LIVRE xiii, Chapitre ji
rues, cela senritait à expliquer poarquoi les épidémies désolèrent tant de fms Athènes» Cet état de dioses a probablement été exagéré par des. écrivains envieux; mais ce n'est plus par des inductions qu'on peut nous abuser, quand tout Paris a vu le magnifique panorama d'Athènes, par feu M. Prévost, au sujet duquel ou pouvait dire : voilà ce que VantiquUé a justement admiré^ tu vois les grands tombeaux des monuiments les plus magnifiques (i).
Athènes était la plus grande et la phts belle de toutes les villes de la Grèce. Aristide écrit qu'on mettait une journée pour en faire Je tour, mais il est probable, qu'il entiend la périphérie de Tespace compris entre les longs murs qui y rattachaient le Pirée, Phalère et Munychîe. Dion Chrysostome donne deux cents stades de développement à Tenceinte de la ville basse; celle de l'acropole était de soixante , mais il est vraisembabie qu'on a voulu parler du stade pylhique. On sait que la citadelle, primitivement entourée d'oliviers, qui furent remplacés par des palissades quand son kh cher fut déjjouillé de terre végétale, ne devint une placé forte que très-tard. C'est à Cimon, fils de Miltiade, qu*on attribue l'honneur d'avoir complété les travaux d'Agrolas , d'Euryale et d'Hyperbius , en consacrant à l'exécution de cette entreprise le butin conquis dans la guerre contre les Perses. C'ëtail dans cet espace qu*on voyait les temples de la Victoire sans ailes, avec
(i ) H« «mt , <iiiM mcrito qttondam «wt nurata vetoMu \ Magnanua renim magiMi Mpalcm "vUk»..
iDCerti in Athenas., ap. poet. latio. miDOr. t. IV, p. 534 » <^<lit*
il.. Lemaire.
36 VOTAGK DC L\ GRi:GE.
la statue de Minerve tenant une grenade à la main (i); le PartheDon; l'Érechtheum , dont Minerve Poliade possédait nue partie; le Pandroséon; TOpisthodonie , renfermant le trésor public ; les autels de Jupiter et de Minerve sauveurs; ceux d'Agraule et de Venus Ilippolytie, consacré par Phèdre diins sa passion criminelle; et les propylées, ouvrages de Mnésiclès, t^ui lui eut bâtis dans l'espace de cinq ans (ti).
La ville basse occupait, indépendamment du terrain compris entre le Céphisse, llllissus et TÉridan , les coteaux du Musée et du mont Lj^cabetus, auxquels un système particulier de fortifications , appelé les longues jambes ( fjiaxpà ox£Xii) ) ou longs murs ( ;i.axpa tci^y) ) ^ attacliaieiit les ports de uier voisins. Cea uiui ailles, qui avaient quarante coudées de hauteur, et sur lesquelles deux chars pouvaient circuler de front, étaient garnies de tours habitées par des citoyens. Ainsi, indépendamment d'Athènes et de son acropole, il y avait, en quelque sorte, une troisième ville suspendue dans .les airs, d'où Ton dominait au loin les campagnes et la mer. Ces jetées, sur lesquelles on voyait circuler des marchands , des guerriers , des théories se rendant aux fêtes qui se célébraient dans les ports, et des' courtisanes montéessur des mules; car, malgré leur opulence, elles n'auraient pas osé se permettre l'usage des chars : ces vastes routes n'étaient pas la partie la moins étonnante de la superbe Athènes. On trouvait, à la vérité, un grand nombre de cabanes renfermées entre ces mui s ; mais c'étaient plutôt des campements que des demeures
(i) Pans. Attic«, lib. I , c. ii. Ulpian. iu Timocrat. Suid. (a) Plutarcb. in vit. Pericl.
