‹ Voyage de l'Atlantique au Pacifique [microforme]Chapitre 80 sur 93 · PR RENE · texte numérisé non relu

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voici la version telle que nous la tenons de M, Gr Depuis l’a ville Mathew, greffier-archiviste de la Colonic: Urnsévi parm

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race d'hommes existait sur la terre, quand arriva u grande inondation. Il plut jour et nuit, semaine apr semaine. Les eaux s'élevèrent rapidement, en sor que tous les hommes, excepté un, furent noyés. I survivant se hâta de gagner les hautes terres et mont sur un pic escarpé. Cependant il pleuvait toujours les eaux couvraient la face de la terre et poursu vaient ce dernier Indien à mesure qu'il s'élevait d plus en plus sur le flanc de la montagne. Enfin parvint au sommet, s’y assit et remarqua que les eaux devant lesquelles il avait fui, continuaient à monte Dans son désespoir, il invoqua le Grand Esprit, q

répondit à sa prière en changeant en pierre la partie inilitude inco férieure de son corps, si bien que, malgré le progrèltrès-petit no

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des flots qui la couvrirent, il pût tenir en place. Lel eaux, peu à peu, atteignirent sa poitrine; mais alor les pluies cessèrent, l'inondation commença à bais ser. Au milieu de la joie que lui causait sa délivranc inespérée, l’Indien solitaire fut saisi d'horreur en ré fléchissant qu'il restait seul sur la terre, et, dans sc détresse, il s’adressa de nouveau au Grand Esprit et lé pria de lui donner une kloutcheman, c’est-à-diré une femme. Alors il s’endormit et, lorsqu'il se ré veilla peu après, il trouva que ses membres inférieurs étaient redevenus des os et de la chair, et qu'il avai à son côté une belle kloutcheman. C'est de ce couple que sont descendues les tribus indiennes de la Colom bie Britannique. N'est-ce pas un exemple frappant du mélange des récits relatifs à la création et au dé-|

luge? Ces récits, communiqués sans doute par les à la vue de premiers missionnaires catholiques, sont par la suite lui, et pou des temps devenus la tradition des tribus. Est-ce apercevait

ainsi qu'on peut s'expliquer une des sources d’erreurÆ un! » La : de la philologie ? nage, mon

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Depuis l’arrivée des blancs, une effrayante mortalité

ysévi parmi ces Indiens. L'année dernière, trois cents

lentre eux sont morts, seulement dans le voisinage de Kamloups, par suite de la petite vérole. Ils ont pour outume caractéristique de laisser leurs morts sans épulture, étendus en plein air et entourés de tous les bjets qui leur ont appartenu. Le lecteur peut se rapler que plusieurs victimes de la contagion, renconrées sur la route de Kamloups, nous avaient fourni les exemples frappants de cet usage. Les Indiens ont gagné au contact des blancs d’autres maladies également fatales, et il est permis de présumer que les Chouchouaps, jadis nombreux dans ce pays, seront, d'ici à un certain nombre d'années et malgré leur apitude incontestable pour se civiliser, réduits à un

Rtrès-petit nombre.

Le 8 septembre, nous quittâmes Kamloups sous la direction de M. Mac Kay, et en compagnie de M. et

lle Mme Assiniboine, de leur fils et d’un autre Indien.

Nous nous étions décidés à conduire nos amis à Vic-

Horia ; car, si l’Assiniboine avait jadis visité l’établis- Miement de la Rivière Rouge, sa femme ni son fils n’a-

vaient jamais rien vu en fait de cités que les postes de la Corpagnie de la Baie de Hudson. Nous passâmes la Thompson à la fin du lac de Kamloups. Ce lac a

Qune vingtaine de kilomètres de long sur environ dix

en largeur, et est entouré de belles collines rocheuses. En quittant la Thompson, nouseñtrâmes dans la val-

Mlée de la Bonaparte, où nous rencontrâmes la route

du Caribou à Yale. Elle n’est pas encore achevée. L'Assiniboine et sa femme furent saisis d'étonnement à la vue de la route royale ; mais leur fils était hors de lui, et poussait des exclamations chaque fois qu’il apercevait quelqu'un : « Par Dieu! en voici encore un! » La rencontre de quelque fashionable du voisinage, monté dans son buggy que traînaient deux

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chevaux, le jeta dans un inexprimable ravissement.

