‹ Voyage de la GrèceChapitre 135 sur 224 · LIVRE VVI, CHAPITRE ITI · texte numérisé non relu

LIVRE VVI, CHAPITRE ITI

Une lieue au iiiidi de la calanque , près de laquelle je faisais ces relèvements , nous arrivâmes en face du village de Pourleska. Noils traversâmes aussitôt la

rivière de Cardama^i); et huit minutes j)ius loin, le Youvo , qu'on passe sur un pont en pierre qui porte le nom particulier de Liaphyti. Le Youvo , qui est , selon touic a|)paiciiLe, le même que le fleuve Jardanus, se jette dans la mer , au nord du monastère de Panagia- Schaphidia , bâti près de l'extrémité du cap Phéïa^a), qu'il ne faut pas confondre avec le promontoire Iclahys (3) , pointe plus méridionale , dont je parlerai bieutôh «

Le monastère de Panagia-Scaphidia a pris son nom d'un village bâti à peu de distance , dont les habitants exerçaient autrefois le métier de fabricants d'auges en bois appelées scaphidia (4) » et non pas , comme on

( I ) CArdama {cresson)^ village de trente^nq familles grecques. A cinq minutes de sa rivière, on passe im ruissean ; et trois

mimites plus loin, on arrive au \o\\\o {muet).

{"i) A/.pa <l>gi'ît, Strab., lib. VIII, p. 'i4^> Thuc} d. , lib. VIII, c. 3i. Il serait possible €jne les ruines voisines de Coi tiki fussent celles de Fhéia, qu'Homère place sur les bords du Jardan.

lliad.y VII, V. i35.

(3) fj^ôuç. Slrab., loid. ; Tliucyd., lib. 11 , c. 25; Plin., lib. IV, 0. 5; Poinp. Mêla, lib. II, c. 3^ Xenoph., lib. VI, p. SgS, edit. i594«

(4) Le mol scaphidi n'est poiut employé dans le grec vulgaire pour designer un bateau^ mais une ange en bois dans laquelle on lave, on pétrit, et qu'on transforme souvent même en berceau pour y coucber les enfants; c'est le meuble essentiel de chaque famille. Il est toujours creusé dans un tronc d*arbre, et il y en a de toutes sortes de dimcasiooa.

'38o VOiYAG£ DE LA GRECE.

l'a ppésumé, à cause d*uii port de barques qu'on place au voisinage. La retraite des religieux , que Cliaudler vît au temps de sa splendeur , n'est plus habitée que par quatre caloycrs et sept ou huit frères lais plongés, dit-on , dans la débauche. Cepeudaut la uiense abbatiale possède encore deux frrmes , vingt paires de bœufs , autant de chevaux , et quinze cents moutons ; ce qui serait sufHsant pour relever le monastère , si le supérieur pouvait diriger les moines vers Tagriculture, base de l'institution religieuse des disciples de saint Basile.

Hous laissâmes à droite le village de Scaplùdia, pour entrer dans un défilé tracé èntre les coteaux de la contrepente du mont Pholoé, qui sépare le plateau de l'Elide du Cœlé. Au bout de cinq minutes , nous guéâmes la rivière Messalonghi ( eie i'inténeur des boi's)^ qui conflue avec le Jardan. Nous avions de ce coté le village et la fontaine Messalonghi (i), qui est revêtue en maçonnerie solide ; et à un quart de lieue de ses bords , j'arrivai au-dessous d'une chapelle quon m'avait indiquée comme remplaçant un temple de la plus haute antiquité. J y montai avec difficulté, à - cause de l'escarpement sur lequel elle est située ; et je n'y trouvai pas le moindre vestige d arciiéoiogie. Mais pour prix de mes fatigues , j'eus la vue entière de l'Élide , du cours du Selleïs , de l'embouchare de l'Ai* pbée et de la côte de la Triphylie , jusqu'au promontoire Gyparissia de Messénie. Je plongeais sur le cap

(i) Je crois que cette fontaine est ia même qui est appelée par quelques géographes Fons Crum,

F, Joan. Lavrenbei^. Graec. Autiq. 4$.

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IcHthys , qui est défendu par la forteresse appelée Pundico-Castron, ouvrage attribué au sire de Yille- Hardoin.

Dès que j*eos terminé le relevé des points princi'- > paux que je dominais , je cherchai à rentrer dans ma route ; et oe ne fut pas sans peine que je rejoignis mes guides , à cause de Tinégalité du terrain , qui me

les avait fait perdre de vue. Aussitôt que nous fûmes réunis , nous descendîmes dans un chemin creux nou* vellement réparé , qui aboutit au fond de la vallée du Cœlé. J'avais à gauche , sur la nioiilagne , Aléj)Oudiori ; et à notre droite , à un mille de distance , Myrta 9 qui a pris son nom de Myrtuntium (i) , ville dont remplacement est facile à reconnaître , à cause des quartiers de briques et de marbre qui sont épars dans la campagne.

La côte de Catacolo , qui s'étend depuis le promontoire Ichtliys jusqu'à Tembouchure de l'Alphée , est tellement défigurée sur toutes les cartes , que les géographes n^ont pas fait mention de Pundico-Castron, qu'ils auraient dû prendre pour point principal de reconnaissance. Quelques*uns même ont confondu ce château avec celui de Clémoutzi , on Castel-Tor* nèse; et c'est Kitcinn , le premier, qui a su distinguer te cap Phéia du cap Iclithys. Mais comme s'il eut voulu expier cette découverte , il place sans discernement Pyrgos au nord de J.etrinus , et il jette la plus grande confusion sur le restant de la topographie

(i) Strab. , lib. VllI. p* S4i» place cette ville sur la route de Bymc à Élis^ à 70 stades de ceue dernière; mais n'y a-t-il pas erreur dans le teste? Au reste, je rapporte ce qui existe.

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de cette contrée. Une description aussi positive qne simple va rectifier l'état dés lieux , qui se rattachent i

une observation du savant capitaine Gaultier , auquel nous sommes redevables d'avoir déterminé astrooomU quement l'embouchure de TAlphée.

Au midi du cliàleau de Pundico-C^ash on ^() , on trouve, à peu de distance, le village de Scaro-Glioci (2), près duquel il existe des pans de murs et quelqiMS fragments de pavés en mosaïque, qui ont faiL autrefois partie de thermes ou bains d'étuves. Des vieillards se rappellent d'y avoir vu des chambres , voûtées ; mais quel nom portaient anciennement ces ruines? on l'ignore , et je ue me permettrai pas de rien décider à cet ^ard. Les paysans , qui connaissent les propriétés de leurs eaux sulfureuses , s'y baignent afin de se traiter des affections cutanées , et ils frottent leurs bestiaux , pour les guérir du farciu , avec les boues . qu'ils prennent près de ces sources. '

Voilà ce qu'on remarque de particulier dans celte partie de la plage occidentale du Géeté. La rade de Gatacolo , qui commence au midi du cap Ichthys, ainsi que les lacs , les pêcheries et les salines , sont séparés de la haute mer par un banc de récifs terminé par des attérissements et des bancs de sable , qui finissent à peu de distance de rembouchure de FAlphéc. Cette grande lagune prend au nord le nom de Catacolo, et au-dessous celui de Gorax , qui sont les deux mouil-

(i) Pundico - Castr on , cliàîi Mil dos rats. Un dit (jiie ce nom lui vient à cause tè^ la i cssemblaacc d\i cap sur lequel il est bâti, avec un de ces nui maux.

(a; Scaro-Chori, village de la Tourbe,

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