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hameaux situés à son origine et à sa renaissance se sont perpétués jusqu'à ce jour sans aucune altéra* tîon. Cest aussi le second fleuve des vallons encais* sés de TArcadie qui s échappe par une issue souterraine. Coflimenl les eaux, au lieti de se gonfler et de déborder en cïiscades par-dessus les montagnes , se sout-elles frayé des voies souterraines? Voilà, je pense ce qu'il serait difficile d'expliquer d'une manière satisfaisante. Au reste, je retrouvais ici, comme dans la vallée du Stymphale et dans la Heliopie, où les lacs deJanina et de Labchistas^ après s'être absorbés» for-ment la Velchis ( i ) , un système particulier au pays de montagnes à base calcaire. En quittant les bords de la rivière de Carya, nous suivîmes pendant un demi-mille un sentier bordé de haies, qui circule autour d'un coteau sur lequel est groupé le beau village de Zaracoula. Ses maisons , au nombre de plus de trois cents , (jui sont ombragées de mûriers, de micocouliers et (I arbres fruitiers, me parurent un Élysée enchanté, comparativement à la Stymphalide. Les oiseaux, rassemblés sous la feuillée, mêlaient leurs concerts du soir au murmure des ruisseaux , dont la fraîcheur entretient une verdure étemelle dans ces lieux de paix et d'inriuceucc. Je vis quelques jardins bien cultivés , et les Arcadiens de cette contrée me parurent les moins opprimés des chrétiens du Péloponèse.
Trois cents toises à l'occident de Zaracoula, je remarquai à gauche, sur une montagne de forme conique^, mais aplatie au sommet, les ruines helléniques de
(i) ï. I, lib. II , c. I t't 2 de ce voyuge.
33o VOYAGK DE LA GKKCE.
Pbéoéon (i). Pausanias la trouva clap$ un état de décadence tel qu'il n'en parle , ainsi que Strabon , qu'afiu de la ranger au nombre des villes ruinées de iaGrèce.Iieft80uvei|irs que rappelait la patrie d*£vandre €l des rois pasteurs de l'Arcadie, n'avaient pu dès ce temps la sauver d'une desUruction qui ue permet plus de reconnaître le stade, ni aucun de ses monuments, quoiqu'on retrouve une grande quantité de déLns. Mous laissâmes) à peu de distance sur la droite, les restes d'un monastère dédié à saint Georges, quon a depuis transféré dans les étages du mont Cj'liène, oii il est peut-être b&ti sur remplacement du temple de Mercure. Nous passâmes presque aussitôt une petite rivière tributaire de TAroanius, que je crois être le Porinas (a). £nfin à une demi^lieue de ZanK^la, nous arrivâmes au couvent de Saint-Georges, qui est comme enseveli au milieu dune foret de platanes et de châtaigniers (3).
Les sectateurs delà vie orphique , qui s abstenaient de Tusage des choses animées (4)9 n'^n imposèrent pas long'temps au peuple par des austérités qu'on savait apprécier lorsqu'on connaissait leur régime inté-
(i) liiad, , lib. II , v. 6o5 ; Poty b. , lib. II ; Pausan. , lîb. VIII,
c. 14 ; Plin., lib. IV, c. 6 ; Callimach., Hjmn. in Delum, v. 71; tStat. , Thebaid, IV, v. 291 ; Virg., Mneid,^ Ub. VIII, v. i65; 5teph. Byz.
(a) Pans., Kb. VIII, e. i5.
(3) Notre journée de inarche depuis Piiliontt; avait ttu de ofizc Ju iires; mais clic n'est comptée que pour dix par les voyageurs ict les caravanes.
(4) Plat , Epinom.^ p. 975 ; «I lib. VI heg. , p. 722,
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rieur (i). Vainement ils avaient transporté leurs demeures cian$ des lieux éloignés, le désert ne pouvait être animé que par les Orphées du chriatianianie; et la gloire de relever la Grèce était probablement réservée aux çnfanU de saiol Basile. !Nous trouvâmes Hiegouménos debout dans la cour; appuyé sur le sceptre
antique du sacerdoce. Il réellaît la prière du soir, entouré de quelques frères qui revenaient du travail de& champs; sa voix appelait les bénédictions du Ciel sur leur commune retraite, en priant Dieu d'éloigner de leur sommeil les fyniômes et les vains songes {o^)* L'économe chargé de nous recevoir nous conduisit à réglise que je trouvai ornée de lampes, de lustres eq^ argent ou en vermeiUet d'ex-wto offerts parles fidèles qui visitent Téglise de Saint-Georgfs.