Nous suivions alors la vallée de la Bonaparte jusqu'à son confluent dans la Thompson, et nous observions avec admiration les curieuses terrasses qui offrent à l'œil de l'étranger un spectacle fort extraordinaire, et donnent un caractère si particulier au pays où coulent la Thompson et le Fraser. Nous avions commencé à en voir près de la Thompson septentrionale, à cin-

loups ; et nous les avons retrouvées tout le long de la rivière principale jusqu’à ce qu’elle tombe dans le Fraser à Lytton. Sur le Fraser, on les voit s'élever au nord d'Alexandrie et s'étendre sur un espace de près de cinq cents kilomètres jusqu'aux cagnons au-dessus d’Yale. Ces terrasses ou banquettes, comme on les appelle ici, sont parfaitement nivelées, et atteignent exactement la même hauteur sur les deux rives du fleuve. Elles diffèrent de ce qu’on nomme iles routes parallèles je Glenroy par leur énorme développement. Ce sont de vastes plaines en comparaison des petites corniches que forment les terrasses écossaises,

ces dernières i. En beaucoup d’endroits, elles consti-

semblable sur le côté opposé de la vallée. Le plus bas des trois, où la vallée prend son développement, présente une surface parfaitement plane qui a souvent

1. Plusieurs publications, entre autres le Magasin pittoresque de 1846, p. 249, ont rendu vulgaire la connaissance de ces routes parallèles de Glenroy, bien moins considérables que les banquettes ou terrasses des vallées de la Thompson et du Fraser. Il n’y a pas lieu de douter qu’elles sont dues à l’action de la glace qui, à de certaines époques, a couvert les Iles Britanniques, la France, l'Amérique du nord et l'Amérique du sud. Le célèbre naturaliste Agassiz a signalé des traces, suivant lui incontestables, de ces périodes glaciaires jusque sous l'équateur, comme on peut le lire dans son Voyage au Brésil et dans l’abrégé que nous avons fait de ce livre remarquable. — J.-B.

quante ou soixante kilomètres en amont de Kam-

et elles n’ont pas les blocs erratiques qui caractérisent {

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lusieurs kilomètres d'étendue, et monte à douze ou quinze mètres au-dessus du niveau de la rive du deuve, par un escarpement qui rappelle la face du tersassement d'un chemin de fer. Plus haut, le second

léage est ordinairement taillé à même le côté de la

montagne ; il s'élève de dix-neuf à vingt-deux mètres

Jau-dessus de l'inférieur, et a rarement plus de quel-

ques hectares en étendue. Le troisième ou le plus élevé, qui péut être à cent vingt ou cent cinquante mètres de distance de l’eau, est tracé dans les montagnes, à une hauteur inaccessible, sur le flanc qui descend vers le leuve. Ces banquettes sont tout à fait uniformes, de suriace nivelée, sans présenter aucun de ces énormes cailloux qui sont si nombreux dans le lit actuel de la Thompson et du Fraser. Elles se composent d'argile schisteuse, de sable et de gravier, enlevés à la montagne où elles sont taïllées. Elles ne produisent que le bunch-grass et la sauge sauvage, ainsi que des sapins disséminés çà et là pour relever cette monotonie stérile et jaunâtre qui forme le caractère du paysage. Le docteur Hector a signalé l’existence de terrasses de ce genre dans les vallées de l’Athabasca, de la Koutanie et de la Columbia; on en a observé aussi près de quelques rivières de la Californie et du Mexique; mais nulle part elles ne semblent avoir une étendue ni une régularité comparables à celles qui les caractérisent dans les vallées de la Thompson et du Fraser. Il est aussi fort remarquable que, quel que soit le pays où on les ait examinées sur le versant du Pacique, ces banquettes se sont présentées sous la forme de trois étages successifs, comme dans la Colombie Britannique. Une telie succession et si générale doit indiquer autant d’époques distinctes où a eu lieu une révolution géologique.