LIVIiK XIII, CHAPITRE 11.
fixes 5 où Ton se réfugiait en temps de guerre. Cette accumulalîon d'hommtfs sert à faire connaître les eauses
de la peste décrite par Thucydide et Lucrèce; nK»Iadie effroyable, apportée d'Égypte, qui moissonna le
. peuple de Pandion et dépeupla la ville : eskausit ci" yibus urhem.
Les portes principales d'Atiiènes n'étaient pas moins remarquables que ses édifices. Les pyles thriasiennes , ou Dipylon ( i ) , qui conduisaient aux tuileries ' on Céramique, avaient pqur point de vue les jardins des philosophes, disposés comme autant d'élisées de verdure, au milieu de la campagne La porte du Pirée, qui était la gi aiide route du commerce , s ou-
' vrait vers le temple du héros Chalcodon et des tombeaux des guerriers morts sous le règne de Thésée en combattant contre les Amazones. On sortait par la porte liippade pour se rendre aux monuments funèbres d'Hipperides et de sa^Êimille. Les pyles Ériennes étaient réservées aux convois funèbres (3) , de sorte qu'Athènes était gardée sur ces points par les tombeaux de ses demi-dieux et de ses enfants , dont les noms révérés semblaient encore la protéger. Les portes sacrées s*buvraient du coté d'Éleusis, et les Égéennes (4) vers Delphinium , lieu consac/é par Egée a A|)ollon , oii Thésée s'était justifié du meurtre des Pallantides. On est incertain sur remplacement des portes de Diocharès et
(ij Philostrat. in Philagr. vSophist., lib. 2; Xenoph. HisC. Graec, lib. 2; Piiitarch. in vit. Pcricl. et 3yll.; T.-Liv. xxxi, S14.
(2) riîtpamat, PUilarch. in vit. Thes.
(3) H^fli«9 Thcophr. charact. Ethic.
(4) AcrcMc iroXsu Phit. in vit. Tiies.
déDiomée (i), dltoiiée et de Sksee (li), mais on sait où étaient celles d'Acharnés, de Thraoe, et une inscription existante fait connaître la porte d'Hadrien. Rien ne sert plus à indiquer la direction des rues du, figuier sacré, de Thésée, du Pirée, du Polémion, des Hermès, des Menuisiers, d*£stia, du Xenice, du .Mvrniécos, du Rhympé et des Trépieds.
On rechercherait vainement où ei^istaient (3) les bazards où l'on vendait les esclaves des deux sexes et les paysans qui ne pouvaient pas payer les impôts (4) , ceux où ion achetait les objets volés (5), le marché aux livres et aux habits, la poterie où Ton étalait , les ouvrages des Paraliens, les abattoirs (6), la place appelée Mesconia, où l'on faisait commerce de viande 4ane, la halle au poisson, où Ton voyait des hommes -semblables aux Gorgones^ auxquels il étaU défendu •de donner leur marchandise au-dessous du premier prix qu'ils avaient fait (7). La halle aux farines et au blé, les marchés aux vins, à Thuile, aux herbes, aux joujoux, aux parfums, au fromage (rais, ont disparu depuis des siècles. Les auU Is de la Miséricorde et de l'Humanité sont remplacés par les gibets et les pals
(1) ^Eschin. philosoph. in Axioch.
(2) nûXxi Xxxval. Hilduin in vit. ûiooys. Areop.
(3) Demosthen. Oral, in Leplin, Le marché aux esclaves était appelé HtToUiev.
(4) Eustatb. ad Odyss. B* et K.
(5) Pollux. Onomastic., lib. X»c S; Vin, c. 18.
(6) Mtaxovta ^\ èxôXouv eu xà oviav xpea èirrfrrpâoxovTOj Poliux^lXf c. 5.
(7) Àntipbaiies ap* Atbeu. lib. Yi.
LIVRR XIll, CHAPITRE If.
des Turcs. I^es diviDilés de l'Europe et de l'Asie (i), les vains simulacres qui fiûsaieiU; dire à Pétrone qu'il était plus facile de trouver un dieu qu\in homme dans son pays, se sont évanouis comme la fumée d'un holocauste, et le Ciiri&t iucoQuu (2) assistera à la chute dttCiriée^^Mahomet, qu!une politique sacrilège essaye vÈBiedhfàitrdo souteinr.
