Voyage de la Grèce
Introduction, — Considérations iouimairos sur TAltique , depuis it'S temps anciens, jusqu'à la coïKjuètc par les Turcs.—
Pirée. — Route de ce port jusqu'à Athènes. Longs murs.
Tombeaux. Arrivée ches M. FauveL
L' ATTIQUE était le pays chéri des dieux, Oa n'y voyait que des laboureurs à qui la terre payait avec usure le prix de leurs travaux , et des pasteurs endomiîs au sein de Tabondance , qui ne se réveillaient qu a la voix des plaisirs* Séparés des peuplades sauvages auxquelles Pallas avait donné la trompette , symbole de la guerre ( i ils ne comptaient que des jours de paix. Les biens étaient communs entre eux , et chacun vivait content
(t) Pind. Pydi. Od. m, Stroph. a.
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2 VOYAGE 1)K LA GRèCK.
du nécessaire. L'ambition semblait bannie des treillages de myrtes et de lauriers sous lesquels ils habitaient. Les
liaus, les fossés étaient ignorés parmi eux; on ne connaissait, on ne révérait qu'une divinité protectrice, Mopsopie (i), fille de l'Océan. £lie avait donné son nom à l'espace compris entre Hstlime et la partie du continent qui est enveloppée par le Cithéron et le Parnèsy dont les étages boisés entourent à droite le territoire d'Orope , et accompagnent à gauche le cours torrentueux de i'Asope jusqu'à la mer d^Eubée. Nulle autre contrée n'égalait sa fertilité. Tel est le tableau de l'Attique trace par Platon , antérieurement au déluge arrivé neuf mille ans avant le temps où il écrivait (9) ; mais cette catastroplic changea jusqu'à lu natyre d'un séjour de paix y de bonUeur et d'innocence.
Acté est le premier roi qu'on trouve cité après ce grand cataclysme, et comme il régna sur des indigènes, il est probable qu'il s'en était échappé un bon nombre, qui s'étaient réfugiés sur ies montagnes. 11 parvint^ dit-on 9 à les réunir sous son sceptre, mais la province qui prit son nom n'était plus l'heureuse Mopsopie. Une partie du sol végétal avait été emportée par les eaux, et les montagnes, pareilles à un corps décliamé à la suite d'une longue maladie, ne présentaient plus
(i) Strab*, 1. IX, p. 396; Lycophr, Alex. v. 6âa ; Paul. Silenl. epigr. in Antholog., lib. IV, c. p. 3|3 i Snid. V. Euphorion ; Ovid. iHet.^ lib. lU, ▼. 680, lib.yi, v. 4^3; TSbul. eleg., lib. I» caitn. YIIi v. 654 » Senec; Hippol. , v, n^i; Eustath. in Dionys. Perieg., p. 60, edit 1667. '
(a) Platon ajoute : Uya autant années écoulées ^ depuis ce temps jusqu'à nous i xodauT* yàp Trpôç -ôv vùv à-n" sxei'vou toù j^oveu yiyovsv iTKi. CritiaS.
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