‹ Voyage de la GrèceChapitre 122 sur 224 · LIVRE XV, CHA.l»irilE VI. J4j · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CHA.l»irilE VI. J4j

les faites du Parnasse commençaient à se couvrir de

neiges, lorsqu'une frégate anglaise jeta 1 ancre sur la rade de Fatras. £lle avait débarqué à Athènes M. l'ambassadeur Liston et son épouse , que nous vîmes VLrn* ver quelque temps après par le golfe de Corinthe. Philétnon et Baucis retournaient en Écosse , comblés des bénédictions et accompagnés des vœux de ceux qui les avaient connus. Les consuls s'enipi essorent de leur adresser leurs hommages; et ce fut sous les auspices de ce couple vénérable , que je formai avec M. John Cartwright, consul d'Angleterre, les rajjports d'une amitié qui contribua à me taire employer utilement la dernière année de mon séjour dans la Grèce*

Peu de temps après le départ de M. el M' Liston, on eut avis que le roi de Suéde, Gustave -Adolphe, devait se rendre en Morée pour y attendre les firmans avee lesquels il sq proposait de passer à Jérusalem. II avait touché à Corfou, il se trouvait à Prévésa; et mon frère, qui Tavait vu à la cour d'Alt pacha, me mandait que Finteulion de l'ancien monarque était de descendre au consulat de France à Patras.

Le 1^' janvier 1816, le vaisseau qui portait le roi était en vue de nos attérages, manœuvrant pour doubler le promontoire Araxe; et le a, il mouilla du côté de Pharès, de sorte que le prince ne débarqua qu'au coucher du soleil. Gnstave-Adolphe , en descendant aux rivages de la Turquie, ne venait point, comme Charles XII , n<;iter l'empire pour reconquérir un trône périssable. Aussi brave que sou auguste ancêtre, mais plus resigné, ses vues n'aspiraient qu'aux consolations religieuses. Il ne souhaitait que de visiter le saint tom* beau, avant de se reufermer dans l'obscurité de la vie

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privée. Ce furent les premières paroles que j'eatendis sortir de sa bouche, et c'étaient « je crois, toiis ses • désirs. Je ne dirai pas quelles intrigues s'opposèrent à la pieuse intention d'un monarque qui n'eut d'autres torts qu'une loyauté chevaleresque trop étrangère à la politique de son siècle. Sans amis, sans même un serviteur iidèle, dernier appui des souverains trahis par la fortune, le descendant des Yasa , de Charles XII et du héros de Lutzen qui expira dans les bras de la victoire , Gustaveson renonça sans murmurer à sa dernière entreprise. Tranquille , comme le sage , au mi* lieu de récronkinent des temples des dieux, la paix de son ame ne fut pas altérée par la dernière atteinte que lui portait l'ingratitude. Retournons^ s'écria-t-il, en Allemagne ; que nai-je le bonlieur de dire y en France^ ce serait la patrie de mon cœur» Mais..*,* M. Barrik de Toulouse, enseigne de vaisseau, auquel j avais donné riiospitalité , depuis quil était réformé sans retraite et sans demi-solde, accepta l'honorable mission de veiller sur les jours du prince, et de l'accompagner jusqu à Leipsich.

Ce fut le 12 janvier que Gustaveson mit à la voile et reçut le salut royal des châteaux de Patras , derniers honneurs que l'Europe maliométane rendait à un monarque chrétien détrôné ; et les pavillons des consuls de toutes les puissances fiirent arborés en signe d'adieu. Ainsi finit le voyage d'outre-mer d'un prince que ses infortunes rendront toujours recommandable , quand on j ugera avec le respect dû au malheur celui dont le père périt sous le poignard d'un assassin au milieu d'un bal, et dont la couronne ceignît le front d'un homme qu'il

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