LIVRK XV, CHAPITRE IV
senlier indiqué par Pausanias est le même qui est stiivi
par les paysans de Phonia, lorsqu'ils se rendent en pèlerinage à la Notre*Dame de Méga-Spiléon.
En partant de Zaracoula , on trouTe , à une demMieue de distance sur celte route, des débris qui sont peut-être ceux du temple d'Apollon Pythius(i), qu*on a remplacé par une chapelle dédiée aux Jsomates ou incorporels , nom sous lequel les Grecs désignent les ciiérubins. Ou péoèlren, à partir de cet endroit, dans les escarpements du mont Cyllène, qui ne nourrit plus d'ours, ni de merles blancs, comme au temps de Pausauias, mais des bandes de loups et de lynk; et dans deux heures de marche, on arrive au village de Sainte-Barbe. A sept milles de là, ou passe au hameau de Solos, d'où Ton entre dans la vallée de Gloukinais, i Textrémité méridionale de laquelle on voit la cascade du Styx, que je ferai connaître dans une autre partie de œ Voyage. Ainsi il est facile de jui^er que la cataracte du Styx n'est pas, comme le dit Strabon , près de Phénéon^ mais à plus de quatre lieues de distance en montagne ,
chose essentielle à rcinarquor pour rectifier le texte de ce géographe, qui ne donne qu une approximation capable d'induire en erreur.
Nous passâmes la soirée à entendre des liaglologies et des histoires miraculeuses. Il fut question des Broucolacas (a), qui rôdent toutes les nuits autour du Zaraca ; un des caloyers, alors absent^ les avait vus cent fois dan»
(1) Paus., lib. vni, c. i5.
(2) Broucolacas, esprits qui reviennent dans les fondrières*
Leur nom dérive de ^^çùMt/ange, et deXwuco;» mare oh çau croupissan te.
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sa vie. Le frère Constantin les entendait souvent crier; s'il avait été présent, il nous eu aurait débité des merveilles. En disant cela, on fennait les portes, on se pressait comme si on eût craint les csprûs] ou ci oyait voir apparaître les Lycanthropes auxquels la Grèce, mère des fables, donna naissance, et dont les histoires, reproduites sous milles forme. s, plaisent et amusent dans tous les pays où elles sont racontées. £lles servent aussi à instruise, et je voudrais, comme ledit Bayle( r),qu ily « eût des voyageurs qui en fissent un ample recueil ; ils se « contentent trop souvent de rapporter ce qui concerne « les grandes villes; mais un ramas de ce qui concerne a les paroisses et les villages pourrait bien avoir son «t prix. G<Hnbien il serait intéressant qu*on nous eut V transmis les conversations bourgeoises des Romains; a de quelle manière les femmes pratiquaient leurs dea votions, et parlaient de Jupiter et de Junon ; qurb « étaient les discours vulgaires un jour de noces, un « jour de procession, touchant les dieux et les déesses Subigus ou Subiga fabuUdus periunda* i> Le prieur, qui rentra à trois heures de nuit, mit lin aux récils des moines, en nous donnant sa bénédiction; et après avoir salué les images des saints, devant lesquelles il fit fumer l'encens qu'on leur offre cliaquc soir, il se retira pour nous laisser dormir.
( I ) Diction. Art. Jnnon N. DD. riiistoire des hommes changés • en loups est aérieusement rapportée par Paiisatiias ( liv.VI, c. 8, liv. Via, c. a ) et par Pline (Hisl. Nat. , lib. VUI, c. 35). Les loups furent considérés par les Égyptiens comme les huissiers on Psychopompes qui étaient les conducteurs des ames des niorls, F, Creuser. Comment. Herodot. p. 4 1 9.