L'or qu’on trouve sur toutes ces terrasses le long du Fraser est de la plus belle espèce, qu’on appelle l'or

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en farine ; mais il n’y est pas en quantité suffisan pour satisfaire les mineurs, tant que la richesse d gisements du Caribou empêchera la concurrence, O dirait qu'il existe quelque rapport inexpliqué ent ces banquettes et le célèbre bunch-grass ; car le ga zon par touffe n'apparaît vers le nord qu’à l'endro où elles commencent et il disparaît avec elles au-dess d'Yale. Toute la région onduleuse qui va d’une ri vière à l’autre en est couverte, mais il ne dépas: point la limite septentrionale des banquettes. Dans] vallée de la Columbia, vers le sud-ouest, il pous fort abondamment ; et 1à aussi se rencontrent na singulières terrasses. Cette simultanéité s’expliqu sans doute parce que c’est uniquement dans ces can tons que -e trouve le terrain nécessaire à la produc4 tion d’un pareil gazon, c’est-à-dire un sol formé par ls décomposition de la pierre calcaire ou des roches vol caniques et friables qu’on y rencontre.

Peu après être revenus au bord de la Thompson nous sommes arrivés à une place où une portion de I: route n’était pas encore faite, et où nous avons été contraints de conduire nos chevaux par-dessus des hau teurs escarpées et rocaiileuses qui, au premier abord,ik avaient l'air de nous barrer le passage. Le sentier n consistait plus qu'en un rebord de rocher ayant quelques centimètres de large, et nous dûmes gravir l'abrupte montée par une succession de détours et de Zigzags.

Sur cette portion du chemin, nous trouvâmes un assez grand nombre de Chinois occupés à niveler la route. Leurs figures étranges, leurs chapeaux aux lar-B ges bords, etleurs longues et minces queues amusèrent beaucoup nos Assiniboines. Un peu plus loin, une compagnie d'ingénieurs travailiait à faire sauter les rochers à l’endroit où devait passer le chemin en contournant la face d’un monticule.

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La route, du Bac de Cook à Yale, et surtout la porion qui est en aval de Lytton, est bien la plus extraor-

inaire qu’on voie en ce monde. Taillée dans les flancs

le la gorge, elle suit les hauteurs, soit qu'elles reculent u fond des vallons, soit qu'elles avancent comme des spèces de promontoires sourcilleux. Ses détours perpé-

luels la font ressembler à une chaîne d’S. Les courbes

des montées et des descentes décrivent autant de sinuosités que celles qui sont latérales. C'est par unesérie de ournants rapides que, tour à tour, la route, ou desend jusqu’au plus profond de la vallée, ou escalade ivement quelques-unes de ces hauteu.s, qui ont l'air de lui barrer complétement le passage mais qu’elle surmonte, en ressemblant d'en bas à une ligne tortueuse égratignée sur un rocher arrondi, dont la hauteur est de cent cinquante à cent quatre-vingts mètres au-dessus du fleuve. Dans ces endroits, la mine a joué pour ouvrir le chemin à travers les blocs de granit ;

des poutres de sapin projetées sur le précipice en aug-

mentent la largeur ; mais il reste trop étroit, excepté de loin en loin, pour que deux voitures puissent y passer de front. La route n'a d’ailleurs aucune espèce

Lie parapet ; elle surplombe ; rien dans le précipice ne

supporte la plate-forme où elle passe; en somme, comme nous le vimes plus tard, il y a le plus grand danger à la suivre en voiture. C'est de cette façon qu’elle a été construite pendant plus de cent soixante kilomètres.

Jadis la voie pouvait être cent mètres plus haut. On passait les barrières de rochers à l’aide de plates-for-

D mes suspendues par les Indiens, du haut de ces étran-

ges falaises, au moyen de cordes faites d'écorce et de peaux de daim. Ces plates-formes se composaient d’une longe perche, supportée à chaque extrémité par une autre, mise en croix et dont le bout s’appuyait sur la face du précipice. On ne pouvait s’y tenir à rien.

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