LIVRE XVI, CilAPITKE
nous ont transmis quelques-unes des subdivisions terri-
tonales de cette pros nu e i). Aiu&i la plaine portail spécialement le nom d'£lide, pour la partie comprise entre le fleuve Larissus et les coteaux qui aboutissent au cap Chélonales.La vallée du Selkïs(a) était appelée Cœlé, ou profonde; le territoire dePise» Pisatide; et en adoptant leserretnents deceux qui avaient reculé les frontières de TÉlide jusqu'à la ^'éda , 1 espace compris entre TAiphée et cet autre fleuve portait le nom de Xriphylie; enfin onplarait au-cleià un petit canton l^ih appartenait aux Caucones (3).
Comme je n'écris point un livre avec des livres , je passerai soiu silence ce qu'on peut apprendre dans Pausanias (4) au sujet des Pélasges et des peuples 4]ui se succédèrent dans la sainte Élide jusqu'au deuxième siècle de notre ère. A cette époque , les Romains avaient succédé aux descendants d'Endymion et des Eléens , qui se préteiulaient issus du soleil; mais les conquérants , comme les plantes exotiques , qui perdent leur vigueur sur un sol étranger , ne tardèrent pas à dégénérer. Harcelés, et bientôt subjugués par les fiarbai^s qui désolèrent le Péloponèse, les Romains grécîsés avaient perdu leur caractère, lorsqu ils forent asservis par les chevaliers français, que la politique de Venise dépouilla de leurs conquêtes , pour
(1) Homère la divise en quatre parties. Strab. , p. ^4©^ lUad.^ Kb. n, V. 6i5 et 619 ; Ibui., lib. XXIII, V. 63o.
(2) Selleîs, lUad., lib. II, v. 166; Strab., Ub. VIII, p. 3)8; Pomp. Mêla,- lib. II, c. 3; Cellar., Geùgr, aiilt^. , lib. II, c. i3.
(3) Paiis.,îib. Vni,p. 337.
(4) Paus., lib. YIII, a c. 2 usque ad c. 6.
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se les voir, à son tour, arracher par les Turcs. Ges derniers maîtres de la Mor^ s'approprièrent les terres
des doniinaicurs auxquels ils succédaient, sans égard pour le peuple, qui avait supporté toutes les invasions et la misère dont dles sont suivies, avec une résignation digne d Lin meilleur sort.
Dans la divi&ion laite par les Turcs , TElide était échue en partage à la famille des Ottomans , branche collatérale des empereurs (i) ; et leurs vassaux durent se féliciter d'un pareil événement, intéressés à les rendre heureux , ces nouveaux maîtres s'occupèrent à amé* liorer le sort des paysans, que de vaniteux aristocrates avaient foulés aux pieds. On vit bientôt s'eiever de toutes parts des villages nombreux, et, comme au temps de la fondation d^lis (2) , plusieurs peuplades se réunir pour bâtir , non loin du Pénée , une nouvelle capitale. Gastouni était le nom de cette ville fondée sous les auspices de la famille des Ottomane On y voyait , au lieu de palestres et de théâtres , un vaste bazard et des magasins , i|uî annonçaient Tentrepot du commerce de la Morée , de la Romélîe et de plusieurs cantons voisins. Pendant la belle saison , sa plage était fréquentée par les vaisseaux de Marsdlle et de rSsdavonie, qui y échangeaieilt leurs mardiandises
(1) C*est à Tannée i3oo qu'on rapporte rdrigine d'OttomaD, fils de Zicbius, qui était, dit - dd, chaudronmer. €e prince, doué d'un génie entreprenant « fut le preuder sultan des Tiifca. On lui ajttribue la prise de Sivas,ou Sébaste, et la conquête da royaume de Pont; sa fin est marquée à Tannée i3a8.
Paul. Jov. , De rébus Turcar,, p. 654 > edit. in-8\
(2) Suab. , lib. Vm, p. 336.