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CHAPITRE IL

Athènes. — Splendeur ancienne. — Élemhic. — Acropole. — > Monuments. — \ ilU; basse. — Introduction du ( lir islianisme. — Juridiction ecclésiastique. — Évèqucs Grecs et Latins.— Aperças historiques jusqu'à sa conquête par Mahomet II.

Athènes est l'asile ( dp^ïiWpiov ) de la Grèce. Les peuples menacés par quelques invasions, dit Aristide dans sa Panathénée, se réfugient dans son sein. Lie Pirée et ses rades ouvrent des abris propices à tous les navigateurs. Elle est le centre d où Fon peut commodément visiter les îles de la mer Égée, qui forment devai)l elle un chœur de Xynipîies, qu'on peut considérer comme ses faubourgs et des parties de son vestibule. Apollon l'a surnommée le Prytanee et le palais de la Grèce (i), Pindare,* Tappetle son rempart et son appui (2).

(4) Athen. Deipnosoph., lib*VI, c. svi.

(2) Aiic«pat xat àot^t{xai ÉXXa^o; épËio^Aa

$2 VOYAOK Dk LA GKÀCE.

nélîoclore avait consacré un livre entier à la description de l'acropole d'Athènes. Polemon en avait composé - un autre pour faire connaître ses propylées, et quatre volumes afin d'énumérer les dons qui remplissaient le

Pai lliriioii/J'anl de richesses élaien! le fniil dt's (ra\ aux d'un peuple qui , laissant bien loin dans la carrière les Égyptiens ses premiers maîtres, semblait seul réservé à briller sut- la terre. Les Grecs, soumis aux règles du beau 5 avaieuL opposé aux pyraniulus d'Egypte et à ses monuments, masses prodigieuses qui prouvaient Ï&l* cessive puissance des Pharaons dè Thèbes et de Mem* phis, les chefs - d*œuvre d'Ictinus et des artistes de la Heiiadc, dont les règles annoncent encore le goiit auave, ^inspiration et le génie d^un peuple libre et spirituel.

Ce que Ton appelle proprcnienl Asty, dit Shahon , est un rocher environné par les maisons • dii la Tille basse, qui est assise dans la plaine (i). C!ett^ montagne fut autrefois couverte d'arbres ^ mais des piities abondantes en ayant emporté la ter^^ .toute végétation y a cessé, et une source d'eau^^.en, a disparu à la suite d*un tren^bleraent de terre (2). An sujet d' Athènes (3), si je voulais in(ll<|iier toutes ses raretés, je craindrais, par trop d'abondance, de dé- Lpasser les borne! oonvenables d^une géographie^ £^ effet, indépendammeni de ses temples, de ses édifices^ et de ses autels, Pline rapporte quon y comptant ep-

(1) Strab., lib. IX, p» 3^9-

(2) PlnLoii , ('ritms.

(S) Strab. , ibîd.

LIVKE Xill, (.liAPlTRE 11. 33

vîron trois mille statues (i), chose qui est confirmée par le témoignage de saint Jean Chrysostôme (2). G*est donc à son importance politique perdue, plutôt (pi'à sa spoliation, qu'Ovide faisait allusion quand il s'écriait: Que resie-t^il nie la TriUe de Pandion^ excepté sa renommée (3) ? Les longs murs et son enceinte étaient renversés, un grand nombre de ses citoyens avaient été égorgés par Sylla , quand Gicéron vint à Athènes. - Cependant les expressions qu'il emploie annonçaient quelle brillait encore d'une certaine splendeur : Quelque part quon. marche dans cette ville célèbre « on ne peut y faire un pas sans se rappeler le souvenir de ses grands hommes, ou sans rencontrer des monuments de rhistoire. Les jardins de l'Académie sout pleins de la suavité de Platon. La tribune aux haran* gues et le Pnyx rappellent les plus célèbres orateurs de la Grèce. On croit, en parcourant les bords de la mer, entendre retentir la voix. dcDémostliène^qui apprenait à vaincre le bruit tumultueux des assemblées en surmontant cehii des flots (4)* Et les Grecs enthousiastes ajoutaient : « Gelui qui n'a pas vu Athènes n'a rien « vu ; celui qui la voit sans Tadmirer >est sans esprit, « et celui qui la quitte sans regret est deux fois stu-

« pide ^5). »

(1) Plin. Hist. Nat. XXXIV, c. 7

(a) J. Ghrysostom. ad Act Apostol. e. 17; Homil. 38*

(3) Qnid Pandionias restant, nisi Domen, Athense.

Met., lib. XV, v. 4^0.

(4) Cic, de Fîiiibas,1ib. V,n. a.

(5) Nous avons cru devoir adoucir ces vers de Lysippe dan» la traduction française.

34 YOTAGB DE hA GK&GB.

Dicéarque, qui rapporte ces vers, dit que la snpvrbe

Athènes était loin de répondre à TatttDte qu'on s'en était faite, a. Jjq manque d'eau , Fétroitesse des rues, « les miûsons petites et mal bâties, étaient un sujet d*é- « tonnement, a c6té des édifkes dont elle était ornée, a Passant à Texainen de ces uionuaiciits , il cite d'aa bord le tbéâtre, qui était le plus graad de tous <î^^ « qu'on cooinaissait alors. Il met air second vang^Je « temple de Minerve; au troisième le Parthénon^rM' « tué au-dessus du théâtre; au quatnèiiie i Olympium , « resté impar&it; au cinquième les trois gjrmnasea, <r qui étaient rAcadéroie, le Lycée, fc Cynosarge, k\emK « onibi'agés d arbres ma ^niliqucs et ornés de gazons f i Quoiqu'on doive accepter avec réserve Je témoignage de Dicéarque il. n'ea est pas moins vrai iqùe'-i'ei^ semble d'Athènes était à-peu-prcs «elui 'd*une> trille turque.- Les escaliers des maisons ([\n duTiiiaieuL dans les r^s, leurs étages supérieurs, bâtis eu saillie, reor daient , comme cela se pratique encore dans i'Onént^ les façades ir régulières. Chacun ne chèrdiatit qu'à w vahir Tespace en labi iquaut des galeries , 1 air était gêné dans sa circulation ; et si les cloaques se dégorgeaient ,^ comme ils le font maintenant , dans ies

El ^'lûaptçûv à«0Tpix,2i; , )cav6ri).ieiv.

Si ilthenarttm specutor dod fitisdy trancus es. Si earam spectator fttisti, sed non es irretitus, asinus es. Al si »quo animo ab illîs discedis, es asînus clitelUtus.

(i) Dicaearch. Geograph. cap. 3, p. 17, 1 8 , edit. Rcnr. Steph. 1689. Les eaux coulantes étaient de mauvaise qualité. Vilruv. , lib. YUl, c. i.

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