussions pu nous servir convenablement des perches que nous tenions pour diriger sa marche, le radeau était
E emporté
D'abord ment en euna partis. F forcenés efforts q aux bris dans CH droit se donc qu
D'avant qt
enlevés comme !
ment en pin, à entrait € ser SOUS la ligne nous pa désespér roula sa Cheadle autant.
lhumid comme parut di vés par M. O’B crocher avec lui lence et vers laq et son fi à bord, allait la
es nous lut nous qu’à l’asez d’ars troncs ance de t qu’en atigue et >. C'était t sous le ne voix, er, mais lur, qui es éclats les conré de sa complèefforts.
le tentad que le la merci instant, ccompiir ittéraleforce de pendant, à l’ems de por- :s à être nd tout it notre mais le peine à JUS eusches que au était
A emporté. Nous dérivions avec une effrayante rapidité.
D'abord nous eûmes lieu de craindre d’être inévitablement entraînés à nous briser contre des roches et contre un arbre qui pendaient du côté d'où nous étions partis. Pourtant électrisés par les jurons et par les cris forcenés de l’Assiniboine, nous fimes de si vigoureux efforts que nous échappâmes d’un ou deux centimètres aux brisants. Mais, en évitant Scylla, nous tombions dans Charybde. Le courant qui frappait en cet endroit se précipitait ensuite vers la rive opposée. Avant donc que nous nous en fussions aperçus, ou du moins
Davant que nous eussions pu y remédier, nous étions
enlevés dans un rapide furieux. Nous le passâmes comme une flèche et nous nous vimes irrémédiablement emportés à une perte assurée, contre un gros sapin, à travers les branches inférieures duquel l'eau entrait en bouillonnant, comme celle qui vient de passer sous la roue d’un moulin. « À terre ! à terre avec la ligne ! » s’écria l’Assiniboine, et, au moment que nous passions près du bord, faisant dans l’eau un saut désespéré, il saisit les arbustes, escalada la rive etenroula sa corde autour d’un arbre. Au même instant, Cheadle sautait de son côté et avec sa corde en faisait autant. Malheureusement ces cordages, pourris par l'humidité constante où ils étaient laissés, se brisèrent comme du fil, et le radeau, entraîné sous le sapin, disparut dans l’eau. Milton et la femme en furent enlevés par les branches comme des mouches. Quant à M, O’B., par un hasard inexplicable, il réussit à s’accrocher au radeau et nous le vimes plus bas reparaître avec lui à la surface de l’eau. Il se tenait assis, en silence et sens bouger, semblant tout résigné à la mort vers laquelle il était rapidement poussé. L’Assiniboine et son fils, qui avait en même temps que son pèresauté à bord, s’élancèrent à la poursuite du radeau. Cheadle allait les suivre, avec la notion confuse que tout le