‹ Voyage de la GrèceChapitre 123 sur 224 · X^IVRE XV, CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

X^IVRE XV, CHAPITRE YI

Tie nommait quavec attendrissement son.... Je m arrête (i).

Gustave- Adolphe était la seconde téte couronnée

que ia Grèce avait vue depuis quelque temps aborder sur ses plages ; car on sait comment la fille de Marie- Thérèse avait été traînée k Zante par les agents de la Grande-Bretagne, et avec quelle dureté elle y fut traitée pendant son séjour. Les souvenirs du noble caractère de cette reine n'étaient pas oubliés , non plus que son passage au cap Sunium , où le nom de Carouke est inscrit sur les colonnes du temple de Minerve. On faisait de douloureux rapprochements entre ces deux victimes , lorsqu'on apprit l'arrivée de la reine CarO" line d'Angleterre à Athènes. Ce fut en débarquant au Pirée qu'elle apprit l'hymen de sa fille, hymen dont les roses devaient , liélas ! être trop tôt changées en cyprès. C'était ainsi la troisième tête couronnée

(i) En l'isant U note suivante, qui termine la relation de la révolution de Suède en 1809, écrite par lui-même, Gustave^

Adolphe lïe put retenir ses larmes : « Ce fut au bout de dix jours « que le roi fut transportt' au château de Gripsholm, lieu qui a « servi alterDativemeut de |)ri«;on à des rois , ;\ des princes, à des Cl sei^rneurs suédois, et, dans des temps plus heureux, de château «c de plaisance* Ce ne fut qu'après douze semaines que le roi « eut le bonheur d'être réuni à son épouse, le 6 juin. Six mois « après, le ciel daigna mettre un terme à la captivité du roi, • qui fut transporté à Cariskrona , où il s'embarqua avec sa fa-* « mille, pénétre des sentiments de la reconnaissance la plus « sincère pour un oncle chéri , qui a déjà plus d'une fois reni- « pli envers son neveu les devoirs d'un père à jamais regretté, « et qui n'a jamais démenti les sentiments d'un vrai parent. » {Jnectiotes sur la guerre de i9o8 entre la Suède et la Russie ^ et sur la révolution de 1809. Suisse i8i4*)

35o VOYAGE DE LA GRI^GE.

que des calamités publiques ou privées poussaient vers les rivages de la Turquie , eomme pour donner aux infidèles le spectacle des douleurs royales de la vitiile £urope. Je dois taire les réflexions que faisait à ce sujet l'orgueil mahométan , et les peines qu'éprouvaient en les entendant les serviteurs des jii inces chrétiens char^jés de soutenir riionneur de leur pavillon chez un peuple accoutumé à mépriser les étrangers.

Vers la fin de l'hiver, nous a|)|>rhncs qu'il y avait eu une révolution de sérail a Constantinople. Le sultan avait renouvelé son divan, en faisant, suivant Tusage, étrangler ses principaux ministres. Par suite de cet événement, le pacha de Morée avait été destitué ; et il sortit de Tripolitza , chargé des malédictions ainsi que des trésors de la province. Il avait iail pendre son médecin pour s'acquitter d'une forte somme d'argent qu'il lui devait; et il s'embarqua précipitamment dans le golfe d'Argos, afin d'éviter la rencontre de son successeur , qui aurait pu le. dépouiller.

L'espèce d'interrègne qui suit le déplacement d'au satrape jusqu'à rinstailation de son successeur , fiit marqué pour moi par une attaque des Laliotes contre le consulat de France , dans laquelle j'échappai par hasard à une vive fusillade dirigée contre un de mes janissaires. Dans d'autres temps, j'aurais pu exiger des satisfactions ; mais des inquiétudes plus réelles m'accahiaient. Des hruits sinistres relatifs à l'état de la santé publique dans TÉpire , circulaient ; on disait que la peste, qui dcsolait la Cliaonie depuis piusieurs années , avait pénétré à l'Arta ; je tremblais pour mon frère , et ce ne fut qu'au bout de deux mois que

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