‹ Voyage de la GrèceChapitre 127 sur 224 · LIVRE XYIy CHAPITAK i · texte numérisé non relu

LIVRE XYIy CHAPITAK i

contre des denrées du pays ; et ce mouvement ooiti-

mercial répandait au loin la prospérité. Mais comme si Tbomme était destiné , dans sa condition , à n entrevoir que Faurore du bonheur social, tandis que Gastouni commençait à fleurir, les éléments de sa ruine s'élevaient à coté de ses comptoirs. Dans moins d'un siècle , la famille des Ottomans s'était amollie par les richesses , tandis qu'une horde de nouveaux centaures s'organisait au milieu des forets du uioul IMioioé. l^es Scfaypetars de Lala , descendants des Mélinges , ou Ézérites (i) , improprement qualifiés de Scytho-Sclaves par les Byzantins , à moins (qu'ils n'aient confondu les Albanais sous cette dénomination , s'étaient cantonnés , comme le disent ces écrivains , après leur défaite par Théoctiste, lieutenant de Michel III , à l orient et à Foccù^nt du Tajrgète {%) , où ils fondèrent les coio» nies de Bardounia et de Lâla. Cette dernière peuplade, établie dans le mont Pholoé, qui est séparé du Taygète par le diamètre de l'Arcadiei avait augmenté sa population d'une colonie de Schypetars transportés de i iapygie acrocéraunienue , sous le règne de Michel

(i) L'an de J. C. 8/|6. Les Ézcrites et les Mélinges, ainsi que cela est prouvé de nus jours par leur existence , étaient des uribus schypes établies à cette époque dans ia Macédoine. L'évéché d'ÉxérOy sur le lac de Sarigul (dam le sangiac du Romili- Valley) est eité comme le quatrième siège suffragant de Larisse; et Mélénico, patrie des Mélinges, est comptée au nombre des viliea Je la Macédoine.

Notit, Léon, imperal. i antacuz. ap. Ccdrcnum. p. 17g.

(a) Les Byzantins s'expriment par des indications vagues que le voyageur seul peut rectifier, en retrouvant en place les peuplades dont ils défigurent très-souvent les noms.

356 VOTAGK DE LA. GRàCB.

Ducas, lorsqu'elle^ rcriit un accroisseuient composé des débris des bandes envoyées en 1 770 dans le Péioponèse. Forts de leur nombre et de leur auda<;e, les I^aliotes commencèrent alors à harceler les paisibles descendants d'Ottoman, qu'ils forcèrent d'abord à les prendre à leur solde , et bientôt après à rechercher leur amitié. Celle première coucLh^ioa, laile à tics hommes regardés comme des brigands, fut suivie d'aiiiances par lesquelles on accorda en mariage aux chefs de Lâia des filles tîu sang impérial; et celte nouvelle conclescendauce, loin d'apprivoiser les Schypétars, ne servit qu'à leur donner de plus hautes prétentions. Ils profitèrent adroitcnicnl du crédit de leurs épouses pour suscïUt des querelles dans les familles auxquelles elles appartenaient. Les esprits s'échaufièrent on en vint à des guerres ouvertes ; on eut recours aux assassinats , au poison; de manière que dans peu d'anuees, la raoe mâle des Ottomans fut éteinte, et leurs propriétés passèrent ainsi aux agas de Lâla.

L'£lide , qui n'est plus connue que sous le nom de canton de Gastouni, comprenait,^ au temps de Pausanias , la cote de la Morée , depuis Tembouchure du fleuve Larissus jusqu'à la îs'éda , sur une longueur de vingt -deux lieues en ligne droite du nord au midi. Sa profondeur varie , comme autrefois , dam - cette étendue , depuis deux jusqu'à huit lieues de ravon, en remontant vers l'Olénos , le Pholoé et les hautes vallées de l'Ërymanthe (i). La plaine, qui fut autrefois

(i) La profondeurmoyenne de TÉlidc, dans rintérienr des

terres, doit se mesurci' entre la base du mont Olénos eti'txtréiniLé occidentale du lac Làiiu, que j'évalue à six lieues £. etO.

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