■ V LVvaiigile annonce par saiat Paul aux Aihéiueus n'y éniettfia.pa» aussi rapidement .que dans les autres ptorâeai^de la Grèee^ Socrate^ qui fut une espèce de précurseur, et Plalon son disciple, n'avaient pas préparé ic&esprjts à recevoir la vente sans mélange d'idéfls^jtilpBtstttieusés. Ce ne âit que V€;rs le milieu du sédMiikîjMMe 4iè notre ère qu'on vit l'esprit divin se manifester dans une \iile où l un (IcujlMit de tout, et oia>jiMUi. croyait aux plus honteuses impostures de la ■uigîiek'^^CqieQdant on avait commencé, dès le milieu dv'fiMÉnlier siècle^ à lire aux jardins d'Acadmus l'évangile de saint Matthieu écrit et composé en grec ' ver» l'an 44 ; ûn eut dix ans après des copies de i'évâogtt» idé 'saint Marc ^ qu'on appela l'abréviateur de saint Mathieu , et les épîtres de saint Paul furent
'.il'
(1) Plutarch. in Hypct id. , lil) <K: X Uliel. , iEschiri. Orat. in Timarch.; Lys. in Orat. xarà ilaYxXiwv&ç.
(a) ' ir»«ç«?
Au dieu inconnu.
On prétend que cette inscription citée pur saint Paul éiait précédée de ces mots :
8i«T( A«l«« xaI VA^mnç jm* Ai^iiiiiic
Alix tliciiK d'Asie, d'Eiirtipe, de Libye, \ Au dieu inconnu et éu aiigcr.
4o VOYAGE D£ LA GARCS.
multipliées par les calligraphés du Pœcile. Jjes fidèles ,
attciilifs à coasci ver Tliistoire de Téglise naissante, instituèrent alors des iogotUètes ou notaires publics, afin de recueillir les actes des martyrs , et de séparer le boa grain de Tivraie. Cette mesure était nécessaire , car (les apocryplies, pareils aux auteurs des prétendus testaments politiques modernes, avaient fabriqué les ré' cognitians et épitres de saint Clément, les constitutions apostoliques , une lettre de Jésus-Christ au roi Abgare^ des lettres de la Sainte Vierge, et une foule d'écrits dans lesquels le sacré et le pro£atne étaient confondus. L'hérésie de Ménandre, juif samaritain, qui prétendait que le monde avait été créé par les anges, et celle des gnostiques ou illuminés, menaçaient le dogme, lorsque Quadratus, évêque d'Athènes, comT posa l'apologie de la religion chrétienne , dont Eusèhe ^nous a conservé uii tiagnient. A loi s la troisième persécution générale, suscitée par Trajan, vint accom* plir les vues de la Providence , en accroissant là ferveur des chrétiens.
Quel que fut leur nombre, on voit par la notice de Hiéroclès que levécbé d'Athènes était encore suffragant de celui de Coriuthe. Les dieux indigènes s'y soutenaient toujours avec des vicissitudes de bonne et de mauvaise fortune, pareilles à celles que saint Janvier éprouva à Naples au commencement du dix*iieuvième siècle, et ce n'est qu'au temps de Photius que la ville de Minerve fut élevée au titre de nu tropole. Le catalogue de Léon, dans lequel elle est inscrite sous ce titre, lui donne dix sufTragants. Une lettre d'Etienne Gerladi, écrite en 1675, restreint sa juridiction à six évêchés et à cent cinquante églises. iMais sa délimitation canonique, toile qu'elle est reconnue par Tim-
Diyiiizeo by
LIVAE Xllf) GHAPiTAB 11. 4'
muable église d'Orient, mère de Teglise russe , qui Tabandoime au glaive des mécréants , est la suivante :