‹ Voyage de la GrèceChapitre 119 sur 224 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Calavryta, château des Français. — iDdication des diverses routes qui aboutissent à cette ville. — Départ — Itinéraire par le mont Panachuicos , ou Toda. — Retour à Patras.

Calavryta est la première ville de TAchaîe, qu'on trouve dans le bassin du Gérynite, à peu de distance de la rive droite de ce fleuve. On prétend que sa fondation ne remonte quau temps de l'invasion de la Morée par Ville - Hardoin , qui regarda sans doute l'entrée des défilés du mont Chelmos comme un passage assez important pour y bâtir un fort, dont les ruines, que

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^ quelques voyageurs ont prises pour celles de Cynètiie, existent sur un escarpement des montagnes. On ne dit pas comment ce donjou fut abandonné, ai à quelle époque s*éleva, au pied du mont Yélit, la ville actuelle ( i ) , qui renferme deux mille cinq ceats Grecs et trois cents Turcs. Quoi(|ue souvent administré par un yaivode particulier , Calavryta forme un canton spécial dans la Morée, qui a son cadi et un éyêque suffragant de Fatras. L'air de sa vallée, malgré sa hauteur, est fiévreux, à cause des marais formés par les débordements du Gerynite. La température, qui est exlrémemeul froide, ne permet pas dy cultiver les orangers ; la neige y couvre la terre pendant des mois entiers, et la tourmente force souvent In caravanes dy stationner.

On peut, suivant les saisons, pour se rendre de Calavryta à Fatras, clioisir entre trois chemins diSirents. Le premier, et le plus commode, est celui de Yostitza, dont je ferai connaître la traverse lorsque je décrirai le cours du Cérynite et le couvent de Méga-Spiiéou , situé au nord de Calavryta. Le second est le sentier du mont Olénos, qui conduit par le monastère de Saint*BIaîse, situé aux sources du Mêlas, et par Nézéro, distant de quatre heures au sud-ouest, à Calenthistra, dont j*ai parlé en traçant la topographie de l*Âchaîe occidentale.

IjC temps s étant rétabli pendant la nuit, nous partîmes au lever du soleil, en prenant, pour nous rendre à Fatras , la route la plus directe , qui devait me fiûce

(i) Plirantsa n'en parle que coronae d^nne ville existante àk ratifiée i45o. Lib. III, c. %2,

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recouper près tic leurs sources toutes les rivières (jiic jai énuinerées dans mou itinéraire depuis le cap Rhium jusqu'à ^iiun. Au sortir de la vUle, nous passâmes sur un pout délabré le Cér^nite, tjui loulatt alors des eaux rougeâtres, et nous fîmes trots quarts de lieue en plaine à Fouest-sud-'ouesl. A cette distance, nous étions au pied des montagnes uonuiiées Goniéuiizé» que nous mîmes une heure et un quart à franchir, en fiiiaant Touest^ pour arriver dans le vallon de Lapatiiès. Je comptai neuf villages répandus sur les cotefiux de oe bassin verdoyant, et une multitude de ruisseaux, dont les eaux forment une rivière qui couûue avec le Cérjnite. Mous passâmes son cours sur un pont en pierre de deux arches, et nous nous dirigeâmes de là au nord-'Ouest vers une tranchée Appelée Défiié du Massacre, (in nous raconta que oe ravin, enveloppé d'un bois ténébreux , était, il y a peu d'années, l'embuscade d'une horde de brigands, qui y furent cernés et exterminés par une levée en masse des paysans, auxquels le visir de Morée avait

donné rordre de coui ir sus.

Malgré la destructioa de cette bande, il avait reparu quelques voleurs dans cette contrée sauvage; et au sortir du délile du Massacre, nous pressâmes le pas de nos chevaux pour traverser une forêt , dans laquelle on tiiarcbe pendant cinq milles de chemin , pour arriver à la belle iontaine du Despotis. La situation de cette source au fond d'une gorge boisée, ses eaux limpides, en fe^ient une halte délicieuse, sans- le danger auquel on est exposé de s'y trouver surpris par les brigands. IN os guid^ ne s*y arrêtèrent que le temps nécessaire pour se désaltérer; et nous suivîmes, à partir de là , pendant un

demi-mille , le cours d'une petite rivière qui conflue plus bas avec le Sélinus. Nous ne tardâmes pas, en tournant à roccideril, à arriver au bord de ce fleuve, que nous guéâmes près d'un pont que sa hauteur et sa courbure rendent inaccessible aux bêtes de somme et niême aux piétons , à cause du manque de culées pour Taborder.

Après avoir passé ce gué , nous remontâmes durant

un quart de lieue, par sa gauche , une rivière que nous traversâmes à cette distance sur un pont en pierre de deux arches, en laissant à une demi-lieue au midi le village de Mimica. Nous nous avançâmes de là sur un plateau sans arbres, que nous traversâmes pour venir faire halte au caravansérail de Saint-Jean. Nous étions, suivant Testime des voyageurs, à six lieues de Calavryta, à pareille distance de Patras, et à quatre heures seulement des glaciers du mont Olénos, dans lesquels le Sélinus prend son origine.

Il fut convenu que nous laisserions nos bagages à la garde de nos domestiques; et nous partîmes dès que nous eûmes dîné, en coupant dans la direcliou nord-ouest un coteau pierreux, d où Ton entre dans une foret, que nous parcourûmes pendant près de deux lieues. J y remarquai les sources ou le cours de la plupart des rivières dont j'avais vu les embouchures s'ouvrir dans le golfe de Corintlie, lorsque je me rendais de Fatras à Yostitza. Débarrassés des rideaux de chèoes et d arbres, nous franchîmes un contrefort parallèle au mont Voda, qui forme une vallée dans laquelle je relevai les sites des villages de Mitopolis. et de Topolova. Leur bassin*, cultivé comme un de ces oasis perdus au milieu du désert , aboutit à un bois taiilii», que nous

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