Lliegoumcaos nous céda sa cellule, dans laquelle on alluma du feu, car le froid commençait à se faire sentir dans cette région des montagnes; et après m*âtre lepoiàké un mon^eut, je sortis agcoiupagné d'un religieux, pour relever Thorisont avant le coucher du soleil. Au moven de ma boussole, je pris le gisement du défilé du mont Géroute , et je déterminai les coupes de cette montagne , dont j'avais exploré le versant septeptrioual du coté de la Sicyonie. Le moine qui nie
(i) C'est d'eux que Juvénal a dit :
Qoi Goriot timiiliBt et bacdianalui Ttvont.
Lib. I , Satyr, a, v. 3.
(a) La même prière avait lieu dans la théiirgie d'Orphée : Détouine$ de vas initiés ies vains /antémes ^ ies terrews patù^ueset ies makuUes coniagteuset (Tabbé Scochay, Mém, de Vdcad, des Jascnpt, et Belies-LeHresjU XVlU, p. 7 édit. iii^ia).
33a VOYAGE DE LA GRi'ICE.
donnait les noms des positions m'apprit que la neigé se conserve toute Tannée dans la partie du Diaséios de Castagnas , et qu'on la tire de ses glaciers pour la transporter à Ai i;os ainsi qu'à Tripolîtza. Je pouvais esquisser les sonunités septentrionales de cette chaîne, qui se rattache au Grathis par le ressaut de Kokino- Choina , dans lequel est tracé le défilé appelé Za/acouio'Diaselos. Je dessinai à roccident les faîtes qui s'embranchent avec le Chelmos jusqu'au sentier da C/ia^^c'^//' ( KviiigoLi -Diaséios ). Enfui , sur un contrt'fort nommé Dordovana, qui s'élève comme un phare, je pus déterminer l'eniplacemènt de l'acropole cyclopéeime de Caphyes. Ainsi les voyageurs futurs , en suivant les indications de Pausanias, que je donne avec les noms modernes, pourront retrouver, à l'intérieur ou à Textérieur du cratère de Plioiua, toutes les villes fondées par les fils de Lycaon, et lire, dans leurs débris cyclopéens (T), la vérité historique des- temps quiprécédèrent ou suivirent de près l'arrivée des dieux dans la Grèce^ Je complétai mes relèvements au midi par celui de la projection des montagnes grisâtres d'Aléa et d'Amiios. Telle fut mon ébauche du bassin de Pliénéon , à laquelle je pourrais rattacher les origines des principales colonies pélasgiennes qui sortirent de TArcadie, si un voyage permettait d aborder cette question qui a été savamment traitée par des écrivains du
(i) Toutes CCS villes, ainsi que Mycènes, étaient attribum aux (Jyclopcs venus de la Lycio ou de la Thrace. Fid. Euripid., Jphigen, in AuUd,^ v. i5oo et i5oi ; Strab., p. '22/1 et 234 ; Eusiath., in Homer.y lliatL^ lib. II, p. 266; Schol. EuripiU., In OreuL , v. 96$.
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plus grand mérite, et entre autres par M. L. Petit-Radel, dans aa méthode synclironique des temps héroïques de
la Grèce.
Les Phénéates oecupent inainteDant douze villages, dont les principaux sont : Phonia, situé une demi -lieue au nord-est du moiiastère de Saint- Georges; Zaracoula et Garya, que j'ai fait connaître, aisi que Goura, Romaïco-Dasos , Ghtotza, Sevitza et Amilos, qui restent à décrire. Leur population , jointe à celle de quatre zevgalatioi , se monte à huit cent trente familles dirétîennes, évaluées à quatre mille cent cinquante individus chrétiens du rit orthodoxe. Pasteurs ou laboureurs, tous passent leur vie, comme aux siècles de Rhétfy au séin des montagnes, contents de peu, et dignes davoir pour maîtres des princes paternels au lieu de maîtres avides qui ne calculent 1 existence des hommes que par le produit de leurs travaux.
Tandis quon préparait le souper, je visitai les cellules, et un des domestiques me vendit une médaille en bronze (i) portant la tête d'Apollon, ou peut-être celle de Jieptune Hippius, auquel Ulysse avait élevé un temple dans la vallée de Phénéon , en action de grâces . de ce qu'il lui avait fait retrouver ses cavales. Ce fut par cette découverte que je terminai une journée dans laquelle je recueiUis plus d'observations importantes
que je ncn avais souvent rasscinhlé aprcs des uiois entiers de recherches faites au milieu des montagnes de rÉpire, où tout est danger et fatigues.
(i) Bmnzf'.Trie tl'ApoUon, ou suivant d'autres, de Neptune, lanrée, h droite.
^- ^ËNE^N. Cheval paissant à droite.